Hier, Europe
1 a délocalisé sa matinale à Aulnay pour une émission spéciale sur les plans
sociaux, qui pullulent en ce moment : Pétroplus, Goodyear, Renault,
PSA. Jean-Pierre Elkabbach s’est illustré dans une défense sans nuance de la
mondialisation, que
même Arnaud Montebourg ne critique plus.
Le
missionnaire de la mondialisation
L’interview
du dinosaure de l’interview politique était incroyable. Il
a commencé en parlant des « trois
stars du syndicalisme de combat pour des industries mises à mal par
l’inaptation à la compétition européenne et mondiale ». D’abord, on ne
voit pas bien l’intérêt d’employer le terme « star », ensuite, présenter le débat de la sorte revient à le
refuser, exactement ce qu’il a reproché ensuite aux syndicalistes
d’Arcelor-Mittal et Goodyear, qui ont été bien patients devant ces réflexions...
Jean-Pierre
Elkabbach a aussi avancé qu’Arnaud Montebourg « a compris qu’il n’y a pas grand chose à faire en dehors des plans de
la direction de Peugeot ». Face au syndicaliste d’Arcelor-Mittal, il
s’est contenté de dire qu’il « y a
une mondialisation, une transformation des habitudes, des comportements ».
En revanche, quand celui-ci lui a dit que si on suivait sa logique, alors
« on ferme la boutique France et on
part tous ailleurs, y compris vous les journalistes », alors là, il a
dit qu’il n’en était pas question. Si la protection ne vaut pas pour les
ouvriers, elle semble l’intéresser pour les journalistes…
Naturellement,
il a évoqué le fait que les usines d’Aulnay et d’Amiens ne tournent qu’à 15% de
leur capacité. Mais non seulement il a oublié de dire que l’usine
PSA est plombée par l’effondrement de la demande du marché européen suite à
la crise de la zone euro. Mais le
représentant syndical de Goodyear a rappelé que la production européenne de l’entreprise
est stable, ce qui signifie que la baisse de la production est en réalité
un transfert vers des sites où le coût de production est inférieur. Si le site
n’est pas rentable aujourd’hui, c’est parce que Goodyear a fait en sorte qu’il
ne le soit plus…
Le
gouvernement aux abonnés absents