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mercredi 19 octobre 2016

Cameron, fossoyeur des services publics britanniques

Et si, sous son apparence affable, David Cameron avait été un Premier Ministre encore plus antisocial que Margaret Thatcher ? La situation fiscale, et celle de l’éducation supérieure, le laissaient déjà penser. Une série de papier sur la situation du système de santé, et sur la situation des prisons, font apparaître un bilan absolument désastreux dans l’ensemble des services publics.



La grande déconstruction du bien commun

samedi 9 mai 2015

La Grande-Bretagne votera pour sortir de l’UE en 2017




Pourquoi Cameron gagne ?

Cette élection est marquée par un effondrement des Libéraux-Démocrates, victime de leur coalition avec les Conservateurs, et qui tombent de 23 à 8% des suffrages et de 57 à 8 députés ! Le premier vainqueur pour le nombre de voix est UKIP, qui passe de 3 à 12,6%, mais ne gagne qu’un siège. Les nationalistes écossais, s’ils ne passent que de 1,6 à 4,7% des voix, passent de 6 à 56 sièges, emportant la quasi totalité des sièges en Ecosse, démontrant que l’unité du Royaume est toujours fragile. Paradoxalement, les travailliste gagnent un peu plus de voix que les conservateurs (1,5 point contre 0,8) mais le parti de David Cameron arrive bien en tête (36,9% contre 30,4%) et surtout gagne 24 sièges, à 331 sur 650, alors que le parti d’Ed Milliband en perd 26 à 232 sièges, du fait de sa déroute en Ecosse.



Les raisons de cette victoire sont multiples. La relative reprise économique, malgré ses innombrables limites, valide en partie la politique économique de la majorité. La première force de David Cameron a peut-être été la faiblesse de son premier adversaire, qui n’a jamais réussi à vraiment convaincre, d’autant plus que la crise de 2008 a sérieusement entamé la crédibilité des travaillistes en matière économique. Son pari de promettre un référendum en 2017 sur la sortie de l’UE s’est avéré gagnant, d’autant plus que les travaillistes ont refusé de faire de même. David Cameron récolte peut-être aussi les fruits de sa politique à l’égard des personnes âgées, largement épargnées par les coupes, comme l’avait dénoncé The Economist dans un dossier très intéressant, malgré sa prise de position en faveur des Tories.

Nouvelle crise en vue pour l’UE

mercredi 4 juin 2014

Le coup de force des bureaucrates bruxellois (billet invité)


Billet invité de Léonard

Le vendredi 29 mai, Angela Merkel a admis que Jean Claude Juncker, le candidat du parti PEE (droite conservatrice) et ancien premier ministre d’un parasite fiscal bien connu devait être le futur Président de la Commission européenne.


« C’est une grande victoire pour la démocratie ! » se sont écriés les europhiles les plus philiques, au premier rang desquels se trouve l’excellent Jean Quatremer qui s’inquiétait sur son blog de l’obstruction réalisée, entre autres, par David Cameron, premier ministre britannique.

Démocratie ? Hum, à voir.

Même le plus obtus des observateurs constatera que le message envoyé par les électeurs le 25 mai n’était pas « Nous voulons Juncker à la tête de la commission ». Sauf en Allemagne, le vote et le non-vote ont été un signe évident d’un rejet de la politique européenne telle qu’elle se décide. L’abstention a été la règle commune, dépassant les 70% dans des pays comme la République tchèque, la Lettonie ou la Slovénie ; quant au vote eurosceptique, qu’il soit de gauche, de droite ou du centre, il a fait un raz de marée. En France, il avoisine les 40% (FN + DLR + FdG), au Royaume Uni, il flirte avec les 30%, il est fort en Italie ou au Danemark. L’association de l’abstention et du vote eurosceptique met en évidence un fait majeur : Il y a un gros problème de légitimité dans l’Union européenne. 

dimanche 2 février 2014

Référendum en Grande Bretagne : le coup de force des euro-autoritaires


Billet invité d’enfant de patrie dont vous pouvez retrouver le blog ici

Le Premier Ministre Britannique, David Cameron, s’était engagé à organiser un référendum sur la sortie d  ddu Royaume-Uni de l'Union Européenne et à renégocier les traités. Cette nouvelle consultation de la population est désormais remise en question, à la Chambre des Lords (équivalent du Sénat en France). Avec ce nouveau coup de force, visant à museler la parole du peuple Britannique, les euro-autoritaires rompent une nouvelle fois avec l’idéal démocratique.



L'ambiguïté du référendum

Si le Premier ministre britannique a exprimé une ferme volonté d'organiser un référendum, avec pour question « pensez-vous que le Royaume-Uni doit rester membre de l'Union européenne? », il a aussi montré son attachement à l'Europe, souhaitant que les Britanniques restent dans l'Union, expliquant « je ne suis pas un isolationniste britannique ». À travers cette volonté d'une consultation du peuple, le chef du gouvernement d'outre-Manche applique une double stratégie. En effet, le scrutin est conditionné à la réélection de la majorité actuelle, et à la reconduite du mandat de David Cameron. Il espère ainsi récupérer des voix auprès des électeurs de Ukip, dont les intentions de vote ne cessent de progresser. Le second volet vise à envoyer un message aux gouvernants Européens et à la commission, pour obtenir une renégociation des traités. Ce discours est en parfaite adéquation avec l’état actuel de l’opinion publique britannique, très critique à l’égard de l’UE.

En vue de ce référendum, un texte de loi porté par le député James Wharton (parti conservateur), a été soumis à l'approbation de la chambre haute du Parlement britannique, le 10 janvier dernier, qui l'a accepté. À la chambre des lords s’est créée une alliance de circonstance, favorable à l’Union Européenne actuelle, constituée de libéraux démocrates, travaillistes, conservateurs européistes, pour retoquer le texte. Ainsi, cette institution va à l’encontre de la volonté d’une majorité du peuple britannique. 50% des britanniques sont favorables à une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE (30% seulement, étaient pour le maintien), dans un sondage mené par le Financial Times, en février 2013. Il est paradoxal que des parlementaires censés représenter les citoyens dans leurs diversités, n'écoutent pas leurs opinions.

David Cameron se retrouve contesté au sein même de sa coalition gouvernementale, par une minorité de conservateurs rejoignant l’avis des libéraux-démocrates totalement opposés au projet.

Une nouvelle dérive euro-autoritaire

L’Europe devait être au service des peuples, qui voient aujourd’hui leurs paroles bafouées. L’un des symboles de cette Europe autoritaire  en France, c’est le référendum sur la Constitution européenne de 2005, ratifié par l’UMP-PS-EELV et les centristes, dans une version quasiment identique, contre l'avis des citoyens français, en 2008. Chose tout à fait absurde et antidémocratique que de questionner le peuple, et de n’en tirer aucune leçon. Le rejet de la souveraineté du peuple, a encore gravi un échelon supérieur, avec l'adhésion de la Lettonie à la zone euro, contre l’avis d’une large frange de la population. Le refus du référendum Britannique, n’est que la poursuite de la politique autoritaire menée depuis de nombreuses années par l’Union Européenne. Cette folle Europe, imposant ses choix aux populations, ne les consultant que pour avaliser les décisions des technocrates de Bruxelles.

Ce débat permet une nouvelle fois aux euro-autoritaires de faire entendre leur voix contre le premier des principes démocratiques, la souveraineté populaire. Ainsi, de nombreux responsables politiques européens ont fustigé la proposition de laisser les britanniques choisirent si leur pays doit rester dans l’UE. L’ancien Premier ministre belge, Guy Verhofsdadt (ADLE, dont le Modem et le Parti Radical sont membres), a estimé qu’il était impossible de renégocier individuellement les traités. Il prévoit une  renégociation collective après les élections européennes de 2014, avec, encore et toujours, plus d’intégration et de fédéralisme. Bien sûr, une fois de plus on imagine qu’ils feront en sorte de ne pas consulter les peuples, qui subiront ce diktat fédéraliste.

Les principaux dirigeants européens se coupent de plus en plus des populations, isolés, n'entendant pas les peuples qui grondent. L'appel lancé il y a quelques années par le parti communiste Grec (KKE), « peuples d'Europe levez-vous », pourrait finir par être entendu, notamment lors des élections européenne, qui se dérouleront en mai. L’Union Européenne n’a plus ni la légitimité, ni l’approbation des populations, qui demandent la renégociation des traités, et le retour à une souveraineté nationale. A fortiori, ce nouveau refus de la démocratie doit être fermement condamné, et devra être sanctionné électoralement lors des prochaines échéances. Nous devons être solidaires face à ce nouveau déni de démocratie.
Enfant de la patrie

lundi 2 septembre 2013

Syrie : Barack Obama, prix Nobel d’impérialisme





L’impérialisme, version 2013

La déclaration de Barack Obama ridiculise plus encore les membres du comité Nobel, qui lui avait donné le prix Nobel de la paix à peine élu. En effet, si on peut saluer le principe de demander un vote des parlementaires avant d’engager une intervention, en revanche, pas grand monde n’a souligné que cette déclaration est totalement unilatérale. En effet, Barack Obama n’a pas conditionné l’intervention des Etats-Unis à un vote positif des Nations Unies. Voici donc un pays qui décide tout seul d’intervenir ou non dans un conflit, sans même demander à la communauté internationale !

Pour cette raison, son discours est extrêmement choquant. Même dans le cas où le régime de Bachar El-Hassad aurait utilisé des armes chimiques (et les preuves que l’on évoque resteront toujours suspectes après le précédent irakien), on ne peut pas évoquer les règles internationales (sur ce type d’armes) comme motif d’interventation tout en refusant de respecter le droit international pour intervenir ! Ce faisant, les Etats-Unis agissent comme un gendarme du monde qui n’en a ni le statut, ni le droit. Ce faisant, il est difficile de ne pas voir que Washington ne fait qu’imposer la volonté du plus fort, comme l’explique bien Jacques Sapir, et cherche sans doute essentiellement à défendre ses intérêts.

François Hollande, pris à son propre piège

mardi 26 février 2013

Elections : l’Italie vire UE-sceptique


Absence de majorité, mauvais résultat de Mario Monti, remontée de Silvio Berlusconi, performance de Beppe Grillo : le résultat des élections Italiennes provoque de nombreux commentaires. Mais la plupart oublient une chose essentielle : le peuple Italien a voté contre l’Union Européenne actuelle.

Une nouvelle faille dans la tour de Babel européenne

Pourtant, le pédigré des candidats aux élections devait permettre un soutien sans faille aux politiques menées en coordination avec la Commission. D’un côté une coalition de centre-gauche, qui avait réussi ses primaires et élu un candidat populaire. De l’autre, l’ancien Premier Ministre, Mario Monti, que beaucoup créditaient du redressement financier pays. En face, un ancien Premier Ministre encombré par de multiples affaires et un ancien humoriste qui lançait son parti.

Résultat : une majorité absolue d’Italiens a voté pour les deux derniers, qui ont adopté une tonalité extrêmement critique à l’égard de l’UE. Silvio Berlusconi n’a cessé d’attaquer la politique européenne, l’euro cher et l’Allemagne qui impose son agenda. Beppe Grillo est allé encore plus loin en proposant de sortir de la monnaie unique. Le résultat est d’autant plus cruel pour les euro-béats que Mario Monti fait moins de 10% des voix, près de trois fois moins que le M5S de Grillo.

En outre, il faut voir que la coalition de centre-gauche n’a devancé les partisans de Silvio Berlusconi que d’un cheveu (29,6 contre 29,2% à l’Assemblée et 31,6 contre 30,7% au Sénat). Comme le souligne le secrétaire général adjoint du Parti Démocrate : « si ces résultats sont confirmés, de 55% à 60% des électeurs italiens auront voté brutalement contre l’euro, l’Europe, Merkel et l’Allemagne ». L’Italie, sensé être un pays solidement attaché à l’Europe, a changé d’opinion.

A quand la chute du premier domino ?

samedi 9 février 2013

Euro, budget : vers la mort de l’idée fédérale ?


Il y a encore quelques semaines, les fédéralistes triomphaient. Certes, avec la hausse du chômage et la récession, cela était indécent, mais six mois de calme des marchés leur faisait dire que la crise de la zone euro était finie. Mais le début de l’année 2013 s’avère être un calvaire pour eux.

Le recul du budget européen

Pour espérer construire un jour les Etats-Unis d’Europe, il faudrait que les pays européens s’accordent pour davantage mettre en commun leurs ressources. La crise de la zone euro a permis à ses avocats les plus farouches de le proposer. Mais jusqu’à présent, à part le FESF et le MES pour sauver les créanciers des pays en difficulté et les camisoles budgétaires, l’unification est au point mort. L’idée des euro obligations, certes relancée par François Hollande, n’avance pas.

Mieux, alors que le budget européen ne représente qu’un maigre 1% du PIB de l’UE (contre plus de 20% aux Etats-Unis), alors que les technocrates de Bruxelles souhaitaient obtenir toujours plus d’argent, les dirigeants européens se sont mis d’accord pour soumettre les eurocrates à la rigueur. Le budget 2014-2020 sera donc en recul de plusieurs milliards d’euros, une première depuis la création de la CEE. Les dépenses somptuaires de fonctionnement de cette Europe sont remises en question, de même que le service extérieur commun. La diplomatie européenne bat de l’aile !

Le débat sur l’euro cher

Pire pour les fédéralistes, le débat actuel sur l’euro cher est en train de saper les fondements de la monnaie unique européenne et d’apporter de l’eau au moulin de ses opposants. En effet, alors que même les très europhiles dirigeants socialistes critiquent (bien illusoirement, certes) l’appréciation de la monnaie unique européenne, Berlin a réagi de manière extrêmement sèche et bien peu diplomatique en rétorquant que le niveau de l’euro était parfaitement raisonnable.

Une étude de la Deutsche Bank a évalué le niveau maximal pour les différentes économies européennes. Pour l’Italie, il ne faut pas aller au-delà de 1,16-1,17 dollar, pour la France 1,22-1,24, tandis que l’Allemagne pourrait supporter que l’euro s’envole à 1,54-1,94 dollar ! Mais ce faisant, cette étude explique que des économies différentes ont besoin de monnaies différentes dont les cours ne sont pas les mêmes, ce que j’explique dans la vidéo tournée pour Debout la République.

L’axe anti-fédéraliste Berlin-Londres

vendredi 25 janvier 2013

Londres, le talon d’Achille de l’UE


Comme il l’avait sous-entendu à l’automne, David Cameron a annoncé publiquement qu’il organisera un référendum sur la sortie de son pays de l’UE s’il conserve le pouvoir en 2015. Une nouvelle faille dans le château de cartes qu’est cette Union Européenne.

La tentation du large

L’annonce de David Cameron est extrêmement intéressante. Tout d’abord, il convient de souligner que le référendum est un moyen de pression autant externe qu’interne. C’est un outil politique interne dans la mesure où cela vise à couper l’herbe sous le pied de UKIP, qui vient d’arriver second lors d’une élection législative partielle, derrière le parti travailliste, mais devant les conservateurs, et dont l’adn politique est justement la critique de cette UE. En musclant son discours, il espère sans doute limiter l’hémorragie, mais aussi reprendre l’avantage sur des travaillistes plus europhiles.

Mais cette annonce a aussi une utilité externe dans la mesure où elle doit contraindre les pays européens à entamer des négociations avec la Grande-Bretagne pour redéfinir sa participation à l’Union Européenne. Car l’objectif affiché de David Cameron n’est pas de quitter l’UE. Pour lui « quand nous aurons négocié un nouvel accord (…) nous offirons aux Britanniques un référendum avec un choix très simple : rester au sein de l’UE sur cette nouvelle base ou en sortir complètement ».

Ce faisant, les conservateurs rentrent dans une discussion plus virile avec les autres pays européens. En clair, soit ils obtiennent un aménagement de leur participation et ils soutiendront le maintien de leur pays dans l’UE, soit, s’ils n’obtiennent pas grand chose, il est probable que les britanniques choisiront alors de faire le chemin inverse à celui de 1973. Et étant donnée l’opinion publique du pays, la convaincre d’y rester ne sera pas une mince affaire : un récent sondage indiquait que 49% des britanniques étaient favorables à une sortie et seulement 28% pour un maintien.

Une Europe qui doute

jeudi 29 novembre 2012

L’UE dans une impasse


Vendredi, les dirigeants européens se sont séparés sur un constat de désaccord sur le budget. Ils devront donc se revoir début 2013 pour se mettre d’accord. Mais les désaccords ne s’arrêtent pas là : union bancaire, plan pour la Grèce, sur tous les sujets, l’UE piétine, comme l’a noté Jacques Sapir.

La discorde chez les européens

Les instances européennes ont un sacré culot. Alors qu’elles demandent à tous les pays européens de se serrer la ceinture, Barroso a proposé aux 27 un budget en hausse pour les prochaines années, déclenchant l’opposition de David Cameron, poussé par son opinion publique, UKIP et une partie des conservateurs. Résultat, il a été impossible de se mettre d’accord lors du sommet organisé la semaine dernière. Il n’est pas évident qu’un accord pourra être trouvé dans deux mois.

Parallèlement, les négociations sur l’union bancaire piétinent, comme le rapporte The Economist. Petit à petit, le projet se vide de sa substance. L’Allemagne veut le limiter aux grandes banques transnationales pour exclure ses banques régionales dont elle veut garder seule la supervision. Berlin s’oppose également à la constitution d’un nouveau fonds de résolution des banques ou à un partage supranational des garanties de dépôts qui en ferait in fine le créditeur de dernier ressort.

Mais les désaccords ne s’arrêtent pas là. Alors que la nouvelle tranche d’aide à la Grèce devait être versée en octobre, le FMI veut imposer aux pays européens une restructuration de la dette grecque. Mais Angela Merkel, qui rechigne déjà à rallonger l’aide à Athène d’une quarantaine de milliards d’euros, ne veut pas reconnaître les pertes à seulement dix mois des élections législatives, ce qui échauderait une opinion de plus en plus hostile au projet européenRésultat, les européens sont parvenus à un 3ème plan dont on se doute déjà qu’il en appellera un 4ème

Vers la désintégration de l’UE

dimanche 8 juillet 2012

Allemagne, Grande-Bretagne, Finlande : le ras-le-bol grandit contre l’UE


Le docteur Franken-Delors pensait avoir réussi à imposer une construction fédérale aux pays européens avec l’euro. Mais la fin (plus ou moins prochaine) de son enfant monétaire monstrueux pourrait bien emporter l’ensemble de son projet supranational avec lui…

Discorde dans la zone euro

D’une part, les plans européens de soutien aux créanciers des pays en délicatesse avec les marchés financiers lessivent les peuples concernés par d’incessants plans d’austérité (l’Italie, dernière en date, vient de décider de couper 26 milliards d’euros de dépenses). C’est ainsi que le PIB de la Grèce devrait à nouveau baisser de 7% cette année, le même chiffre qu’en 2011, signe de l’impasse complète de ces politiques d’austérité sauvage, que beaucoup dénoncent.

Mais de l’autre, ils ne plaisent guère non plus aux pays créanciers, où les plans de sauvetage de l’euro commencent à émouvoir les dirigeants politiques. La ministre des finances de la Finlande vient ainsi de déclarer que son pays « ne s’accorchera pas à l’euro à n’importe quel prix et est prête à tous les scénarios ». En clair, Helsinki indique être prête à quitter la monnaie unique plutôt que de prendre de nouveaux engagements financiers pour l’euro.

Une Allemagne de plus en plus hostile

La situation ne cesse de se dégrader en Allemagne, malgré la ligne dure d’Angela Merkel qui avait pourtant dit de manière bien peu diplomatique « non à la mutualisation des dettes de son vivant ». Les concessions minimes qu’elle a faites au sommet européen de la semaine dernière (qui doivent encore être traduites dans un traité) ont provoqué la colère d’une partie des députés de la CSU, qui ne veulent plus entendre parler de la moindre concession aux autres pays.

Et ce n’est pas tout. Le débat public allemand diffère largement du débat français. Pas moins de 150 économistes viennent de signer une tribune pour dénoncer l’irresponsabilité des politiques européennes de garantie aux banques ou de mutualisation des dettes sans contrôle sur les budgets. Enfin, à l’initiative d’intellectuels hostiles à l’euro, des recours ont été déposés auprès de la cour de Karlsruhe, poussant le président à repousser la ratification du MES.

Londres envisage une sortie de l’UE

vendredi 22 juin 2012

Hollande chahuté en Europe


La victoire de Nouvelle Démocratie en Grèce réduirait-elle le besoin d’unité des dirigeants européens ? Les échanges d’amabilité entre dirigeants européens deviennent de plus en plus courants. François Hollande n’est pas le dernier à en souffrir.

Hollande vs Cameron

Tout d’abord, la perfide Albion, par la voix du premier ministre David Cameron, a fait savoir que les riches contribuables qui souhaiteraient éviter la fture tranche marginale d’impôt sur le revenu à 75% (pour les revenus supérieurs à un million d’euros) étaient les bienvenues en Grande-Bretagne. Il faut dire que parallèlement, le gouvernement britannique a décidé dans le sens inverse en baissant son taux marginal de 50 à 45% (et potentiellement 40% à terme).

Par-delà l’aspect cosmétique de la mesure (même si elle est juste), il faut noter qu’en absence de contrôle sur les mouvements de capitaux et de personnes, elle peut être très contre-productive. Les socialistes ont oublié que la libéralisation rend beaucoup plus difficile des mesures nationales qui vont à rebours de ce que les autres pays font. Dans un cadre aussi mondialisé, cette mesure va malheureusement sans doute coûter plus cher en recettes perdues qu’en nouvelles recettes.

Hollande vs Merkel

Les débuts du nouveau duo franco-allemand sont difficiles. Après quelques critiques par presse interposée, Angela Merkel a d’ores et déjà gagné une première manche puisque Paris a renoncé à la mise en place rapide d’euro obligations, qui faisaient pourtant partie du programme du candidat. Il faut dire qu’une telle idée, déjà abandonnée en son temps par Nicolas Sarkozy est totalement ubuesque outre-Rhin, soutenue par 14% de la population seulement et opposée par 79%.

Résultat, François Hollande a déjà cédé sur ce sujet. Si l’opposition de l’Allemagne aux euros obligations est parfaitement compréhensible (cela revient à donner une caution solidaire gigantesque aux autres pays européens), comment ne pas s’étonner que la France ne semble pas avoir obtenu grand chose en contre-partie de ce premier renoncement. Cela rappelle ce qu’écrivait Frédéric Lordon il y a quelques semaines, et qui pronostiquait déjà les renoncements de la nouvelle équipe.

Une Europe ingérable

samedi 28 janvier 2012

Quand les inégalités s’invitent dans le débat à Londres et Washington

Depuis 40 ans, les inégalités salariales ont explosé. D’une part, les hauts salaires des grands patrons, de la finance ou des sportifs se sont envolés. De l’autre, les bas salaires stagnent ou même baissent en termes réels. Assez naturellement, les inégalités s’invitent dans le débat politique.

De la croissance partagée à la croissance inégale

Il y a quelques décennies, les patrons gagnaient 20 à 30 fois plus que leurs salariés. Maintenant, les écarts peuvent aller de 300 à plus de mille. Raymond Lévy, gagnait cent cinquante mille euros (un million de francs) à la tête de la Régie. Carlos Ghosn, gagne soixante fois plus. Le salaire de Jacques Calvet à la tête de PSA (deux millions de francs, soit trois cent mille euros) avait déclenché une sacrée polémique alors que cela restait dans la limite d’un rapport de un à trente.

jeudi 15 décembre 2011

La Grande-Bretagne, l’autre pays souverain en Europe


Vendredi, David Cameron a opposé une fin de non recevoir aux propositions européennes, refusant de ratifier le traité qui lui était proposé, à moins d’obtenir une exemption très large de toutes les règles financières qui régissent la zone euro. La Grande-Bretagne s’éloigne de l’UE.

Et si Londres quittait l’Union Européenne ?

C’est un point qui n’est guère évoqué, mais le débat britannique sur la question européenne est aujourd’hui à des années lumières du débat continental. Il y a quelques semaines, près d’une centaine de parlementaires du parti conservateur déclaraient vouloir un référendum sur la sortie de l’Union Européenne ! Même le parti libéral, le plus europhile des trois grands partis du Parlement, a abjuré une partie de sa foi européenne, reconnaissant l’échec de l’euro.