dimanche 10 août 2014

Pêches : les ravages de la loi de la jungle agricole


Alors que l’embargo russe menace notre filière agricole, un papier du Monde prétend démontrer que l’Espagne n’est pas vraiment responsable de la baisse du prix des pêches pour nos producteurs. Mais bizarrement, à la lecture des pièces du dossier, on en vient à la conclusion inverse.



Prix de gros et prix de vente

C’est ici que réside la contradiction de l’article qui passe de l’un à l’autre sans comprendre qu’il y a deux problèmes distincts. Le Monde conclut : « accuser l'Espagne de pratiquer du dumping n'est donc pas suffisant pour expliquer une baisse des prix... qui ne se constate pas vraiment sur plusieurs années, ni sur les marchés de gros, ni dans le panier du consommateur ». Car ce n’est pas parce que le prix sur les étals a pris 56% en 7 ans qu’il n’y a pas une baisse du prix de gros, que reconnaît le papier qui parle d’une baisse de 6%. Nous sommes dans la situation paradoxale d’une baisse du prix de gros et d’une hausse de prix de vente, que l’on retrouve pour beaucoup de produits agricoles, où ce sont les grossistes et les distributeurs qui augmentent leurs marges, quand les agriculteurs sont pris à la gorge.



En outre, de manière assez extraordinaire, l’article donne des éléments qui illustrent justement le dumping de l’agriculture espagnole, citant le président de la FNPF, Luc Barbier, pour qui « la cotation sur le marché de gros espagnol est le double du prix de vente en France : en Espagne, on constate un prix moyen à 1,10 euro le kilo et ici il arrive à 57 centimes », pénalisant les pêches françaises, vendues à plus d’un euro le kilo. Résultat, la production a baissé de 50% en 10 ans alors que l’Espagne, qui gagne des parts de marché, produit de plus en plus, au point que nous avons importé plus de 148 milles tonnes de pêches en 2013, principalement d’Espagne, qui s’appuie sur son prix plus compétitif.

Une compétition déloyale

samedi 9 août 2014

Bitcoin : l’effarante complaisance de nos dirigeants


Malgré les nombreux scandales, Bitcoin poursuit son chemin, notamment en France, où, coup sur coup, le ministre Michel Sapin dit que « réguler n’est pas museler » suite à un rapport du ministère et où un rapport du Sénat PS-UMP prend plutôt position en faveur de bitcoin et des monnaies virtuelles.


Unanimisme administration-PS-UMP

Comme le rapporte le Monde, Michel Sapin considère que, si « les monnaies virtuelles sont une réalité qu'il ne faut pas grossir (...), elles témoignent d'une capacité d'innovation qu'il faut promouvoir » et « le système doit être régulé par la puissance publique ». Le rapport du ministère alerte néanmoins sur les utilisations frauduleuses, favorisées par l’anonymat, qu’il faudrait donc pouvoir lever, et souligne aussi la nécessité de mieux protéger les utilisateurs. Le directeur de Tracfin précisait en effet que « les utilisateurs ne profitent d'aucune garantie d'un tiers ou de l'Etat lorsque, par exemple, une plate-forme étrangère comme MtGox met la clé sous la porte ». Bref, les dangers sont pointés mais pas traités.

Le ministre s’est presque fait le promoteur des monnaies virtuelles en disant dans le Monde : « elles ont d'abord un intérêt pratique car elles offrent des possibilités de transactions à coût plus faible que les services de paiement classiques. Elles offrent également une alternative aux consommateurs, une autre philosophie de l'échange, moins institutionnel. C'est un modèle que je respecte, et qui repose sur une capacité d'innovation qu'il faut promouvoir. Pour ce faire, le système doit être régulé, au bon sens du terme, sans jugement de valeur. Réguler n'est pas museler ».


Oui oui au pays de la fausse monnaie

vendredi 8 août 2014

De l’horreur islamiste contre les chrétiens d’Irak


C’est un sujet dont on parle un peu plus régulièrement : les persécutions contre les chrétiens dans les pays avec une forte présence islamiste. En Afrique, au Moyen-Orient, pour ne pas dire ailleurs, les persécutions religieuses continuent, en disant long sur la religion, mais aussi sur nous.



Barbarie islamiste

Malheureusement, cela fait quelques années que se multiplient les exactions religieuses sur la planète et qu’assez souvent des chrétiens sont les victimes d’organisations islamistes souvent terroristes. On peut penser aux attaques à la bombe de Boko Haram au Nigéria, au Mali avant l’intervention de la France. Pire encore, ce sont parfois les Etats qui se font des bourreaux, avec le cas de cette mère de famille de 27 ans au Soudan, condamnée à la pendaison pour abandon d’une foi musulmane qu’elle n’a jamais eu mais qui était celle de son père, qu’elle avait peu connu et qui avait été élevée dans la foi chrétienne de sa mère, et qui a donné naissance à un deuxième enfant en prison.

Les horreurs de la persécution religieuse par des islamistes viennent de franchir un nouveau seuil avec l’expulsion des milliers de chrétiens de Mossoul, en Irak, où les terroristes les ont appelé à se convertir à l’Islam, à payer une taxe ou à quitter la ville, sous peine d’être exécutés. Les maisons de chrétiens ont été marquées d’un « N », une stigmatisation qui n’est pas sans rappeler les heures sombres de la Seconde Guerre Mondiale. Cela a poussé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon à évoquer le terme de « crime contre l’humanité » pour ce qui se passe en Irak aujourd’hui.

Pourquoi cela nous concerne ?

jeudi 7 août 2014

Ce qu’il faut retenir des pertes du Crédit Agricole au Portugal



Mardi, le Crédit Agricole a annoncé une charge exceptionnelle de plus de 700 millions d’euros pour tenir compte le plan de sauvetage de Banco Espirito (dont il était actionnaire à hauteur de 14,6%) par le Portugal. Une nouvelle affaire bancaire qui en dit long sur la nécessaire réforme de la finance.



Une nouvelle crise bancaire

Décidemment, l’actualité charrie toutes les semaines au moins un nouveau scandale bancaire, que ce soit la manipulation de cours comme le Libor, les condamnations sur les subprimes, les aléas de l’affaire Jérôme Kerviel, l’incroyable condamnation de BNP Paribas et les innombrables amendes qu’acceptent de payer les banques à la justice aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne principalement. Mardi, Lisbonne a annoncé un plan radical pour sauver de la faillite Banco Espirito, en la recapitalisant de 4,4 milliards d’euros, annihilant, pas illogiquement, les parts des actionnaires. La banque va être coupée en deux, entre une Novo Banco qui récuperera les bons actifs et une mauvaise banque pour solder le reste.

Bizarremment, les raisons de cette recapitalisation massive à l’échelle du Portugal ne sont que rarement évoquées, la plupart des médias se contentant d’évoquer les fraudes de la famille Espirito, qui était alors le premier actionnaire de la banque avec 20% du capital. Mais quelques recherches permettent de trouver cet article des Echos, qui évoque la cascade financière peu orthodoxe de la famille, qui détenait en réalité 100% d’un fond luxembourgeois, qui avait 100% d’un fond portugais, qui avait 49,6% d’un groupe luxembourgeois qui détenait 20% de la banque. La holding de tête a été placée en dépôt de bilan suite à la découverte de fraudes, ce qui a fait tomber le château de cartes du fait d’un jeu de prêts. C’est pour cette raison que les dirigeants du Crédit Agricole ont annoncé des actions en justice.

Une crise du laisser-faire et du laisser-passer

On pourrait ne retenir qu’une énième histoire de banquiers escrocs, mais la portée de cette affaire dépasse ce simple cadre, qui invite pourtant déjà à réfléchir sur l’organisation du système bancaire. Bien sûr, le Crédit Agricole professe sa bonne foi et on peut a priori ne pas trop en douter. Néanmoins, difficile de ne pas se dire qu’il n’a pas été un bon actionnaire, car la taille de sa participation impliquait une surveillance qui lui aurait permis d’éviter une telle fin. Ensuite, il est tout de même assez effarant qu’une banque accepte de prendre 14,6% du capital d’une autre banque en en laissant 20,1% à une famille qui utilise un montage financier qui lui permet d’en avancer à peine la moitié. Bref, même si le Crédit Agricole s’est fait arnaquer, on peut se demander s’il n’y a pas eu des erreurs de sa part.

Enfin, tout ceci amène à se poser la question de l’organisation de ce capitalisme sans frontière et sans limite qui permet tout et n’importe quoi. Le principe des cascades de holding ne semble tout de même pas très juste. Ne faudrait-il pas mettre en place un système légal empêchant cette forme d’abus de pouvoir ? Puis, tous ces bouillons pris par des banques en dehors de leur pays d’origine amène à se demander quel est l’intérêt de laisser ses banques s’exposer à l’étranger. Même si le contribuable français ne sera pas sollicité pour cette affaire, ces dernières années, des contribuables ont payé pour des errements qui ont eu lieu dans d’autres pays, ce qui est aberrant. Bref, l’organisation bancaire actuelle créé une forme d’irresponsabilité qui favorise tous les excès, d’autant plus que l’Etat est toujours là pour nettoyer.

Cette affaire démontre encore une fois, s’il était besoin, que le système bancaire doit être beaucoup mieux et davantage régulé. Et cela ne réussira qu’en démondialisant une finance qui utilise la mondialisation pour conserver ses profits et collectiviser ses pertes, comme même certains libéraux le reconnaissent.

mercredi 6 août 2014

Ne céder ni à la russophobie, ni à l’angélisme


Le récent krach d’un avion en Ukraine, attribuée peut-être un peu rapidement à des forces pro-russes, a engendré une nouvelle déferlante russophobe, bien illustrée par la de The Economist, d’un manque de mesure effarant. Qu’il semble difficile de débattre sereinement de la Russie de Poutine.



Eviter la caricature du grand Satan

Dans certains médias, plutôt anglo-saxons, on semble presque souhaiter une 3ème guerre mondiale pour régler son compte au « dictateur » Poutine. The Economist ne s’embarasse pas de détails en qualifiant son régime d’autoritaire, au même titre que la Chine. Il y a quand même des élections en Russie, même si elles ne déroulent pas de manière idéale. Bien, la Russie a peut-être une part de responsabilité dans la tragédie aérienne, mais, au pire, elle est totalement indirecte et absolument involontaire. Jamais Moscou n’a voulu abattre un avion de ligne. En revanche, il n’est pas inutile de rappeler ici que Washington a voulu, en manipulant les preuves de ses accusations, et en refusant de se plier au droit international, une guerre en Irak en 2003 qui a fait plus d’un million de victimes selon certaines sources. Et la démocratie étasunienne est loin d’être exempte de disfonctionnements majeurs, entre l’élection contestable de Georges Bush en 2000, le rôle effarant de l’argent ou les découpages électoraux aberrants.

Bref, avant de donner des leçons à la Russie, il faudrait quand même être soi-même bien moins critiquable. Bien sûr, la situation en Ukraine n’est pas satisfaisante, mais qui pourrait nier qu’une partie importante de la population souhaite désormais être rattachée à Moscou (comme le référendum en Crimée l’a démontré), ce qui doit tout de même être respecté, que l’autre camp est tout sauf réjouissant (avec de vrais néo-nazis dans la majorité actuelle) et que l’Occident (si tant est que ce concept soit réellement pertinent) a joué avec les allumettes à Kiev, au point d’offrir parfois une couverture médiatique effarante de parti-pris. Enfin, si le Général de Gaulle a eu des mots très durs contre le communisme, il a su avoir une attitude équilibrée avec l’URSS, ni servile, ni hostile par principe. C’est sans doute ce qui manque aujourd’hui à nos dirigeants qui cèdent trop facilement à la russophobie d’une partie des élites.

Mais ne pas être complaisant

mardi 5 août 2014

L’inversion : la nouvelle désertion fiscale créé un débat aux Etats-Unis





Combattre les idées reçues

En effet, l’idée que des multinationales étasuniennes puissent vouloir échapper à la taxation élevée de l’Oncle Sam bouscule quelque peu les idées reçues. Si la France n’est pas loin du sommet, ce sont les Etats-Unis qui taxent le plus leurs entreprises en Impôt sur les Sociétés selon l’OCDE ! Certes, comme en France, il existe d’innombrables exemptions, qui coûtent chaque année plus de 150 milliards de dollars, plus de 50% du produit total de l’IS selon The Economist. Mais ce n’est pas tout : l’Oncle Sam impose les entreprises sur l’ensemble de leurs bénéfices, y compris quand ils sont réalisés à l’étranger, contrairement aux autres pays, ce qui fait que les multinationales locales tendent à conserver les profits réalisés à l’étranger, à l’étranger pour échapper au fisc de leur pays d’origine. On estime qu’elles détiendraient pas moins de 2 000 milliards de dollars de profits sous cette forme !

L’ingéniosité du monde des affaires a trouvé une nouvelle solution, appelée l’inversion, qui consiste à fusionner avec une entreprise d’un pays à la fiscalité plus clémente (souvent la Grande-Bretagne ou l’Irlande) pour y établir le siège social de la nouvelle entité. C’est pour cette raison que Pfizer voulait acheter AstraZeneca ou que AbbVie a racheté Shire pour 55 milliards de dollars, qui pourraient lui rapporter la bagatelle de 8 milliards d’impôts. Le nombre de ces opérations a déclenché un vrai débat politique outre-Atlantique. Les attaques viennent des néolibéraux, qui y voient la preuve que le niveau de l’imposition serait trop élevé, et réclament sa baisse (de 35 à 25% pour les Républicains) et des étatistes qui proposent purement et simplement l’interdiction si l’entreprise visée est plus petite, alors que la loi ne les interdit que pour des rachats d’entreprise plus de 4 fois plus petites.

Un débat extrêment révélateur

Dexia et l’économie-casino au (dé)service des collectivités locales (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).




Comme de nombreuses autres collectivités, Saint-Cast-le-Guildo (Côtés d’Armor, 3 400 habitants) s’est vu offrir, par Dexia, des prêts absolument incompréhensibles du profane.

Cela a commencé en 2004 avec « TIPTOP EURO » (!), un prêt fixe à 4,64% si l’EURIBOR est inférieure à 5,50% et à la moyenne de celui-ci sur les 12 derniers mois plus 0,15% s’il dépasse ce seuil. Tout juste un an plus tard, Dexia revient à Saint-Cast pour remplacer TIPTOP EURO par EUROTECH, celui-ci indexé sur la différence entre l’EURIBOR et le TEC10 (l’indice moyen des rendements des bons du Trésor français à 10 ans).

lundi 4 août 2014

Que penser du sondage de Marine Le Pen ?





La mémoire courte

A première vue, pour ceux qui ne se souviennent que des 17,9% de l’élection présidentielle de 2012, puis des près de 25% réalisés lors des élections européennes, ce résultat semble indiquer que la présidente du Front National poursuit une progression dont on pourrait penser qu’elle ne s’arrêtera jamais, cassant bien entendu toute théorie sur le plafond de verre de son parti, déjà mise à mal par les résultats du 25 mai. Mais cette interprétation, si elle est compréhensible, n’en demeure pas moins un peu rapide et superficielle. En effet, cela revient à complètement oublier les sondages très positifs de l’année 2011 en vue de l’élection présidentielle, qui font grandement relativiser ce coup de chaud estival.

En effet, si on se rapporte à cet article du Figaro de mars 2011, on constate que Marine Le Pen semblait déjà en position de se qualifier au second tour de la présidentielle de l’année suivante, au détriment de Nicolas Sarkozy (Dominique Strauss-Kahn étant encore le favori pour le Parti Socialiste), au point même de déjà arriver en tête d’un sondage Harris Interactive, avec 24% des suffrages, contre 23% à DSK et 21% à celui qui était alors le président sortant. Les sondages de l’automne donnaient fréquemment Marine Le Pen au second tour et au-delà de 20% des suffrages, ce qui contribue à relativiser le score qui lui est attribué par Ifop, même s’il faut bien reconnaître que c’est un nouveau plus haut.

Rien ne change ?

samedi 2 août 2014

Les emprunts toxiques des collectivités : entre finance folle et politiques irresponsables

C’est une information assez discrète qu’a rapporté le Monde : le Conseil Constitutionnel a refusé la requête du groupe UMP contre la loi qui valide les emprunts toxiques contractés par les collectivités locales et les empêchera de se retourner contre les banques. Une histoire plus que révélatrice.

 

L’innovation Frankenstein

Dans un premier temps, on pourrait se dire qu’il n’est pas anormal que les décideurs qui ont signé ces contrats assument toutes les conséquences de leurs actes. Après tout, ils n’étaient pas contraints de souscrire à des emprunts aux montages si exotiques. En outre, on peut également se dire que quand les collectivités locales se retournent contre Dexia, c’est le contribuable qui risque de régler la note. Et cela est d’autant plus choquant que les collectivités locales ne semblent pas vraiment restreindre leurs dépenses, comme le révèle un rapport de l’Observatoire des finances locales, qui souligne que, comme en 2011 et 2012, leurs dépenses ont augmenté de 3,2% en 2013, contre une hausse de 1,9% de leurs recettes, d’où une explosion de leur besoin de financement, passé de 700 millions en 2011 à 9,2 milliards d’euros en 2013, malgré les pressions de l’Etat.

Cependant, l’histoire est plus compliquée que cela. Le simple fait que pile, les collectivités locales paient, face, c’est l’Etat, montre qu’il y a tout de même quelque chose qui cloche dans ces emprunts toxiques. En outre, des journalistes ont bien souligné le décalage d’information entre les banques qui les ont proposés et les collectivités locales qui les ont acceptés, sans avoir conscience des risques qu’elles encouraient.  Nous sommes proches du cas des emprunts immobiliers dits « subprimes » aux Etats-Unis, dont Paul Jorion a bien montré à quel point la responsabilité pèse surtout du côté des banques qui les ont proposés. Et d’ailleurs, n’est-il pas simplement absurde qu’une collectivité locale française souscrive un emprunt dont les taux dépendent de l’évolution du cours du franc suisse ou de la livre sterling ? En souscrivant à des offres de spéculateurs, sans forcément en avoir pleinement conscience, les collectivités locales en ont aussi pris les risques.

Irresponsabilité générale


Carlos Gohn, ce « cher » patron (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Le bilan de Carlos Ghosn à la tête de Renault n’est en fait guère glorieux. Il surfe essentiellement sur les réussites de son prédécesseur (Louis Schweitzer, qui a notamment été à l’origine du succès Dacia). Cela n’empêche toutefois pas Carlos Ghosn d’émarger à 8,9 M€ sur l’exercice 2012-2013 en tant que seul patron de Nissan, soit 5 fois ce que gagne le PDG de Toyota, celui-ci ayant pourtant fait retrouver sa place de 1er constructeur mondial à son entreprise. Mais ce n’est pas tout : en tant que patron de Renault, il émarge aussi à près de 3 M€/ an. Le moralisme du gouvernement n’a donc visiblement pas encore atteint le conseil d’administration de Renault, dans lequel siègent pourtant trois représentants de l’Etat. Les méthodes de management de la marque au losange n’ont en outre pas grand-chose à envier à celles de France Telecom : on a dénombré de nombreux suicides qui seraient liés à la pression managériale.