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mardi 16 octobre 2012

Cannabis, école : les errements de Vincent Peillon


Vincent Peillon a le don pour lancer des débats médiatiques depuis son accession à la rue de Grenelle. Fin de la semaine de quatre jours, morale à l’école et même dépénalisation du cannabis. Le problème est qu’il semble plus doué pour faire du bruit que pour produire du fond.

Docteur Vincent et Mister Peillon

Mais qui est Vincent Peillon ? J’avoue avoir du mal à suivre le parcours de cet intellectuel du PS. Du fait de son opposition au Traité Constitutionnel Européen et d’un discours parfois républicain, j’ai longtemps pensé qu’il faisait partie des rares personnes à sauver au PS. Mais fin 2009, il avait violemment critiqué Ségolène Royal puis en janvier 2010, il s’était décommandé de manière intempestive d’un débat sur France 2 avant de lancer des affirmations très contestables sur l’école.

Malgré tout, dans le casting de l’équipe gouvernementale, il pouvait apparaître comme le tenant d’une ligne plus républicaine, si nécessaire à l’éducation nationale. Ses premières déclarations, suggérant une augmentation du nombre de jours d’école, la fin de la semaine de quatre jours et la mise en place d’une morale laïque, tranchaient avec le discours pédagogiste. Malheureusement, les annonces faites la semaine dernière par François Hollande ont beaucoup déçu.

La semaine dernière, sur RTL, s’il a défendu, avec quelques simplifications, la hausse des moyens dans le primaire, le reste était décevant. Il souhaite remettre en cause le tabou du baccalauréat, pourtant seule garantie de diplôme équivalent pour tous. Difficile de ne pas voir les résidus de la pensée pédagogiste au gouvernement, également hostile aux notes et aux redoublements. D’ailleurs, les critiques ont fusées, dans le Nouvel Obs, le Point et sur RTL avec Jean-Paul Brighelli.

Une bien mauvaise polémique

dimanche 15 juillet 2012

Hollande entre tradition, postures et autorité


Hier, le président de la République a repris la traditionnelle interview du 14 juillet, abandonnée par Nicolas Sarkozy après une première tentative guère concluante où il s‘était vu qualifié de « petit garçon » par PPDA. Une intervention dominée par le plan social de PSA et le tweet de sa compagne.

PSA : grosse voix et petits bras

Comme Arnaud Montebourg jeudi soir sur France 2, le président de la République a procédé en trois temps. Il a commencé par exprimer son émotion, évoquant un « choc », disant que « l’Etat ne peut pas rester indifférent ». Puis, dans un second temps, il s’est fait très dur contre la direction, évoquant un « mensonge » sur la date de l’annonce. Martial, il « considère ce plan inacceptable » et qu’il « doit être renégocié » pour réduire le nombre de suppression d’emploi.

Mais, de facto, quand François Hollande annonce que « nous pouvons faire en sorte qu’Aulnay reste un site industriel » et parle simplement d’une réduction du « nombre de suppressions d’emploi », il est bien évident qu’il accepte indirectement la fermeture du site par PSA (en espérant qu’il trouvera un repreneur). Bref, ce ne sont que des mots, car il est bien évident que l’expert, qui remettra son rapport le 25 juillet (pratique, au milieu de l’été) aura du mal à contester le besoin d’un tel plan.

En effet, que dire à une entreprise qui a perdu 700 millions d’euros sur le seul premier semestre et dont l’activité automobile était déjà légèrement déficitaire en 2011. Malheureusement, ce plan d’économie est la conséquence logique de politiques européennes calamiteuses pour les constructeurs automobiles. Et rien ne sera fait sur l’euro cher ou le libre-échange anarchique. Du coup, malgré les mots durs à l’égard de la direction du groupe, le gouvernement laissera faire.

Les affaires privées se règlent (un peu) en public

lundi 18 juin 2012

Le Parti Socialiste gagne la majorité



Hier, nous clôturions le cycle électoral de l’année 2012 avec le second tour des élections législatives. Un vote qui n’a pas suscité un grand enthousiasme des Français avec une abstention record. Logiquement, le Parti Socialiste l’emporte et parvient à obtenir la majorité absolue seul.

Les législatives confirment les présidentielles

De manière curieuse, à chaque élection législative qui suit une élection présidentielle, certains se demandent si les Français ne vont pas voter différemment pour l’Assemblée Nationale. C’était le grand fantasme de 1981, également évoqué en 1988 et en 2002. Comme toujours, les Français ont choisi de confirmer leur vote précédent en donnant une majorité nette au Parti Socialiste. Mieux, les 25 ministres engagés dans le combat électoral l’ont emporté.

Du coup, nous n’aurons pas de démission du gouvernement pour suivre la curieuse règle que Jean-Marc Ayrault a adoptée à la suite de 2007. En effet, il est tout de même surprenant de confier le sort d’un ministre à peine nommé (et qui n’a pas pu vraiment  agir) aux électeurs d’une seule circonscription. Ségolène Royal a été largement battue à La Rochelle  et elle a ajouté à la défaite l’inélégance en intervenant avant 20H et le ridicule d’un tri entre voix de gauche et de droite.

Cette clarté est finalement logique et souhaitable. Le PS a donc les pleins pouvoirs pour cinq ans, l’Assemblée Nationale, le Sénat, les collectivités locales. Il sera donc comptable de son résultat dans cinq ans. Même s’il est probable que la nouvelle majorité évoque le mauvais héritage de l’équipe précédente avec le rapport à venir de la Cour des Comptes ou la crise européenne, François Hollande a maintenant cinq ans pour démontrer qu’il a des solutions pour notre pays.

Le cimetierre des éléphants

dimanche 25 septembre 2011

Emmanuel Todd, chroniqueur et analyste politique de talent


Emmanuel Todd est une de mes références les plus importantes, tant la qualité de ses livres révèle une analyse qui puise dans l’ensemble des sciences humaines pour remettre en perspective notre histoire. Je n’ai pas été déçu avec son dernier opus « Après la démocratie ».


Le rôle de l’élection présidentielle de 2007


Cette élection semble avoir été le déclencheur du livre. Elle permet à Emmanuel Todd de révéler un talent de chroniqueur politique dont la plume acide révèle un sacré brio. Il qualifie le second tour de « choc de deux vides » et en résume l’issue d’une manière très juste : « les électeurs qui avaient peur de l’incompétence de Ségolène Royal l’ont finalement emporté sur ceux qui avaient peur de la brutalité de Nicolas Sarkozy ». On pourra ajouter que certains avaient peur des deux et devaient arbitrer entre le moindre de deux maux… Il avance également que les quatre candidats principaux étaient de droite : d’extrême droite, de droite extrême, de centre-droit et « de droite loufoque socialo-traditionnaliste ».