Affichage des articles dont le libellé est euro cher. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est euro cher. Afficher tous les articles

mercredi 25 mars 2015

Cette baisse de l’euro qui disqualifie les critiques de la dévaluation

YAu premier semestre 2014, l’euro oscillait entre 1,35 et 1,4 dollars. Aujourd’hui, il est tombé jusqu’à 1,05 dollar, une baisse de près de 25% en moins d’un an. La plupart des analystes s’en réjouissent, contredisant totalement ceux, parfois les mêmes, qui critiquaient les partisans d’une dévaluation.



Contradictions monétaires

Les partisans d’un démontage de la monnaie unique se sont souvent heurtés à des critiques pointant les dangers de la dévaluation, puisqu’en général, nous soutenions que l’objectif était de dévaluer le nouveau franc, d’environ 20% par rapport à la zone mark. Un tel scénario était souvent critiqué comme aventureux, au point de déclencher les sept plaies d’Egypte économiques : explosion de l’inflation et perte de pouvoir d’achat (le Monde, terrifié, évoquait l’augmentation du prix des téléphones), explosion de la dette, qui serait réévaluée, impossibilité de financer des déficits commerciaux croissants. Tout ceci devait aboutir à une grave crise économique et à une envolée du chômage.

Problème, les mêmes qui prédisaient un cataclysme économique en cas de dévaluation, constatent, même s’ils les minorent, les bienfaits de la forte baisse de l’euro, qui a perdu environ 25% en une seule année. Le pouvoir d’achat ne souffre pas puisque l’inflation est au plus bas (y compris le prix des biens industriels, largement importés, dont les fameux téléphones hermétiques aux variations des taux de change), jamais les Etats n’ont emprunté à si bon marché, le commerce se redresse et, conjugaison de tout cela, la croissance semble enfin vouloir quelque peu se redresser. Bref, toutes les vertus des dévaluations, que nous avions défendues, se matérialisent avec la baisse de l’euro.

L’euro cher, veau d’or moderne


mardi 10 mars 2015

L’euro cher et l’austérité étaient bien les problèmes de l’Europe

Nous étions un certain nombre à le dire depuis des années, mais les récentes prévisions de la BCE, pour laquelle la croissance devrait atteindre 1,5% en 2015 et près de 2% en 2016, démontrent de facto que l’euro cher et l’austérité étaient bien les causes de la dépression européenne.



Euro moins cher, allègement de l’austérité

Il faut rappeler ici que, a priori paradoxalement, la zone euro est entrée en récession deux trimestres avant les Etats-Unis en 2008. Il faut dire que l’euro touchait alors des sommets, à 1,6 dollars au plus haut. Cela avait pesé sur les économies européennes. Les économistes estiment généralement qu’à parité de pouvoir d’achat, l’euro devrait coter entre 1 et 1,15 dollars. Etant donné le décalage dans le cycle économique mais aussi celui dans les politiques monétaires, l’euro devrait rester bon marché. Jusqu’à mi-2014, il cotait pourtant entre 1,25 et 1,4 dollars et on peut se dire que cela a joué un rôle dans l’atonie des économies européennes. La récente baisse apporte un bol d’air frais.

Le deuxième bol d’air frais pour les économies européennes, c’est incontestablement le desserrement des politiques d’austérité. Même s’il reste une pression des instances européennes sur les budgets nationaux, illustrée par les échanges avec la Grèce ou même la France, le ryhtme de baisse des déficits et l’ampleur des mesures budgétaires est bien plus raisonnable qu’en 2011 ou 2012. Initialement, le déficit de la France devait passer de 5,2 à 3% de 2011 à 2013. Finalement, nous aurons quatre ans de plus pour le faire, ce qui signifie une austérité atténuée. En outre, beaucoup de pays européens sont déjà sous les 3%. Bref, le vent mauvais de l’austérité ne souffle plus aussi fort qu’avant.

Aucune leçon n’a été tirée

vendredi 16 janvier 2015

Euro, tribunaux d'arbitrage : les choix de mots révélateurs du Monde


Dans le débat public, le choix des mots que l’on utilise a une influence considérable. On peut penser que davantage de personnes sont favorables à une monnaie forte plutôt qu’une monnaie faible. La rhétorique du Monde sur l’euro et les tribunaux d’arbitrage privés est très révélatrice.



Juste prix ou faiblesse ?

La nette baisse de l’euro depuis le milieu d’année dernière déclenche des analyses très biaisées de la part des média qui soutiennent mordicus la monnaie unique européenne. Pourtant, à 1,17 dollar, elle est revenue à son cours d’introduction et à un niveau proche du cours auquel les économistes estiment qu’elle devrait être cotée. Malheureusement, depuis trente ans en France, nous sommes pollués par les partisans maladifs et fanatiques d’une monnaie chère pour qui toute baisse de la parité de la monnaie équivaut aux sept plaies d’Egypte. Le Monde propose un décryptage des conséquences de la baisse de l’euro qui équivaudrait à « un transfert de la valeur des consommateurs vers les exportateurs ».

On est dans la ligne d’Axel de Tarlé, sur Europe 1, qui pointait la hausse du prix du tourisme aux Etats-Unis, oubliant que cela n’est accessible qu’à une infime minorité, et des téléphones ou de l’essence (non vérifiés à date). Il faut rappeler ici que cette baisse de l’euro ne provoque une hausse des prix d’importations qui ne représentent que 8% du PIB environ. Pas de quoi fouetter un chat ! En outre, le consommateur est aussi un producteur qui profitera du léger rééquilibrage de notre commerce que provoquent ces mouvements monétaires. Il est absurde d’opposer consommateurs et exportateurs, à moins d’être un missionnaire de la monnaie chère, utile pour qui voyage souvent à l’étranger…

Peur (irrationnelle) ou opposition (démocratique)

vendredi 9 janvier 2015

Euro moins cher et conséquences





Le cours d’une monnaie pour les nuls

Dans le zoom éco d’Europe 1, Axel de Tarlé s’est lancé dans un décryptage effarant de qui profiterait de la baisse de l’euro. Dans son monde, les entreprises (exportatrices) seraient les gagnantes : on dit qu’Airbus gagne 1 milliard pour une baisse de 10 cents de l’euro. En revanche, les ménages y perdraient puisque ce que nous importons serait 15% plus cher, Axel de Tarlé évoquant les téléphones et le pétrole, tout comme le tourisme aux Etats-Unis. Dans sa bulle, il confond les classes moyennes avec les quelques pourcents de la population qui peuvent voyager outre-Atlantique. Et ses exemples sont bien mal choisis puisque le prix de l’essence baisse et que le prix des téléphones est stable…

C’est ainsi qu’il fait un parallèle ridicule avec les mesures du gouvernement en disant que la baisse de l’euro revient à prendre aux ménages pour donner aux entreprises. D’abord, il oublie que la la majorité de nos importations viennent de la zone euro, où rien ne change. Puis que le pétrole représente un quart du reste et voit son prix baisser. Bref, l’impact de la baisse de l’euro concerne à peine 7 à 8% de la consommation. Ensuite quand nos entreprises vendent plus, elles embauchent plus et peuvent payer un petit peu plus. Bref, les ménages perdent bien moins que suggéré et gagnent aussi, contrairement à ce qu’Axel de Tarlé dit en récitant le catéchisme de soutien à une monnaie chère.

Les conséquences de l’euro moins cher

vendredi 22 août 2014

La double illusion de la dévaluation de l’euro


Comme me l’a signalé un commentateur du blog, quelle suprise de lire sur le site de Debout la République une tribune de Dominique Jamet, « Déflation : dévaluer l’euro ou en sortir ». Changement de ligne du mouvement ? Maladresse estivale ? Petit retour sur sur l’idée de la dévaluation de l’euro.



Une illusion économique

Dans cette tribune, Dominique Jamet écrit : « Le chef de l’Etat et le Premier Ministre ont le devoir d’obtenir une franche dévaluation de l’euro face au dollar. A défaut, pour éviter le piège mortel de la déflation qui se refermerait fatalement sur elle, la France serait dans l’obligation de sortir d’urgence de la zone euro ». Il évoque la meilleure santé de ceux qui ont poussé le cours de leur monnaie à la baisse, comme Washington et Londres. Mais comme l’a bien noté Saul, en 2012, sur 66,9 milliards d’euros de déficit commercial, 41,9 milliards viennent de la zone euro, imperméables à toute dévaluation de l’euro. Et une bonne partie du reste du déficit vient des importations d’hydrocarbures, dont le prix augmenterait en cas de dévaluation de l’euro. Bref, le cours de l’euro seul est loin d’expliquer tous nos problèmes. En outre, il ne serait pas évident de pousser à la baisse la monnaie d’une zone économique qui dégage un fort excédent commercial (au contraire des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne).


Une illusion politique

mercredi 23 juillet 2014

Le sempiternel retour du débat sur l’euro cher


Le débat sur la valeur de la monnaie unique européenne ne semble pas prêt de s’arrêter. Déjà, avant la crise de 2008, Louis Gallois, alors patron d’EADS, la maison mère d’Airbus, s’en plaignait. Aujourd’hui, son successeur le fait également, de même que le patron du Medef.



Un niveau toujours trop élevé

Début 2008, Louis Gallois avait justifié l’incorporation d’une part grandissante de composants fabriqués en zone dollar pour assurer la compétitivité d’Airbus. C’est ainsi que l’avionneur européen a choisi Spirit, aux Etats-Unis pour une grande partie du fuselage de son dernier né, l’A350. C’est aussi pour cette raison qu’Airbus a besoin de construire des usines d’assemblage en dehors d’Europe, en Chine, mais aussi aux Etats-Unis, pour ne pas perdre la main face à Boeing. Le problème est qu’à chaque fois, cela signifie que les pays de la zone euro perdent des emplois, qui plus est, hautement qualifiés, et souvent plutôt bien payés. Bref, l’euro cher a un lien direct avec le niveau du chômage.


Mission impossible pour monnaie unique

lundi 14 juillet 2014

Montebourg : de la démondialisation à la pensée unique ?


En prévision du discours du ministre de l’économie, j’ai fait un papier publié par le FigaroVox : « Toujours des mots, encore des mots », où je dénonçais le grand écart entre le discoure du troisième de la primaire socialiste. Il apparaît que cet écart s’est bien réduit, mais pas pour les bonnes raisons…



Des paroles et des actes

Bien sûr, on peut retenir du discours du ministre de l’économie des aspects positifs : sa critique de l’euro cher et sa demande d’action de la BCE, sa critique des politiques austéritaires de l’Europe, en se référant aux dernières études du FMI mais aussi la tonalité plus positive et volontariste, qui semble redonner ses lettres de noblesse à la politique et notamment son idée de passer de « pompier urgentiste à bâtisseur ». Mais cette vision des choses est sans doute un peu trop idéaliste. D’abord, il faut quand même reconnaître que les critiques du niveau de l’euro sont vaines, et que Nicolas Sarkozy nous l’a fait avant, sans doute un moyen de s’éxonérer un peu des difficultés actuelles à bon compte.

Ensuite, il est pour le moins paradoxal de critiquer les politiques d’austérité après l’avoir mise en place. En fait, juste après son élection, François Hollande a mis en place des hausses d’impôt aussi massives que Nicolas Sarkozy, ce qui a cassé la croissance des années suivantes. Bref, Arnaud Montebourg est complice des politiques qu’il dénonce. Ensuite, il s’est vanté de son intervention sur Alstom. Mais dans la pratique, GE a bien dévoré Alstom et récupéré environ les trois quarts de l’activité énergie d’Alstom (au lieu de la totalité) donc l’intervention du gouvernement a été moins bonne que celle de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était ministre de l’économie. La réalité infirme largement son discours…

Un vrai virage idéologique

vendredi 11 juillet 2014

Arnaud Montebourg : rien que des mots, toujours des mots






Un constat très juste

Il est attendu que le ministre de l’économie développe son hostilité aux politiques d’austérité, ce qui représente un positionnement logique par rapport à tous les thèmes qu’il développe depuis plus de trois ans. Peu après sa nomination, il était assez logiquement passé de la démondialisation (emprunté à Jacques Sapir, avec une préface d’Emmanuel Todd) à la défense du « fabriqué en France » (en oubliant souvent de traduire « made in France »). Ce faisant, il défend une ligne protectionniste modérée, qui l’a poussé à réaliser une couverture fameuse où il pose en marinière et avec un appareil Moulinex.

Qu’un ministre soutienne une telle ligne démontre la progression de ces idées dans l’opinion, également défendue par des journalistes de l’Expansion, du Monde et l’Express dans le bon livre « Inévitable Protectionnisme ». Le constat est simple : l’Europe est l’idiot de la globalisation car tous les autres pays protègent leurs industries et il est temps d’être plus pragmatique et d’enfin appliquer ce qui est à la base du modèle de développement asiatique, comme même The Economist l’a reconnu alors qu’il a été fondé par opposition aux lois protectionnistes britanniques du 19ème siècle !

Le volet que devrait ajouter le ministre jeudi est totalement cohérent. De nombreux économistes progressistes dénoncent depuis des années les ravages des politiques d’austérité en Europe. On pense à Jacques Sapir, dont les calculs sur le budget 2013 à la rentrée 2012 prévoyaient la non atteinte des objectifs de baisse des déficits et une moindre croissance, ont été vérifiés par les faits. On peut aussi penser aux deux « Prix Nobel d’économie », Joseph Stiglitz et Paul Krugman, qui a consacré son dernier livre à la question. Mieux, même le FMI, pourtant l’avocat de la rigueur, a fini par reconnaître qu’elle pouvait devenir contre-productive du fait de la sous-estimation de son impact sur la croissance.

Ce faisant, Arnaud Montebourg poursuit la construction d’un discours économique alternatif cohérent en y apportant un volet budgétaire, dont il n’a pas la responsabilité, cependant, puisqu’elle a été confiée à Michel Sapin. Il pourrait même soutenir que ce discours est cohérent avec celui du président de la République, qui avait fait de la réorientation de l’Europe une de ses priorités, ce qui avait abouti à la signature d’un Pacte de Croissance au sein de l’UE peu après son arrivée à l’Elysée. En outre, son disours entretient l’espoir de l’aile gauche du PS, très tiède à l’égard du nouveau Premier Ministre.

Toujours des mots…

vendredi 9 mai 2014

Les illusions malhonnêtes des rêveurs de l’euro moins cher


Le PS, jusqu’au premier ministre et au président, continue à plaider pour une baisse du cours de la monnaie unique européenne. Las, ils ont été sévèrement douchés cette semaine par les déclarations du porte-parole du gouvernement allemand et de la BCE, les plaçant devant leurs contradictions.


Déclarations contradictoires



Le comble de la mauvaise foi

jeudi 1 mai 2014

Discours de Manuel Valls au Parlement : non l’euro n’est pas surévalué ! (billet invité)


Billet invité de L’Oeil de Brutus

Lors de son discours présentant son nouveau plan d’austérité, Manuel Valls a amplement déblatérer contre « l’euro fort ». Ce faisant, il a soit démontré une méconnaissance crasse des principes de base de l’économie, soit, ce qui est plus probable et probablement bien plus grave, fait preuve d’un lamentable cynisme politicien, manipulateur et électoraliste à la veille des élections européennes à venir.

Car, non l’euro n’est pas « trop fort », c’est-à-dire qu’il n’est pas surévalué. Car dans le système de changes flottants, d’économie ouverte et de liberté de circulation des capitaux que nous connaissons, les taux de change s’équilibrent en fonction de la tenue de la balance commerciale. En effet, lorsqu’une zone monétaire a une balance commerciale excédentaire, cela crée une forte demande des pays extérieurs pour se procurer de la monnaie de la dite-zone afin de pouvoir régler ses achats. A l’inverse, lorsqu’une zone monétaire est déficitaire, celle-ci doit se procurer de la monnaie des autres pays – et donc vendre de sa propre monnaie – pour régler son déficit. Dans le premier cas, la monnaie a tendance à s’apprécier positivement, tandis que dans le second, elle tend à se déprécier. C’est un simple jeu de la loi de l’offre et de la demande.

jeudi 13 février 2014

L’euro : trop cher pour la France et menacé par les juges allemands de Karlsruhe




L’euro cher, une calamité pour l’industrie

Déjà, la politique de franc cher des socialistes au début des années 1990 avait envoyé un million de français au chômage. Il y a six ans, l’euro cher avait plongé les économies européennes dans une récession avant la crise des subprimes. Aujourd’hui, à 1,36 dollars l’euro, les industriels français tirent la langue, comme Thales qui a annoncé un plan de compétitivité pour y répondre : à 1,25 dollars, cela va, mais le cours actuel annule l’effort du CICE, comme le rappelle même Arnaud Montebourg. En fait, il y a 6 ans, Airbus avait été contraint d’acheter plus de pièces détachées aux Etats-Unis pour rester compétitif par rapport à Boeing, comme l’avait dénonce Louis Gallois, quand il était le patron de l’avionneur européen.

C’est ce qui a poussé le ministre du redressement productif à demander à ouvrir « une bataille politique pour faire baisser l’euro ». Si le constat n’est pas faux (notamment quand il dit que « nous sommes victimes d’une guerre des changes à laquelle nous sommes les seuls à ne pas réagir »), il est illusoire. La France n’a pas de moyen pour changer quoique ce soit à la gestion de la monnaie unique. Pire, il n’est pas le seul dirigeant à demander cela : Nicolas Sarkozy l’avait fait en vain lui-aussi… Mieux, une étude du CAE pour Matignon indique qu’une baisse de 10% de l’euro ferait progresser le PIB de 0,6% en un an et 1% en deux ans. Le moyen de clouer le bec à ceux qui caricaturent l’effet des dévaluations.

Quand la zone mark se rebelle

mercredi 24 juillet 2013

Ce que le Big Mac dit de la monnaie unique





Une méthodologie sans cesse affinée

A l’origine, The Economist avait choisi le prix du Big Mac de Mac Donald’s car il s’agit d’un produit que l’on retrouve presque partout dans le monde. En outre, la large composition de son coût (matières premières agricoles, mais aussi salaires ou immobilier) donne une bonne indication sur le niveau des prix dans un pays. Ainsi, quand un Big Mac est moins cher dans un pays que dans un autre, on peut en déduire que le cours de la monnaie est théoriquement sous-évalué. Selon cette méthode, l’euro serait surévalué de 2% par rapport au dollar et le yen sous-évalué de 30% et le wuan de 43%.

En 2011, pour les 25 ans de la publication, partant du principe que le niveau des salaires était plus bas dans les pays en voie de développement et étant donné la forte corrélation entre le niveau des prix et le niveau du PIB, The Economist a ajouté un indice ajusté, qui donne une image un peu différente. Selon cet indice, l’euro serait surévalué de 10,5% par rapport au dollar. En revanche, le wuan ne serait plus que sous-évalué de 6% par rapport au dollar et le yen de 28%. Par rapport à son niveau de développement, le Brésil serait le pays le plus cher. Dans l’absolu, c’est la Norvège, de plus de 60% !

Sur son site, l’hebdomadaire met à disposition des graphiques interactifs et permet même de télécharger l’ensemble des données depuis 2000. Un geste particulièrement appréciable. L’innovation de ce milieu d’année vient de la publication des indices par pays de la zone euro (alors qu’il y avait avant un seul chiffre pour l’ensemble de la zone, qui recouvrait des situations très différentes). On constate en effet que si l’euro est surévalué de 15% en Finlande (pour les deux indices), il est en revanche sous-évalué de 27% en Grèce en valeur nominale et de 9% si l’on prend en compte le PIB du pays.

Une situation européenne explosive

jeudi 14 février 2013

Les ayatollahs de l’euro cher


En quelques semaines, la montée de l’euro a totalement annulé les effets du plan de compétiitvité du gouvernement, poussant le président de la République à se plaindre de son appréciation pour la forme. Pourtant, quelques huluberlus soutiennent qu’il n’y a pas de problème !

Déni de réalité

Alors que tous les experts sont d’accord pour constater la surévaluation de l’euro, quelques eurobéats contestent ce fait avec une mauvaise foi délirante, qui en dit long sur le déni de réalité des partisans de cette Europe. Le papier de Jean Pisani-Ferry de l’institut Bruegel est stupéfiant. Tout d’abord, il commence par soutenir que l’euro a été plus cher dans le passé et que donc « Berlin a raison : il n’y a pas le feu ». On pourrait objecter que l’euro est tombé à 0,82 dollar…

Ensuite, il soutient que « la sous-évaluation (sic) reflétait des anticipations d’éclatement de l’union monétaire. Ne regrettons pas qu’elle se corrige ». L’auteur affirme aussi que « la BCE mène une politique de liquidité hétérodoxe mais sa politique monétaire reste plutôt orthodoxe ». En clair, la BCE n’aide que les banques et se fiche des conséquences d’un taux de change élevé pour l’emploi. De manière stupéfiante, il soutient que « la zone euro est relativement peu ouverte (elle exporte et importe de l’ordre d’un quart de son PIB) : l’impact des variations du change est donc limité ».

Jean Pisani-Ferry en est donc réduit à espérer que la BCE prenne en compte le change dans ses décisions et appelle à une coordination internationale bien illusoire vues les politiques menées aux Etats-Unis et au Japon. La même soupe est servie par Captaine Economics, qui soutient que l’euro n’est pas si cher, que notre problème est plus un problème de compétitivité, et que les dévaluations, c’est mal… Il s’appuie sur un papier de Patrick Artus, qui a été mieux inspiré, d’autant plus que son graphique montre que les périodes de croissance en Europe correspondent à un euro bon marché.



Une calamité économique

dimanche 10 février 2013

Euro cher, sectes, viande à l’acide : quand l’Europe devient folle


Cette Europe marche à l’envers. Si Mario Draghi ne se soucie pas du taux de change de l’euro, celui-ci inquiète François Hollande et le gouvernement qui craignent les conséquences pour notre industrie. Mais la BCE n’est pas la seule institution européenne à prendre des décisions ubuesques.

Le retour de l’euro cher

Premier point : il faut rappeler que l’euro n’est pas fort, terme qui implique un jugement de valeur positif sur le fait que la monnaie unique européenne soit largement surévaluée par rapport aux autres monnaies. L’euro est cher, trop cher pour nos industriels. Louis Gallois, alors à la tête d’EADS en 2008, nous avait averti et en avait tiré toutes les conclusions en augmentant la part des composants fabriqués aux Etats-Unis pour les prochains Airbus, au grand dam de notre industrie…

Car déjà, il y a cinq ans, la BCE avait déjà laissé monter l’euro à des niveaux punitifs pour nos exportateurs (1,6 dollars, contre 0,82 pour le point bas atteint en 2001). Le scénario se répête aujourd’hui puisque non seulement la BCE ne soutient pas les Etats européens (au contraire de ses homologues étasunienne, britannique et japonaise) mais elle se montre indifférente à la parité de l’euro. Le Japon, en revanche, a bien compris l’intérêt d’une monnaie bon marché et voit l’union sacrée entre son nouveau gouvernement et la banque centrale pour faire baisser la valeur du yen.

Comme Eric Zemmour l’a souligné dans sa dernière chronique, l’euro est bien l’idiot du village planétaire. Nous sommes les seuls pays qui pourraient influencer le cours de leur monnaie qui refusent de le faire. Certes, l’Allemagne a construit son économie pour une monnaie chère, mais les autres pays européens ne le peuvent pas. Si Jacques Sapir démontre bien le danger pour nos économies et évalue les réactions possibles de la BCE, il conclut aussi que rien ne bougera…

Un laisser-faire généralisé

vendredi 13 juillet 2012

PSA, triple victime de l’Union Européenne



Victime de la politique européenne

Il ne faut pas négliger la responsabilité des politiques européennes dans les annonces faites hier par PSA. En premier lieu, le trou d’air des principaux marchés de PSA (France, Espagne, Italie) doit beaucoup aux politiques absurdes mises en place par les gouvernements de ces pays. Les politiques d’austérité sauvage poussent les consommateurs de ces pays à repousser le renouvellement de leurs voitures, provoquant un effondrement des ventes, dont PSA n’est qu’une victime.

Ensuite, PSA est aussi la victime du libre-échange anarchique mis en place sur le territoire européen. Alors que tous les constructeurs asiatiques peuvent encore compter sur un marché protégé de la compétition internationale pour leur assurer des marges leur permettant d’affronter le retournement des marchés, les constructeurs européens dépendent d’un marché ouvert à tous les vents. PSA affronte les constructeurs coréens en Europe sans pouvoir vendre en Corée…

Enfin, PSA est également une victime de l’euro cher, qui le rend moins compétitif. En ayant été plus lent à délocaliser sa production que Renault (PSA produit encore 44% de ses voitures en France, contre 23% seulement pour l’ancienne régie nationale), le groupe produit trop dans des pays à monnaie chère (une 208 coûte 700 euros plus cher à produire en France qu’en Europe de l'Est). Comme pour l’aéronautique, l’euro cher pénalise tout ce qui est fabriqué en France.

PSA, victime d’un système

mercredi 4 juillet 2012

L’euro cher chasse Airbus d’Europe


A croire que le Figaro est totalement inconscient. Le quotidien de droite se réjouit de « l’offensive d’Airbus sur le marché américain ». Pourtant, cette offensive est surtout une catastrophe de plus pour notre industrie, encore et toujours pénalisée par cette monnaie trop chère.

Des Airbus de moins en moins européens

Bien sûr, Fabrice Brégier, président de l’avionneur européen fait son travail en expliquant que cette délocalisation « aura un effet sur les emplois en Europe », mais comment le croire ? Dans la réalité, Airbus va investir 500 millions d’euros dans une usine dans l’Alabama et y créer un total de 5000 emplois. Ce sera la quatrième usine d’assemblage de l’A320 après les sites de Toulouse, Hambourg et Tianjin en Chine, alors que Boeing ne produit qu’aux Etats-Unis.

Le président d’Airbus explique que ce sera le moyen d’augmenter sa part de marché aux Etats-Unis, qui reste coincée à 25%, alors que l’avionneur européen dépasse aujourd’hui les 50% dans le monde. Si cette implantation permettait en effet de nettement faire progresser les ventes de l’avionneur outre-Atlantique, alors on pourrait en conclure que cela n’est pas trop grave, mais on peut en douter car Boeing fait un lobbying effréné contre l’entreprise européenne.

Ensuite, point que Fabrice Brégier n’évoque pas, mais que le Monde précise bien : « Airbus cherche à réduire ses coûts en assemblant des appareils aux Etats-Unis », d’autant plus que l’Alabama est un des Etats où l’affiliation à un syndicat n’est pas obligatoire. Bien sûr, le patron d’Airbus affirme que l’assemblage ne représente que 5% de la valeur ajoutée, mais il est probable que les pièces détachées seront davantage achetées outre-Atlantique qu’en Europe…

L’histoire sans fin

jeudi 21 juin 2012

L’euro est responsable de la crise de la zone euro


C’est un des combats sémantiques des deux dernières années. Les néolibéraux européistes avaient réussi brièvement à faire parler d’une crise des dettes souveraines avant que la réalité ne finisse à nouveau par s’imposer à tous : il s’agit d’une crise de la zone euro et donc de l’euro.

Une mystification qui tombe

En 2010, quand les premières crises ont commencé, on parlait bien d’une crise de la zone euro puisque seuls les pays de l’Union Economique et Monétaire étaient concernés. Les énormes déséquilibres (déficits commerciaux du fait de la divergence des coûts de production) accumulés depuis des années et camouflés par des taux d’intérêt similaires avaient fini par apparaître avec la grande crise financière déclenchée en 2008, qui a provoqué la divergence des taux d’intérêt.

Le fait que la crise débute en Grèce a donné quelques arguments aux néolibéraux qui voulaient profiter de la crise pour avancer leur agenda en parlant de « crise des dettes souveraines » au lieu de crise de la zone euro. Mais rapidement, la situation est devenue plus complexe car l’Espagne et l’Irlande étaient les pays les moins endettés de la zone euro en 2007, avec seulement 40% du PIB de dette. Du coup, il devenait impropre de parler de crise des dettes souveraines.

Mais cela n’a pas empêché certains commentateurs de mélanger les excès du secteur immobilier (privé) avec certains excès de dépenses publiques bien que cela n’ait rien eu à voir. Pire, au contraire, la crise qui touche l’Espagne démontre justement toutes les carences de la monnaie unique car on peut très largement attribuer la bulle immobilière ibérique au passage à l’euro, qui a imposé un argent trop bon marché, sans possibilité pour le gouvernement de faire grand chose.

Comment l’euro provoque la crise


vendredi 7 octobre 2011

La zone euro : une maison mal construite, en zone inondable


Le problème avec la zone euro est qu’elle cumule les vices de forme, ce qui permet de penser qu’elle est réformable. En effet, tous ceux qui veulent croire que la monnaie unique pourrait fonctionner peuvent pointer ses innombrables dysfonctionnements.

Le sempiternel problème de l’euro cher

En effet, la monnaie unique souffre déjà d’une mauvaise gestion. La première, évidente depuis près d’une dizaine d’années, est la cherté de l’euro. Parce que la BCE n’a jamais daigné s’intéresser à la valeur de la monnaie unique et qu’elle mène une politique uniquement tournée vers la lutte contre l’inflation, la valeur de l’euro est beaucoup trop élevée. Dans un premier temps, la monnaie unique était tombée jusqu’à 0,82 dollar, expliquant la croissance de la fin des années 1990.

samedi 1 octobre 2011

Démonter les éléments de langage des euro béats


La crise actuelle de la zone euro est l’occasion d’une guerre sémantique féroce entre les euro béats et les alter européens (notez le choix des qualificatifs, plus flatteur qu’un duel entre européens et eurosceptiques). Petit dictionnaire des expressions à relativiser.

« L’euro nous a protégé » : tous les partisans de la monnaie unique affirment qu’elle nous aurait protégé dans la crise. Il faut dire qu’en cas de difficulté, on se dit instinctivement qu’il vaut mieux être plusieurs que seul. Pourtant, la réalité démonte ce mythe. D’abord, la crise a été aussi forte dans la zone euro qu’aux Etats-Unis alors qu’elle venait d’outre-Atlantique. Si nous avions été protégés, la récession aurait été moins forte. En outre, les pays hors de la zone euro s’en sont plutôt mieux tirés.