Billet invité de L’Oeil de Brutus
Lors
de son discours présentant son nouveau plan d’austérité, Manuel Valls a
amplement déblatérer contre « l’euro fort ». Ce faisant, il a soit démontré
une méconnaissance crasse des principes de base de l’économie, soit, ce qui est
plus probable et probablement bien plus grave, fait preuve d’un lamentable
cynisme politicien, manipulateur et électoraliste à la veille des élections
européennes à venir.

Car,
non l’euro n’est pas « trop fort », c’est-à-dire qu’il n’est pas
surévalué. Car dans le système de changes flottants, d’économie ouverte et de
liberté de circulation des capitaux que nous connaissons, les taux de change
s’équilibrent en fonction de la tenue de la balance commerciale. En effet,
lorsqu’une zone monétaire a une balance commerciale excédentaire, cela crée une
forte demande des pays extérieurs pour se procurer de la monnaie de la
dite-zone afin de pouvoir régler ses achats. A l’inverse, lorsqu’une zone
monétaire est déficitaire, celle-ci doit se procurer de la monnaie des autres
pays – et donc vendre de sa propre monnaie – pour régler son déficit. Dans le
premier cas, la monnaie a tendance à s’apprécier positivement, tandis que dans
le second, elle tend à se déprécier. C’est un simple jeu de la loi de l’offre
et de la demande.