Réclamer des droits quand on refuse les devoirs…
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samedi 1 août 2020
L’oligarchie indécente (2/2) : Carlos Ghosn, l’oublieux oublié
« Ils m’ont traité encore moins bien qu’un citoyen français lambda. C’est
un point négatif que je retiens à l’encontre de la France » « je n’ai pas fait l’ENA, je n’ai pas les connexions habituelles du
patronat français » : voilà ce que l’ancien patron de Renault a osé déclarer
il y a quelques jours lors d’une nouvelle offensive médiatique. On aimerait lui
demander comment a-t-il traité la France ?
mercredi 4 mai 2016
Quand Europe 1 dénonce les conséquences de l’ultralibéralisme qu’il défend
Europe
1, c’est la radio ultralibérales assumée, ivre
de la modernité, du laisser-faire, du laisser-passer ou des droits des
entreprises, qui accorde pourtant un îlot alternatif à Natacha
Polony. Pourtant, hier matin,
les experts de la matinale ont tenu des propos presque dignes d’un Bernie
Sanders.
Des
salaires de patrons et des Républicains
mercredi 30 mars 2016
Pourquoi la rémunération de Carlos Tavares pose problème
Le
doublement du salaire du patron de PSA, à 5,24 millions d’euros pour 2015, en
incluant sa rémunération variable, a déclenché une polémique médiatique,
l’Etat se hâtant de dire qu’il avait voté contre cette mesure. Une nouvelle
illustration du nécessaire
débat sur les inégalités.
Passer de
150 à 300 SMICs en une année !
vendredi 6 novembre 2015
Renault, Alstom, Areva, EDF, Alcatel, PSA : la France en solde
Aujourd’hui,
le Conseil d’Administration de Renault se réunit. On
dit que pourrait être évoquée une révision des principes de l’alliance entre
l’ancienne Régie et Nissan et qu’Emmanuel Macron pousserait à une fusion.
Nouvel épisode dans la
désolante série des abandons de nos gouvernements ?
Nos
joyaux industriels en solde
Ces
dernières années, de
nombreuses entreprises françaises ont été rachetées par des groupes étrangers.
Souvent, on parle de fusion, mais cela cache une prise de contrôle quand un des
deux partenaires pèse plus que l’autre. Cela a été le cas pour Arcelor, dont la
fusion avec Mittal était contestable du point de vue de la concurrence en
outre. On peut aussi déplorer le rachat de Péchiney par Alcan, et
certains contestent même les modalités de la constitution d’EADS, qui aurait
été plus favorable aux Allemands. Mais dernièrement, les rachats se sont
multipliés. General
Electric a bouclé l’acquisition d’une grande partie d’Alstom, avec l’aide
d’un Arnaud Montebourg dont
on peut alors trouver après coup une forme de logique à ce qu’il ait tant vanté
le « made in France » et
non le « fabriqué en France ».
Puis, c’est
l’autre moitié de l’ancien Alcatel-Alsthom, qui vient d’être gobé par Nokia,
tournant définitivement la page d’une des plus belles entreprises de notre pays
à la fin du 20ème siècle. Et il y a aussi des évolutions plus
insidieuses, dont on peut se dire qu’elles représentent une forme de ver dans
le fruit. A ce titre, la
prise de participation dans le capital d’Areva par le Chinois CNNC, défendue
par le gouvernement, est effarante. Qui peut penser une seconde que les
intentions de ce partenaire servent la France ? Soit la Chine vise une
prise de contrôle à terme, soit la facilitation de transfert technologique pour
nous concurrencer. A ce titre, il est très inquiétant qu’EDF
s’appuie sur un partenaire Chinois pour construire ses EPR en Grande-Bretagne.
Ainsi, la Chine s’achète un apprentissage à bon compte.
Les
bisounours de la globalisation
jeudi 7 mai 2015
Quand l’armée française choisit Ford plutôt que Renault ou PSA
Imagine-t-on
une seconde l’administration ou l’armée étasunienne rouler japonais ou
allemand, ou même l’administration allemande rouler français ou italien ?
Non, pourtant, en France, comme trop souvent, notre
Etat vient d’attribuer un nouveau marché public à Ford, préféré à PSA et
Renault !
Carton
rouge industriel
Le
marché en question est celui de la première tranche du renouvellement des tout-terrains
Peugeot P4. Il concerne un millier de véhicules sur un total qui devrait
atteindre cinq mille. Renault avait proposé un Dacia Duster adapté aux besoins
de l’armée par des sous-traitants français, tout comme Citroën, qui proposait
un Berlingo modifié. L’histoire
ne dit pas si le second a passé les tests tout terrain organisés par l’armée
(ce qui n’est pas évident), mais il semble en revanche que le Duster les avait
passés, ce qui amène à s’interroger sur les raisons qui ont pu pousser
notre administration à lui préférer un véhicule venu des Etats-Unis, à rebours
de la superficielle promotion du « fabriqué en France ».
Pour être
honnête, il faut reconnaître que le Dacia Duster n’est pas fabriqué en France à
l’origine, puisqu’il est assemblé en Roumanie, ce qui relativise grandement
l’argument protectionniste, même si une part non négligeable de la valeur
ajoutée était probablement réalisée en France. Mais pourquoi ne pas avoir donné
un peu plus de temps à nos constructeurs nationaux pour permettre l’émergence
d’une solution qui soit plus franco-française ? Après tout, Renault
va commercialiser dans un mois le Kadjar, un véhicule de taille comparable, qui
sera assemblé en France qui pourrait servir de base à un modèle comparable
et PSA a plusieurs projets de véhicules qui pourraient sans doute être adaptés.
Le libre-échange
pour les idiots
jeudi 26 mars 2015
Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs
Même
le très libéral chroniqueur économique d’Europe
1, Axel de Tarlé, s’en est ému dans sa chronique matinale : le
patron de Renault, où l’Etat conserve une part, va
toucher 7,2 millions d’euros en 2014, un quasi triplement de sa rémunération de
2013 (2,67 millions).
De 20 à
400 SMICs en 20 ans
Il faut se
souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie,
touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en
francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais
surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même
si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler
que Jacques
Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus
de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce
petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération
se sont envolés depuis plus de vingt ans.
Dans le
détail, Carlos
Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de
part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions.
Mieux, il a décroché « 100
000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent
remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ».
Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer
que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400
SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il
touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron
qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !
L’indécence
d’une époque
mercredi 3 décembre 2014
Automobile : la grande saignée
C’est
un article impressionnant des Echos
qui décrit les conséquences de l’effondrement productif de nos constructeurs
automobiles : ce sont pas moins de 70 000 emplois qui ont été
supprimés depuis 10 ans. Et encore, cela ne prend pas en compte les
conséquences sur les sous-traitants.
Dix ans
d’effondrement productif
Il y a
quatre ans et demi, j’avais
fait un papier qui évoquait le fait que Renault et PSA avaient délocalisé la
moitié de leur production en seulement quatre ans. Les chiffres donnaient
le tournis puisque la production automobile de la France s’était effondrée
depuis le milieu des années 2000, passant de plus de 3 millions d’automobiles à
seulement 1,6 millions en 2009, la crise aggravant encore la situation. Le plus
incroyable étant que Renault
est allé bien plus loin que PSA dans la délocalisation de sa production
puisqu’à peine un petit quart de la production de l’ancienne Régie est encore
hexagonale, contre une petite moitié pour PSA. Les
Echos chiffrent une partie des
conséquences pour l’emploi.
Et elles
sont dévastatrices : PSA
employait près de 128 000 salariés en France en 2004. Il n’en emploie que plus
de 80 000 aujourd’hui. Renault, qui avait 76 000 employés dans l’hexagone en
2004, n’en a plus que 45 000 à date. Pire, l’estimation d’une destruction
de 70 000 emplois des Echos ne couvre
qu’une partie de la saignée puisque généralement deux tiers de la valeur
ajoutée vient des sous-traitants et que non seulement le nombre de voitures
produites en France a beaucoup baissé mais en plus la part des composants
produits en France a baissé, d’où un impact probablement encore plus dur pour
les sous-traitants. On peut imaginer qu’en réalité, près du double de postes
ont été perdus au total.
Pourquoi
un tel désastre ?
jeudi 13 novembre 2014
Emmanuel Macron, ayatollah du laisser faire
Le ministre de l’économie est décidemment incorrigible.
Il a participé lundi 10 novembre à l’inauguration d’une nouvelle usine Renault
à Alger en affirmant qu’ « il ne faut pas avoir peur de produire à
l’étranger ». Retour sur ses déclarations.
Le
Cimetière automobile
Pour le ministre, « les voitures assemblées à Oran l’étaient
auparavant en Turquie et en Roumanie. Il n’y a donc pas de perte pour notre
pays (…) L’ouverture de cette usine est au
contraire une très bonne nouvelle pour la France ».
Le problème est que le ministre n’a pas choisi la bonne industrie pour faire sa
« démonstration » en faveur de l’ouverture à l’étranger d’usines
françaises. Certes, les premiers volumes de l’usine d’Oran viendront peut-être
principalement en provenance d’autres pays que la France. Mais cet état de fait
ne sera peut-être pas durable. Après tout, il n’y a que la Méditerranée à
traverser pour envoyer les véhicules en France.
Ensuite, l’industrie automobile est un des exemples les
plus criants de la désindustrialisation de la France. Au milieu des années
2000, notre pays assemblait encore entre 3 et 3,5 millions de voitures par an.
Aujourd’hui, ce
chiffre est tombé entre 1,5 et 2 millions, soit une baisse de presque 50% en
quelques années seulement. Et comme la production globale de nos
constructeurs est restée à peu près stable, cela signifie bien qu’ils ont
délocalisé massivement la production de leurs produits, faisant passer notre
solde commercial dans le domaine d’un bel excédent à un déficit. Pire, alors
que l’Etat en est actionnaire, Renault
est allé bien plus loin que PSA dans le domaine.
Le
libre-échange pour les nuls
samedi 2 août 2014
Carlos Gohn, ce « cher » patron (billet invité)
Billet invité de l’œil
de Brutus
L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de
La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).
Le bilan de
Carlos Ghosn à la tête de Renault n’est en fait guère glorieux. Il surfe
essentiellement sur les réussites de son prédécesseur (Louis Schweitzer, qui a
notamment été à l’origine du succès Dacia). Cela n’empêche toutefois pas Carlos
Ghosn d’émarger à 8,9 M€ sur l’exercice 2012-2013 en tant que seul patron de
Nissan, soit 5 fois ce que gagne le PDG de Toyota, celui-ci ayant pourtant fait
retrouver sa place de 1er constructeur mondial à son entreprise.
Mais ce n’est pas tout : en tant que patron de Renault, il émarge aussi à
près de 3 M€/ an. Le moralisme du gouvernement n’a donc visiblement pas encore
atteint le conseil d’administration de Renault, dans lequel siègent pourtant
trois représentants de l’Etat. Les méthodes de management de la marque au
losange n’ont en outre pas grand-chose à envier à celles de France
Telecom : on a dénombré de nombreux suicides qui seraient liés à la
pression managériale.
lundi 1 juillet 2013
Quand les multinationales mettent les Etats en concurrence
Compétitivité,
compétitivité, compétitivité : les hommes politiques et la plupart des
médias n’ont plus que ce mot à la bouche, oubliant que le salaire minimum est
de 1,77 euro par jour en Inde… Dans cette globalisation inhumaine, tout
semble permis pour les multinationales.
Aux
Etats-Unis, la guerre des aides
Le
néolibéralisme, ce n’est pas seulement une grande course au moins-disant
fiscal, social, salarial et environnemental. Cela peut être également une
grande course aux subventions pour les implantations d’entreprises, comme le
montre les Etats-Unis depuis quelques décennies, ainsi
que le rapporte The Economist. En
effet, outre-Atlantique, les multinationales ont compris depuis longtemps tout
l’intérêt qu’il y a à mettre en concurrence les Etats pour choisir leurs
implantations.
Le phénomène
n’est pas nouveau. Dans les années 1980 et 1990, les Etats s’étaient fait une
concurrence féroce pour attirer les usines des constructeurs japonais ou
allemands, valorisant non seulement un contexte réglementaire favorable aux
entreprises d’un point de vue social, mais n’hésitant pas également à ouvrir
leur carnet de chèques… C’est ainsi que Nissan
a obtenu une subvention de 244 millions de dollars pour son usine du Tennessee !
Volkswagen, également dans le Tennessee, Mercedes, en Alabama, ou BMW en
Caroline du Sud ont largement profité de ces largesses.
Pire, ces
subventions à l’installation (crédits ou exemptions d’impôts, comme aides
directes) sont de plus en plus courantes. Les
grandes entreprises parviennent même à les obtenir pour maintenir un site :
Sears a ainsi obtenu 275 millions de dollars de l’Illinois en 2012 et
Prudential Insurance 250 millions du New Jersey en 2011. Certes, il y a souvent
des conditions mais elles sont limitées dans le temps, et dès que cela est
possible, les multinationales reprennent les négociations.
Une
logique infernale
dimanche 17 février 2013
PSA / Renault : un deux poids deux mesures scandaleux !
Quand
PSA a annoncé son plan social en juillet, le
gouvernement lui est tombé dessus avant de finalement laisser faire au
prétexte que le groupe aurait fait des erreurs stratégiques qu’ils paieraient
aujourd’hui. Renault, en revanche, a
pu annoncer 7500 suppressions de poste calmement.
Deux
poids, deux mesures
Le
discours du gouvernement et de la majorité à l’égard de nos constructeurs
automobiles est stupéfiant de bêtise. Tout d’abord, il faut noter que PSA a
beaucoup moins délocalisé que Renault puisque le premier produit encore 40% de
ses véhicules dans l’hexagone quand le second n’y construit plus que moins de
25% ! L’erreur stratégique de PSA serait-elle de ne pas avoir suffisamment
délocalisé ? Bref, c’est Renault qui devrait être critiqué sur ce point et
non pas PSA.
Ensuite, il
ne faut pas oublier que les
plans sociaux des deux entreprises sont similaires en taille et que Renault
devrait au final couper une proportion plus importante de ses effectifs en
France (15% contre 10% pour PSA) du fait que le constructeur a plus délocalisé.
Bref, là aussi, le plan de l’ancienne Régie est au moins aussi critiquable que
celui de PSA, même s’il a l’avantage de ne pas proposer de fermeture de site.
Pire, l’Etat
achète des Ford et des Volkwagen en même temps.
Enfin, il
faudrait rappeler le différentiel de rémunération entre les deux patrons. Philippe
Varin a touché 1,3 millions d’euros au titre de 2011, quand Carlos Ghosn en
touche plus du double au titre de Renault (2,8 millions) et dix
fois plus si on compte les revenus qui viennent de Nissan (12,7 millions).
Bref, on a beau prendre le dossier dans le sens que l’on veut, il est difficile
de ne pas arriver à la conclusion que l’Etat devrait être bien plus critique à
l’égard de Renault que de PSA.
Erreurs
stratégiques ?
mardi 12 février 2013
PSA, Renault, Goodyear, Arcelor-Mittal, Pétroplus : victimes de l’anarchie commerciale
Alors
que le gouvernement laisse faire les fermetures de site ou les suppressions de
poste dans ces cinq entreprises, un peu de recul permet de comprendre
qu’elles sont la conséquence directe d’un libre-échange anarchique quand
un protectionnisme raisonnable aurait pu les protéger.
Des
marchés européens offerts
En effet, il
y a un point commun entre toutes ces entreprises, par-delà
la baisse des marchés provoquée par l’euro récession. En effet, les secteurs
sur lesquels ces entreprises opèrent sont largement ouverts à la concurrence
internationale, mais que les pays concurrents n’ouvrent pas de manière
symétrique. Du coup, outre les écarts de salaires, ces entreprises sont en plus
victime d’une concurrence déloyale et ne font que tirer les conclusions des
mauvaises règles du jeu européennes.
En effet, il
faut savoir que contrairement aux Etats-Unis, qui ont interdit l’importation de
pneus chinois, l’Europe
leur a ouvert grand les portes, au point qu’ils représentent 30% de nos
importations de pneus, qui ont doublé en dix ans, pour peser 40% du marché du
pneu de remplacement… Les importations chinoises représentent plus de la moitié
de notre déficit commercial et sans elles, l’Europe devrait produire plus de 10%
de plus. Le sort du site d’Amiens serait sans doute différent.
Idem pour
Arcelor-Mittal : alors que les Etats-Unis protège leur sidérurgue de la
concurrence internationale (en acceptant que les prix soient un peu plus
élevés, mais reste sans grande conséquence sur le prix des voitures), nous
laissons le marché européen ouvert. La
Fédération Français de l’Acier a montré la dégradation continue de notre solde
commercial, passé dans le rouge depuis 2011. Aujourd’hui, notre marché
intérieur est approvisionné à plus de 50% par les importations…
Des
marchés étrangers protégés
mercredi 6 février 2013
Elkkabach et le gouvernement, valets de la mondialisation
Hier, Europe
1 a délocalisé sa matinale à Aulnay pour une émission spéciale sur les plans
sociaux, qui pullulent en ce moment : Pétroplus, Goodyear, Renault,
PSA. Jean-Pierre Elkabbach s’est illustré dans une défense sans nuance de la
mondialisation, que
même Arnaud Montebourg ne critique plus.
Le
missionnaire de la mondialisation
L’interview
du dinosaure de l’interview politique était incroyable. Il
a commencé en parlant des « trois
stars du syndicalisme de combat pour des industries mises à mal par
l’inaptation à la compétition européenne et mondiale ». D’abord, on ne
voit pas bien l’intérêt d’employer le terme « star », ensuite, présenter le débat de la sorte revient à le
refuser, exactement ce qu’il a reproché ensuite aux syndicalistes
d’Arcelor-Mittal et Goodyear, qui ont été bien patients devant ces réflexions...
Jean-Pierre
Elkabbach a aussi avancé qu’Arnaud Montebourg « a compris qu’il n’y a pas grand chose à faire en dehors des plans de
la direction de Peugeot ». Face au syndicaliste d’Arcelor-Mittal, il
s’est contenté de dire qu’il « y a
une mondialisation, une transformation des habitudes, des comportements ».
En revanche, quand celui-ci lui a dit que si on suivait sa logique, alors
« on ferme la boutique France et on
part tous ailleurs, y compris vous les journalistes », alors là, il a
dit qu’il n’en était pas question. Si la protection ne vaut pas pour les
ouvriers, elle semble l’intéresser pour les journalistes…
Naturellement,
il a évoqué le fait que les usines d’Aulnay et d’Amiens ne tournent qu’à 15% de
leur capacité. Mais non seulement il a oublié de dire que l’usine
PSA est plombée par l’effondrement de la demande du marché européen suite à
la crise de la zone euro. Mais le
représentant syndical de Goodyear a rappelé que la production européenne de l’entreprise
est stable, ce qui signifie que la baisse de la production est en réalité
un transfert vers des sites où le coût de production est inférieur. Si le site
n’est pas rentable aujourd’hui, c’est parce que Goodyear a fait en sorte qu’il
ne le soit plus…
Le
gouvernement aux abonnés absents
mercredi 30 janvier 2013
Renault, PSA : Hollande rattrapé par l’agenda social
L’intervention
militaire réussie au Mali et les
débats sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour tous les couples
à l’Assemblée Nationale ne parviennent pas à effacer de l’actualité les
vagues de plans sociaux, démontrant l’impuissance et l’inaction du gouvernement
dans ce domaine.
L’automobile
dans l’œil de la tourmente
Cette
semaine, les
mouvements sociaux de PSA et de Renault se rejoignent pour dénoncer les plans
de restructuration en cours chez les deux constructeurs automobiles. La
réouverture lundi du site d’Aulnay, qui doit fermer en 2014, a été perturbée
par les grévistes, malgré des mesures exceptionnelles de la direction pour
essayer de permettre la production : recrutement de vigiles privés,
renfort de 200 personnes venues d’autres sites pour protéger la remise en
marche des lignes.
Du côté de
Renault, les salariés sont en grêve pour dénoncer la suppression de plus de
8000 postes en France d’ici à 2016, plus de 15% des effectifs de la marque dans
l’hexagone. Ils protestent également contre le
projet d’accord de compétitivité proposé par la direction qui garantirait
les volumes pour les années à venir contre des concessions de la part des
salariés pour améliorer la compétitivité des sites français, sur
le modèle de l’accord trouvé en Espagne récemment.
Les
deux constructeurs hexagonaux sont pris en tenaille par un triple phénomène.
Tout d’abord, le marché européen, leur premier débouché, a reculé de plus de
20% depuis 2008. Ensuite, les marques généralistes souffrent plus que la
moyenne du fait de l’essor continu du haut et du bas de gamme, qui leur
taillent des croupières. Enfin, elles subissent durement la concurrence
internationale, sur un marché ouvert, et avec des bases de production où les
salaires sont 5 à 10 fois plus bas.
Une
logique mortifère
lundi 21 janvier 2013
Retraites, marché du travail : la grande régression est en marche
Qu’aurait-on
dit si cela avait été fait par Nicolas Sarkozy ? Au final, parce que ce
sont les socialistes qui la mettent en place, la grande régression des droits
sociaux avance de manière assez discrète, même si la
récente sortie de Jérôme Cahuzac sur la désindexation des retraites semble
plus risquée.
Haro sur
les retraites
C’est un
très bon papier de Laurent Mauduit sur Médiapart
qui nous alerte sur les menances qui planent actuellement sur les retraites.
Comme il l’explique très bien, après un début de quinquennat qui avait vu un
relèvement de l’imposition sur les entreprises et les entrepreneurs, le
gouvernement semble avoir changer de fusil d’épaule devant la révolte illustrée
les polémiques sur la taxation sur les cessions d’entreprises ou celles sur les
départs de riches contribuables hors de France.
En effet, à
la surprise générale, le gouvernement a largement adopté les
conclusions du rapport Gallois, allant jusqu’à mettre
en place un dispositif de crédit d’impôt de 20 milliards, au fonctionnement
néanmoins compliqué. Les partenaires sociaux ont aussi conclu un accord pour
flexibiliser le marché du travail. Mais un troisième volet semble se dessiner
avec le déséquilibre de la branche retraites, qui devrait atteindre 20
milliards en 2020, signe patent de l’échec prévisible de la
réforme Sarkozy.
Jérôme
Cahuzac, ministre du budget, a évoqué
une désindexation des retraites de l’inflation, une grosse source
d’économie qui viendrait raboter chaque année le pouvoir d’achat des retraités
(indexé sur l’évolution des salaires jusqu’en 1994). A croire qu’ils se sont
concertés, Laurence Parisot, elle, propose
de repousser à 64 ans l’âge de départ à la retraite pour 2027 et un
dispositif proche de celui avancé par le ministre, à savoir une
baisse de 5,5% du pouvoir d’achat des retraites en 5 ans.
Le marché
du travail, version institut Montaigne
vendredi 18 janvier 2013
Renault, PSA : 15 500 emplois perdus par la faute du PS et de l’UMP
C’est une
véritable saignée pour notre industrie automobile. Après
les 8000 emplois du plan social de PSA d’il y a six mois, Renault
double la mise avec 7500 suppressions de poste en France. Pire, le ministre
du renoncement productif, Arnaud
Montebourg juge cela « normal » !
L’effondrement
productif, c’est maintenant !
Il va
falloir penser à rebaptiser le ministère d’Arnaud Montebourg car l’actualité
fait plus que mettre à mal l’intitulé pompeux qui lui avait été donné il y a
quelques mois. Avec 15 500 suppressions de poste dans la première industrie
de notre pays (sans compter les emplois qui seront perdus par les
sous-traitants, ce qui peut facilement doubler la mise), la saignée est
violente et sans doute inédite à l’échelle de notre pays, à part si on la
compare à la sidérurgie dans les années 1980…
Il faut dire
que le
marché automobile européen a baissé pour la 5ème année consécutive
en 2012, avec un recul de plus de 8% par rapport à 2011 et de plus de 22%
depuis 2007. Les ventes sont tombées à leur niveau le plus bas depuis 1995.
Pire, le recul de 2012 a été plus marqué sur les marchés où PSA et Renault sont
forts: France (-14%), Italie (-20%) et Espagne (-13%). Encore pire, nos marques
généralistes sont coincées entre un haut et un bas de gamme plus dynamiques.
Alors que le
gouvernement avait fait mine de vouloir faire revenir PSA sur sa décision, avant
de reculer piteusement devant l’évidence des comptes dégradés de l’entreprise,
pas question de prendre des risques cette fois-ci. Arnaud
Montebourg a ainsi fait cette déclaration : « ces suppressions font partie du cadre normal dans lequel une entreprise
peut décider de gérer par avance ses effectifs et son personnel. (…) Il n’y a
pas de lignes rouges qui ont été franchies ».
Qui est
responsable de cette débacle industrielle ?
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