Nous
arrivons sans doute à la fin d’une époque, ou d’un cycle, pour
reprendre le pronostic intéressant de François Lenglet. Le patron du Medef a
eu
l’indécence de réclamer une baisse du SMIC tout en voyant sa rémunération de
PDG de Radiall progresser de 30% et ses dividendes s’envoler.
Sans foi
ni loi
Comment Pierre
Gattaz peut-il demander
de facto une baisse du SMIC, qui est de 17 340 euros bruts (13 610 euros
nets) par an aujourd’hui, tout
en ayant vu son salaire passer de 329 189 euros en 2012 à 426 092 euros bruts
en 2013, une hausse de 29,4% sans avoir honte ? Celui qui juge que le
SMIC est trop élevé trouve le culot de justifier le fait de toucher 5,59 SMIC
de plus en une seule année ! Encore plus incroyable, il
soutient qu’il ne dépasse pas la limite maximale des salaires des patrons des
entreprises publiques, fixée à 450 000 euros. Il faut rappeler ici que le
chiffre d’affaires de Radiall dépasse à peine 200 millions quand celui d’EDF
dépasse 73 milliards, rendant la comparaison abusive, outre le fait de révéler l’égo
démesuré de Pierre Gattaz, qui trouve bien sûr normal d’être proche du maximum.
Encore pire,
le
Figaro cite le Canard Enchaîné qui affirme que « la rémunération des cinq membres du conseil exécutif et stratégique du
groupe a grimpé de 21% » en 2013, contre 3,3% pour les salariés,
sachant que « les dividendes
octroyés aux actionnaires ont grimpé de 76% ces quatre dernières années (…) une
augmentation sensible qui aura surtout profité à la famille Gattaz, puisqu’elle
détient 87% de l’entreprise ». Bref, il est complètement indécent de
réclamer une baisse du salaire minimum en France, qui permet en général tout
juste de vivre chichement, alors
même que l’on trouve normal que, quand on gagne déjà près de 20 fois le SMIC,
on puisse se faire augmenter de près de 30% !
Une
société fracturée




