samedi 28 mai 2016

L’effarant portrait de femmes voilées du Monde

Il y a une semaine, le magazine hebdomadaire du Monde a publié un long article de 7 pages « Derrière le voile » affirmant décrire le « quotidien de jeunes femmes Françaises (…) qui ont choisi de porter le hijab ». Un portrait à sens unique, complaisant, et sans le moindre recul journalistique.



Quand le Monde milite pour le port du voile

C’est peu de dire que la présentation faite par le Monde des jeunes femmes qui portent le voile est partiale. Sur plus de 300 lignes de textes, une dizaine seulement évoquent le cas de jeunes filles poussées à porter le voile par leurs parents. Et encore, la première dit le porter « avec conviction » et l’autre y voit une raison légitime et culturelle… Les 97% de texte restant sont à sens unique, décrivant ainsi des jeunes femmes bien dans leur peau, ouvertes, pleinement dans leur époque : « prises en tenailles entre les rigoristes qui leur reprochent une approche occidentale de l’islam et les laïcards qui les décrivent comme des femmes soumises, les jeunes femmes croisées ce jour-là aux Halles semblent s’être construites une identité apaisée, française et musulmane (…), libre et voilée ».


Déjà, dans cette conclusion, le Monde ose faire un parallèle effarant entre les rigoristes islamistes et les laïcards ! Que l’on sache, les seconds ne produisent pas aujourd’hui de terroristes meurtriers… Il est tout de même assez incroyable de verser dans une forme de xénophobie aussi crue à l’égard de ceux qui pensent que le port du voile n’est pas compatible avec les valeurs de la République, dont tant ne peuvent pas être soupçonnés du moindre racisme. Cette inversion des valeurs est stupéfiante et conduit à un article sans le moindre recul, beaucoup trop à sens unique pour être crédible. En quoi les jeunes femmes qui vont aux Halles tout en portant le voile sont-elles représentatives des jeunes femmes qui portent le voile ? N’est-ce pas totalement partiel, outre le fait d’être partial ?



Le Monde aurait du rencontrer des femmes que l’on force ou que l’on a forcée à porter un voile contre leur volonté. Et il est assez effarant de ne pas remettre en cause le discours de jeunes femmes qui affirment que la religion musulmane impose le voile, alors qu’il me semble que la question n’est pas aussi tranchée, ainsi que le démontrent les photos d’Iran ou d’Afghanistan dans les années 1970. Dans le monde imaginé par le Monde, il n’y a pas de nuance. Les méchants, se sont ceux qui critiquent les jeunes qui choisissent de porter le voile (puisqu’elles le font toutes librement). Pas la moindre réflexion sur le rôle de ce voile dans la société, sur l’évolution des sociétés où il s’est imposé, ni encore sur ce que représente le projet de vie de la France, dont il faut bien reconnaître qu’il semble opposé au voile.

Encore une fois, le Monde révèle sa superficialité, le caractère aussi partiel que partial de ses « analyses ». Pourtant, le sujet est intéressant. Et même s’il décrit une réalité qui existe, il en passe sous silence une autre et passe totalement à côté du débat légitime sur les fondements de notre République.

mardi 24 mai 2016

Faux frondeurs, vrais suiveurs (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus


Ainsi donc la motion de censure déposée contre le projet de loi El Khomri a échoué. Le résultat était on ne peut plus prévisible. Encore une fois, les soi-disant frondeurs n’ont pas joints la parole aux actes en refusant d’assumer le choix de destituer le gouvernement de la gauche la plus à droite que l’on n’ait jamais connue. La tragi-comédie qui entoure chacune des motions de censure ne doit pas faire illusion : tout cela relève d’un jeu politicien de bas étage.

lundi 23 mai 2016

Quand Aymeric Caron défend les animaux, mais pas les femmes

Samedi, Aymeric Caron était l’invité du Tube de Canal Plus. L’ancien chroniqueur d’On n’est pas couché, qui a quitté l’émission à la rentrée dernière, végétalien, a défendu sa vision de la cause des animaux. Mais pour une question sur la question du voile, il a défendu une position surprenante.



Le port du voile est-il acceptable en France ?

samedi 21 mai 2016

L’intéressant débat présidentiel étasunien

Bien sûr, la démocratie étasunienne est malade, de l’argent, des lobbys ou des pratiques de redessinage des circonscriptions. Néanmoins, il faut bien constater que depuis la grande crise, le débat idéologique est de plus en plus riche, à un point où notre débat paraît bien pauvre et étroit.



Entre débat ouvert et progrès progressistes

dimanche 15 mai 2016

Trois théorèmes du management (billet invité)

Billet invité de Marc Rameaux, auteur de « L’homme moderne »


1. Théorème de la rentabilité

Toute recherche immédiate et aveugle de rentabilité aboutira à des pertes considérables de rentabilité.

Illustrations :

La diminution du prix des composants ou des équipements :

Comprimez vos coûts de production en rognant sur le moindre composant, sans connaissance du fonctionnement industriel d’ensemble de votre produit ou de votre service.

Vous obtiendrez alors une automobile haut de gamme dans laquelle il n’est pas possible de téléphoner en connexion bluetooth, une assurance ou un service juridique ne couvrant plus qu’un pourcentage dérisoire de ses clients, un call-center incapable de renseigner des personnes ayant besoin d’aide, un système informatique défaillant parce que le prestataire engagé pour le développer aura été étranglé financièrement par votre service achats.

De Apple, des marchés et des esprits animaux…

L’annonce d’un recul des ventes d’Apple de 18% au premier trimestre a provoqué un mini séisme sur la planète financière, le titre reculant de 8%, soit une baisse de sa capitalisation boursière de 46 milliards de dollars. Que penser de ces turbulences boursières ?



Surprise : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel !

jeudi 12 mai 2016

Ces exceptions françaises qui font un peu de bien




Ces mieux, qui ne doivent rien à Hollande

Autisme gouvernemental (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus



Les récentes manifestations contre la loi El Khomri ont dégénéré, un peu partout, en violences qu’il ne s’agit ici nullement d’excuser, encore moins lorsqu’elles mettent en danger la vie d’agents de la force publique qui risquent quotidiennement leur vie pour nous protéger et qu’il y a peu étaient unanimement salués pour leur dévouement. Ces violences permettent cependant d’effectuer deux constats.

mardi 10 mai 2016

La nouvelle abdication de la Grèce face à ses créanciers tortionnaires

Ce qui se passe en Grèce est absolument stupéfiant, même s’il était possible de l’anticiper. J’aurais préféré avoir tort et que le pays se libère du jougs financier, dont on voit bien, après six ans, qu’il ne fonctionne pas. Malheureusement, Tsipras poursuit et a fait voter un énième plan d’austérité, qui ne marchera pas.



Perseverare diabolicum est

samedi 7 mai 2016

vendredi 6 mai 2016

Les dessous du TAFTA révèlent la nocivité de l’UE

Malheureusement, ce n’est pas surprise, tant le monstre européen préfère ses dogmes ultralibéraux et la défense des intérêts des multinationales depuis sa création et la défense de peuples européens trop divers et loin de leur bulle. Mais les révélations de la semaine démontrent une nouvelle fois tous les travers de cette construction européenne dans la négociation avec les Etats-Unis.



Le vampire enfin exposé à la lumière du jour ?

dimanche 1 mai 2016

Kaze no Shō - Le livre du vent, ou l’esprit de sacrifice (billet invité)


Quel est le concept le plus scandaleux ? Le parfait contre-courant du discours « moderne », vous reléguant au sein des plus réactionnaires, dérangeant le confort douillet du camp du bien, choquant au point d’être incompréhensible pour l’ « homonculus economicus » (le véritable nom que celui-ci mérite).
 
Les discours de haine ou ceux se voulant « anti-système » n’ont absolument rien de subversif : ils sont d’excellents idiots utiles et ne font que renforcer par contraste la vulgate post-moderne dans ses convictions, dans sa suffisance tranquille de détenir la vérité absolue. Ces discours font d’ailleurs partie intégrante du post-modernisme. Ils suivent son paradigme commun de vouloir faire parler de soi à tout prix, de « créer le buzz », de s’adonner au goût du spectaculaire, des pensées faciles et rapides.