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mercredi 23 mars 2016

Le patriotisme est un humanisme (billet invité)

Billet invité de Marc Rameaux, auteur de « L’homme moderne »


Patriote. Combien de fois le mot ne fut-il pas maudit dans les dernières décennies, stigmatisé, rabroué, accusé de tous les maux, considéré comme cause de toutes les violences, en regard d’un monde idéal et moderne qui s’en serait débarrassé.

La place que le monde post-moderne lui a assignée était d’être ad vitam aeternam le troisième pilier de la devise de Vichy. La cocarde ne pouvait plus être l’insigne des hommes épris de liberté, en lutte contre l’injustice et l’arbitraire, mais au mieux la marque de nostalgies surannées et douteuses, au pire le fait de fascistes et d’esprits étroits.

mardi 11 août 2015

Bernard Maris développe sa vision du patriotisme

Outre sa déclaration d’amour à une France qu’il regrette d’avoir un peu négligée, avec son ouverture d’esprit et sa culture, Bernard Maris développe sa vision d’un patriotisme, progressiste, ouvert et tolérant, revisitant l’histoire de notre pays, à mille lieues du souverainisme identitaire et décliniste.



Sa vision du génie français

A rebours de Zemmour, pour lui, un aspect de notre génie national est l’amour courtois. Il voit notre pays, qui a réalisé la première transition démographique, comme un éclaireur de l’humanité, démographique, mais aussi dans la condition du couple, de la femme et des enfants. Il y voit « le souhait d’une vie équilibrée, dans une population stable ». Le chapitre sur la galanterie est une réflexion intéressante sur la condition féminine et ce qu’elle dit de la société : « la galanterie est une soumission du (présumé) fort au (présumé) faible. Le ‘respect’, c’est la pratique cruelle de l’ordre mafieux (…) La galanterie est donc, il faut le reconnaître, une des formes de la démocratie (…) Dans tous les cas, c’est une preuve de civilisation. La civilisation commence avec la politesse, la politesse avec la discrétion, la retenue, le silence et le sourire sur le visage ». Il dénonce le communautarisme ou la mise en avant des origines.

Il vante l’équilibre de notre pays, sa diversité (géographique, climatique, humaine – il n’y a pas de français physiquement typique – ou familiale, s’appuyant sur Todd). Il retient de Todd et Le Bras la force du passé et de son héritage, en positif : « du fait de sa diversité, la France est condamné à la tolérance », lui donnant une place à part dans le monde « habitant le centre du monde, dans ce cadeau des dieux entre le monde de la Méditerranée et celui des Barbares, comment les Français n’auraient-ils pas été condamnés à l’exceptionnel et à l’universel ? ». Pour lui, « s’il existe un génie national, il est dans la résolution de cet oxymore : un pays anthropologiquement des plus divers, géographiquement divers, climatiquement divers, tout entier tourné vers l’unité. Citant Todd et Le Bras : « il existe une vie humaine et sociale des profondeurs, indépendante de l’actualité économique et politique mise en scène par les médias (qui échappe) à la perception du monde rétrécie qui sert d’évangile à l’instruction des élites ».

Refus du déclinisme moisi

dimanche 9 août 2015

La France : la dernière histoire d’amour de Bernard Maris

C’est un petit livre dont je me souviendrai sans doute très longtemps : le manuscrit envoyé le 2 janvier, cinq jours avant la tuerie dont il fut une victime, par Bernard Maris, économiste membre de Charlie Hebdo, donc plutôt anarchiste et internationaliste, véritable déclaration d’amour à la France.



Coup de foudre patriote

Ce livre conservera pour toujours un caractère particulier. En effet, voici un intellectuel a priori peu tourné vers son pays, qui semble découvrir son amour charnel pour sa patrie. Mais dans ce texte finalement assez brut, l’intellect et le rationnel font assez souvent place aux tripes et aux sentiments, le tout dans un style parfois un peu familier et provoquant, mais dont le fond témoigne d’une grande culture et d’une mise en perspective souvent originale et recherchée, entre l’empirique et le théorique. Cela donne une belle chaleur à cette véritable déclaration d’amour, à mettre au panthéon du patriotisme. Ce livre, assez méridional, donne aussi une envie, hélas malheureusement impossible aujourd’hui, de discuter avec son auteur, une invitation au dialogue et à la discussion et à lire ses autres ouvrages.

Il note, sans le formaliser pleinement, ce qui unit notre pays. Il cite Pierre Chaunu, qui, en 1982, parlait des « 800 millions de morts dormant sous la terre de la douce France » ou Marc Bloch, dans « L’étrange défaite » : « il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du Sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération ». Il parle avec émotion de son maître « très sévère » de CM1, qui « nous donnait simplement envie de lire (…) bras croisés, muets de terreur et d’émotion ». Il vante la richesse de notre débat intellectuel, reconnu par de nombreux Nobel, notre vision de la famille et de la femme, nos racines terriennes, notre diversité, notre tolérance, mais aussi nos contradictions.

La conversion d’un anarchiste internationaliste

lundi 14 juillet 2014

Montebourg : de la démondialisation à la pensée unique ?


En prévision du discours du ministre de l’économie, j’ai fait un papier publié par le FigaroVox : « Toujours des mots, encore des mots », où je dénonçais le grand écart entre le discoure du troisième de la primaire socialiste. Il apparaît que cet écart s’est bien réduit, mais pas pour les bonnes raisons…



Des paroles et des actes

Bien sûr, on peut retenir du discours du ministre de l’économie des aspects positifs : sa critique de l’euro cher et sa demande d’action de la BCE, sa critique des politiques austéritaires de l’Europe, en se référant aux dernières études du FMI mais aussi la tonalité plus positive et volontariste, qui semble redonner ses lettres de noblesse à la politique et notamment son idée de passer de « pompier urgentiste à bâtisseur ». Mais cette vision des choses est sans doute un peu trop idéaliste. D’abord, il faut quand même reconnaître que les critiques du niveau de l’euro sont vaines, et que Nicolas Sarkozy nous l’a fait avant, sans doute un moyen de s’éxonérer un peu des difficultés actuelles à bon compte.

Ensuite, il est pour le moins paradoxal de critiquer les politiques d’austérité après l’avoir mise en place. En fait, juste après son élection, François Hollande a mis en place des hausses d’impôt aussi massives que Nicolas Sarkozy, ce qui a cassé la croissance des années suivantes. Bref, Arnaud Montebourg est complice des politiques qu’il dénonce. Ensuite, il s’est vanté de son intervention sur Alstom. Mais dans la pratique, GE a bien dévoré Alstom et récupéré environ les trois quarts de l’activité énergie d’Alstom (au lieu de la totalité) donc l’intervention du gouvernement a été moins bonne que celle de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était ministre de l’économie. La réalité infirme largement son discours…

Un vrai virage idéologique

mardi 15 avril 2014

Trois raisons d’aimer la nation


Demain, publication de la note de lecture sur le livre « Casser l’euro pour sauver l’Europe »


Depuis 1945 en Europe, beaucoup considèrent les nations avec méfiance, comme si cette structure de l’organisation humaine portait en elle la seule responsabilité des guerres qui ont déchiré le monde. Et si ce n’était pas le cas ? Et si les nations étaient là pour le bien de l’humanité ?

La nation, c’est une communauté culturelle

En effet, le point fondamental d’une nation est le fait qu’elle constitue une communauté pour les hommes. Avec la famille, il s’agit sans doute de la communauté la plus importante pour les individus, celle qui reste à vie, le point fixe de toute une existence, quand les amis, les entreprises ou les lieux d’habitation peuvent changer. Cette communauté est fondamentale pour déterminer l’identité de tous ses membres.

En outre, cette communauté est profondément culturelle. A chaque nation est attaché un système de valeurs distinctes et d’habitudes qui caractérisent la communauté nationale. Les Français ne sont pas des Etasuniens ni des Italiens ou des Allemands. L’identité nationale porte une part essentielle dans la constitution de l’identité de chaque individu.

La nation, c’est la solidarité