Réclamer des droits quand on refuse les devoirs…
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samedi 1 août 2020
L’oligarchie indécente (2/2) : Carlos Ghosn, l’oublieux oublié
« Ils m’ont traité encore moins bien qu’un citoyen français lambda. C’est
un point négatif que je retiens à l’encontre de la France » « je n’ai pas fait l’ENA, je n’ai pas les connexions habituelles du
patronat français » : voilà ce que l’ancien patron de Renault a osé déclarer
il y a quelques jours lors d’une nouvelle offensive médiatique. On aimerait lui
demander comment a-t-il traité la France ?
mercredi 4 mai 2016
Quand Europe 1 dénonce les conséquences de l’ultralibéralisme qu’il défend
Europe
1, c’est la radio ultralibérales assumée, ivre
de la modernité, du laisser-faire, du laisser-passer ou des droits des
entreprises, qui accorde pourtant un îlot alternatif à Natacha
Polony. Pourtant, hier matin,
les experts de la matinale ont tenu des propos presque dignes d’un Bernie
Sanders.
Des
salaires de patrons et des Républicains
mercredi 30 mars 2016
Pourquoi la rémunération de Carlos Tavares pose problème
Le
doublement du salaire du patron de PSA, à 5,24 millions d’euros pour 2015, en
incluant sa rémunération variable, a déclenché une polémique médiatique,
l’Etat se hâtant de dire qu’il avait voté contre cette mesure. Une nouvelle
illustration du nécessaire
débat sur les inégalités.
Passer de
150 à 300 SMICs en une année !
mercredi 4 novembre 2015
Un patron : 20 ou 1000 SMICs ?
Deux
informations intéressantes : le
salaire brut moyen des non cadres est de seulement 1556 euros par mois, et Gérard
Mulliez, fondateur de Auchan, soutient qu’aucun dirigeant ne devrait gagner
plus de 20 SMIC, quand Carlos
Ghosn émarge à 1000 ! Révélateur d’un débat qui gonfle.
La fin de
la grande modération
Paul
Krugman faisait un historique passionnant de plus d’un siècle d’histoire
politique et économique de son pays dans « L’Amérique que nous voulons », son livre de 2008, où il
défendait une couverture universelle pour le système de santé, se permettant
même de prendre exemple sur la France, malgré notre image peu flatteuse dans le
débat politique polarisé d’outre-Atlantique. Il rappelait que du fait de la
mise en place de taux d’imposition très progressifs (au-delà de 70% pour les
plus hauts revenus, même sous Richard Nixon, qui n’avait pas la réputation
d’être un communiste), les
écarts de salaires avaient beaucoup décru dans un premier temps, avant que la
progression des salaires en haut et en bas de la pyramide sociale ne s’égalise
pendant la majeure partie des Trente Glorieuses.
Mais depuis
le milieu des années 1970, l’humanité
a décidé de restreindre de moins en moins les foucades du marché. Les taux
d’imposition marginaux ont été réduits de plus en plus, en commençant un grand
coup pendant la révolution conservatrice menée par Ronald Reagan
outre-Atlantique et Margaret Thatcher outre-Manche. Du
coup, non seulement les plus hauts revenus (le 1% ou le 0,1%) ont explosé,
mais en plus, ils paient des impôts bien plus légers qu’il y a quelques décennies,
du fait de taux beaucoup plus bas, mais aussi de nombreuses niches fiscales. C’est
ainsi que le patron de Renault-Nissan gagne aujourd’hui 1000 SMIC quand son
prédécesseur il y a près de 25 ans s’en contenter de 15 à 20. Voilà
pourquoi le chiffre de Gérard Mulliez ne doit rien au hasard, mais à
l’histoire.
L’émergence
d’un débat
mercredi 22 avril 2015
Les bourses fêtent la prise de pouvoir des actionnaires
Le Dow Jones
plus haut qu’en 2007, le Nikkei,
au-delà de 20 000 points et au plus haut depuis 2000, le CAC 40,
au-delà de 5200 points, au plus haut depuis 2007 : si l’envolée des
bourses reflète la spéculation et les politiques des banques centrales, elle
souligne aussi les rapports de force économiques actuels.
Les
actionnaires rois du monde
A première
vue, on
pourrait se dire que le niveau actuellement atteint par les bourses du monde
est délirant et qu’il ne représente qu’un nouvel épisode de spéculation
irrationnelle et exubérante nourri par les choix des banques centrales, entre
taux au plus bas et création monétaire. Bien sûr, ces éléments expliquent
en partie les niveaux atteints dernièrement. Cependant, les choses sont plus
compliquées que cela. En effet, quand on examine le niveau des cours par
rapport aux profits, le niveau actuel n’est pas déilrant (selon
The Economist, la capitalisation
boursière représente 15,3 fois les bénéfices contre une moyenne de long terme
de 16,6 fois). En fait, il semble même y avoir du potentiel de
croissance !
C’est que
notre système économique atteint de nouvelles extrémités. Depuis
3 ans, The Economist, pourtant guère
prédisposé à remettre en cause notre système économique, s’inquiète régulièrement
du niveau des profits, qui a dépassé les plus hauts historiques atteints
avant la crise de 1929. Aujourd’hui, les grandes multinationales arrivent à
tirer toujours plus de profits de leurs activités, révélant un rapport de force
qui leur est forcément favorable. Mais
il y a plus fort qu’elles : leurs actionnaires, qui sont la raison
pour laquelle elles concentrent toute leur énergie à augmenter sans cesse leurs
profits, pour leur en redistribuer une part toujours plus forte, sous la forme
de dividendes ou de
rachats d’action.
Le retour
des féodalités
vendredi 3 avril 2015
L’étrange défaite du progressisme
Des riches
toujours plus riches (Carlos
Ghosn qui gagne 400 SMICs quand son prédécesseur n’en gagnait pas 20), une
littérature abondante et à succès sur les inégalités (Thomas
Piketty et son « Capital au 21ème
siècle », Joseph
Stiglitz). Le contexte devrait pousser les idées progressistes. Mais non…
Une vraie
défaite électorale
Les deux
dernières élections, européennes
et départementales,
représentent en effet un véritable camouflet pour les idées progressistes. Alors
qu’en Grèce et en Espagne, c’est la gauche radicale, avec un agenda qui fait
écho aux préoccupations des 99%, qui gagne, en France, c’est
la droite et l’extrême-droite qui gagnent. Pire, depuis trois ans, le parti
qui portait l’agenda le plus progressiste, le Front de Gauche a perdu la moitié
de ses électeurs. Et encore pire, le PS, sur lequel on ne pouvait guère se
faire d’illusion, a totalement oublié ses maigres accents progressistes (la
taxe à 75%) et assume
un discours économiquement de plus en plus digne de la droite la plus
dogmatique selon Paul Krugman.
Les raisons
de cette défaite sont multiples. D’abord, concernant le FG, on peut y voir les
conséquences du transfert
de l’ouvrier à l’immigré comme héros moderne pour une partie de la gauche, pour
reprendre Jean-Claude Michéa, comme l’illustrait l’affaire Léonarda, à
rebours du sentiment populaire. On peut aussi y voir les conséquences de la
mauvaise diversion de la campagne pour une nouvelle république alors même
que les Français comprennent sans doute que nos institutions ne sont pas
responsables de la crise actuelle. Ensuite, le
PS a abandonné les classes populaires en FN en renonçant à tout agenda social
et en défendant la mondialisation, devenant le porte-parole de ceux qui s’en
tirent.
A quand
le sursaut progressiste ?
jeudi 26 mars 2015
Carlo Ghosn : l’homme qui vaut 400 SMICs
Même
le très libéral chroniqueur économique d’Europe
1, Axel de Tarlé, s’en est ému dans sa chronique matinale : le
patron de Renault, où l’Etat conserve une part, va
toucher 7,2 millions d’euros en 2014, un quasi triplement de sa rémunération de
2013 (2,67 millions).
De 20 à
400 SMICs en 20 ans
Il faut se
souvenir qu’il y a plus de 20 ans, Raymond Lévy, alors patron de la Régie,
touchait environ un million de salaire annuel. Mais ce million était libellé en
francs, et représente donc 150 000 euros actuels, inflation non déduite. Mais
surtout, ce salaire représentait moins de 20 fois le SMIC de l’époque. Et même
si les entreprises publiques étaient sans doute plus modérées, il faut rappeler
que Jacques
Calvet, patron de PSA, avait défrayé la chronique et fait la une du Canard Enchaîné pour un salaire de plus
de 2 millions de francs (et non euros) par an, soit environ 40 SMICs. Ce
petit rappel est essentiel pour saisir à quel point les écarts de rémunération
se sont envolés depuis plus de vingt ans.
Dans le
détail, Carlos
Ghosn touche 1,23 millions d’euros de fixes. En 2013, il a touché près d’1,4 de
part variable. Cette dernière a flambé de 31%, pour atteindre 1,84 millions.
Mieux, il a décroché « 100
000 actions de performance d’une valeur de 4,1 millions d’euros, qui viennent
remplacer les stock options dont e patron n’avait pas pu bénéficier en 2013 ».
Tout ceci représente donc un total de plus de 7,2 millions d’euros. A supposer
que l’on parle de rémunération brute, cela réprésente la bagatelle de 400
SMICs ! Et encore, cela ne prend pas en compte la rémunération qu’il
touche au titre de Nissan (7,6 millions d’euros). Carlos Ghosn, ou le patron
qui pèse la bagatelle de 800 SMICs !
L’indécence
d’une époque
samedi 2 août 2014
Carlos Gohn, ce « cher » patron (billet invité)
Billet invité de l’œil
de Brutus
L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de
La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).
Le bilan de
Carlos Ghosn à la tête de Renault n’est en fait guère glorieux. Il surfe
essentiellement sur les réussites de son prédécesseur (Louis Schweitzer, qui a
notamment été à l’origine du succès Dacia). Cela n’empêche toutefois pas Carlos
Ghosn d’émarger à 8,9 M€ sur l’exercice 2012-2013 en tant que seul patron de
Nissan, soit 5 fois ce que gagne le PDG de Toyota, celui-ci ayant pourtant fait
retrouver sa place de 1er constructeur mondial à son entreprise.
Mais ce n’est pas tout : en tant que patron de Renault, il émarge aussi à
près de 3 M€/ an. Le moralisme du gouvernement n’a donc visiblement pas encore
atteint le conseil d’administration de Renault, dans lequel siègent pourtant
trois représentants de l’Etat. Les méthodes de management de la marque au
losange n’ont en outre pas grand-chose à envier à celles de France
Telecom : on a dénombré de nombreux suicides qui seraient liés à la
pression managériale.
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