samedi 2 août 2014

Carlos Gohn, ce « cher » patron (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).



Le bilan de Carlos Ghosn à la tête de Renault n’est en fait guère glorieux. Il surfe essentiellement sur les réussites de son prédécesseur (Louis Schweitzer, qui a notamment été à l’origine du succès Dacia). Cela n’empêche toutefois pas Carlos Ghosn d’émarger à 8,9 M€ sur l’exercice 2012-2013 en tant que seul patron de Nissan, soit 5 fois ce que gagne le PDG de Toyota, celui-ci ayant pourtant fait retrouver sa place de 1er constructeur mondial à son entreprise. Mais ce n’est pas tout : en tant que patron de Renault, il émarge aussi à près de 3 M€/ an. Le moralisme du gouvernement n’a donc visiblement pas encore atteint le conseil d’administration de Renault, dans lequel siègent pourtant trois représentants de l’Etat. Les méthodes de management de la marque au losange n’ont en outre pas grand-chose à envier à celles de France Telecom : on a dénombré de nombreux suicides qui seraient liés à la pression managériale.

L’accord « compétitivité-emploi » négocié par Carlos Ghosn avec ses employés constitue en fait une belle arnaque pour ces derniers qui ont accepté de passer de 32 à 35 heures (la plupart des cadres font le double), le gel de leur rémunération pour 2013, 7500 suppressions de postes en contrepartie d’une non-fermeture d’usines en France. Pour montrer l’exemple, le PDG n’a pas, comme cela a pu se dire accepté une baisse de rémunération, mais simplement le report à 2016 du versement de 30% de sa rémunération variable.

Pour retrouver les autres articles sur La Caste cannibale :

·       La pieuvre financière.
·       PS, UMP et LBO.

A lire également, la série d’article sur L’Oligarchie des incapables.

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