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dimanche 11 septembre 2016

Generali : non à l’assurance Big Brother qui déconstruit la mutualisation

En 2017, Generali proposera, dans le cadre de ses contrats d’assurances complémentaires, un système de « récompense des bons comportements ». Les modalités sont encore un peu floues et l’entreprise présente cette initiative comme une avancée en matière de prévention. Mais en réalité, il s’agit bien d’une initiative détestable, à plusieurs titres.




Orwellisation et individualisme au carré

mercredi 23 mars 2016

Le patriotisme est un humanisme (billet invité)

Billet invité de Marc Rameaux, auteur de « L’homme moderne »


Patriote. Combien de fois le mot ne fut-il pas maudit dans les dernières décennies, stigmatisé, rabroué, accusé de tous les maux, considéré comme cause de toutes les violences, en regard d’un monde idéal et moderne qui s’en serait débarrassé.

La place que le monde post-moderne lui a assignée était d’être ad vitam aeternam le troisième pilier de la devise de Vichy. La cocarde ne pouvait plus être l’insigne des hommes épris de liberté, en lutte contre l’injustice et l’arbitraire, mais au mieux la marque de nostalgies surannées et douteuses, au pire le fait de fascistes et d’esprits étroits.

lundi 19 octobre 2015

Le sens de la fin du liquide et des chèques

Ce sont des informations qui peuvent passer inaperçues, d’autant plus qu’elles peuvent paraître aller dans le sens du progrès qu’apporterait la modernité : l’argent liquide et les chèques pourraient disparaître. Mais ces évolutions ont un sens, loin d’être aussi positif qu’on peut le penser.



Fin d’un service public

Bien sûr, les partisans de cette évolution, comme Michel Sapin en mars dernier, disent faire « la chasse à l’argent liquide pour lutter contre le financement du terrorisme » et évoquent la lutte contre la fraude ou les pratiques illégales pour justifier cela. C’est ainsi que le gouvernement a baissé le seuil des paiements en liquide de 3 000 à 1 000 euros. En revanche, le seuil passe seulement de 15 000 à 10 000 euros pour les touristes étrangers, qui, outre le fait de ne pas payer la TVA, sont décidemment bien mieux traités que les citoyens français, avec un seuil dix fois plus élevé et qui ne baisse que d’un tiers. Le même Michel Sapin a annoncé cette semaine de nouvelles mesures pour réduire l’utilisation du chèque et promouvoir l’usage des cartes bleues, en réduisant légèrement les frais de transaction.

A première vue, on peut considérer que cela est un progrès, que ce sera plus pratique. Sauf que quand on paie en liquides, ou par chèque, cela ne coûte rien aux usagers, commerçants ou individus, et ne rapporte donc rien aux banques. Alors que quand on paie par carte bancaire, les banques touchent une commission. Derrière ce pseudo progrès, se cache, comme souvent, de simples intérêts financiers, bien discrets. En fait, même si les arguments sur la lutte contre la fraude sont recevables, il s’agit d’un recul du service public de l’argent. On peut aussi douter de la véritable practicité d’une telle évolution pour les petits paiements et quid des risques posés par toutes ces transactions réalisées sur Internet. Enfin, quel paradoxe de laisser utiliser Bitcoin, malgré son utilisation par des réseaux frauduleux !

L’argent Big Brother

lundi 28 septembre 2015

De l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran, la Syrie, Cuba et de l’orwellisation du monde

« Ce fut plutôt un choc pour Winston de découvrir, à propos d’une remarque faite par hasard, qu’elle ne se souvenait pas que l’Océania, il y avait quatre ans, était en guerre contre l’Estasia et en paix avec l’Eurasia. Il est vrai qu’elle considérait toute la guerre comme une comédie. Mais elle n’avait apparemment même pas remarqué que le nom de l’ennemi avait changé », 1984, Georges Orwell (merci au blog d’Olivier Berruyer pour la retranscription)



1984 est sans doute le premier livre de politique que j’ai lu. Dans ce roman, le pouvoir réécrit constamment l’histoire et change d’ennemi, l’Océania affrontant tour à tour l’Estasia puis l’Eurasia, en effaçant toute trace du précédent conflit. Un parallèle troublant avec l’actualité internationale récente.

Des méchants et des gentils

Les dernières années ont de quoi donner le tournis. Il y a deux ans, il était entendu que la Russie, l’Iran et Bachar el-Assad étaient sans doute les pires méchants de la planète. Vladimir Poutine était coupable d’avoir envahi l’Ukraine, l’Iran, de préparer une bombe atomique et le régime Syrien, de massacrer son peuple. Et Cuba était toujours dans les limbes du blocus imposé par les Etats-Unis. Mais en quelques mois, la situation a complètement changé. Cuba a été reconnu par les Etats-Unis. Un accord a été trouvé avec l’Iran, offrant de juteuses perspectives d’affaires. Et le développement de Daech, qui contrôle une large partie de l’Irak et de la Syrie semble devoir imposer aux dirigeants de la planète de se rabibocher avec la Russie, et même en partie avec Bachar el-Assad pour faire barrage aux islamistes.


Ces 180° diplomatiques sont quelques peu perturbants. Même si le pragmatisme peut être une vertu dans les relations internationales (après tout, la Russie communiste a joué un rôle majeur pour battre les nazis), les récentes fluctuations amènent tout de même à se poser des questions sur les choix de nos dirigeants. On pourrait aussi questionner notre rapport à certaines monarchies pétrolières, au premier rang desquelles l’Arabie Saoudite. N’est-il pas inconfortable, a minima, pour ne pas dire très choquant moralement, de voir que tant de dirigeants des grandes démocraties de la planète sont allés à l’enterrement de l’ancien roi d’un pays dont les règles permettent de décapiter, puis crucifier pour un simple délit d’opinion. Ne franchissons-nous pas la compromission avec des valeurs fondamentales ?

La guerre, enjeu de communication

dimanche 20 octobre 2013

Jean-Claude Michéa poursuit la déconstruction du néolibéralisme


Jean-Claude Michéa est un philosophe, qui avait publié « L’empire du moindre mal », une critique bien ficelée du néolibéralisme, il y a quelques années. Avec son nouveau livre, « les mystères de la gauche », il poursuit son travail de déconstruction des deux faces de la médaille libérale.



Le néolibéralisme déconstruit la société

Il dénonce la vision de la liberté de Hayek comme « le droit ‘naturel’ pour chacun de ‘vivre comme il l’entend’, sous la protection d’un Etat de droit uniquement soucieux d’administrer les choses », qui oublie complètement le lien social et réduit l’homme à un individu atomisé. Il rappelle que « la racine de commun, munus désignait les charges et les obligations – savoir donner, recevoir et rendre – qui relèvent de cette logique de l’honneur et du don ». Il note que la société néolibérale valorise les droits (et comment les défendre) mais oublie compétemment le don (c’est à dire savoir donner, recevoir et rendre). D’où des enfants qui se comportent comme si tout leur était dû.

Il ironise sur une autre formule de Hayek, selon qui chacun doit être « libre de produire, de vendre ou d’acheter tout ce qui est susceptible d’être produit ou vendu » qu’il résume en « vendre n’importe quoi à n’importe qui ». Il dénonce l’obsolescence programmée et rappelle le cas du cartel Phoebus, unissant Philips, Osram et General Electric pour vendre des ampoules à durée de vie limitée alors qu’il existe dans une caserne à Livemore, en Californie, une ampoule mise en service en 1901 qui fonctionne toujours… Il dénonce également une société qui valorise « une immense accumulation de marchandises (…) la société de consommation généralisée, principalement fondée sur le crédit ». Il pointe les risques d’une croissance illimitée basée sur des ressources limitées.

Il condamne l’extension sans fin de droits juridiques et abstraits, reprenant Godbout et Caillé qui se demandent, « si la passion de l’égalité (Tocqueville) n’est pas en partie une des transpositions les plus insidieuses du marché dans les rapports sociaux ». Il rappelle la critique de Marx sur « la vision juridique du monde », qui peut finir par devenir un dissolvant antisocial de la société, même s’il reconnaît que « le stalinisme a suffisamment prouvé qu’aucune société décente ne pouvait s’édifier sur l’oubli, ou la négation, des garanties juridiques les plus élémentaires ». Il dénonce néanmoins un droit qui nous pousse vers « un monde mimétique et indifférencié ».

Il souligne qu’une société qui n’est gouvernée que par des contrats n’engendre par elle-même « aucun lien social véritable ni aucune rencontre authentique et désintéressée ». Il critique aussi « la socialité de synthèse et les relations humaines préfabriquées », dont « Twitter et Facebook sont aujourd’hui, les paradigmes les plus connus ». Il dénonce la « mobilité incessante (ou ‘flexibilité’) des individus qu’elle contribue à déraciner » et note qu’elle est « la fonction la plus foncièrement enracinée au cœur de l’idéologie libre-échangiste » : c’est à l’homme de s’adapter à l’économie, ce qui rappelle nos débats sur la compétitivité. Le marché veut que l’homme s’adapte à lui et s’attaque donc à tous les fondements du lien social qui pourraient entraver cette adaptation.

mercredi 29 mai 2013

Huit ans après le TCE, le cancer européen progresse encore


Il y a huit ans, nous étions près de 55% des participants à refuser le projet de traité constitutionnel européen. Même si UMP, PS, Verts et Modem ont trouvé le moyen de le faire passer au Parlement, contre la volonté populaire, l’actualité nous donne tous les jours davantage raison.



Faux semblants européens

Dans cette Europe, tout est faux. Tout est en toc. Cette construction monstrueuse organise une immense régression démocratique et sociale, sur tous les plans. Tout d’abord, en ce jour anniversaire du « non » français au Traité Constitutionnel Européen, nous devons constater qu’il a été imposé au peuple contre son avis. Il faut quand même rappeler ici que Hugo Chavez, que certains qualifiaient de dictateur, avait respecté, lui, l’avis du peuple vénézuélien quand il avait refusé un projet de modification de la constitution. Il n’était pas passé par le parlement pour défaire ce que le peuple avait fait…

Comme le soutient Lordon dans son dernier papier : « en matière économique, l’UE n’a pas de politique, au sens très précis d’une possibilité discrétionnaire d’initiative. L’UE n’a pas de politique ‘conjoncturelle’, c’est-à-dire de la politique dont les orientations sont déterminées par les partis ‘conjoncturellement’ au pouvoir, car toute la politique économique européenne a été irrévocablement fixée dans des textes à valeur quasi-constitutionnelle ». Bref, la démocratie pour cette Europe, c’est avoir la liberté d’opinion, de parole et de choix des dirigeants, du moment où ils continuent la même politique

Dans ce cauchemar post-démocratique, nos dirigeants se comportent de plus en plus comme ceux de 1984 de Georges Orwell, disant une chose mais faisant le contraire, au mépris du sens des mots. On croit rêver quand le gouvernement ose parler d’un New Deal pour réduire le mal endémique du chômage des jeunes (qui dépasse les 20%). Quel rapport entre la politique d’un volontarisme farouche de Franklin Roosevelt et les mesurettes dérisoires annoncées. On parle de 6 milliards d’euros d’ici à 2020, soit moins d’un milliard par an pour une zone dont le PIB dépasse 10 000 milliards.

L’horreur à Madrid et Athènes

dimanche 25 septembre 2011

Jean-Claude Michéa critique le néolibéralisme


Publié quelques mois après « La dissociété » de Jacques Généreux, « L’empire du moindre mal » du philosophe Jean-Claude Michéa, présente une opinion très proche, dans un livre plus court et naturellement centré sur l’analyse philosophique.


C’est ainsi que l’auteur souligne que « c’est vraisemblablement cette hantise de la guerre civile qui explique, en premier lieu, les raisons pour lesquelles les philosophes du 17ème et 18ème siècle décrivent presque toujours leur « état de nature » comme un état où règnerait nécessairement la guerre de tous contre tous ». Jean-Claude Michéa soutient que cela a favorisé « la guerre de l’homme contre la nature, conduite avec les armes de la science et de la technologie, guerre de substitution (…) à la guerre de l’homme contre l’homme ». Cela explique, comme le souligne Benjamin Constant, que « le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ». La pensée libérale prend sa source dans une vision très noire de l’homme « incapable de vrai et de bien », selon Pascal ou « libre que pour le mal » pour Luther.