Le grand
détournement fiscal
Il faut lire
le dossier de Marianne sur « La grande
évasion fiscale ». A titre personnel, je préfère parler de
désertion et de parasite car les termes d’évasion et de paradis sont trop
positifs. Mais le travail réalisé par Emmanuel Lévy et Hervé Nathan n’en reste
pas moins effarant. Les exemples abondent d’entreprises qui utilisent des
montages astucieux pour éviter de payer des impôts. Ainsi, le cabinet Greenwich Consulting affirme qu’Apple
n’a payé que 6,7 millions d’euros d’impôts sur les sociétés en France en 2011,
alors qu’il aurait du régler 315 millions si elle n’avait pas utilisé des
artifices.
En basant
son centre de facturation au Luxembourg, Amazon ne paie qu’une TVA de 15% au
lieu de 19,6% pour les achats réalisés en France. Starbucks serait aussi un
professionnel de la désertion fiscale en versant 6% de son chiffre d’affaire à
des sociétés internes basées en Suisse et aux Pays-Bas. Résultat, la filiale
française affiche des pertes tous les ans depuis 2004 et ne paie pas d’impôt
sur les sociétés, alors que le groupe d’avoir multiplié son chiffre d’affaire
par 16 entre temps. Il faudrait dire à leur contrôle de gestion que les
magasins français ne sont pas rentables…
Le
dossier de Marianne revient également
sur les pratiques de la multinationale Dole, qui achète son kilo de banane
10 centimes, y ajoute 8 centimes au titre de la centrale d’achat des îles
Caïmans, 8 centimes au Luxembourg pour les frais financiers, 4 centimes en
Irlande pour les frais de marques, 4 centimes pour les assurances, dans l’île
de Man et enfin 17 centimes pour les frais juridiques et administratifs, dans
l’île de Jersey. Bref, 41 centimes sur les 51 centimes du prix de vente (plus
de 80%) transitent par des parasites fiscaux de manière à minimiser la facture
fiscale de la multinationale.
Des
politiques qui laissent faire