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dimanche 12 octobre 2025

La lourde responsabilité de la BCE dans la crise actuelle

Dans la série des angles morts de l’analyse de notre situation économique, la politique monétaire n’est pas la dernière. Parce que les médias oligarchistes, cosmopolites ou conservateurs, ne remettent pas en cause l’euro et la sortie du cadre démocratique de la politique monétaire, le sujet est ignoré. Le cas du Japon nous montre pourtant bien que c’est une des principales raisons des tensions actuelles.


 

Quand la BCE nous abandonne aux marchés

 

lundi 24 mars 2025

La BCE enfonce la zone euro, au lieu de l’aider

En début du mois, la BCE a de nouveau baissé son taux directeur, à 2,5%, après la baisse de janvier. Mais malgré la baisse de 150 points de base des taux courts en mois d’un an, les taux longs ont monté, touchant des plus hauts de plus de 10 ans pour l’Allemagne et la France ! Une conséquence du choix trop peu débattu, et complètement absurde aujourd’hui, du resserrement quantitatif.

 


Le gros coup de frein de la démonétisation

 

dimanche 1 octobre 2023

Vers une nouvelle crise de la zone euro ?

Il est étonnant que le sujet ne soit pas davantage évoqué alors que la précédente date d’à peine une dizaine d’années. Pourtant, les similitudes sont frappantes : au sortir d’une crise économique mondiale où les Etats ont pu dépenser presque sans compter, une forte remontée des taux change profondément les équilibres financiers et pousse à une austérité trop uniforme, alors les situations économiques divergent, soulignant de nouveau toutes les failles de la zone euro. Allons-nous vers une nouvelle crise ?

 


Divergence et austérité au carré

 

dimanche 17 septembre 2023

Hausse des taux : la grave faute sociale et économique de la BCE

Pourtant, la Banque Centrale Européenne avait déjà remonté ses taux fin juillet. Mais apparemment, cela n’a pas suffi aux banquiers centraux qui se sont mis d’accord pour une nouvelle hausse des taux qui porte le taux directeur à un record depuis la mise de l’euro. L’accueil positif des marchés financiers montre encore une fois que la politique de la BCE ne sert que les intérêts de l’oligarchie.

 


Faire peser l’ajustement sur les classes populaires

 

dimanche 18 décembre 2022

SMIC : Macron toujours aussi antisocial

La nouvelle a été communiquée cette semaine : le SMIC augmentera de 1,8% au 1er janvier. Dans le déluge de chiffres communiqués à cette occasion, difficile de s’y retrouver pour juger l’évolution du salaire minimum en France. Mais parce que, comme toujours, l’exécutif a refusé le moindre coup de pouce, cela signifie que le pouvoir d’achat de ceux qui touchent le SMIC va baisser.

 


Moins que la hausse des prix pour les bas salaires

 

samedi 16 mai 2020

dimanche 12 juin 2016

Le « QE vert » : une belle idée malheureusement irréaliste (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus



Qu’est-ce que le « QE vert » ?

Depuis l’arrivée de Mario Draghi, la Banque centrale européenne (BCE) s’est lancée dans un politique monétaire dite non conventionnelle de quantitative easing (QE) consistant à faire marcher à plein régime (et même à un régime de plus en plus accéléré) la planche à billet. Concrètement, la BCE crée ex nihilo des quantités pharamineuses d’euros (des milliers de milliards d’euros !) qu’elle confie aux banques en espérant que cela facilitera d’autant les crédits aux entreprises et relancera donc l’économie. Elle considère ainsi que l’offre de monnaie suffit à générer d’elle-même la demande de crédits et d’investissements.

samedi 5 décembre 2015

Le geste dérisoire, décevant et dangereux de la BCE

Jeudi, la BCE a annoncé une nouvelle version de son assouplissement quantitatif. Les mesures annoncées réussissent l’exploit de ne satisfaire personne : les marchés ont réagi très négativement, et, pire encore que le jugement de marchés exubérants et irrationnels, cela nourrit la spéculation.



Une annonce très tardive et très limitée

Depuis le début, la Banque Centrale Européenne a tout faux. Il y a plus de dix ans, elle a tardé à relever ces taux, laissant s’emballer une bulle financière, notamment en Irlande ou en Espagne (que Madrid a tenté de contenir par des normes bancaires contra-cycliques), ne s’inquiétant pas de l’envolée des actifs bancaires et d’une progression extravagantes de la masse monétaire (à près de 10% par an), totalement déconnectée de l’évolution de l’économie réelle. Puis, quand le marché a commencé à se retourner, elle a tardé à réagir, au contraire de la Fed, propulsant l’euro à 1,61 dollar, et plongeant les pays européens dans une récession plus tôt que les Etats-Unis (chose oubliée depuis). Puis, de manière délirante, elle a brièvement monté ses taux en 2011, a contrario de presque toutes les autres banques centrales.

Mais la stagnation des pays européens a fini par avoir raison des réticences de la BCE qui a baissé ses taux et relancé un programme de rachats d’actifs. Bien sûr, depuis, l’euro a bien baissé et les taux auxquels les Etats empruntent se sont effondrés, à des niveaux historiquement bas. Mais ceci doit plus au retournement de la politique de la Fed et au contexte global, qui permet le gonflement de nouvelles bulles, qu’à la vigueur de la politique de la BCE, qui reste très timide par rapport à ce qu’ont fait les autres pays, d’autant plus que les annonces de jeudi semblent assez dérisoires par rapport aux promesses d’octobre. Certes, son bilan a progressé de 400 milliards en un an, mais il est inférieur au niveau de 2012, et surtout, cela ne pèse que 4% du PIB de la zone euro, bien moins que ce que fait le Japon.

Aider la finance plutôt que les citoyens

lundi 9 novembre 2015

La BCE, toujours plus loin dans le conflit d’intérêt




Suspicion de délits d’initiés



Oligarchie contre démocratie

samedi 24 octobre 2015

Que penser des gestes de la BCE et de la Banque de Chine ?




Stéroïdes pour les marchés

Le jugement des marchés a été unanime : le CAC 40 a pris plus de 200 points, dépassant les 4900 points, alors qu’il était tombé à un peu plus de 4300 au cours du mois de septembre, se rapprochant des plus hauts de l’année. Aux Etats-Unis, le Dow Jones a repassé le cap des 17 000 points. Les taux longs sont passés sous le cap des 0,8% en France, au plus bas depuis le printemps. Il faut dire que les politiques monétaires accommodantes des banques centrales profitent doublement au secteur financier. D’abord, en baissant le coût de l’argent, il regonfle les marges des banques et facilite le financement de tous les investissements, ce qui profite aussi au secteur financier par la multiplication des opérations industrielles (AB-InBev ou toutes les opérations de Patrick Drahi) et les restructurations qui en suivent.

Cet argent pas cher finance également les rachats d’action. Bref, parce que l’argent pas cher va d’abord à ceux qui en ont déjà, la réaction des marchés est logique puisqu’il s’agit pour eux, et les multinationales, de l’équivalent d’une baisse du prix de l’essence qui fait tourner la machine du capitalisme dérégulé. Avec les crédits faciles et bon marché, le capitalisme actionnarial dérégulé bénéficie du meilleur des carburants. Bien sûr, il ne faut nier que quelques misérables gouttes retomberont sur l’économie réelle, la bulle produisant un peu plus d’investissement, d’autant plus que l’euro reste bon marché et que les faibles taux ne profitent pas qu’à la finance, mais aussi au crédit à la consommation… Cela compensera temporairement, et quelque peu, les ravages de la désindustrialisation et des restructurations.

Nouvelle alerte à la bulle

mardi 17 mars 2015

Faut-il croire à une reprise de l’économie ?

La zone euro semble aujourd’hui s’enfoncer dans la déflation, ce qui pourrait l’empêcher de sortir de la crise dans laquelle elle est engluée depuis 2008. Cependant, la BCE vient de publier des prévisions relativement optimistes pour les années à venir, avec 2% de croissance en 2016 et 2017. Faut-il la croire ?



Vents contraires de la conjoncture

Bien sûr, la baisse de la monnaie unique et du prix des matières premières devrait apporter un peu d’air à des économies européennes fatiguées par sept années de crise ininterrompue. Les études démontrent que ces évolutions ont un fort impact sur le niveau de la croissance en Europe. En outre, l’austérité est moins sévère que ces dernières années, du fait de l’échec des tours de vis menés en 2011 et en 2012 et du fait que bien des pays ont déjà atteint les 3% de PIB de déficit. Et avec des taux d’intérêt au plus bas, cela fait quatre forts courants favorables pour la conjoncture, qui laissent croire que, dans des conditions plus favorables, il n’y aurait pas de raison que la croissance n’accélère pas un peu, à condition bien sûr qu’ils ne changent pas dans les prochains mois, ce qui semble possible.


2015 : rebond de la croissance ?

vendredi 23 janvier 2015

Berlin impose à la BCE une re-nationalisation des politiques monétaires


Hier, la Banque Centrale Européenne a annoncé un nouveau plan pour relancer l’activité dans la zone euro. Il serait temps, alors que la zone n’est pas parvenue à sortir de la torpeur depuis la crise de 2008 et que les prix sont passés en négatif. Mais le plan annoncé est révélateur par bien des aspects.



4ème vague d’assouplissement

Le plan annoncé par la BCE n’est pas le premier depuis ces dernières années. Déjà, elle avait eu recours à des mesures non conventionnelles pendant le gros de la crise. Puis, il y avait eu les 1000 milliards prêtés aux banques fin 2011, début 2012. Enfin, à l’été 2012, la BCE avait acheté quelques dettes souveraines des pays en délicatesse avec les marchés pour calmer la spéculation, cassant la montée des taux. Depuis, elle se contente de jouer sur les taux, mais ce levier est plus bien limité que l’utilisation de son bilan, comme le montrent les cas étasunien, britannique ou japonais. L’amplification des pressions déflationnistes, avec la baisse des prix de 0,2% en décembre, imposait une nouvelle réponse.

Le montant du programme, pourtant qualifié par des termes très emphatiques, n’est pas si colossal que cela. Après tout, la BCE avait mis 1000 milliards sur la table en trois mois au tournant de 2012. Ici, elle va mettre la même somme en jeu, mais sur près d’un an et demi, et avec la possibilité de ralentir le rythme si elle le souhaite. Ce faisant, en annonçant le rachat de 60 milliards d’euros de bons du trésor par mois, elle réplique le dernier plan de la Fed qui avait racheté jusqu’à 85 milliards de dollars de titres par mois, avant de le réduire devant la reprise économique outre-Atlantique. Ce plan est finalement moins ambitieux que ce que la Fed ou la Banque du Japon ont fait ces dernières années.

Un plan plus national qu’européen

dimanche 7 décembre 2014

BCE, banques, finance : stress-test du foutage de gueule (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus 



Il y a quelques semaines la BCE s’enorgueillait d’avoir effectué un vaste stress-test des banques « systémiques » européennes et d’en avoir obtenu d’excellents résultats. Et – cocorico ! – toutes les banques françaises s’en sortaient haut la main, ceci étant abondamment relayé par les grands médias français, ces machines acritiques à penser unique. Sauf que ceci est, au mieux, une vaste blague, au pire – et plus vraisemblablement – un énorme majeur érigé au faciès des peuples.

Qu’est-ce qu’un stress-test ? Tout simplement une simulation pendant laquelle on évalue la résistance financière des banques en situation de crise économique aigue et brutale. Cette simulation s’appuie donc sur des hypothèses (d’inflation, de chômage, de faillites en cascades, etc.) qui doivent correspondre, si possible, au pire de ce que pourraient connaître les banques.  Ce type de tests est très courant dans l’industrie : en simplifiant, si on veut construire un avion qui devra voler à 1000 km/h, on teste son prototype dans toutes les configurations possibles à 1500 km/h. S’il réussit ces tests, on pourra se dire que tout cela devrait bien se passer en vitesse de croisière de 1000 km/h. Ou, pour reprendre une analogie effectuée par Olivier Berruyer sur son blog, quand on vous vend une pompe pour un bassin extérieur garantie jusqu’à -10°C cela veut dire qu’elle a été testée à -20°C, voire encore plus bas. Le but est bien de tester le matériel dans les conditions les plus extrêmes  auxquelles il devrait être soumis, et même un cran au-delà. Il en serait de même pour les banques : l’idée du stress-test devrait bien être de mettre hypothétiquement les banques européennes dans la configuration de la crise la plus profonde qu’elles seraient censées rencontrer.

dimanche 9 novembre 2014

BCE, Fed, Banque du Japon : grande divergence et implications


Les 6 dernières années resteront longtemps comme une période exceptionnelle dans l’histoire des banques centrales. Les dernières semaines, et la grande divergence dans la politique des trois plus grandes banques centrales de la planète sont aussi extrêmement instructives pour les citoyens.



De Mars et de Vénus



La politique monétaire est bien une politique

lundi 29 septembre 2014

L’assouplissement quantitatif : la drogue des dirigeants du monde





Une nécessité mal utilisée

Les chiffres de The Economist sont parlants. La banque centrale britannique a triplé la taille de son bilan en quelques semaines fin 2008, quand la Fed l’a multiplié par 2,5. La BCE, comme toujours, a été la plus timide et aujourd’hui, alors que les deux banques centrales anglo-saxonnes ont vu leur bilan multiplié par 5 en 6 ans, la banque centrale européenne est repassée sous le cap des 2. Il est difficile de ne pas y voir une raison du décalage économique entre ces deux mondes. Le flot de liquidités soutient l’activité économique de plusieurs manières. En rachetant les bons du Trésor, la banque centrale modère ou supprime carrément la pression des marchés sur la dette publique, allégeant les politiques d’austérité. Et plus globalement, elles permettent de maintenir des taux d’intérêt à un faible niveau.

Cependant, les politiques d’assouplissement quantitatif ne sont qu’un outil (certes très puissant), parmi d’autres et elles ne corrigent pas toutes les carences du système économique actuel. En effet, si les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont davantage de croissance que la zone euro (et donc un niveau de chômage plus faible), tout ne va pas bien à Londres et Washington. Elles ne font rien pour réduire les inégalités, qu’elles contribuent au contraire à accroître du fait de la bulle financière et immobilière qu’elles nourrissent et dont profitent de manière disproportionnée les plus riches, comme le montrent toutes les études sur les évolutions de revenus aux Etats-Unis depuis la crise. Pire, toute bulle a toujours vocation à exploser, ce qui signifie que nous finirons tôt ou tard par en payer les pots cassés.

Une drogue monétaire ?

vendredi 5 septembre 2014

La BCE, trop timide, répête, 20 ans après, les erreurs du Japon





Trop faible, trop tard dans le cadre des traités

Bien sûr, les annonces de la BCE sont spectaculaires, avec un taux directeur qui tombe à 0,05%, et même le taux de dépôt qui tombe à -0,2% (en clair, les banques qui déposeront leur argent à la BCE ne seront pas rémunérées, mais devront payer). L’objectif est de limiter le gel des liquidités, pour pousser l’argent dans le circuit économique. Enfin, Mario Draghi annoncé un programme de rachat d’actifs, comparable aux actions des banques centrales étasunienne, britannique ou japonaise. Dans la foulée, l’euro a un peu baissé. Il est environ 5% moins cher que lors de la précédente baisse des taux en juin, même s’il reste encore au-dessus de son point d’équilibre, du fait des excédents commerciaux de la zone.

Même si ces mesures sont positives, elles ne rendront la situation que très marginalement moins mauvaise, comme on le voit depuis plus de quatre ans. D’abord, elles viennent tard, d’autant plus que, seule contre le monde, la BCE avait bêtement monté ses taux en 2011. Ensuite, les taux à 0,05% n’ont rien d’exceptionnel aujourd’hui et, cela n’a pas sorti le Japon de la déflation. En effet, il faudrait aller beaucoup plus loin, même dans le cadre du mandat qu’a la BCE. Mario Draghi pourrait prendre exemple sur son homologue japonais en disant clairement qu’il combattra résolument la déflation, en fixant, par exemple, un plancher au niveau de l’inflation (à 1 ou 1,5%), outre le plafond. Et il pourrait aller plus loin dans l’assouplissement quantitatif : au Japon, la banque centrale rachète pour 10% du PIB de dette publique par an.

Et un problème structurel et insoluble

jeudi 26 juin 2014

Remettre la monnaie au service de l’intérêt général et non de la bourse


Récemment, plusieurs bourses mondiales (New York et Francfort) ont battu des records historiques, une nouvelle illustration de l’indécence d’une époque aussi inégale… Mais cela a également le mérite de montrer l’influence des politiques monétaires et de ceux à qui elles bénéficient.

 

Politique monétaire : la grande expérimentation

Depuis 2008, les politiques monétaires menées ont complètement divergé, entre une zone euro qui persiste dans un monétarisme suicidaire, à peine tempéré par les récentes annonces et les pratiques moins conventionnelles des autres pays. La Fed a fait passer son bilan de 900 à 4000 milliards de dollars, dont plus de la moitié est composé de bons du trésor. Ainsi, la banque centrale étasunienne a permis à l’Etat de fortement baisser le coût de sa dette. Mais en rachetant pour plus de 1500 milliards d’obligation, elle a également soutenu l’ensemble de l’économie, diminuant le coût des emprunts pour les entreprises et poussant également à la hausse le cours des actions en créant de la monnaie, qui finit par augmenter la demande d’actifs, et donc in fine leur prix.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe, le Japon est entré dans une expérimentation audacieuse puisque la banque centrale a acheté pour 50 000 milliards de yen (350 milliards d’euros) de dette publique en un an, l’équivalent de plus de 8% du PIB du Japon (qui dépasse 4 000 milliards d’euros). Du coup, elle détient aujourd’hui 20% de la dette publique du pays, pour un montant équivalent à 40% du PIB du Japon, environ 200 000 milliards de yen, 1450 milliards d’euros. L’idée est de sortir le pays de la déflation. Le Premier Ministre veut donc faire progresser les salaires sans se préoccuper de la fameuse compétitivité puisque le cours du yen a fortement baissé, renchérissant les importations. Les résultats sont positifs puisque la croissance et les prix remontent. Le pays du soleil levant semble avoir trouvé le moyen d’utiliser la monnaie pour le bien commun.

Reprendre le contrôle de la monnaie