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lundi 25 août 2014

Le privé, c’est vraiment toujours mieux ? (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

C’est un tropisme de la pensée libérale qui tourne en boucle : le privé est toujours plus performant que le public et il suffirait donc que l’Etat externalise ses activités pour faire des économies. En êtes-vous si sûr ?

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Dans 18 pays, le ministère des affaires étrangères (MAE) a externalisé la réalisation des dossiers de visa auprès d’une filiale de Téléperformance. Celle-ci a une drôle de conception du service public et de l’égalité : si l’on paye un peu plus cher, on est reçu en salon VIP et le dossier avance plus vite.
Si du Quai d’Orsay on remonte la Seine, on se retrouve à Bercy. C’est là que Pierre Moscovici a commandé un rapport sur les PPP (partenariat public privé) à l’Inspection des Finances. Livré en décembre 2012, ce rapport n’a jamais été rendu public ...  

samedi 14 décembre 2013

Vinci révèle le scandale des concessions


C’est un article, ou plutôt quelques chiffres des Echos qui révèlent le pot aux roses, dont tout le monde est au courant. Les concessions de service public ne sont que des rentes absolument scandaleuses que l’Etat donne à des entreprises privées. A quand une remise en cause ?



Le beurre dans les épinards pour Vinci

Les chiffres sont extravagants et ont l’avantage de parler d’eux-même. Alors que les concessions (parkings, autoroutes, stades, aéroports) ne réalisent que 13,9% du chiffre d’affaire de Vinci (contre 85,6% pour les contrats classiques de construction), et à peine 8% de ses effectifs, elles représentent pas moins de 58,8% de son résultat opérationnel, contre seulement 38,2% pour les activités de construction ! En clair, alors que la marge opérationnelle atteint seulement 4,2% dans ces dernières, elle atteint 39,4% pour les concessions, soit 9,4 fois plus !!! Les concessions sont la poule aux œufs d’or du groupe.

Mais si ces activités sont extrêmement profitables pour Vinci, cela signifie aussi que l’Etat et les collectivités négocient extrêmement mal ces contrats. Pour quelle raison faudrait-il que la rentabilité de ces activités soit tellement supérieure à celle des contrats traditionnels ? Chacun en tirera les conclusions qu’il souhaite. Mais du coup, cela signifie également que les prix pourraient sans doute être baisser d’un tiers et que l’Etat ne perdrait pas d’argent si l’exploitation était restée dans le domaine public ! La privatisation des services publics a un seul bénéficiaire : les actionnaires des groupes qui les contrôlent.

Un problème qui grandit

mercredi 30 octobre 2013

Le double fiasco de l’écotaxe





Le scandale de la collecte de l’écotaxe

L’UMP ferait bien de ne pas trop accabler le gouvernement actuel car les débats sur l’écotaxe ont également mis à jour le mode de collecte qui avait été mis en place en 2011. Et là, stupeur, ce n’est pas l’Etat qui devait assurer la collecte de la taxe ! En effet, les équipes Sarkozy avaient mis en place un partenariat public-privé pour le faire. Une entreprise spécialement créée, Ecomouv, contrôlée à 70% par Autostrade per l’Italia, puis par Thales, SNCF, SFR et Steria, a été chargée de l’administrer, pour une durée de onze ans et demie, pour un coût de 2,8 milliards et des recettes de 1,2 milliards par an.

Déjà, il est stupéfiant de créer une taxe dont les coûts d’administration se montent à 20%. C’est un chiffre extraordinairement élevé, largement supérieur au coût de gestion de la Sécurité Sociale. Quand on pense qu’une hausse de 3 centimes de la TIPP sur le gazole aurait eu le même effet, pour un coût marginal nul, on reste songeur. Et le choix d’un partenariat public-privé pour la collecte d’un impôt est scandaleux. Il revient à l’Etat de le faire, et non pas à des entreprises privées, dont le seul objectif est le profit. Et cela représente une rente payée par le contribuable pour une mission de service public.

Une gestion désatreuse du gouvernement