Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fin des élections municipales a marqué le début de la campagne pour les élections présidentielles. Depuis, pas un jour ne passe sans une déclaration d’un ou plusieurs candidats. Mais, outre un trop plein stupéfiant de candidats, ce qui frappe, c’est souvent la superficialité et les postures caricaturales de tous ces prétendants à la présidence…
50 nuances d’oligarchisme
Mais l’arrogant suprême de la macronie est aussi revenu sur un terrain plus politique. D’abord il a confié au Point « penser savoir comment présider la France » et « repenser une doctrine d’influence de notre pays ». Puis, toujours plus sarkozyste, il a lancé une formule destinée à plaire au cœur de cible de son camp, la droite et toute l’oligarchie : « le droit du travail empêche trop souvent le droit au travail ». Il reprend le vieil argument de la complexité de notre droit du travail, dont le nombre d’articles aurait doublé depuis 20 ans, mais il oublie, ce faisant, que ses amis sont au pouvoir depuis… 14 ans. Pire, on aimerait lui rappeler que ses amis ont déjà réformé trois fois le code du travail : loi Macron en 2015, loi El Khomri en 2016, ordonnances Macron en 2017. Bref, ce n’est pas comme si son camp n’avait pas déjà travaillé sur le sujet. Cette prise de position ressemble surtout à une posture destinée à travailler son positionnement.
Mais outre les deux anciens Premiers ministres, l’oligarchie peut compter sur le duo de LR droitiers, critiques à l’égard de Macron, mais opposés à tout rapprochement avec le RN : Bruno Retaileau et David Lisnard. La différence entre les deux est infime, même si l’un a été brièvement ministre. Y-aura-t-il un espace entre la macronie et le RN ? Rien n’est moins sûr tant ce duo reprend la rupture sarkozyste démonétisée par le temps et la proximité entre l’ancien président et la macronie. Et même s’il semble y avoir quelques prétendants (Barnier, Bertrand, Wauquiez) dans la frange plus Macron-compatible de LR, l’espace semble encore plus limité. Même si le procès en socialisme du président sortant semble créer un espace à droite, beaucoup savent que Macron a dépassé Sarkozy par la droite sur bien des sujets… Enfin, il y a toujours Dominique de Villepin, que les non-candidatures depuis 2007 ne semblent pas freiner…
Le paysage à gauche n’est pas plus réjouissant. Raphaël Glucksmann, le Delors de 2027, ne semble pas susciter un grand enthousiasme. Difficile de voir la différence avec le président sortant... Le centre-gauche se sent pousser des ailes, du président qui n’a pas osé essayer de se représenter à l’éphémère Premier ministre, Bernard Cazeneuve, dont on se demande bien pourquoi il se positionne alors que son potentiel électoral semble encore plus dérisoire que celui d’Anne Hidalgo. Matthieu Pigasse semble également intéressé, au point de croiser le fer avec le héros des européennes. Les partisans d’une primaire de la gauche semblent se bercer d’illusions, tant les logiques d’appareil et d’ambitions personnelles s’imposent à date. Même si François Ruffin est le parlementaire que j’estime le plus, de loin, que pourrait-il faire de vraiment différent allié avec des écologistes et des socialistes qui ne rompent pas avec l’UE ?
Car c’est bien sur la rupture avec l’UE que beaucoup se joue. Si les candidats habituels semblent se préparer, je crains que les aventures individuelles restent anecdotiques et ne parviennent pas à casser un plafond de verre pourtant fragilisé par le bilan de plus en plus clairement désastreux de cette expérience. Et c’est un rassemblement amont des différentes chapelles qui permettrait de changer la donne.

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