samedi 27 décembre 2014

La chute de l’euro et du pétrole au secours de la croissance ?


Bien sûr, la politique menée par le gouvernement le mène dans une impasse, illustrée par le nouveau record du chômage en novembre. Néanmoins, la croissance aux Etats-Unis, la hausse du dollar et la forte chute du prix du pétrole pourraient apporter un léger regain de croissance en 2015.



2014 depuis le rétroviseur


Il faut bien reconnaître que nous nous situons dans le bas de la fourchette puisque les dernières prévisions font état d’une croissance de 0,4% pour l’année en cours en France. On peut penser que le ralentissement des pays émergents et un rebond mécanique plus limité peuvent expliquer le léger écart. Mais globalement, j’ai l’impression de ne pas avoir trop à rougir de ces prévisions qui avaient souvent déclenché des débats passionnés. C’est d’ailleurs sur ce rebond mécanique que François Hollande parie pour essayer de sauver son mandat et pouvoir se représenter dans des circonstances plus favorables en 2017 et ne pas être balayé même si depuis quelques mois, cette stratégie semble très aléatoire.

Vents plus favorables ?

Mais l’année 2015 pourrait bien se présenter sous des hospices un peu moins négatifs. Deux facteurs clés l’expliquent : la montée du dollar par rapport à l’euro, et l’effondrement du prix du pétrole. Deux faits qui ont un poids important sur la croissance de l’UE et de la France. L’euro est aujourd’hui à ses plus bas face au dollar depuis dix ans, et il ne faut pas oublier que sa dépréciation au tournant du siècle avait joué un rôle dans la forte croissance de l’époque. Alors qu’au printemps, l’euro s’échangeait entre 1,35 et 1,4 dollars, il s’approche aujourd’hui du cap des 1,2 dollars, du fait de la croissance des Etats-Unis et de la perspective d’une hausse des taux de la Fed l’an prochain notamment.

Outre la baisse de l’euro s’ajoute la très forte baisse concomitante du prix du baril de pétrole, qui a perdu près de 50% de sa valeur depuis le mois de juin, sous les 60 dollars, dans le cadre d’un jeu géostratégique où de nombreuses hypothèses sont avancées. Le FMI a annoncé que cette baisse contribuera à doper la croissance mondiale de 0,3 à 0,8 point en 2015 et 2016. Et cela est logique pour des pays exportateurs puisque cela va améliorer le pouvoir d’achat des consommateurs mais aussi diminuer les coûts des entreprises qui atteindroint plus facilement leurs objectifs de profits et pourraient donc tailler un peu moins dans les coûts, ce qui pèsera moins sur la croissance.

Bien sûr, 2015 ne sera pas l’année d’une reprise flamboyante et tous les déséquilibres majeurs subsisteront, mais le contexte économique qui se dessine semble devoir être plus positif, rendant finalement possible l’hypothèse d’une légère accélération de la croissance, autour de 1%.

7 commentaires:

  1. Désolé, Laurent mais on dit que 2015 pourrait bien se présenter sous des auspices un peu moins négatives. Cependant les craintes qu'exprime Jacques Sapir dans la dernière livraison de son carnet sont loin d'être infondées.

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  2. 1% ne fera que stabiliser le chômage, pas le baisser.

    Sapir parle d'exportations à 25% du PIB, en fait c'est 6%, les économies sont moins imbriquées qu'il le dit :

    En fait, les entreprises exportatrices dégagent en moyenne une valeur ajoutée de 25% sur leur chiffre d’affaires exporté. La part de la valeur ajoutée dans les exportations rapportée à l’ensemble du PIB est donc 4 fois inférieure au taux d’ouverture officiel.

    http://www.causeur.fr/le-protectionnisme-europeen-existe-deja-14757.html#

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  3. Le premier client en VA française sont les USA, devant l'Allemagne.

    http://www.oecd.org/fr/sti/ind/TiVA%20France.pdf

    Donc, la baisse de l'euro par rapport au dollar est plutôt favorable à ses exports.

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  4. Il y a un autre élément important dans l'article de Sapir, c'est que la baisse du prix du pétrole met en difficulté les start-up américaines qui ont proliféré sur l'exploitation du gaz de schiste. Comme ces entreprises sont surendettées, le risque d'un retournement financier est important.
    Aux difficultés russes s'ajoutent le ralentissement des pays émergents et la baisse des recettes (donc des importations) des pays pétroliers.
    Plus généralement, les causes de la crise de 2008 ne sont pas purgées. Les taux d'endettement des agents privés restent élevés (et il continuent à augmenter en France depuis 2008). Wall Street bat de nouveaux records contre toute logique.
    De toute façon nous approchons vraisemblablement de la fin du cycle haussier qui a succédé à la crise dans les pays anglo-saxons. Si la France doit connaître un regain de croissance, ce sera à contre-courant et pour peu de temps...

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  5. La dégradation de l'économie russe parait sous estimée :

    http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/27/ces-russes-sont-de-vilains-copieurs-par-francois-leclerc/

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  6. @ Anonymes

    Il est bien évident que les craintes de Sapir sont fondées. Notez que je prends des précautions. Et il est bien évident que 1% ne fera pas fortement baisser le chômage. Intéressant point sur le PIB. Point intéressant également sur les Etats-Unis.

    @ J Halpern

    Merci pour ces précisions

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  7. Bonjour ,

    Je suis Bastien, Digital Marketing Manager chez Ecoreuil.fr.

    J'ai pensé que vous seriez intéressé par notre article et infographie sur le pétrole. Nous y mettons en avant les chiffres impressionnants liés à son commerce, et sa nécessité dans nos économies.

    https://www.ecoreuil.fr/blog/economie-petroliere

    Vous être libre de publier l'infographie ou tout autre partie de la page si vous estimez qu'elle est pertinente pour l'audience de votre site.

    Qu'en pensez-vous ?

    En vous souhaitant une bonne journée !

    Bien cordialement,
    Bastien Hudelot

    bastien@potential.asia

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