Les grèves
générales en Grèce ne semblent plus vraiment intéresser les média, qui
les rapportent à peine, comme celle qui a eu lieu ce jeudi. Certes, cela
fait 6 ans et demi qu’Athènes serre la ceinture des Grecs, à la demande des
créanciers auxquels le pays a choisi d’obéir depuis trop longtemps, mais
après tout, à la base, Alexis Tsipras semblait être le Mélenchon local et, les
syndicats manifestent contre lui. Il
faut dire qu’il propose une nouvelle hausse des impôts de 1,07 milliard d’euros
(l’équivalent de plus de 10 milliards pour notre pays), et
5,7 milliards d’euros de baisses de dépense, tout en prévoyant des
privatisations pour un montant de 2 milliards. Enfin, il prévoit de
libéraliser le marché du travail. Bref, Tsipras mène une
politique que ne renierait pas François Fillon. Quel drôle de destin pour un
tenant de la gauche radicale.
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samedi 10 décembre 2016
mercredi 12 août 2015
Grèce : 3ème plan, toujours la même impasse
Hier, la
Grèce et ses créanciers sont parvenus à un accord pour un troisième mémorandum,
portant sur le prêt de 85 milliards d’euros supplémentaires à Athènes. Mais
pourquoi ce plan, qui
ressemble beaucoup à ses prédécesseurs, pourrait réussir là où les
précédents ont échoué ?
Schéma de
Ponzi austéritaire
Quand on
prend un peu de recul, comment de ne pas être choqué par ce nouveau plan ?
La Grèce ne parvient pas à rembourser 320 milliards de dettes : pas de
problème, ses
créanciers européens décident de lui en prêter 85 milliards de plus, sans
la moindre restructuration. Mais ainsi, Athènes et ses créanciers se sont mis
d’accord pour alourdir de plus de 25% une dette déjà trop lourde ! Comment
croire que la Grèce pourra rembourser ? Déjà,
en 2010, comme en 2012, comme de nombreux autres commentateurs, j’avais écrit
qu’Athènes ne pourrait pas rembourser sa dette, que les hypothèses des
plans étaient irréalistes et que nous aboutirions soit à un nouveau plan, soit
à un défaut.
Nous restons
exactement dans la même logique. On empile toujours plus de dettes sur le dos
des Grecs alors que les montants actuels sont déjà trop lourds pour eux. Pire,
la logique austéritaire subsiste puisque le
solde budgétaire primaire doit passer de -0,25% du PIB cette année, avec la
prise en compte d’un recul du PIB supérieur à 2%, à 3,5% en 2018 ! En
trois ans, la Grèce, qui a déjà réalisé l’ajustement budgétaire le plus
important de l’UE avec le Portugal, doit encore faire des efforts de près de 4
points du PIB, ce qui, selon
le FMI, devrait provoquer un recul du PIB compris entre 4 et 6 points. Et
pour un pays dont la dette pèsera 200% du PIB, cela représente un
alourdissement de 10 points !
Sauvetage
des créanciers et pas d’Athènes
dimanche 2 août 2015
En Grèce, la troïka rançonne encore les retraités pour épargner les millionnaires
En Grèce, la
troïka se comporte comme un Robin des bois qui prend aux pauvres pour donner
aux riches. Après la
demande, d’une réduction de la contribution des entreprises bénéficiaires, elle
se bat pour limiter la contribution des millionnaires en demandant de nouvelles
coupes dans les retraites !
Protection
des millionnaires, nouvelle ponction des retraités
Mais que se
passe-t-il dans la tête de la troïka pour pousser des idées aussi
révoltantes ? D’une part, après avoir déjà obtenu une réduction de
l’effort demandé aux entreprises bénéficiaires (par
la réduction d’un tiers de la contribution supplémentaire demandée au titre de
l’Impôt sur les Sociétés), la troïka exige maintenant que « l’impôt
de solidarité soit ramené de 8% à 6% maximum pour les revenus supérieurs à 500
000 euros. Car, selon eux, le taux actuel encouragerait l’évasion fiscale ».
D’abord, il faut noter que ce sont les règles imposées par cette même troïka
qui permettent cette désertion fiscale… Ensuite, il est plus que révoltant que ceux
qui ont demandé une baisse du salaire minimum de 22% (et 32% pour les jeunes)
et de 45% de certaines retraites demandent un allègement de l’effort des
millionnaires.
Pire, la
troïka veut aussi « accélérer
la suppression des retraites anticipées ou celle d’une prime spéciale aux
faibles retraites (et) raccourcir le délai de la mise en place du départ à la
retraite à 67 ans ». En clair, baisser plus encore des retraites
dont certaines ont déjà chuté de 45%... Même le Monde souligne que « le
gouvernement grec estime qu’il lui appartient de choisir comment répartir
l’effort de l’impôt » et qu’une source de Syriza dénonce une
mesure où « on
voudrait de nouveau épargner les plus riches ». Tout ceci souligne
à nouveau le
caractère humiliant et totalitaire de la façon de faire de cette troïka avec la
Grèce, dont on se demande bien pour quelle raison elle demande à réduire la
contribution des millionnaires ou des entreprises bénéficiaires tout en
demandant plus aux simples citoyens.
Alexis
Tsipras, apprenti négociateur ?
mercredi 15 juillet 2015
Grèce : les créanciers se sont sauvés eux-mêmes
L’incroyable
plan des dirigeants de la zone euro est souvent présenté comme permettant
de sauver la Grèce et la zone euro. Et c’est bien plus cette dernière qui a été
sauvée, et notamment les créanciers, qui se sont sauvés eux-mêmes avec un plan aussi
illusoire, court-termiste, irresponsable qu’inhumain.
La troïka
sauve… la troïka
Déjà, en
2010, le
premier plan de sauvetage était bien plus destiné aux banques françaises et
allemandes qu’aux pauvres Grecs. Bien sûr, certains noteront que les
banques ont accepté de voir leurs créances à la baisse. Mais il est bien évident
qu’en cas de défaut non accompagné de la Grèce avec une sortie de l’euro, l’addition
aurait sans doute été bien plus lourde pour les banques. En revanche,
difficile de soutenir que ces plans ont aidé d’une quelconque manière les
Grecs, tant la facture a été lourde pour eux, bien
plus que les créanciers d’alors ne les menaçaient s'ils sortaient de l’euro…
Idem
pour le plan de 2012, un moyen pour la troïka d’éviter un défaut qu’elle
n’aurait pas organisé, et donc probablement bien plus sévère que celui qu’elle
s’est auto-infligée, au
prix d’une saignée de la Grèce.
Trois
ans après, ce nouveau plan permet surtout à la troïka d’éviter de
reconnaître la moindre perte sur les prêts faits à la Grèce. Ainsi, Athènes va
pouvoir régler le FMI, puis la BCE, et devrait pouvoir, dans les trois
prochaines années, honorer les échéances prévues. Angela Merkel, qui avait
promis que les Allemands ne perdraient pas d’argent, préserve ainsi sa promesse
faite aux électeurs allemands. D’où
la volonté pourtant a priori totalement ubuesque, de rajouter 80 milliards de
dette à la Grèce, alors même qu’elle n’arrivait plus à payer ses plus de 300 milliards de dettes ! Il est
d’ailleurs étonnant que cela ne soit pas davantage noté, tellement
cela montre les limites de l’accord de la zone euro de lundi.
Un accord
irresponsable et inhumain
samedi 11 juillet 2015
Grèce : que penser de la proposition d’Alexis Tsipras ?
Les
eurobéats, comme
les marchés, l’ont adoré, y
voyant une forme de reddition de la Grèce qui pourrait sauver leur veau d’or,
pouvant
provoquer une recomposition politique en Grèce. Certains alternatifs la
voit comme une possible trahison, mais d’autres ont une vue plus
nuancée, qui semble plus approporiée pour juger temporairement un premier
ministre aux méthodes de négociation difficiles à interpréter.
La drôle
de capitulation ?
Bien sûr, à première vue, on peut penser
qu’Alexis Tsipras a renié les résultats du référendum, acceptant les
objectifs de la troïka, 1% d’excédent primaire cette année, 2% en 2016, 3% en
2017 et 3,5% en 2018, dans une poursuite (certes moins brutale) des politiques
d’austérité qui ont mis son pays à genoux. Les
retraites seront réduites, la TVA augmentée, les impôts des entreprises au
niveau souhaité par le FMI, et comble du comble, on rajouterait encore une
tranche de dette de 53 milliards. Pire, il est étonnant de ne proposer une
renégociation de la dette qu’en octobre, même si le texte prévoit un
« engagement contraignant ».
On peut y voir une poursuite de la logique des plans du passé. Jacques Sapir
note qu’il « faut bien reconnaître qu’il s’est
(…) largement aligné sur les demandes de l’Eurogroupe ».
Mais, à ceux
qui évoquent une capitulation, Sapir souligne que « la réponse est pourtant moins
simple que ce qu’il paraît », sur une ligne proche de celle de Romaric
Godin ou Coralie
Delaume. Et l’étude à froid de ces propositions peut aller dans ce
sens : marché du travail et petites retraites en partie protégés, demande d’un plan
de financement de 3 ans, pour éviter la négociation permanente, ou levée de 35
milliards de fonds structurels pour relancer la croissance. Mais, comme le
soutient Sapir, « ces propositions (…) correspondent
très probablement à une erreur de stratégie (…) L’austérité restera la
politique de la zone euro. Il n’y aura pas d’autre euro ».
D’ailleurs, une
partie de sa majorité râle.
Ne pas
être celui qui refuse ?
lundi 6 juillet 2015
Raclée démocratique pour le plan de la troïka : merci aux Grecs et à Alexis Tsipras #OXI
Les
urnes ont parlé, sans ambiguité, malgré
le traitement médiatique et la pression des créanciers. Avec
un score d’environ 60% pour le « non », les Grecs ont repris leur
destin en mains, comme
Syriza l’avait promis en janvier. La
troïka devra faire des concessions ou Athènes quittera l’euro.
Belle
leçon de démocratie
Jacques
Sapir avait bien raison de garder espoir en Alexis Tsipras, dont le
choix très gaullien de remettre le destin de son pays et le sien dans les mains
du peuple Grec est couronné par un immense succès. Le
score de 60% démontre qu’une large majorité de la population refuse les
diktats de la troïka qui
n’ont menés qu’à une austérité inhumaine et contre-productive. Malgré
la volonté de rester dans la monnaie unique et l’UE, les Grecs ont choisi de
dire « non » à leurs créanciers, avec toutes les conséquences que
cela peut comporter. Ce faisant, ils montrent que le refus de cette austérité
monstrueuse passe avant tout le reste, prolongeant
le choix fait en janvier, sauf qu’ici, Alexis Tsipras y gagne une majorité.
Mieux, outre
la réponse à la question posée par le Premier Ministre, ce référendum a de
nombreuses autres conséquences. D’abord, c’est un exemple qui montre à tous les
peuples européens qu’il est possible de demander leur avis sur des questions
importantes et qu’ils peuvent y dire « non ». Les eurobéats devront
s’y soumettre ou assumer
leur caractère totatlitaire. Et en remettant son destin dans la main des
citoyens, Alexis Tsipras a sans doute gagné une reconnaissance éternelle des
Grecs. L’exemple d’hier pèsera lourd demain car il sera très difficile de
revenir sur le droit du peuple Grec à disposer de son destin. La tache du
refus d’organiser un référendum fin 2011 est désormais en partie lavée.
Sortie de
l’euro ou rafistolage temporaire ?
jeudi 2 juillet 2015
Référendum, négociations : les logiques du gouvernement grec
Il peut être
difficile de comprendre ce qui se passe dans la crise entre la Grèce et ses créanciers,
entre
ruptures de négociations et publication fréquente de nouvelles propositions.
Mais au final, même
si le jeu de chacune des parties n’est pas totalement transparent, les logiques
ont plutôt simples.
Partie de
poker menteur
Tout
l’enjeu dans la négociation actuelle est de savoir lire le jeu de son
adversaire. S’il est plus inacceptable pour le gouvernement Grec de quitter
la monnaie unique que de capituler aux exigences de ses créanciers, alors son
jeu est faible. Du
fait de tout ce que Tsipras avait cédé en cinq mois, et de l’habitude à
obtenir ce qu’ils souhaitaient, malgré
le bilan calamiteux des plans, il y a fort à parier que la troïka a cru
avoir le meilleur jeu, d’où
une demande de capitulation à la Grèce sans même daigner ouvrir le dossier de
la restructuration de cette dette insoutenable. Mais en convoquant dans la
nuit de vendredi un référendum pour dans 8 jours, Tsipras
a sorti l’atout démocratique de sa manche.
Le délai
d’annonce du référendum ne laisse pas le temps aux créanciers pour obtenir son
annulation, juste
le temps de se déshonorer et révéler leur caractère anti-démocratique. Ce
faisant, Tsipras dit qu’il ne va pas enterrer ses promesses et tente un coup de
poker : si le peuple dit « non », alors il reviendra plus fort
dans la négociation. Ainsi, il semble indiquer qu’il est prêt à la rupture si
les créanciers ne l’écoutent pas (ce
qui est confirmé par le défaut du FMI), même s’il ne le dit pas clairement,
peut-être pour ne pas effrayer les Grecs, à moins qu’il ne soit pas prêt. Mais
qui sait si les créanciers préfèrent céder sur les demandes faites à Athènes
plutôt que de prendre le risque qu’Athènes quitte l’euro ?
Tsipras :
europrogressiste ou libérateur de son pays ?
dimanche 28 juin 2015
Grèce : la belle révolte démocratique d’Alexis Tsipras
Le
vote qui doit avoir lieu dans une semaine aurait du avoir lieu fin 2011, mais
un coup de force avait été organisé par les créanciers du pays pour éviter
toute consultation démocratique. Le référendum convoqué par Alexis Tsipras
représente une belle réponse à
la tyrannie de ses créanciers pour citer Sapir.
Belle
réponse à proposition indécente
Mais
qu’a-t-il pu passer dans la tête de la troïka pour
pousser aussi loin l’humiliation de la Grèce avec les propositions indécentes
signifiées en rouge jeudi ? Comment pouvaient-ils imaginer une seconde
que le gouvernement Grec pourrait accepter un tel reniement de son programme de
début d’année ? On pourrait penser qu’ils ont agi sciemment pour aller à
la rupture, mais je ne crois pas que ce soit le cas. On peut penser qu’ils
ont à la fois trop pris l’habitude de pouvoir imposer les politiques qu’ils
souhaitent sans que les gouvernements en place refusent et que les concessions
du gouvernement Grec depuis cinq mois les ont poussé à coire qu’ils pouvaient
obtenir toujours plus.
Bien sûr, les
créanciers proposaient 15 milliards d’euros de refinancement pour 5 mois.
Mais la proposition était une arnaque. D’abord, la somme proposée provient
d’enveloppes existantes, il n’y a rien de nouveau. Et pour l’obtenir, Athènes
devait signer une reddition en bonne et due forme sans rien obtenir sur le
montant de la dette, tout en ne couvrant son financement que pour cinq mois,
restant donc à la merci d’une nouvelle négociation à la fin de cette nouvelle
échéance… Samedi, Alexis Tsipras a répondu ainsi : « Après 5 mois de
négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum (…) Leur
but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout
l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité (…) Notre
responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté (…)
nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple
Grec ».
Le vrai
visage de cette Europe
vendredi 26 juin 2015
Lettre ouverte à Syriza : la rupture est possible et nécessaire
Depuis cinq
mois, la situation est tendue entre vous et vos créanciers. Votre
gouvernement alterne les chauds et froids au point qu’il est difficile de
savoir quelle pourrait être l’issue de cette nouvelle crise. A
quelques jours de la fin de ce chapitre, j’espère que les intérêts du
peuple Grec vont prévaloir.
De
l’indécence des créanciers
Sans
doute encouragée par ce que vous avez semblé céder dernièrement,
l’ex-Troïka a cru bon renvoyer vos propositions corrigées en rouge, façon
professeur, comme
le révèle Marianne. On peut comprendre
des discussions sur les objectifs, le phasage attendu, ou la crédibilité des
mesures proposées. Mais ici, non seulement la troïka prétend fixer les
objectifs mais aussi la manière dont ils sont atteints. Et cette manière a un
sens, entre protection des entreprises (réduction
de la hausse de l’impôt sur les sociétés, suppression de la taxe exceptionnelle
sur les profits et protection des labos pharmaceutiques), et ménages qui
règleront la nouvelle hausse de la TVA et subiront la baisse des retraites.
Bien sûr, certaines
réformes ne sont peut-être pas inutiles. Mais la plupart de ceux qui
pointent le coût trop élevé des retraites (16% du PIB), oublient que les
plans inhumains et inefficaces ont réduit le PIB de votre pays de 25%,
augmentant le poids relatif des retraites. Et puis, il est totalement indécent
et infantilsant de traiter votre pays comme un il est depuis 5 ans, comme
vous l’aviez dit dans votre campagne gagnante en janvier. Le
document de la troïka est un nouvel exemple de ce qui doit être refusé, autant
pour le fond que pour la forme. La crise de votre pays est le fruit des plans
conçus par ces cerveaux malades et inhumains,
malgré
les avertissements donnés par beaucoup d’entre nous.
Courage
d’Achille, ruse d’Ulysse ?
mardi 16 juin 2015
La Grèce et la zone euro entre bluff et chantage
Alors que
nous devrions connaître dans moins de deux semaines le
verdict de mois de négociations entre le gouvernement Grec et la troïka, difficile
de savoir si les parties prenantes font du bluff pour renforcer leur jeu ou si
nous sommes vraiment à quelques jours d’une rupture.
Qui a le
plus peur de l’autre ?
La situation
actuelle est extrêmement complexe. Pour
pouvoir faire céder l’autre partie, il faut apparaître plus résolu, et même
prêt à assumer une rupture. Mais personne ne sait si
l’Union Européenne est véritablement prête à laisser Athènes sortir de la zone
euro et faire défaut plutôt que céder à ses demandes : après tout, la
sortie pourrait enclencher le processus de démantèlement de cette construction
européenne. Mais de l’autre côté, Tsipras est-il véritablement prêt à quitter
la zone euro plutôt que de céder aux diktats de la troïka ? Du coup,
difficile de savoir si les
fuites concernant une préparation d’un défaut grec représentent une
véritable préparation ou une posture destinée à faire peur à Athènes.
Le ministre
grec des Finances, Yanis Varoufakis, a affirmé que l’UE bluffe en affirmant
« ne
pas croire que les partenaires européens de la Grèce laisseront son pays sortir
de la zone euro ». Et si les dirigeants européens ne étaient pas
prêts à laisser tomber une carte de leur château ? Il a affirmé qu’il ne
« pense
pas qu’il y ait un seul responsable européen sensé qui souhaite prendre ce
risque » et a dit espérer que l’UE et le FMI bluffaient dans les
négociations. Mais, les
discussions démarrées samedi dernier n’ont pas abouti puisque les négociateurs
des deux parties se sont séparés dimanche. Elles doivent reprendre jeudi,
lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro.
Le
chantage de la zone euro
samedi 13 juin 2015
La Grèce au bord de la rupture avec la zone euro
Cette
semaine, les marchés ont tremblé. En effet, les
négociations entre la Grèce et ses créanciers semblent entrées dans une impasse
quasiment insoluble, alors qu’il ne reste que quelques jours avant une
échéance qui devrait imposer une conclusion à la partie de poker enclenchée
depuis l’élection de Syriza.
Les
négociations dans l’impasse
En
arrivant au pouvoir, Alexis Tsipras a beaucoup cédé, au point d’inquiéter.
Mais, depuis quelques jours, comme
l’a noté Romaric Godin, de la Tribune,
le gouvernement semble aborder les négociations dans un état d’esprit beaucoup
plus combatif. La troïka demandait de nouvelles coupes sombres dans les
retraites, d’1,8 milliard d’euros, soit près d’1% du PIB. Non seulement Tsipras
refuse cette demande, mais il avait promis de revaloriser les petites
retraites. Et en plus, le
Conseil d’Etat a invalidé mercredi une partie des baisses de retraite décidées
fin 2012. Cela devrait provoquer une
revalorisation de 5 à 15% des retraites de plus de 1000 euros par mois, soit 1
à 1,5 milliards d’euros.
Comme le
note le journaliste, « la
décision du Consil d’Etat grec rappelle aussi une vérité trop souvent
oubliée : le caractère ‘sauvage’ qu’a pris l’austérité dans les années
2010-2013. Les créanciers ont exigé des mesures souvent inconstitutionnelles ou
illégales sans s’en soucier ». Du coup, « la
Commission a fait savoir mercredi qu’elle n’était pas satisfaite des nouvelles
propositions présentées la veille par les autorités grecques ». Du coup, jeudi, le FMI a
annoncé que ses équipes avaient quitté Bruxelles, dans un signe de mauvaise
humeur peu habituelle. Avec
l’échéance de 1,6 milliard d’euros du 30 juin, la perspective d’une sortie de
la zone euro et d’un défaut semble se rapprocher.
Refuser
une saignée inhumaine
mardi 9 juin 2015
Zone euro : et si le fil grec finissait par casser ?
Après
la très grande vague d’espoir soulevé par son élection, l’approche
mesurée prise par Alexis Tsipras pouvait décevoir les partisans, comme moi,
d’une approche plus tranchée. Mais sa
décision unilatérale de repousser son paiement au FMI démontre une
résolution qui
rend nerveux ses créanciers…
La
pression monte…
Dans la
partie de poker que la Grèce joue avec ses créanciers, le gouvernement de
Syriza vient de marquer un gros point. En effet, il
a pris la décision unilatérale de grouper au 30 juin toutes les créances
qu’Athènes devait rembourser au FMI ce mois-ci, dont une de 300 millions
d’euros qui devait être honorée la semaine dernière, en
utilisant une clause du règlement du FMI qui n’avait été utilisée qu’une seule
fois dans l’histoire de l’institution, il y a 30 ans, en vertu de laquelle les
pays membres peuvent regrouper des versements de courte durée en un seul.
Le 30 juin, Athènes devra rembourser 1,6 milliards d’euros au total au FMI. Sans
doute une manière
de mettre la pression à ses créanciers ?
Après
avoir beaucoup cédé à une troïka seulement renommée, le gouvernement Grec
semble vouloir entrer dans une nouvelle phase de négociations avec ses
partenaires. C’est
ce qu’anticipait justement Romaric Godin dans la Tribune dès le 21 mai en citant le ministre de l’intérieur qui
avait prévenu que son pays ne pourrait pas honorer ses échéances de juin,
puis le 1er juin, en
indiquant qu’« Alexis Tsipras signe
l’échec du ‘nœud coulant’ européen ». Il rappellait que Tsipras
s’était fait offensif dans le Monde :
« si
nous ne sommes pas encore arrivés à un accord avec nos partenaires, ce n’est
pas à cause de notre intransigeance ou de positions incompréhensibles. Cela
serait plutôt à cause de l’obsession de certains représentants institutionnels
qui insistent sur des solutions déraisonnables ».
Verdict
dans 3 semaines
mercredi 25 février 2015
Syriza a-t-il capitulé face à l’Eurogroupe ?
Il
y a exactement un mois, les Grecs votaient pour mettre fin à la tutelle
antisociale de leur pays par la troïka. Même si Alexis Tsipras semble
encore très populaire et s’il est trop tôt pour émettre un jugement définitif,
le nouveau gouvernement semble avoir beaucoup cédé vendredi
et hier.
Capitulation
en rase campagne ?
C’est la
question qui se pose de plus en plus depuis le premier accord de vendredi. L’accord
très rapide de l’Eurogroupe aux propositions de Tsipras incite sérieusement
à la méfiance. D’ailleurs, le Monde a
titré dans un premier temps son papier « la
Grèce de Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles » et parle des
remous que suscite au sein de la majorité tout ce qui a été cédé depuis une
semaine. En fin de semaine, pas
moins de quatre parlements nationaux, allemand, hollandais, estonien et
finlandais, devront se prononcer sur les propositions du nouveau gouvernement
grec. En cas de refus, le
prolongement du plan grec ne serait pas confirmé. Le contenu de ces
propositions est très inquiétant.
Tsipras
prévoit de « répondre
aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté grâce à l’accès à la
nourriture, à un logement, aux soins » mais aucun détail n’est
évoqué et il est précisé que ces politiques seront menées « en
veillant à ce qu’elles n’aient pas d’impact budgétaire négatif ». Il
se focalise sur la lutte contre la désertion fiscale. Pire, il s’engage « à
étudier les privatisations qui n’ont pas encore été lancées, de manière à
maximiser les revenus que l’Etat pourrait en tirer ». Et sur les salaires,
il ne parle que d’« une
approche intelligente de la négociation collective sur les salaires. Cela
inclut une volonté d’augmenter le salaire minimum en préservant la
compétitivité (…) L’augmentation de ce salaire et son timing seront décidés en
concertation avec les institutions européennes et internationales ».
Faut-il
abandonner tout espoir ?
jeudi 5 février 2015
Grèce : entre épreuve de force et ouverture au compromis
Depuis
quelques jours, la situation semble se tendre en Grèce, entre
un Juncker qui dénie le principe même de démocratie et Alexis
Tsipras qui multiplie les déclarations chocs. Mais au bout, je persiste à
croire qu’un compromis devrait finir par être trouvé entre les dirigeants
européens et Athènes.
La
tension qui monte
Le nouveau
gouvernement grec maintient la pression sur ses créanciers tortionnaires.
D’abord, il
a mis un coup d’arrêt aux privatisations qui faisaient pourtant partie du plan
de la troïka, alors même que les ventes restent minimes par rapport à ce
qui était prévu. Plus fort encore, la
Grèce s’est dite prête à se passer des 7 milliards d’euros que l’UE doit verser
dans quelques semaines et le nouveau ministre des finances a déclaré qu’il
ne souhaitait pas négocier « avec
une commission branlante, la (délégation de la) troïka ». Quand on
sait en plus qu’Alexis
Tsipras semble pouvoir compter sur la Russie s’il ne trouve pas d’accord avec
l’UE et qu’une option argentine reste possible, la pression est sur
l’Europe.
Et elle
monte doublement. D’abord, l’équation grecque divise les créanciers de la
Grèce, entre
Berlin qui semble rester intransigeant, et Paris plus ouvert aux demandes de
Tsipras, pas à une incohérence près, mais qui y voit un gain politique
potentiel. Mais en plus, le séisme grec se répercute sur tout le continent. En
Espagne, c’est un encouragement formidable pour Podemos, qui
semble en mesure de prendre le pouvoir dans quelques mois et a organisé une
grande marche il y a quelques jours. Mieux, la renégociation en cours pose
problème en Irlande, où le gouvernement a appliqué les potions amères de la
troïka, ce
qui amène les citoyens à se demander s’ils n’auraient pas pu être plus durs
avec l’UE.
L’accord
reste probable
vendredi 13 décembre 2013
En Grèce, assistons-nous à un crime contre l’humanité ?
Les mots
manquent quand on décrit ce qui se passe en Grèce depuis trois ans. Hier, les
émissaires de la Troïka sont revenus à Athènes pour de nouvelles négociations,
alors qu’un
projet de budget pour 2014 doit être voté demain. Les plans européens ont
produit une situation révoltante.
Un
massacre social
Bien sûr, la
notion de crime contre l’humanité a un sens, précis, et il peut paraître
excessif de l’appliquer à ce qui passe en Grèce. Quoique… Après tout, en 2012, le
nombre de suicides a augmenté de 26%. Médecins
du Monde s’alarme du fait que près de 30% de la population vit désormais sans
couverture sociale, avec
une baisse des vaccinations et une augmentation de 21% des embryons morts nés.
On peut également rappeler que le PIB a baissé de 25%, le pouvoir d’achat de la
population de 40%, que le taux de chômage dépasse 25%, et même 50% pour les
jeunes, que le SMIC a été baissé de 22%, et même 32% pour les jeunes et enfin qu’1%
de la population a quitté le pays en 2011 !
S’il
existait une notion de crime économique, il est évident que les plans (que Médecins du Monde a encore la naïveté de
qualifier « de sauvetage ») qui sont mis en œuvre dans ce pays
seraient de bons candidats pour être qualifiés de la sorte. Les
émissaires de la troïka veulent discuter du déficit pour l’année prochaine,
qu’ils estiment plus important que les autorités du pays. Ils
veulent également une levée du moratoire sur les saisies immobilières, qui
protège plus de 150 000 ménages des banques. La troïka n’a aucun scrupule à
protéger les banques des conséquences de la crise mais n’a que faire du sort de
ces ménages que la crise a envoyé dans le mur, dans un acte d’une incroyable
inhumanité.
Vers une
révolte démocratique ?
vendredi 14 juin 2013
La télévision grecque, nouvelle victime de la troïka
Evènement
rarissime, les
autorités grecques ont décidé de fermer le service public audiovisuel avant
d’en rouvrir un, beaucoup moins cher, très prochainement. Il est un peu facile
de mettre en accusation le gouvernement local, qui
ne fait qu’essayer de suivre la feuille de route de la troïka.
Scène de
violence habituelle
Bien sûr, la
décision du premier ministre, Antonio Samaras, est extrêmement violente,
notamment vis-à-vis des salariés du service public, qui se retrouvent congédiés
du jour au lendemain. Même s’il y avait des abus dans la gestion d’ERT, le
procédé est peu civilisé, d’autant plus que certains soulignent le caractère
politique de cette décision du fait des orientations politiques de la chaine
publique, soutenue par le Pasok et Nouvelle Démocratie, qui appellent à la
réouverture. L’Etat
annonce vouloir passer de 2600 à 1200 salariés pour un budget réduit des deux
tiers, à 100 millions d’euros.
Néanmoins,
comment ne pas voir dans cette décision brutale une simple application à
l’audiovisuel public des recettes concoctées par la troïka, qui
ont abouti à 6 années consécutives de baisse du PIB, un taux de chômage
multiplié par 4 ? Certes, cette décision est violente, mais la
décision de baisser le SMIC de 22% (et de 32% pour les jeunes) l’était tout
autant, de même que les baisses massives du salaire des fonctionnaires. Il faut
se rendre compte également que le pays est embarqué dans un processus de ventes
massives du service public, qui vont totalement démanteler l’Etat.
La
troïka mène une expérience monstrueuse de régression sociale et économique
dont la violence se diffuse dans la société. Ce n’est pas pour rien que les
néo-nazis d’Aube Dorée sont aujourd’hui la troisième force politique du pays.
A la
violence de cette Europe qui les torture répond la violence du gouvernement
vis-à-vis de ses fonctionnaires, devenus de simples coûts qu’il faut réduire,
et la violence d’une partie de la population en révolte contre ce traitement de
choc, quand elle n’est pas résignée. La fermeture d’ERT et la montée d’Aube
Dorée sont les enfants de la troïka.
Une grave
erreur d’aiguillage
jeudi 15 novembre 2012
Les peuples européens se révoltent contre l’austérité
Italie,
Espagne, Grèce, Portugal, Belgique, France : c’était le premier grand
mouvement de révolte contre les politiques européennes d’austérité promue par
les technocrates européens et acceptée par les différents dirigeants des pays
concernés. Le début de la fin pour cette UE ?
Le crime
économique de l’UE
Jacques
Sapir a sonné la charge hier soir en titrant son dernier papier « Grèce : un crime se commet
sous nos yeux ! ». Et il a raison ! Les politiques qui
sont menées en Europe sont monstrueuses et inhumaines. Et elles sont d’autant
plus stupides que nous avons le précédent des années 1930 qui nous a démontré
que les politiques d’austérité en pleine crise ne font qu’aggraver le mal sans
même résoudre les problèmes qu’elles prétendent résoudre, comme
le montre le cas de la Grèce.
Bien sûr, hier,
François
Hollande a expliqué qu’il avait réorienté l’Europe. Dans la réalité,
absolument rien n’a changé. Le pseudo « plan de croissance » signé en
juin, et qui permet à l’équipe actuellement au pouvoir de signer la camisole
budgétaire de Nicolas Sarkozy qu’elle avait dénoncée, n’est qu’un « pistolet à eau contre un rhinocéros qui
charge » selon
Krugman. 0,2% de PIB par an d’investissement supplémentaire (seulement la
moitié des crédits sont nouveaux), c’est une goutte d’eau par rapport aux
efforts de réduction des déficits budgétaires qu’orchestrent cette Europe et
ses dirigeants.
Le plus
stupéfiant reste quand même que des dirigeants « socialistes »
acceptent de mettre en œuvre des politiques aussi ouvertement antisociales (en
Grèce, le SMIC a été baissé de 22% et même 32% pour les jeunes). Il est
désolant que François
Hollande fasse du désendettement et de la compétitivité ses priorités.
Comment ne se rend-il pas compte que cette
logique est totalement mortifère et sans fin ? Le pire est que les
ravages de ces politiques peuvent être constatés en Grèce et qu’ils ont été
dénoncés avec brio par les prix Nobel d’économie progressistes Krugman
et Stiglitz.
Quelle issue
pour la protestation ?
jeudi 20 octobre 2011
C’est en Grèce que l’Europe est devenue folle
Hier, a démarré une nouvelle grève générale en Grèce pour protester contre les multiples plans d’austérité qui saignent l’économie, au point de l’avoir déjà fait se contracter de plus de 12% en seulement trois ans. Si l’idée européenne est née à Athènes, elle y meurt tous les jours un peu plus aujourd’hui.
La folie de la saignée
Quand comprendront-ils ? Comment les dirigeants grecs et européens peuvent persister à ce point dans l’erreur alors que les conséquences sociales des politiques qu’ils mettent en place sont à ce point dramatiques ? Le taux de chômage, qui était de 7% il y a quatre ans, est passé à 16%. Le salaire des fonctionnaires a été amputé de 30%, les licenciements se multiplient, de nouveaux impôts semblent apparaître tous les mois.
jeudi 6 octobre 2011
Grèce : le naufrage de l’idée européenne
L’Europe, cela devait être la paix, la prospérité, l’harmonie entre les peuples. Aujourd’hui, des technocrates apatrides et irresponsables ont pris les commandes en Grèce, provoquant des manifestations et un ressentiment grandissant entre les peuples européens.
Honte sur l’Europe !
Comme le rapporte le Monde, un grand quotidien grec a évoqué « la torture chinoise de la goutte d’eau ». Cela fait maintenant des mois que la troïka misérable du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne ne cesse de faire des demandes à la Grèce. Bien sûr, les privatisations n’ont pas beaucoup avancé mais dans le contexte économique actuel, cela reviendrait à brader les actifs du pays. Bien sûr, le déficit ne baisse pas aussi vite que prévu.
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