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mardi 9 février 2021

Les oublis effarants des ayatallohs du désendettement

Comme en 2009, l’évolution des déficits et de la dette provoque une contre-offensive des idéologues dits néolibéraux. Après une première salve à la rentrée, menée par le Medef, l’institut Montaigne et l’ifrap, Agnès Verdier-Molinié sort un nouveau pensum alarmiste « La France peut-elle tenir encore longtemps » qui occulte bien des aspects du débat sur la dette pour défendre son agenda habituel.

 


Démonter une présentation superficielle et biaisée

 

dimanche 13 janvier 2019

10 ans après (3/6) : l’enrichissement des uns fait toujours plus l’appauvrissement des autres

Disséquer la montée des inégalités est une chose, heureusement très bien faite par des économistes comme Piketty ou Stiglitz. Mais avec le temps, je finis par penser que simplement poser le débat en terme d’inégalités est insuffisant, tant les oligo-libéraux peuvent finir par les justifier. Le problème n’est-il pas plus profondément que les plus riches s’enrichissent en appauvrissant les autres ?


Du sens de la création de valeur

lundi 25 décembre 2017

Une nouvelle contribution au débat sur les Inégalités

C’est un sujet fondamental dont je parle depuis les débuts du blog : la montée des inégalités depuis des décennies est non seulement profondément injuste, mais également dangereuse pour la stabilité de nos sociétés. Un groupe d’économistes vient de publier la première étude mondiale sur le sujet, portant de 1980 à 2016. Une contribution majeure à un débat plus que nécessaire.


Toujours plus haut, notamment aux Etats-Unis…

« Préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous », Tocqueville

mardi 8 août 2017

Guilluy décrit le séparatisme de la France d’en haut

Après avoir proposé une analyse rafraichissante de la crise de notre pays dans « La France périphérique », cassant les vieux codes d’analyses périmées, le dernier opus de Christophe Guilluy, « Le crépuscule de la France d’en haut » approfondit ses analyses antérieures. Un livre assez noir, mais qui n’en demeure pas moins un complément utile aux analyses de Thomas Piketty.


Cette fracture qui ne cesse de grandir

vendredi 15 janvier 2016

Des grandes entreprises toujours plus voraces

Chômage au plus haut, pouvoir d’achat en berne : pour 90 à 99% de la population, la situation économique n’est pas bonne. Pourtant, pour une petite minorité, tout va bien : les multinationales, leurs actionnaires et leurs dirigeants, comme le montrent les chiffres des deux côtés de la Manche.



Champagne pour les patrons et les actionnaires !

mercredi 23 septembre 2015

La chute minime et illusoire des inégalités

Alors que l’on parle toujours de l’augmentation des inégalités, thème cher à Stiglitz ou Piketty, l’INSEE a révélé des chiffres qui montrent que les inégalités auraient baissé en 2013, comme en 2012. Mais faut-il vraiment se réjouir de ces chiffres et traduisent-ils un vrai renversement de tendances ?



L’hirondelle ne fait pas le printemps

Dans l’absolu, on ne peut que se réjouir de cette baisse des inégalités et de la progression de 1,1% du pouvoir d’achat des 10% des plus bas revenus (à 10 730 euros après impôts) quand les revenus des 10% des plus hauts revenus ont reculé de 1,8% (à 37 200 euros). L’indice de Gini recule donc de 0,305 à 0,291 de 2012 à 2013, le plus bas niveau depuis 2009. En outre, il faut souligner que la France présente un niveau d’inégalités plus faible que dans la majorité des autres pays. Mieux, le taux de pauvreté est passé de 14,3 à 14% en un an. Les raisons de cette évolution sont l’augmentation des impôts des plus riches, les impôts directs qu’ils paient étant passés de 26 à 27,9% du revenu disponible, quand, au contraire, les plus bas revenus ont bénéficié d’une hausse des prestations sociales.



Mais cette présentation des choses est insuffisante. En effet, même si les inégalités avaient légèrement baissé en 2012, et que cela constitue donc une deuxième baisse consécutive, il faut noter que le revenu médian (séparant les 50% qui gagnent le plus des 50% qui gagnent le moins), affiche une baisse de 0,1%, ce qui indique a contrario que les revenus moyens ont stagné en 2013, à un niveau de 1667 euros que l’on ne peut pas considérer comme suffisamment élevé. En outre, comme le montre le graphique du Figaro, on constate que le revenu médian tend à baisser légèrement depuis 2008, phénomène inquiétant. Enfin, on peut également voir que si les inégalités reculent, elles le font après une hausse constante de plus de 15 ans, ce qui relativise l’inversion de tendance, encore trop récente.

L’arbre qui cache la forêt

mercredi 19 août 2015

Profits du CAC 40, salaires des patrons : alerte à l’explosion des inégalités !

Ce sont des chiffres passés trop discrètement : le contraste entre la croissance famélique, quand il y en a, du PIB ou des salaires, par rapport à celle, extravagante, des profits des multinationales, des dividendes ou des salaires de leurs dirigeants. Comme une synthèse de notre société.



Des chiffres extravagants


Le plus effarant est que ce contraste ne semble pas provoquer plus de questionnements, même si cela a sans doute été à l’origine du succès du livre de Thomas Piketty. Si les profits du CAC 40 ont profité de la forte baisse de l’euro (disqualifiant la critique de la dévaluation), le contraste entre les 38% de hausse des profits et les 3% de hausse du CA illustre de manière criante les priorités économiques des plus grandes entreprises, qui arrivent à tellement augmenter leur rentabilité, ce graal moderne, la priorité des priorités, avant les emplois ou la rémunération des salariés, comme du temps d’Henry Ford. Ainsi les actionnaires récupèrent des dividendes croissants, outre des rachats massifs d’actions pour booster leurs cours. Et les dirigeants sont remerciés par des salaires de plus en plus élevés.

La victoire de la loi de la jungle

jeudi 9 juillet 2015

Piketty vs Lordon vs Leparmentier : déboussolés, les eurobéats en sont réduits à chercher des méchants

La possible sortie de la Grèce de l’euro provoque une sorte de court-circuit chez les eurobéats : l’euro ne devait-il pas apporter prospérité et être irréversible ? Certains, notamment parmi les ex-UMP, se tournent vers l’austéritarisme allemand en s’en prenant de manière dérisoire et contradictoire à la Grèce. D’autres, comme Piketty, se raccrochent encore au serpent de mer d’une Europe plus sociale.



Des causes, des conséquences et des rêves

Si Piketty a fait un immense travail sur les inégalités ou la fiscalité et qu’une grande partie de son constat sur la Grèce est juste, il fait complètement fausse route sur les solutions. Face à un Arnaud Leparmentier qui a ressorti tous les clichés les plus ridicules pour défendre la ligne eur-austéritaire (les retraités Allemands ou les pauvres Slovaques qui paieraient pour des Grecs ingrats et archaïques), et qui a même osé dire que l’excédent primaire était le signe du succès des plans, Piketty a dénoncé les excès d’austérité (s’appuyant sur le FMI, qui a reconnu une erreur d’évaluation de l’effet depressif de l’austérité), et les demandes d’un excédent primaire de 4% en 2018. Il a aussi relativisé la restructuration de la dette Grecque en notant que ce qui a été perdu avec la perte de croissance est bien plus important.

Ensuite, il a dénoncé « les conservateurs, en particulier en Allemagne, (qui) sont sur le point de détruire l’Europe » et juge « ceux qui veulent chasser la Grèce de l’eurozone aujourd’hui finiront dans les poubelles de l’histoire ». Un jugement un peu lapidaire pour qui connaît les positions de Krugman ou Stiglitz. En fait, pour Piketty, si l’euro ne marche pas, ce serait la faute de la droite allemande et il suffirait de la mettre en minorité dans un parlement commun qui déciderait des déficits. Mais ceci est totalement illusoire. D’abord, il faut noter que la gauche allemande (par la voix de Sigmar Gabriel), n’est pas moins dure que la droite, et qu’Angela Merkel avait bien précisé que les euro-obligations ne se feraient pas de son vivant. Bref, on est dans de la pensée magique, une solution qui n’en est pas une.

Mais qui sont les apprentis sorciers ?

jeudi 25 juin 2015

La critique des inégalités des économistes se radicalise




Anthony Atkinson, mentor de Piketty

L’hebdomadaire des élites globalisées commence le compte-rendu du livre d’Anthony Atkinson en rappelant la place éminente du livre de Thomas Piketty dans le débat sur les inégalités. Il rappelle que cet économiste britannique de 70 ans travaille depuis 4 décennies sur le sujet, et qu’il a travaillé avec le jeune Piketty pour reconstituer les historiques des hauts revenus et qu’il était son « mentor académique ». Il vient d’écrire son livre « Inégalités : que peut-il être fait ? », un livre moins détaillé et moins philosophique que celui de Piketty, mais « qui évite la fadeur grâce à son soutien assumé à une intervention de l’Etat forte ». Et la particularité de l’auteur est de faire quinze propositions hautement politiques.



Il propose une taxation plus forte des hauts revenus, qui s’en sont bien tirés depuis 35 ans, entre envolée des plus hauts salaires, et effondrement des taux marginaux d’impôt sur le revenu, comme le montrent les graphiques. Il défend un contrôle des salaires plus strict, incluant salaire minimum et salaire maximum. Il soutient que l’Etat doit intervenir pour pousser des innovations qui favorisent tous les citoyens, et pas les plus riches seulement (l’automatisation détruisant des emplois peu qualifiés). Il semble proposer une sorte de revenu de base à toute personnes contribuant à la société, dans l’économie ou le service public. Et il défend un droit à l’emploi, dans le service public si nécessaire.

Vers un marxisme 2.0 ?


lundi 18 mai 2015

Le libre-échange, source des inégalités




Le côté obscur du libre-échange


On peut aussi rappeler les travaux de Maurice Allais, dont les conclusions vont dans le même sens. Enfin, le contre-exemple le plus criant est la réussite du modèle de développement asiatique qui profite de l’ouverture de ses clients tout en limitant les importations. De plus, même si le libre-échange génèrerait de la richesse, il faudrait encore qu’elle soit relativement bien répartie. Or l’explosion des inégalités, et l’appauvrissement de plus en plus patent des classes populaires, voir moyennes, des pays dits développés démontre bien que le libre-échange ne leur profite pas, mais pèse sur leur condition de vie, du fait de la mise en concurrence avec des travailleurs dont les salaires peuvent être 10 à 20 fois plus bas.

Des bénéfices totalement irréalistes

vendredi 3 avril 2015

L’étrange défaite du progressisme

Des riches toujours plus riches (Carlos Ghosn qui gagne 400 SMICs quand son prédécesseur n’en gagnait pas 20), une littérature abondante et à succès sur les inégalités (Thomas Piketty et son « Capital au 21ème siècle », Joseph Stiglitz). Le contexte devrait pousser les idées progressistes. Mais non…



Une vraie défaite électorale

Les deux dernières élections, européennes et départementales, représentent en effet un véritable camouflet pour les idées progressistes. Alors qu’en Grèce et en Espagne, c’est la gauche radicale, avec un agenda qui fait écho aux préoccupations des 99%, qui gagne, en France, c’est la droite et l’extrême-droite qui gagnent. Pire, depuis trois ans, le parti qui portait l’agenda le plus progressiste, le Front de Gauche a perdu la moitié de ses électeurs. Et encore pire, le PS, sur lequel on ne pouvait guère se faire d’illusion, a totalement oublié ses maigres accents progressistes (la taxe à 75%) et assume un discours économiquement de plus en plus digne de la droite la plus dogmatique selon Paul Krugman.

Les raisons de cette défaite sont multiples. D’abord, concernant le FG, on peut y voir les conséquences du transfert de l’ouvrier à l’immigré comme héros moderne pour une partie de la gauche, pour reprendre Jean-Claude Michéa, comme l’illustrait l’affaire Léonarda, à rebours du sentiment populaire. On peut aussi y voir les conséquences de la mauvaise diversion de la campagne pour une nouvelle république alors même que les Français comprennent sans doute que nos institutions ne sont pas responsables de la crise actuelle. Ensuite, le PS a abandonné les classes populaires en FN en renonçant à tout agenda social et en défendant la mondialisation, devenant le porte-parole de ceux qui s’en tirent.

A quand le sursaut progressiste ?

jeudi 26 mars 2015

Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs




De 20 à 400 SMICs en 20 ans

Il faut se souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie, touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler que Jacques Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération se sont envolés depuis plus de vingt ans.

Dans le détail, Carlos Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions. Mieux, il a décroché « 100 000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ». Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400 SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !

L’indécence d’une époque

dimanche 12 octobre 2014

L’effarante campagne du Monde pour les plus riches


Décidémment, les Décodeurs du Monde se distinguent une autre fois par un manque de précisions et une absence de mise en perspective criante, alors qu’en général leurs éclairages sont de bonnes factures. Pour un peu, on croirait presque lire le Figaro Magazine en pleine révolte fiscale



Décoder les décodeurs

Le titre est sans doute ce qu’il y a de plus choquants dans ce papier : « les 20% de foyers les plus aisés ont absorbé 75% des hausses d’impôts ». Ce titre est un raccourci choquant puisque s’il s’agit d’une étude de la commission des finances de l’Assemblée, elle ne concerne que l’Impôt sur le Revenu, 67 milliards de recettes fiscales en 2013, soit un peu plus de 7% des prélèvements obligatoires. Il ne serait pas inutile de rappeler également que 50% des ménages ne paient pas l’IR, ce qui concentre mécaniquement les recettes de l’impôt sur le revenu sur les ménages aux plus forts revenus. En outre, si on se plonge dans les statistiques de Piketty, Landais et Saez, on déduit que les 20% les plus riches touchent environ 65% des revenus de ceux qui paient l’IR, ce qui relativise aussi grandement les 75%.

Et cela concerne seulement les 8 milliards de hausses de l’IR, sur 60 milliards de hausses d’impôts décidées depuis 2011 ou des 28 décidés par la nouvelle majorité, détaillées par le Monde il y a seulement un an. Bref, si on prend de recul, la véritable information, c’est qu’environ un tiers des hausses d’impôts décidées depuis 2012 portent sur l’impôt sur le revenu et que les 20% qui gagnent le plus, qui représentent environ 65% des revenus de ceux qui paient l’IR, en ont acquitté 75%. Pas de quoi aller s’exiler au Luxembourg. En outre, le Monde oublie de rappeler que le taux d’imposition global baisse en haut de l’échelle, comme l’ont révélé Piketty, Landais et Saez, et que les gains de revenus sont aussi très inégaux (aux Etats-Unis, 1% des ménages accaparent 95% de la hausse des revenus depuis 2009).

La mythique oppression fiscale des riches

dimanche 7 septembre 2014

Une explication des inégalités dans les pays émergents





La globalisation, vecteur d’inégalités

The Economist admet volontiers que les inégalités augmentent dans les pays émergents. Ils citent la hausse de 9% de l’indice Gini entre 1993 et 2008 pour l’Afrique sub-saharienne, et de 34% pour la Chine depuis 20 ans. Il explique aussi que cela contredit les théories de Ricardo, pour qui le libre-échange devait profiter aux travailleurs « low skill » (bonjour le biais idéologique), comme de 1700 à 1900 en France, où le rapport entre les revenus des 10% qui gagnaient le plus et des 10% qui gagnaient le moins, est passé de 31 à 11. Mais depuis les années 1970 ou 1980 selon les pays, les inégalités explosent, avec le cas des Etats-Unis, comme le rapporte la Fed, qui révèle que de 2010 à 2013, les revenus des 10% les plus riches ont progressé de 10% alors que ceux des 20% les moins riches ont baissé de 8%

Selon Eric Maskin, les travailleurs bien formés des pays émergents sont en contact avec les travailleurs plus productifs des pays dits développés. Et ce contact entre personnes différentes maximiserait la productivité globale, les plus productifs tirant la productivité des moins productifs, dont l’activité est complémentaire de celle des premiers. La mondialisation a démultiplié ce genre de contacts, favorisant donc les travailleurs les mieux formés des pays émergents, par rapport aux moins formés, qui ne sont pas exposés aux travailleurs des pays dits développés. The Economist rapporte que les entreprises exportatrices au Mexique paient des salaires 60% plus élevés que les autres et que les usines des multinationales en Indonésie paient leur encadrement 70% plus cher que les entreprises indonésiennes.

Les zones d’ombre de cette théorie

jeudi 14 août 2014

Le débat sur les inégalités progresse partout dans le monde


Malgré la victoire de la ligne austéritaro-compétitive, ou eurolibérale, en France, malgré un gouvernement qui dit être de gauche, mais aussi dans la plupart des autres pays européens, le débat sur les inégalités ne cesse de s’imposer depuis les publications de Joseph Stiglitz et Thomas Piketty.



De Paris, Amsterdam, à Washington

Depuis maintenant plus de 10 ans, notamment porté par les travaux de Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais, le débat sur les inégalités ne cesse de grandir dans la sphère publique. The Economist cite le cas des Pays-Bas, un pays où les revenus avant impôt sont presque aussi déséquilibrés qu’aux Etats-Unis mais qui se vante d’une tradition égalitarienne, qui fait que l’impôt sur le revenu atteint 42% au-delà de 33 364 euros par an et même 52% au-delà de 56 532 euros. Mais une étude a révélé que les 10% des ménages les plus riches possèdent 61% de la richesse du pays (contre 75% aux Etats-Unis), ce qui fait du pays le plus inégalitaire d’Europe avec la Pologne, ce qui pousse le parti travailliste à prendre des accents « pikettiens » selon The Economist, créant un débat dans la majorité.


Un débat qui progresse

samedi 17 mai 2014

Thomas Piketty, superstar néomarxiste du 21ème siècle





L’aboutissement d’un long travail

Ce livre, que j’espère pouvoir lire cet été, dont Emmanuel Todd avait dit beaucoup de bien dans Marianne, n’est pas un coup d’essai. Thomas Piketty travaille avec Camille Landais et Emmanuel Saez depuis des années sur la question des inégalités et ils ont publié de nombreux documents faisant état de leur explosion dans la plupart des pays depuis quelques décennies. En France, ils avaient publié tous les trois un très bon ouvrage, « La révolution fiscale », dont la première partie étudiait précisément la répartition des revenus et de la richesse en France, avant de proposer une réforme fiscale d’ampleur, dont la plupart des principes étaient très intéressants et auxquels on pouvait souscrire.

Emmanuel Saez a publié il y a quelques mois des chiffres effarants démontrant que 95% de la croissance des revenus depuis 2009 aux Etats-Unis est allée au 1% le plus riche : la hausse moyenne de 6,1% des revenus se décompose en 31,4% pour le 1% le plus riche et 0,4% pour les autres ! Dans son livre, Thomas Piketty reprend une analyse développée par Joseph Stiglitz dans son dernier livre, où ils les avaient cités, à savoir que les inégalités sont revenus à un très haut niveau historiquement et qu’elles minent la société et doivent donc être combattues. Pour cela, l’auteur propose un système fiscal plus redistributeur, tant au niveau de l’impôt sur le revenu qu’avec un impôt sur le capital.

Un combat éminemment politique

dimanche 11 mai 2014

Les indécences révélatrices de la rémunération de Pierre Gattaz


Nous arrivons sans doute à la fin d’une époque, ou d’un cycle, pour reprendre le pronostic intéressant de François Lenglet. Le patron du Medef a eu l’indécence de réclamer une baisse du SMIC tout en voyant sa rémunération de PDG de Radiall progresser de 30% et ses dividendes s’envoler.


Sans foi ni loi

Comment Pierre Gattaz peut-il demander de facto une baisse du SMIC, qui est de 17 340 euros bruts (13 610 euros nets) par an aujourd’hui, tout en ayant vu son salaire passer de 329 189 euros en 2012 à 426 092 euros bruts en 2013, une hausse de 29,4% sans avoir honte ? Celui qui juge que le SMIC est trop élevé trouve le culot de justifier le fait de toucher 5,59 SMIC de plus en une seule année ! Encore plus incroyable, il soutient qu’il ne dépasse pas la limite maximale des salaires des patrons des entreprises publiques, fixée à 450 000 euros. Il faut rappeler ici que le chiffre d’affaires de Radiall dépasse à peine 200 millions quand celui d’EDF dépasse 73 milliards, rendant la comparaison abusive, outre le fait de révéler l’égo démesuré de Pierre Gattaz, qui trouve bien sûr normal d’être proche du maximum.

Encore pire, le Figaro cite le Canard Enchaîné qui affirme que « la rémunération des cinq membres du conseil exécutif et stratégique du groupe a grimpé de 21% » en 2013, contre 3,3% pour les salariés, sachant que « les dividendes octroyés aux actionnaires ont grimpé de 76% ces quatre dernières années (…) une augmentation sensible qui aura surtout profité à la famille Gattaz, puisqu’elle détient 87% de l’entreprise ». Bref, il est complètement indécent de réclamer une baisse du salaire minimum en France, qui permet en général tout juste de vivre chichement, alors même que l’on trouve normal que, quand on gagne déjà près de 20 fois le SMIC, on puisse se faire augmenter de près de 30% !

Une société fracturée