dimanche 31 mai 2026

Philippe-Attal : deux nuances d’impasse macroniste

Dans le torrent inarrêtable de candidatures, il y a un duel qui retient l’attention des médias : celui de deux des anciens Premier ministre, le premier et le plus jeune. Depuis les élections municipales, les grandes manœuvres ont démarré, mais la cuisine que nous proposent les duettistes macronistes n’inspirent guère les Français, qui s’en détournent, au point de remettre en selle Jean-Luc Mélenchon.

 


Techno trop prudent contre jeune coq trop arrogant

 

En effet, la première conclusion de ce début de campagne présidentielle, c’est que la perspective d’une présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour est remontée en flèche, alors qu’il est l’homme politique qui suscite le plus de rejet des Français ! Des rumeurs sur une renonciation de Bruno Retailleau à se présenter, pour éviter un second tour LFI-RN sont apparues cette semaine, ce qui en dit long sur la panique du bloc central. La profusion de candidatures, plus superficielles les unes que les autres semble renforcer la volonté des Français de tourner la page de ces oligarchistes sociaux-démocrates, démocrates-chrétiens, ou même vaguement droitiers. Devant l’impasse des politiques des dernières décennies, et les résultats calamiteux dans presque tous les domaines, difficile de nous convaincre.

 

Édouard Philippe a tiré le premier, juste après les municipales fin mars. Mais son interview par Léa Salamé n’était guère convaincante. Le premier Premier ministre de l’ère Macron, s’il est parti tôt, s’en tient à une ligne d’une prudence qui confine à la comptine pour endormir les enfants. S’il dit que son programme est massif, il refuse de le révéler, pour ne pas manquer de contenu en fin de campagne. S’il essaie de se distinguer de Macron, il ne veut pas se couper de la petite base macroniste. S’il reconnaît des différences avec Retailleau, il ne veut pas couper avec lui, plaidant toujours pour une alliance du centre et de la droite. Et bien sûr, il ne veut pas se couper de la gauche républicaine… En même temps… Tout cela avec un positionnement d’élu local de Province, prudent et humble, même s’il serait déterminé…

 

Dans tout son discours, transpire un positionnement un peu trop calibré pour être honnête, et un manque stupéfiant de fond et de propositions pour quelqu’un parti si tôt, si ce n’est quelques grands principes trop généraux. Le problème est que, comme favori des grands médias, il ne dit rien, en dehors de lieux communs. Il ressemble à Édouard Balladur début 95 ou Alain Juppé encore en tête des sondages, des comptables gérant un actif qui semble atteindre la date de péremption avant le jour J. Face à lui, celui qui fut le Premier ministre le plus jeune de la Cinquième République, qui tente aussi de se détacher de Macron, sans perdre ses électeurs, est en position de challenger, ce qui le pousse à des provocations pour tenter de dépasser celui qui s’est imposé comme le recours par défaut du bloc central.

 

C’est peu de dire que Gabriel Attal fait feu de tout bois depuis quelques semaines. Cela a commencé par son livre dont il est finalement ressorti un portrait de candidat de télé-réalité, piochant dans un passé arrangé des moments visant à attendrir les Français. Cela n’a pas marché, la ficelle étant un peu grosse. Gabriel Attal a donc décidé de passer la seconde, déclarant officiellement sa candidature depuis l’Aveyron, pour tenter de se dé-parisianniser. Quand Édouard Philippe a pris le en même temps à Macron, Gabriel Attal lui a pris le fond prétendument rupturiste et le changement, dans un mimétisme assez extraordinaire qu’Internet a rapidement dénoncé. Face à Rémi Buisine, de Brut, il s’est les pieds dans les innombrables attaques contre les chômeurs, vendant une réforme déjà faite. Mais ce qui est frappant, c’est que Gabriel Attal le fait avec une arrogance et une sûreté de lui encore plus grande qu’Emmanuel Macron.

 

Mais au global, ce qui ressort de tout cela, ce sont des postures communication trop grossières pour être convaincantes, et un fond finalement dans la ligne directe des neuf dernières années. Bien sûr, la forme est très différente, entre le techno provincial qui marche sur les œufs et le jeune coq d’une arrogance folle, mais les deux styles me semblent tout aussi détestable, ce qui explique qu’ils parviennent à peine à mobiliser leur cœur de cible électoral. Il faut espérer qu’ils soient le requiem du bloc central.

7 commentaires:

  1. Sans oublier ce qui vient de sortir sur le pipeautage de son diplôme à sc-po et sur son emploi à 6000K mensuels qu'il a décroché par piston après avoir raté son master 1.
    Il veut que les Français travaillent plus, il n'a jamais travaillé de sa vie. Il veut faire de l'école sa priorité alors que c'est un escroc scolaire.

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  2. L'un ou l'autre on a déjà donné !

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  3. Helpful and well-thought-out content.

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  4. Nicely explained with real-world relevance.

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