mercredi 29 juin 2016

Le Monde, entre Pravda eurobéate et relativisme historique répugnant

Il faut vraiment lire les réactions des grands médias aux résultats du référendum. Un exercice extrêmement révélateur de l’évolution du débat public, mais aussi de la pensée des plus extrémistes des eurobéats, qui virent dans un étrange argumentaire, entre propositions irréalistes, dénonciation d’un fascisme imaginaire, ou relativisation effarante des heures sombres de l’histoire.



Point Godwin lepénisant

mardi 28 juin 2016

L’Institut Thomas More croit encore aux eurobonds… (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

Par la plume de Sébastien Laye et dans les colonnes du Figarovox, l’Institut Thomas More semble avoir trouvé la solution miracle à la crise des dettes souveraines européennes. Lisons un peu :


« L'urgence nous dicte donc de créer un fonds abondé par les Etats capables d'acheter et d'éliminer les dettes souveraines en un effort sans précèdent pour sortir le continent de l'ornière. Loin de nous l'idée de proposer une solution miracle sans effort. Ce fonds est simplement un moyen - sans réforme politique- de transformer une partie de la dette souveraine domestique en une dette commune gagée par les capacités de rentrées fiscales des Etats européens: il s'agit bien de manière indirecte de mutualiser une partie des dettes domestiques européennes pour redonner des marges de manœuvre à chaque Etat sans passer par un hypothétique accord politique pour créer un budget et une dette commune. »

lundi 27 juin 2016

L’effarante réaction des médias au Brexit

Onze années après leur large défaite au référendum sur le traité constitutionnel européen, la plupart de nos médias ne semblent avoir absolument rien appris. La couverture du Brexit est aussi outrancière, biaisée, à courte vue et sentencieuse. En se débattant de la sorte dans les sables mouvants politiques, cela annonce sans doute la fin prochaine du monstre institutionnel qu’est l’UE.



Analyse à courte vue, insultes et totalitarisme

mardi 21 juin 2016

République et multiculturalisme (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus


A l’occasion d’un dîner avec Alain Juppé, l’ancien ministre du logement de Nicolas Sarkozy, Benoist Apparu, s’est fendu d’un tweet dont il faudra se souvenir : «Oui au multiculturalisme, non au communautarisme, c'est ça l'identité heureuse!».

Fort justement, Charles Beigbeder[i] s’est fendu d’un remarquable article (ici) démontrant pas à pas comment le multiculturalisme encourage le communautarisme et détruit les fondements même de la République.

dimanche 12 juin 2016

Le « QE vert » : une belle idée malheureusement irréaliste (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus



Qu’est-ce que le « QE vert » ?

Depuis l’arrivée de Mario Draghi, la Banque centrale européenne (BCE) s’est lancée dans un politique monétaire dite non conventionnelle de quantitative easing (QE) consistant à faire marcher à plein régime (et même à un régime de plus en plus accéléré) la planche à billet. Concrètement, la BCE crée ex nihilo des quantités pharamineuses d’euros (des milliers de milliards d’euros !) qu’elle confie aux banques en espérant que cela facilitera d’autant les crédits aux entreprises et relancera donc l’économie. Elle considère ainsi que l’offre de monnaie suffit à générer d’elle-même la demande de crédits et d’investissements.

jeudi 9 juin 2016

Les Suisses votent contre le revenu de base




Vrai progrès sociétal ou décomposition de la société ?

Difficile d’interpréter clairement ce que pourrait représenter l’instauration d’un revenu universel, dit aussi de base, dans nos sociétés. En Suisse, la proposition rejettée par plus de trois quarts des électeurs évoquait une somme mensuelle importante de 2500 francs suisses par adulte, plus de 2200 euros (et 650 pour les mineurs). Cela aurait nécessité plus de 200 milliards, soit 25 de plus que toutes les aides et assurances sociales du pays. Mais certains partisans de la mesure évoquaient la possibilité de la financer par la mise en place d’une taxe sur les transactions électroniques (0,2% aurait été suffisant pour financer le projet). Mais le montant très important du projet explique sans doute en bonne partie le refus des Suisses, dont la majorité ont sans doute rejeté le coût et les conséquences du projet.

Cette mesure peut paraître à la fois très sociale, dans la mesure où elle pourrait fournir un filet de sécurité à l’ensemble de la société. Mais elle est également parfois populaire dans les milieux très libéraux, à la fois pour la simplification radicale qu’elle pourrait apporter au système social, en fusionnant l’ensemble des aides dans le revenu universel, qui plus est, en laissant chaque personne en faire ce qu’elle veut. Mais ce faisant, ce revenu universel peut aussi poser problème car, en rebattant les cartes de la solidarité nationale pour en égaliser ce que l’Etat donne aux citoyens, cela revient à prendre à ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale pour le donner à ce qui en ont le plus besoin. Les actifs et les bien portant y gagneraient fortement au détriment des malades, des retraités ou des chômeurs.


Bien sûr, le revenu universel peut mettre fin à une pauvreté difficilement acceptable dans nos sociétés, ainsi qu’à la menace d’un déclassement social complet. Mais il peut aussi être un pseudo égalitarisme cachant un refus de solidarité surtout individualiste. Difficile de conclure donc.

mardi 7 juin 2016

Les raisons pour ne pas enseigner l’arabe au CP




L’oubli du français, de la France, et de la République

D’abord, ne peut-on pas être ébahi par cette volonté de développer l’apprentissage des langues étrangères dès le CP alors même que le niveau en français baisse de manière continue depuis de longues années. Ne devrait-on pas donner la priorité absolue à l’enseignement de la langue de la République, celle qui nous lie tous à notre pays, notre terreau commun, avant de se préoccuper de l’enseignement d’autres langues ? Les priorités de ceux qui nous dirigent sont totalement déconnectées de la réalité, mais aussi probablement des évolutions de la technologie, dont on peut croire que dans un futur pas forcément si lointain, elle pourrait bien rendre beaucoup moins utile ces apprentissages par des outils de traduction instantanés qui pourraient être installés dans les téléphones portables par exemple.

Le deuxième problème que pose cette idée funeste, c’est l’encouragement des communautarismes, comme un héritage de ces enseignements des cultures d’origine. Car si cet enseignement représente une forme de soutien au maintien des traditions d’origine de migrants ou d’enfants de migrants, alors, cela représente un frein à l’intégration dans le creuset de notre pays, l’oubli de ce principe républicain qui faisait alors de tous les écoliers les descendants des Gaulois, marquant la primauté de ce qui nous unissait sur ce qui pouvait nous séparer. Bien sûr, cela pouvait être dur, comme l’a bien expliqué Malika Sorel dans « Le puzzle de l’intégration », mais c’est aussi un principe fondamental de notre pays, qui refuse le communautarisme des anglo-saxons pour une vision bien plus assimilatrice.

En cela, l’enseignement de l’arabe, comme du turc ou du serbe, est un frein considérable à l’intégration des immigrés, un facteur de morcellement de la République. Et ceci est d’autant plus dangereux, que, comme le note Jean-Paul Brighelli sur le FigaroVox, la France ne dispose pas de professeurs pour enseigner l’arabe, faisant dire à la ministre de l’éducation « si les professeurs ne sont pas en mesure de le faire, nous ferons appel à des professeurs étrangers », ce qui laisse songeur étant donnée la nature des régimes des pays dont pourraient être originaires ces professeurs. Comment pourraient-ils être hussards de la République sans avoir été formés et éduqués par cette République ? Un tel casting ne revient-il pas à « faire entrer le loup fondamentaliste dans notre bergerie laïque » ?


Merci donc à Jean-Paul Brighelli de nous alerter sur cette nouvelle idée effarante de la ministre, d’autant plus qu’il sait le faire sans verser dans l’islamophobie dans laquelle tombe une partie de ceux qui ont pu la dénoncer, prouvant qu’il n’est nul besoin d’être xénophobe pour s’y opposer.

vendredi 3 juin 2016

Avis de mieux véritable, mais limité et purement conjoncturel

Il y a quelques semaines, quand François Hollande a osé dire que « cela va mieux », il a surtout déclenché un violent rejet, beaucoup voyant sa coupure profonde avec le pays réel. Cependant, il faut bien reconnaître que bien des indicateurs vont dans le bon sens depuis deux mois.



Du PIB, du chômage, de l’automobile et de l’immobilier

La très forte baisse du chômage au mois de mars a démarré une série de statistiques qui indiquent assez clairement que la conjoncture économique s’améliore. Les chiffres du PIB du premier trimestre, estimé en hausse de 0,5% dans un premier temps, ont confirmé le scénario retenu par le gouvernement. Depuis, les statistiques vont toutes dans le même sens. Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre de chômeurs a baissé pour un second mois consécutif, semblant amorcer le début de retournement promis par le président de la République. Puis, cette semaine, l’INSEE a annoncé que la hausse du PIB au premier trimestre a atteint 0,6% au lieu de 0,5% précédemment annoncé. Les ventes de voitures ont progressé de plus de 20% en mai et l’immobilier est au mieux depuis 5 ans.

Il serait donc un peu léger de refuser de voir ce léger mieux économique. Mais ce n’est pas parce que l’on accepte de regarder la réalité en face et de voir que les indicateurs s’améliorent, qu’il faut regarder cela avec complaisance. Car cette amélioration ne doit absolument rien aux politiques menées par le gouvernement. Elle est purement conjoncturelle et doit à la baisse conjuguée de l’euro, du prix des matières premières et des taux d’intérêt, qui ont pu, en plus, réduire l’austérité, limitant l’effet dépressif des politiques inspirées par l’Union Européenne. Et quand on y ajoute le rebond mécanique après une dépression, on comprend que les facteurs de soutien à l’activité sont très forts, relativisant le bien modeste rebond des derniers mois, même si on peut penser que les courants resteront porteurs.

Ce n’est pas en refusant de voir ce léger mieux que l’on fera progresser nos idées. C’est en reconnaissant la réalité, mais en étant les meilleurs décrypteurs des limites de cette réalité, à savoir que cette reprise, outre le fait d’être inégale et limitée, n’est que concturelle et donc temporaire