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lundi 16 mars 2015

Pierre Moscovici, l’homme qui fait détester la politique

Bien sûr, il n’est pas le seul, et il y en a d’autres dont on pourrait dire la même chose, notamment celui qui a précédé François Hollande, ce conférencier de luxe, en affaires avec Bernard Tapie. Mais Pierre Moscovici est a minima un prétendant sérieux au titre du pire homme politique.



Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Il ne fallait sans doute pas s’attendre à autre chose d’un « übersexuel » qui trouvait le moyen de dénoncer la peoplisation de la vie politique tout en parlant de sa vie privée dans Gala. Déjà, il était assez stupéfiant, pour ne pas dire davantage que celui qui, comme ministre de l’économie, a soutenu pendant un an que la France atteindrait 3% du PIB de déficit en 2013, puis annoncé que cela serait atteint en 2015, avant que cela ne soit à nouveau repoussé de deux ans, soit nommé au poste du commissaire européen justement en charge du contrôle des engagements budgétaires des pays ! Un exemple du caractère arbitraire et sans scrupule de cette construction, dont les règles s’appliquent à géométrie variable. 

Quelques mois après sa nomination, voici un des pires contrevenants des règles budgétaires européennes qui se retrouve en position d’abitre des ministres des finances européens. Pas illogiquement par rapport aux règles de Bruxelles, voici celui qui était encore ministre à Bercy il y a un an, dire que « l’effort de la France n’est pas suffisant ». Soit il n’a aucun amour propre, ce que l’interview à Gala infirme totalement, soit il est d’un cynisme tout mitterrandien, capable de dire une chose et de faire le contraire. Pour Marianne, « certains jours, il est bien difficile de distringuer les pastiches signés du ‘Gorafi’ et les vraies informations ». Moscovici, c’est un peu le cancre de la classe qui prend la place du professeur.

Le prototype de la gangrène UMP-PS

jeudi 5 mars 2015

Budget : le ridicule jeu de chat de la France et l’UE




Entre souk et prison


Mais les discussions ne s’arrêtent pas là. D’abord, la France doit trouver quatre milliards d’économies de plus en 2015, ce qui semble davantage répondre à un objectif politique, à savoir montrer que le pays va dans la direction souhaitée notamment par l’Allemagne. Car ce montant n’aura pas d’impact majeur. En revanche, Bruxelles pense que Paris doit trouver 80 milliards d’économie de 2015 à 2017 au lieu des 50 avancés par le gouvernement pour tenir les mêmes objectifs. Le gouvernement annonce que cela aurait un effet désastreux sur la croissance et refuse de changer son plan, d’autant plus que François Hollande vient tout juste d’annoncer qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts…

Les traités ne sont que des bouts de papier

samedi 31 janvier 2015

Juncker, apprenti dictateur des temps modernes

« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » : voici ce que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a déclaré au Figaro au sujet des négociations avec Athènes qui ont suivi l’élection de Syriza, qui a fait plusieurs annonces retentissantes cette semaine.



Haussement de ton ?


Le discours du président de la Commission est ambigu. En effet, il exclut « la suppression de la dette », ce que ne demande pas la nouvelle équipe, qui demande une décote. Et il dit respecter le suffrage universel, mais cela est purement formel s’il n’était pas possible de revenir sur les traités passés et qu’il n’est pas possible d’altérer fondamentalement ce qui en place. En même temps, Alexis Tsipras a clairement indiqué qu’il changera fondamentalement les politiques menées depuis 2010, puisqu’il a mis fin aux privatisations, remonté le SMIC et embauché des fonctionnaires ! S’agit-il d’un simple effet de style pour la négociation ou d’un regret sur l’organisation telle qu’il la souhaiterait en Europe ?

Totalitarisme juridique et démocratie

mercredi 8 octobre 2014

Si la Commission européenne retoquait le budget 2015 de la France.... (billet invité)

Billet invité de Coralie Delaume, qui a écrit un très bon livre sur l’Europe et que vous pouvez retrouver sur son blog



Jadis, il se disait que le consentement à l'impôt était au principe même de la démocratie. De même, en ces temps reculés, alors qu'on circulait encore à cheval, que les princes charmants combattaient encore des dragons et qu'on utilisait le Minitel pour draguer en ligne, beaucoup de gens croyaient que le vote du budget de l’État était l'une des principales prérogatives des représentants de la nation, c'est à dire du Parlement.

Mais ça, comme dirait l'autre, c'était avant.

Maintenant c'est différent. On a modernisé ces vieilles pratiques car elles sentaient la poussière. Elles n'étaient pas très fun, elles n'étaient pas très wizzz, elles n'était pas très « my government is pro-business ». Par chance, l'Union européenne vint, qui nous aida à venir à bout de ces rigidités.

***

jeudi 11 septembre 2014

Moscovici complète le dispositif eurolibéral en pleine déroute budgétaire





L’impossible équation budgétaire

Déjà, Michel Sapin avait annoncé sotto voce en août dans le Monde, que l’objectif d’un déficit budgétaire de 3,6% du PIB en 2014 ne serait pas tenu. Pourtant, il était absolument crucial de le tenir pour espérer tenir les 3% en 2015, après avoir atteint 4,3% en 2013. Dire que Hollande, comme Sarkozy, avaient promis de tenir les 3% dès 2013 ! Aujourd’hui, l’objectif semble hors d’atteinte pour 2015, alors même que la France s’était engagé sur cette date l’an dernier. Toute la question est de savoir si le cap des 3% sera prévu pour 2016 ou 2017, soit avec 3 ou 4 ans de retard par rapport à ce que le candidat « socialiste » avait dit lors de sa campagne… Hier, Angela Merkel a mis la pression à ses partenaires et la commission de Bruxelles a embrayé, pour contre-balancer la nomination de Moscovici.

Car c’est bien le problème que nous avions été nombreux à soulever il y a 4 ou 5 ans, à savoir que des politiques d’austérité concomitantes à l’échelle du continent européen, ne font que casser la croissance, et par là même, augmenter le taux de chômage et même amoindrir très fortement les résultats des efforts budgétaires du fait de cette moindre croissance. Voici une politique totalement contre-productif, à moins d’être l’Allemagne, mais qui s’est construit un modèle économique non duplicable et dont le principe repose justement sur un fort excédent commercial alors même qu’il est bien impossible que tous les pays européens soient simultanément dans la même position. Jacques Sapir avait fort bien prévu l’impasse budgétaire dans laquelle se trouve Hollande dès l’automne 2012.

L’effarante promotion de Moscovici

mercredi 4 juin 2014

Le coup de force des bureaucrates bruxellois (billet invité)


Billet invité de Léonard

Le vendredi 29 mai, Angela Merkel a admis que Jean Claude Juncker, le candidat du parti PEE (droite conservatrice) et ancien premier ministre d’un parasite fiscal bien connu devait être le futur Président de la Commission européenne.


« C’est une grande victoire pour la démocratie ! » se sont écriés les europhiles les plus philiques, au premier rang desquels se trouve l’excellent Jean Quatremer qui s’inquiétait sur son blog de l’obstruction réalisée, entre autres, par David Cameron, premier ministre britannique.

Démocratie ? Hum, à voir.

Même le plus obtus des observateurs constatera que le message envoyé par les électeurs le 25 mai n’était pas « Nous voulons Juncker à la tête de la commission ». Sauf en Allemagne, le vote et le non-vote ont été un signe évident d’un rejet de la politique européenne telle qu’elle se décide. L’abstention a été la règle commune, dépassant les 70% dans des pays comme la République tchèque, la Lettonie ou la Slovénie ; quant au vote eurosceptique, qu’il soit de gauche, de droite ou du centre, il a fait un raz de marée. En France, il avoisine les 40% (FN + DLR + FdG), au Royaume Uni, il flirte avec les 30%, il est fort en Italie ou au Danemark. L’association de l’abstention et du vote eurosceptique met en évidence un fait majeur : Il y a un gros problème de légitimité dans l’Union européenne. 

jeudi 15 mai 2014

Après Goldman Sachs, la Commission Européenne manipule aussi les chiffres de la dette grecque (billet invité)



Est-ce le hasard du calendrier qui fait qu’à quelques jours des élections européennes, la Commission européenne publie des chiffres étonnamment bons sur le déficit public grec ? Certes pas. Et l’analyse de ces chiffres vaut bien un petit détour.


En effet, il nous est annoncé initialement, et fièrement, que les comptes publics affichent une balance primaire positive de 0,8% par rapport au PIB. Diantre ! Dans le contexte économique actuel, c’est un exploit que même la vertueuse Allemagne n’arrive point à réaliser. Sauf que l’influent think tank allemand IFO (Institut de recherche économique) est venu jouer les trouble-fêtes par l’intermédiaire de son président, M. Hans-Werner Sinn[i].

lundi 28 avril 2014

L’UMP se moque du monde sur Schengen !



L’approche des élections européennes fait redécouvrir à l’UMP la question de l’immigration et le fait qu’elle est liée aux traités européens. Le parti fait donc des propositions pour permettre à l’Europe de reprendre le contrôle de sa politique migratoire. Une énorme escroquerie intellectuelle !


Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Tout d’abord, il faut rappeler ici que le traité de Schengen, comme tous les autres traités européens, a été accepté par l’UMP, comme le PS. L’opposition est donc co-responsable des dérives que provoque ce mauvais accord. Pire, il faut quand même rappeler que l’UMP a été au pouvoir de 2002 à 2012, et a donc eu dix longues années pour essayer de changer ce qui n’allait pas en Europe. Et elle a eu deux occasions majeures, puisqu’elle pouvait chercher à inscrire les modifications qu’elle jugeait nécessaires dans le TCE rejeté par les Français en 2005, et suite à ce « non », elle pouvait chercher à obtenir des compensations lors de la négociation du traité de Lisbonne, avant de le ratifier.

Bref, on ne peut pas dire que l’UMP n’a pas eu l’occasion d’améliorer la politique européenne d’immigration. La seule chose qui a été faite, en 2008, était un « Pacte sur l’immigration et l’asile », pendant la présidence française de l’UE. Cela signifie de facto que ce pacte n’était que du vent, qui ne réglait aucun problème. La faillite de la politique européenne de l’immigration est aussi et surtout la faillite des politiques menées par l’UMP et le PS qui ont accepté des traités nous privant des moyens de contrôler nos frontières. Il est quand même effarant de lire dans le programme de l’UMP que « nous souhaitons également rendre possible l’expulsion dans leur pays, hors Schengen, des délinquants récidivistes et des criminels ». Parce que cela n’était pas possible avant et qu’ils n’ont rien fait pour changer cela ?

Ici encore, le problème, c’est l’Europe

samedi 29 mars 2014

L’Europe : bonnet d’âne de la régulation financière


La dureté de la crise et la concentration du secteur dans des parasites fiscaux devraient pousser nos dirigeants à des réformes radicales. Las, ils se mettent d’accord sur une union banciare chétive et hors sujet et croient bon de relancer la titrisation qui a mené au désastre des subprimes.


Créer une nouvelle bulle de crédit

Michel Barnier, dont l’image avait grandi suite à sa passe d’armes avec Christian Noyer, de la Banque de France, au sujet de la réglementation financière, vient de faire une déclaration hallucinante. En effet, la croissance de la zone euro est encalminée par la diminution du volume de crédits au secteur privé (en baisse de 2,2% sur un an selon la BCE à fin février) quand Londres retrouve des couleurs avec l’envolée du crédit bancaire. Même si nos dirigeants devraient prendre en compte le caractère parfois artificiel et dangereux des bulles de crédit, le commissaire européen a fait son choix.

Il a déclaré que la titrisation « a le potentiel de débloquer des sources de financements supplémentaires pour l’économie réelle », notant que « beaucoup d’actions ont été menées par les autorités pour mieux standardiser et rendre plus transparentes les transactions titrisées ». Si la première partie est juste (en vendant la créance qu’elle a accordé, une banque gagne une nouvelle capacité à prêter), en revanche, la seconde est plus douteuse sachant que nos hiérarques européens osent affirmer que l’union bancaire nous protège d’une nouvelle crise financière alors même qu’il n’y aura création que d’un fonds de 55 milliards d’euros en 2025, somme largement inférieure au coût de la crise.

Un criant manque de régulation

vendredi 21 mars 2014

Présidence de la Commission : le cauchemar continue


Comme le rapporte The Economist, le résultat des prochaines élections européennes pourrait influencer le choix du prochain président de la Commission Européenne. Les noms qui sont avancés à date montrent que cela ne devrait améliorer en rien la qualité de la personne choisie…


Le trio infernal

Pour l’instant, cela n’a pas encore vraiment pénétré le débat public, mais a priori, si les membres du Parti Socialiste Européen arrivent en tête, ce devrait être Martin Schulz, un social-démocrate allemand, qui remplacerait Barroso. Si c’est l’alliance de centre-droite du Parti Populaire Européen (dont fait partie l’UMP – mais pas le Parti Conservateur de David Cameron depuis 2009, ce qui pénalise lourdement ce groupe), ce serait Jean-Claude Juncker, l’ancien premier ministre du Luxembourg. Enfin, les libéraux ont pris Guy Verhofstadt, un ancien premier ministre belge, comme tête de gondole pour ces élections. Les partis n’ont pas mieux choisis que les chefs d’Etats dans le passé…

Martin Shulz représenterait en effet un choix très malheureux. Alors que l’Allemagne exerce de facto le rôle principal dans l’Union Européenne, comme le démontrent toutes les négociations, que ce soit sur l’union bancaire ou les différents plans, et qu’elle bénéficie déjà de la présence de la BCE sur son territoire, lui accorder en plus la présidence de la Commission renforcerait encore sa position hégémonique. Le choix alternatif n’est guère plus réjouissant. En effet, alors que l’Union Européenne continue à discuter de réglementations financières, il serait pour le moins paradoxal que le président de la Commission soit issu d’un parasite fiscal notoire et qui, de facto, vole ses voisins….

La démocratie impossible

vendredi 14 février 2014

OGM : le nouveau coup d’Etat de Bruxelles


19 états (dont la France et l’Italie) qui sont contre, 5 qui sont pour (dont l’Espagne et le Royaume Uni) et 4 qui s’abstiennent (dont l’Allemagne). Que croyez-vous qui se passe dans l’Union Européenne : la commercialisation du maïs OGM Pioneer est autorisée dans toute l’UE !


Un immense scandale démocratique

Voilà un exemple qu’il va falloir répéter en boucle pour bien montrer le caractère anti-démocratique de cette construction européenne, qui s’est transformée en une monstrueuse organisation où la Commission peut imposer une décision avec le soutien de 5 états contre 19 ! Et même si l’Allemagne avait rejoint le camp des pays opposés, à 20 contre 5, l’autorisation de commercialisation du maïs OGM Pioneer serait quand même passée ! Mais comment a-t-on pu concevoir des règles aussi absurdes et contraires à la plus élémentaire démocratie ? Il est totalement ubuesque qu’un technocrate apatride et irresponsable puisse imposer sa volonté avec le soutien d’une petite minorité contre une large majorité.

Il fallait 21 pays, dont l’Allemagne, ou 22 sans elle – sur 28 – pour que la Commission ne l’emporte pas ! Malheureusement, ce n’est pas la première fois que l’Union Européenne a recourt à ces règles byzantines pour défendre la commercialisation d’OGM contre la très large majorité des opinions publiques européennes et même des gouvernements (renforçant sans doute l’opposition de la population). Déjà, la commission de Bruxelles avait tenté d’interdire aux Etats membres d’en interdire la culture. Il avait fallu l’opposition résolue de 80% des Etats pour mettre en échec les desseins délirants de Bruxelles. Pire, Monsanto et compagnie poursuivent leur offensive auprès des instances judiciaires.

L’Union Européenne, poison de l’Europe

vendredi 7 février 2014

L'Europe est-elle plus "à gauche" que ses états membres ?


Billet invité de Coralie Delaume, publié sur l’Arène Nue, qu’elle vient de relancer, avant la parution de son livre


A l’approche des élections européennes de mai 2014 et de la « déferlante eurosceptique » qu’on nous promet, il semble que l’Europe et ses institutions, soient devenue diablement prudentes. Pour un peu, elle passerait pour moins libérale voire pour plus « à gauche » que les différents États membres.

Pas très difficile me direz-vous, puisque nombre desdits États sont gouvernés par des conservateurs. Certainement vous répondrais-je, un peu vexée. Mais ils ne le sont pas tous. En tout cas pas la France, qui est dirigée par des socialistes paraît-il, même s’il faut le dire vite.
Quelques éléments témoignent de la prudence de sioux dont font actuellement preuve nos technocrates préférés. C’est qu’ils ont l’instinct de survie, les bougres. Ils le savent pertinemment : plus d’Europe supranationale, plus de technocrates. Il faut leur faut donc éviter que le bazar ne s’autodétruise complètement. Or pour l’éviter, il faut agir. Il faut « faire des trucs  ». Illustration.
La politique monétaire et la gestion de la crise de l’euro1

mercredi 29 janvier 2014

Turquie : l’oubli de François Hollande





Un grand pays… qui n’a rien à faire dans l’UE

Nos relations avec Ankara ont été singulièrement compliquées par l’ouverture d’un processus de négociation pour intégrer l’Union Européenne. Cette mauvaise comédie dure malheureusement depuis 15 ans ! Jacques Chirac avait reconnu la candidature de la Turquie en 1999. Mais il avait aussi accepté une réforme de la constitution en 2005, imposant un référendum. Nicolas Sarkozy a toujours eu une attitude ambiguë. Il a soutenu la réforme constitutionnelle de 2005 et refusé un chapitre des négociations en 2007. Mais il a aussi fait sauter le verrou du référendum en 2008 et a surtout permis l’ouverture de 11 chapitres de négociation sous son mandat, y compris celui qu’il avait bloqué en 2007 !

Les socialistes ont toujours été assez favorables à l’entrée de la Turquie, malgré l’opposition de 83% des Français. Un nouveau chapitre de négociation a été ouvert en novembre. Mais il est totalement délirant de continuer à avancer dans ces négociations alors même que nous avons tous les jours devant nos yeux la démonstration que l’Union Européenne ne fonctionne pas et que l’arrivée de ce pays de plus de 70 millions d’habitants ne ferait que complexifier plus encore la situation. Aujourd’hui, il y a surtout urgence à faire une pause dans le processus d’élargissement. Certes, François Hollande promet un référendum, mais dans ce domaine, les promesses ne semblent engager que ceux qui les entendent.

Quand la commission ouvre nos frontières à la Turquie

samedi 23 novembre 2013

Fin de l’euro : l’option allemande progresse


En quelques jours, la probabilité d’une telle issue a fortement augmenté. En effet, non seulement la BCE a décidé de baisser ses taux contre la volonté unanime de l’Allemagne (SPD compris), mais en plus, Bruxelles a lancé une procédure visant les excédents excessifs de notre voisin.



Bataille pour la politique de la BCE

Et si le début du divorce avait commencé il y a quinze jours, quand la banque centrale européenne a décidé de baisser ses taux ? Malgré le secret qui entoure ses décisions, un article du Telegraph résume bien toutes les tensions provoquées par cette décision, peu perceptibles en France, et souligne qu’outre la baisse des taux, un membre éminent de la BCE a déclaré que « le bilan de la banque centrale peut également être utilisé. Cela inclut les rachats directs (de créances) que n’importe quelle banque centrale peut le faire ». Cela se rapproche des pratiques plus anglo-saxonnes de la Fed.

Mais le problème est que l’Allemagne toute entière est vent debout contre une telle politique, comme le rapporte l’Agefi. Le patron du groupe parlementaire CDU-CSU a affirmé que « le risque de bulle dans le prix des actifs existe et il ne va pas être abaissé par cette décision. Il y a déjà trop de liquidités qui circulent », position soutenue par le SPD. Ceci est relayé par le Bild Zeitung qui parle d’une menace contre le pays. La Bundesbank évoque les « risques pour la stabilité financière », du fait notamment de la hausse des prix immobiliers. Pour le Telegraph « une politique adaptée au Club Med est destructrice pour l’Allemagne. Et une politique adaptée à l’Allemagne est destructice pour le Club Med ».

Bruxelles en guerre contre Berlin

dimanche 8 septembre 2013

150 raisons d’être protectionniste


C’est une information qui n’a pas fait la une des médias : 150 nouvelles mesures protectionnistes ont été prises depuis un an. De quoi contredire tous ceux qui disent qu’il ne serait plus possible de faire du protectionnisme dans le monde actuel et souligner la naïveté de l’Europe à ce sujet.



Le protectionnisme, c’est maintenant (et hier, et demain)

Dans le discours des promoteurs dogmatiques du libre-échange, le protectionnisme est une pratique d’arriérés économiques (Corée du Nord ou Albanie), qui serait un frein au développement. Mais cette présentation des choses est totalement caricaturale, le choix n’étant pas entre un gentil libre-échangisme sans la moindre restriction et un méchant protectionnisme qui confine à l’autarcie. Dans la réalité, les choses sont beaucoup plus compliquées. Tout les pays du monde ont des pratiques protectionnistes, y compris l’Union Européenne (pour l’agriculture, même si c’est de moins en moins le cas) ou l’Allemagne (qui protège ses industriels par des normes DIN spécifiques).

Cette étude de la Commission Européenne montre l’ampleur du phénomène puisqu’elle recense près de 700 mesures protectionniste depuis 2008, dont 150 depuis un an ! Tous les pays sont protectionnistes. La palme revient aux pays d’Amérique Latine, notamment l’Argentine (en pole-position) ou le Brésil. Buenos Aires reconstruit une industrie du jouet et a imposé la construction d’une usine de production de téléphones portables. Brasilia impose des droits de douane de 40% sur les automobiles importés et a imposé à Apple de se fournir localement pour ses IPad. Mais l’Asie est également très active dans ce domaine, puisque le protectionnisme est au cœur de leur modèle de développement.

Le protectionnisme, une protection pour les emplois

mardi 13 août 2013

La commission européenne capitule sur les panneaux solaires





Reddition en rase campagne

Il faut lire l’article de The Economist sur le sujet pour mesurer le degré de reddition de la Commission. En effet, l’hebdomadaire britannique est un partisan acharné du libre-échange dans toutes les conditions et pourtant, ses commentaires sont assez acides sur les conditions de l’accord qui a été rendu public fin juillet. Pour le journal ultralibéral, « l’Union Européenne va mettre en place un prix de vente minimum, cependant beaucoup plus bas que le niveau attendu. Elle va aussi mettre en place un généreux quota au delà duquel des droits de douane élevés seront mis en place ».

Pire, The Economist note que les « officiels chinois sont satisfaits » et que le ministre du commerce a dit que « l’accord exprimait de la sagesse ainsi qu’une attitude flexible et pragmatique ». Les industriels du panneau solaire européen vont faire appel contre la décision et ont déclaré que « l’accord n’est pas une solution mais une capitulation ». Il est assez stupéfiant de constater que même un journal partisan intransigeant du libre-échange comme The Economist sous-entende aussi clairement que l’UE s’est couchée devant la Chine, démontrant à nouveau qu’elle ne défend pas nos intérêts.

Quand la commission se moque du monde

lundi 5 août 2013

L’interminable feuilleton du MON 810 de Monsanto


Cela fait maintenant plus de cinq ans que l’interminable feuilleton politico-judiciaire de l’interdiction du maïs OGM MON 810 de Monsanto agite l’actualité. Après un demi-recul de l’entreprise en Europe annoncé il y a quelques semaines, le Conseil d’Etat vient à nouveau de lui donner raison en France.



Un mauvais feuilleton

Mais quand cela prendra-t-il fin ? L’interdiction de la commercialisation du MON 810 en France suit un scénario qu’aucun cinéaste n’aurait pu imaginer tant il comporte de rebondissements. Après l’échec de la Commission Européenne, qui avait tenté il y a quelques années d’interdire l’interdiction aux Etats-membres en passant par une scandaleuse procédure de majorité inversée, le semencier étasunien tente de passer par la Cour de Justice européenne. En France, après l’interdiction décrétée par la précédente équipe au pouvoir, le Conseil d’Etat a confirmé le précédent avis de 2012.

Cela suit une déclaration ambiguë du semancier étasunien mi-juillet annonçant qu’il retirait toutes ses demandes d’homologations d’OGM pour l’Union Européenne, du fait de « l’absence de perspectives commerciales ». Mais il ne faut pas trop se réjouir car les importations d’OGM continuent à progresser puisque si seulement 3 variétés sont autorisées à la culture, 41 le sont à la vente par les eurocrates délirants de Bruxelles. Et 26 attendent une autorisation, comme le notait le Monde. Pire, ce n’est pas l’accord commercial transatlantique qui risque d’améliorer les choses.

Des réponses insuffisantes

mardi 30 juillet 2013

Monsanto, huile de palme : la mobilisation contre l’agro-business progresse


On en a trop peu parlé, mais le 25 mai, dans toute l’Europe, des milliers de personnes ont manifesté contre Monsanto et la commercialisation des OGM dans une mobilisation inédite contre les agissements d’une multinationale. Et le 2 juin, France 5 diffusait un reportage très instructif sur l’huile de palme.



Les scandales de l’huile de palme

Le reportage de France 5 était édifiant à plusieurs titres. Il rappelait les conséquences de l’exploitation des palmiers sur la forêt équatoriale, montrant bien également que ce sont essentiellement les multinationales qui profitent de son exploitation, et non les paysans, parfois réduits à une condition proche de l’esclavage au nom du progrès économique. Le reportage dénonçait également l’utilisation de pesticides Syngenta extrêmement dangereux pour la santé et dont la multinationale fait pourtant une promotion cynique, la population pensant s’en protéger avec du lait concentré Nestlé…

Problème, les industriels peuvent camoufler aujourd’hui l’utilisation d’huile de palme sous le nom générique d’huile végétale ou matière grasse végétale. Pourquoi l’Europe ou nos gouvernants n’imposent-ils pas d’indiquer s’il s’agit d’huile de palme ou non ? Les consommateurs ne devraient-ils pas pouvoir choisir de consommer tel ou tel produit en toute transparence ? Il est difficile de ne pas voir dans cette possibilité offerte par le législateur le lobbying des grandes entreprises…

Le reportage évoque le label RSPO, créé par les industriels (et auquel Syngenta et… le WWF sont associés) qui garantirait une exploitation responsable de l’huile de palme, assurant respect des forêts et des paysans. Malheureusement, il est difficile de vérifier sur place ce qu’il en est en réalité puisque les exploitations RSPO ne peuvent pas être visitées. Les journalistes ont réussi à le faire en caméra cachée et pas grand chose ne semble distinguer l’huile de palme « responsable » de l’huile de palme ordinaire, dont le principal bénéfice est d’être la matière grasse la moins chère du marché.

Des politiques aux abonnés absents ou du mauvais côté

mardi 16 juillet 2013

La trahison de Moscovici sur la taxe Tobin



Le Parti Social-traître

Comment ne pas voir le parti qui se dit « socialiste » autrement ? En effet, la crise que nous traversons et l’exposition de tous les travers du monde financier font que le moment est idéal pour enfin faire passer ce projet. Déjà, en 2009, le G20 l’avait oublié, démontrant que les lobbys financiers gardaient un pouvoir de nuisance certain. Néanmoins, le projet a pu avancer à l’échelle européenne, par l’alliance d’une majorité des parlementaires européens et des dirigeants de onze pays qui ne sont pas de grandes places financières (mais réunissant Paris, Berlin, Rome et Madrid).

Le projet, modeste, prévoyait de taxer à 0,1% les actions et les obligations et à 0,01% les produits dérivés. Néanmoins, il comportait quelques modalités techniques pour augmenter son rendement, comme l’explique très bien cette tribune d’Attac dans le Monde. Avec le principe d’émission, une action Renault échangé en Asie par une banque asiatique serait concernée. Le principe d’origine imposerait une taxation pour toutes les banques des pays participant au projet. De même étaient concernés acheteur et vendeur, les transactions au sein d’un même groupe ou les opérations de prise en pension.

Attac révèle que la France remet en cause une multitude de détails qui dénature totalement un projet pourtant pas bien méchant. Pire, Pierre Moscovici a déclaré que la « mise en œuvre (de la TTF) rencontre de nombreux obstacles : pour y parvenir, il nous faut être pragmatiques et réalistes. La proposition de la Commission paraît en effet excessive et risque d’aboutir au résultat inverse de ce qui est souhaité par le gouvernement, en agissant comme repoussoir pour une vraie taxe européenne généralisable à l’Union », comme le rapporte Hervé Nathan sur son blog de Marianne.

Ce qu’il faudrait faire

mardi 9 juillet 2013

L’insupportable soumission à l’impéralisme étasunien


Le mois qui vient de passer a donné de nouveaux exemples criants de la soumission volontaire de l’Europe et de la France aux désidératas des Etats-Unis, donnant une actualité criante à la politique d’indépendance nationales voulue en son temps par le Général de Gaulle.



Le traité transatlantique, ou la victoire de Washington

Malgré les incidents diplomatiques récents, la négociation du traité commercial transatlantique a démarré lundi 8 juillet. Vous pourrez trouver le mandat de négociation de la Commission de Bruxelles sur le blog de Magali Pernin. Comme d’habitude, les défenseurs de ce traité font miroiter des dizaines de milliards d’euros de création de richesse, sans pour autant expliquer comment cela pourrait bien se réaliser ou sans pouvoir se référer à des exemples concrets passés. Ce traité sert les intérêts des multinationales, qui pourront alors faire circuler plus librement leurs produits des deux côtés de l’Atlantique.

En effet, les barrières douanières sont limitées. Ce qui subsiste aujourd’hui, ce sont principalement des barrières normatives, l’Europe interdisant par exemple la commercialisation du bœuf aux hormones, les standards moins exigeants étant la norme aux Etats-Unis. Alors que l’on nous serine que l’Europe est un vecteur de progrès, l’enjeu véritable de cette négociation est de savoir à quel point l’UE transigera sur nos standards de qualité et de protection des consommateurs, comme avec l’autorisation de vente de poulets lavés à l’acide venus d’outre-Atlantique par la Commission.

Le scandale Evo Morales

Mais la soumission de l’Europe et de la France aux intérêts de Washington et des mutlinationales ne s’arrête pas aux traités commerciaux. Comme on a pu le voir récemment, la France (et d’autres pays européens) ont commis le geste extrêmement grave de refuser le survol de notre territoire au président de la Bolivie, en violation avec toutes les règles de droit international. Evo Morales, de retour d’un voyage diplomatique à Moscou, avait dit qu’il pourrait peut-être accueillir l’ancien agent de la NSA, Edward Snowden. L’humiliation fut complète avec le contrôle de l’avion présidentiel à Vienne.

Alors que la France pourrait proposer un asile diplomatique à Edward Snowden et devrait, de toutes les façons, laisser circuler librement l’avion du président de la Bolivie, le gouvernement s’est comporté comme un valet des Etats-Unis. Cela est d’autant plus dommage que depuis 2003, les opinions publiques européennes ont pris une grande distance avec les souhaits souvent abusifs de Washington (avec l’aggression impérialiste de l’Irak) et que François Mitterrand avait, en son temps, refuser le survol de notre territoire lors d’un bombardement de la Libye décidé par Ronald Reagan.

Washington, caïd de la scène internationale