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samedi 10 décembre 2016

mercredi 12 août 2015

Grèce : 3ème plan, toujours la même impasse

Hier, la Grèce et ses créanciers sont parvenus à un accord pour un troisième mémorandum, portant sur le prêt de 85 milliards d’euros supplémentaires à Athènes. Mais pourquoi ce plan, qui ressemble beaucoup à ses prédécesseurs, pourrait réussir là où les précédents ont échoué ?



Schéma de Ponzi austéritaire

Quand on prend un peu de recul, comment de ne pas être choqué par ce nouveau plan ? La Grèce ne parvient pas à rembourser 320 milliards de dettes : pas de problème, ses créanciers européens décident de lui en prêter 85 milliards de plus, sans la moindre restructuration. Mais ainsi, Athènes et ses créanciers se sont mis d’accord pour alourdir de plus de 25% une dette déjà trop lourde ! Comment croire que la Grèce pourra rembourser ? Déjà, en 2010, comme en 2012, comme de nombreux autres commentateurs, j’avais écrit qu’Athènes ne pourrait pas rembourser sa dette, que les hypothèses des plans étaient irréalistes et que nous aboutirions soit à un nouveau plan, soit à un défaut.

Nous restons exactement dans la même logique. On empile toujours plus de dettes sur le dos des Grecs alors que les montants actuels sont déjà trop lourds pour eux. Pire, la logique austéritaire subsiste puisque le solde budgétaire primaire doit passer de -0,25% du PIB cette année, avec la prise en compte d’un recul du PIB supérieur à 2%, à 3,5% en 2018 ! En trois ans, la Grèce, qui a déjà réalisé l’ajustement budgétaire le plus important de l’UE avec le Portugal, doit encore faire des efforts de près de 4 points du PIB, ce qui, selon le FMI, devrait provoquer un recul du PIB compris entre 4 et 6 points. Et pour un pays dont la dette pèsera 200% du PIB, cela représente un alourdissement de 10 points !

Sauvetage des créanciers et pas d’Athènes

dimanche 2 août 2015

En Grèce, la troïka rançonne encore les retraités pour épargner les millionnaires




Protection des millionnaires, nouvelle ponction des retraités

Mais que se passe-t-il dans la tête de la troïka pour pousser des idées aussi révoltantes ? D’une part, après avoir déjà obtenu une réduction de l’effort demandé aux entreprises bénéficiaires (par la réduction d’un tiers de la contribution supplémentaire demandée au titre de l’Impôt sur les Sociétés), la troïka exige maintenant que « l’impôt de solidarité soit ramené de 8% à 6% maximum pour les revenus supérieurs à 500 000 euros. Car, selon eux, le taux actuel encouragerait l’évasion fiscale ». D’abord, il faut noter que ce sont les règles imposées par cette même troïka qui permettent cette désertion fiscale… Ensuite, il est plus que révoltant que ceux qui ont demandé une baisse du salaire minimum de 22% (et 32% pour les jeunes) et de 45% de certaines retraites demandent un allègement de l’effort des millionnaires.

Pire, la troïka veut aussi « accélérer la suppression des retraites anticipées ou celle d’une prime spéciale aux faibles retraites (et) raccourcir le délai de la mise en place du départ à la retraite à 67 ans ». En clair, baisser plus encore des retraites dont certaines ont déjà chuté de 45%... Même le Monde souligne que « le gouvernement grec estime qu’il lui appartient de choisir comment répartir l’effort de l’impôt » et qu’une source de Syriza dénonce une mesure où « on voudrait de nouveau épargner les plus riches ». Tout ceci souligne à nouveau le caractère humiliant et totalitaire de la façon de faire de cette troïka avec la Grèce, dont on se demande bien pour quelle raison elle demande à réduire la contribution des millionnaires ou des entreprises bénéficiaires tout en demandant plus aux simples citoyens.

Alexis Tsipras, apprenti négociateur ?

mercredi 15 juillet 2015

Grèce : les créanciers se sont sauvés eux-mêmes

L’incroyable plan des dirigeants de la zone euro est souvent présenté comme permettant de sauver la Grèce et la zone euro. Et c’est bien plus cette dernière qui a été sauvée, et notamment les créanciers, qui se sont sauvés eux-mêmes avec un plan aussi illusoire, court-termiste, irresponsable qu’inhumain.



La troïka sauve… la troïka

Déjà, en 2010, le premier plan de sauvetage était bien plus destiné aux banques françaises et allemandes qu’aux pauvres Grecs. Bien sûr, certains noteront que les banques ont accepté de voir leurs créances à la baisse. Mais il est bien évident qu’en cas de défaut non accompagné de la Grèce avec une sortie de l’euro, l’addition aurait sans doute été bien plus lourde pour les banques. En revanche, difficile de soutenir que ces plans ont aidé d’une quelconque manière les Grecs, tant la facture a été lourde pour eux, bien plus que les créanciers d’alors ne les menaçaient s'ils sortaient de l’euro… Idem pour le plan de 2012, un moyen pour la troïka d’éviter un défaut qu’elle n’aurait pas organisé, et donc probablement bien plus sévère que celui qu’elle s’est auto-infligée, au prix d’une saignée de la Grèce.

Trois ans après, ce nouveau plan permet surtout à la troïka d’éviter de reconnaître la moindre perte sur les prêts faits à la Grèce. Ainsi, Athènes va pouvoir régler le FMI, puis la BCE, et devrait pouvoir, dans les trois prochaines années, honorer les échéances prévues. Angela Merkel, qui avait promis que les Allemands ne perdraient pas d’argent, préserve ainsi sa promesse faite aux électeurs allemands. D’où la volonté pourtant a priori totalement ubuesque, de rajouter 80 milliards de dette à la Grèce, alors même qu’elle n’arrivait plus à payer ses plus de 300 milliards de dettes ! Il est d’ailleurs étonnant que cela ne soit pas davantage noté, tellement cela montre les limites de l’accord de la zone euro de lundi.

Un accord irresponsable et inhumain


samedi 11 juillet 2015

Grèce : que penser de la proposition d’Alexis Tsipras ?




La drôle de capitulation ?

Bien sûr, à première vue, on peut penser qu’Alexis Tsipras a renié les résultats du référendum, acceptant les objectifs de la troïka, 1% d’excédent primaire cette année, 2% en 2016, 3% en 2017 et 3,5% en 2018, dans une poursuite (certes moins brutale) des politiques d’austérité qui ont mis son pays à genoux. Les retraites seront réduites, la TVA augmentée, les impôts des entreprises au niveau souhaité par le FMI, et comble du comble, on rajouterait encore une tranche de dette de 53 milliards. Pire, il est étonnant de ne proposer une renégociation de la dette qu’en octobre, même si le texte prévoit un « engagement contraignant ». On peut y voir une poursuite de la logique des plans du passé. Jacques Sapir note qu’il « faut bien reconnaître qu’il s’est (…) largement aligné sur les demandes de l’Eurogroupe ».

Mais, à ceux qui évoquent une capitulation, Sapir souligne que « la réponse est pourtant moins simple que ce qu’il paraît », sur une ligne proche de celle de Romaric Godin ou Coralie Delaume. Et l’étude à froid de ces propositions peut aller dans ce sens : marché du travail et petites retraites en partie protégés, demande d’un plan de financement de 3 ans, pour éviter la négociation permanente, ou levée de 35 milliards de fonds structurels pour relancer la croissance. Mais, comme le soutient Sapir, « ces propositions (…) correspondent très probablement à une erreur de stratégie (…) L’austérité restera la politique de la zone euro. Il n’y aura pas d’autre euro ». D’ailleurs, une partie de sa majorité râle.

Ne pas être celui qui refuse ?

lundi 6 juillet 2015

Raclée démocratique pour le plan de la troïka : merci aux Grecs et à Alexis Tsipras #OXI




Belle leçon de démocratie

Jacques Sapir avait bien raison de garder espoir en Alexis Tsipras, dont le choix très gaullien de remettre le destin de son pays et le sien dans les mains du peuple Grec est couronné par un immense succès. Le score de 60% démontre qu’une large majorité de la population refuse les diktats de la troïka qui n’ont menés qu’à une austérité inhumaine et contre-productive. Malgré la volonté de rester dans la monnaie unique et l’UE, les Grecs ont choisi de dire « non » à leurs créanciers, avec toutes les conséquences que cela peut comporter. Ce faisant, ils montrent que le refus de cette austérité monstrueuse passe avant tout le reste, prolongeant le choix fait en janvier, sauf qu’ici, Alexis Tsipras y gagne une majorité.

Mieux, outre la réponse à la question posée par le Premier Ministre, ce référendum a de nombreuses autres conséquences. D’abord, c’est un exemple qui montre à tous les peuples européens qu’il est possible de demander leur avis sur des questions importantes et qu’ils peuvent y dire « non ». Les eurobéats devront s’y soumettre ou assumer leur caractère totatlitaire. Et en remettant son destin dans la main des citoyens, Alexis Tsipras a sans doute gagné une reconnaissance éternelle des Grecs. L’exemple d’hier pèsera lourd demain car il sera très difficile de revenir sur le droit du peuple Grec à disposer de son destin. La tache du refus d’organiser un référendum fin 2011 est désormais en partie lavée.

Sortie de l’euro ou rafistolage temporaire ?

jeudi 2 juillet 2015

Référendum, négociations : les logiques du gouvernement grec




Partie de poker menteur

Tout l’enjeu dans la négociation actuelle est de savoir lire le jeu de son adversaire. S’il est plus inacceptable pour le gouvernement Grec de quitter la monnaie unique que de capituler aux exigences de ses créanciers, alors son jeu est faible. Du fait de tout ce que Tsipras avait cédé en cinq mois, et de l’habitude à obtenir ce qu’ils souhaitaient, malgré le bilan calamiteux des plans, il y a fort à parier que la troïka a cru avoir le meilleur jeu, d’où une demande de capitulation à la Grèce sans même daigner ouvrir le dossier de la restructuration de cette dette insoutenable. Mais en convoquant dans la nuit de vendredi un référendum pour dans 8 jours, Tsipras a sorti l’atout démocratique de sa manche.

Le délai d’annonce du référendum ne laisse pas le temps aux créanciers pour obtenir son annulation, juste le temps de se déshonorer et révéler leur caractère anti-démocratique. Ce faisant, Tsipras dit qu’il ne va pas enterrer ses promesses et tente un coup de poker : si le peuple dit « non », alors il reviendra plus fort dans la négociation. Ainsi, il semble indiquer qu’il est prêt à la rupture si les créanciers ne l’écoutent pas (ce qui est confirmé par le défaut du FMI), même s’il ne le dit pas clairement, peut-être pour ne pas effrayer les Grecs, à moins qu’il ne soit pas prêt. Mais qui sait si les créanciers préfèrent céder sur les demandes faites à Athènes plutôt que de prendre le risque qu’Athènes quitte l’euro ?

Tsipras : europrogressiste ou libérateur de son pays ?

dimanche 28 juin 2015

Grèce : la belle révolte démocratique d’Alexis Tsipras




Belle réponse à proposition indécente

Mais qu’a-t-il pu passer dans la tête de la troïka pour pousser aussi loin l’humiliation de la Grèce avec les propositions indécentes signifiées en rouge jeudi ? Comment pouvaient-ils imaginer une seconde que le gouvernement Grec pourrait accepter un tel reniement de son programme de début d’année ? On pourrait penser qu’ils ont agi sciemment pour aller à la rupture, mais je ne crois pas que ce soit le cas. On peut penser qu’ils ont à la fois trop pris l’habitude de pouvoir imposer les politiques qu’ils souhaitent sans que les gouvernements en place refusent et que les concessions du gouvernement Grec depuis cinq mois les ont poussé à coire qu’ils pouvaient obtenir toujours plus.

Bien sûr, les créanciers proposaient 15 milliards d’euros de refinancement pour 5 mois. Mais la proposition était une arnaque. D’abord, la somme proposée provient d’enveloppes existantes, il n’y a rien de nouveau. Et pour l’obtenir, Athènes devait signer une reddition en bonne et due forme sans rien obtenir sur le montant de la dette, tout en ne couvrant son financement que pour cinq mois, restant donc à la merci d’une nouvelle négociation à la fin de cette nouvelle échéance… Samedi, Alexis Tsipras a répondu ainsi : « Après 5 mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum (…) Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité (…) Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté (…) nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple Grec ».

Le vrai visage de cette Europe

vendredi 26 juin 2015

Lettre ouverte à Syriza : la rupture est possible et nécessaire

Depuis cinq mois, la situation est tendue entre vous et vos créanciers. Votre gouvernement alterne les chauds et froids au point qu’il est difficile de savoir quelle pourrait être l’issue de cette nouvelle crise. A quelques jours de la fin de ce chapitre, j’espère que les intérêts du peuple Grec vont prévaloir.


De l’indécence des créanciers

Sans doute encouragée par ce que vous avez semblé céder dernièrement, l’ex-Troïka a cru bon renvoyer vos propositions corrigées en rouge, façon professeur, comme le révèle Marianne. On peut comprendre des discussions sur les objectifs, le phasage attendu, ou la crédibilité des mesures proposées. Mais ici, non seulement la troïka prétend fixer les objectifs mais aussi la manière dont ils sont atteints. Et cette manière a un sens, entre protection des entreprises (réduction de la hausse de l’impôt sur les sociétés, suppression de la taxe exceptionnelle sur les profits et protection des labos pharmaceutiques), et ménages qui règleront la nouvelle hausse de la TVA et subiront la baisse des retraites.

Bien sûr, certaines réformes ne sont peut-être pas inutiles. Mais la plupart de ceux qui pointent le coût trop élevé des retraites (16% du PIB), oublient que les plans inhumains et inefficaces ont réduit le PIB de votre pays de 25%, augmentant le poids relatif des retraites. Et puis, il est totalement indécent et infantilsant de traiter votre pays comme un il est depuis 5 ans, comme vous l’aviez dit dans votre campagne gagnante en janvier. Le document de la troïka est un nouvel exemple de ce qui doit être refusé, autant pour le fond que pour la forme. La crise de votre pays est le fruit des plans conçus par ces cerveaux malades et inhumains, malgré les avertissements donnés par beaucoup d’entre nous.

Courage d’Achille, ruse d’Ulysse ?

mardi 16 juin 2015

La Grèce et la zone euro entre bluff et chantage




Qui a le plus peur de l’autre ?

La situation actuelle est extrêmement complexe. Pour pouvoir faire céder l’autre partie, il faut apparaître plus résolu, et même prêt à assumer une rupture. Mais personne ne sait si l’Union Européenne est véritablement prête à laisser Athènes sortir de la zone euro et faire défaut plutôt que céder à ses demandes : après tout, la sortie pourrait enclencher le processus de démantèlement de cette construction européenne. Mais de l’autre côté, Tsipras est-il véritablement prêt à quitter la zone euro plutôt que de céder aux diktats de la troïka ? Du coup, difficile de savoir si les fuites concernant une préparation d’un défaut grec représentent une véritable préparation ou une posture destinée à faire peur à Athènes.

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a affirmé que l’UE bluffe en affirmant « ne pas croire que les partenaires européens de la Grèce laisseront son pays sortir de la zone euro ». Et si les dirigeants européens ne étaient pas prêts à laisser tomber une carte de leur château ? Il a affirmé qu’il ne « pense pas qu’il y ait un seul responsable européen sensé qui souhaite prendre ce risque » et a dit espérer que l’UE et le FMI bluffaient dans les négociations. Mais, les discussions démarrées samedi dernier n’ont pas abouti puisque les négociateurs des deux parties se sont séparés dimanche. Elles doivent reprendre jeudi, lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro.

Le chantage de la zone euro

samedi 13 juin 2015

La Grèce au bord de la rupture avec la zone euro




Les négociations dans l’impasse

En arrivant au pouvoir, Alexis Tsipras a beaucoup cédé, au point d’inquiéter. Mais, depuis quelques jours, comme l’a noté Romaric Godin, de la Tribune, le gouvernement semble aborder les négociations dans un état d’esprit beaucoup plus combatif. La troïka demandait de nouvelles coupes sombres dans les retraites, d’1,8 milliard d’euros, soit près d’1% du PIB. Non seulement Tsipras refuse cette demande, mais il avait promis de revaloriser les petites retraites. Et en plus, le Conseil d’Etat a invalidé mercredi une partie des baisses de retraite décidées fin 2012. Cela devrait provoquer une revalorisation de 5 à 15% des retraites de plus de 1000 euros par mois, soit 1 à 1,5 milliards d’euros.


Refuser une saignée inhumaine

mardi 9 juin 2015

Zone euro : et si le fil grec finissait par casser ?




La pression monte…

Dans la partie de poker que la Grèce joue avec ses créanciers, le gouvernement de Syriza vient de marquer un gros point. En effet, il a pris la décision unilatérale de grouper au 30 juin toutes les créances qu’Athènes devait rembourser au FMI ce mois-ci, dont une de 300 millions d’euros qui devait être honorée la semaine dernière, en utilisant une clause du règlement du FMI qui n’avait été utilisée qu’une seule fois dans l’histoire de l’institution, il y a 30 ans, en vertu de laquelle les pays membres peuvent regrouper des versements de courte durée en un seul. Le 30 juin, Athènes devra rembourser 1,6 milliards d’euros au total au FMI. Sans doute une manière de mettre la pression à ses créanciers ?


Verdict dans 3 semaines

mercredi 25 février 2015

Syriza a-t-il capitulé face à l’Eurogroupe ?

Il y a exactement un mois, les Grecs votaient pour mettre fin à la tutelle antisociale de leur pays par la troïka. Même si Alexis Tsipras semble encore très populaire et s’il est trop tôt pour émettre un jugement définitif, le nouveau gouvernement semble avoir beaucoup cédé vendredi et hier.



Capitulation en rase campagne ?

C’est la question qui se pose de plus en plus depuis le premier accord de vendredi. L’accord très rapide de l’Eurogroupe aux propositions de Tsipras incite sérieusement à la méfiance. D’ailleurs, le Monde a titré dans un premier temps son papier « la Grèce de Tsipras se plie aux exigences de Bruxelles » et parle des remous que suscite au sein de la majorité tout ce qui a été cédé depuis une semaine. En fin de semaine, pas moins de quatre parlements nationaux, allemand, hollandais, estonien et finlandais, devront se prononcer sur les propositions du nouveau gouvernement grec. En cas de refus, le prolongement du plan grec ne serait pas confirmé. Le contenu de ces propositions est très inquiétant.


Faut-il abandonner tout espoir ?

jeudi 5 février 2015

Grèce : entre épreuve de force et ouverture au compromis

Depuis quelques jours, la situation semble se tendre en Grèce, entre un Juncker qui dénie le principe même de démocratie et Alexis Tsipras qui multiplie les déclarations chocs. Mais au bout, je persiste à croire qu’un compromis devrait finir par être trouvé entre les dirigeants européens et Athènes.



La tension qui monte

Le nouveau gouvernement grec maintient la pression sur ses créanciers tortionnaires. D’abord, il a mis un coup d’arrêt aux privatisations qui faisaient pourtant partie du plan de la troïka, alors même que les ventes restent minimes par rapport à ce qui était prévu. Plus fort encore, la Grèce s’est dite prête à se passer des 7 milliards d’euros que l’UE doit verser dans quelques semaines et le nouveau ministre des finances a déclaré qu’il ne souhaitait pas négocier « avec une commission branlante, la (délégation de la) troïka ». Quand on sait en plus qu’Alexis Tsipras semble pouvoir compter sur la Russie s’il ne trouve pas d’accord avec l’UE et qu’une option argentine reste possible, la pression est sur l’Europe.

Et elle monte doublement. D’abord, l’équation grecque divise les créanciers de la Grèce, entre Berlin qui semble rester intransigeant, et Paris plus ouvert aux demandes de Tsipras, pas à une incohérence près, mais qui y voit un gain politique potentiel. Mais en plus, le séisme grec se répercute sur tout le continent. En Espagne, c’est un encouragement formidable pour Podemos, qui semble en mesure de prendre le pouvoir dans quelques mois et a organisé une grande marche il y a quelques jours. Mieux, la renégociation en cours pose problème en Irlande, où le gouvernement a appliqué les potions amères de la troïka, ce qui amène les citoyens à se demander s’ils n’auraient pas pu être plus durs avec l’UE.

L’accord reste probable

vendredi 13 décembre 2013

En Grèce, assistons-nous à un crime contre l’humanité ?


Les mots manquent quand on décrit ce qui se passe en Grèce depuis trois ans. Hier, les émissaires de la Troïka sont revenus à Athènes pour de nouvelles négociations, alors qu’un projet de budget pour 2014 doit être voté demain. Les plans européens ont produit une situation révoltante.



Un massacre social

Bien sûr, la notion de crime contre l’humanité a un sens, précis, et il peut paraître excessif de l’appliquer à ce qui passe en Grèce. Quoique… Après tout, en 2012, le nombre de suicides a augmenté de 26%. Médecins du Monde s’alarme du fait que près de 30% de la population vit désormais sans couverture sociale, avec une baisse des vaccinations et une augmentation de 21% des embryons morts nés. On peut également rappeler que le PIB a baissé de 25%, le pouvoir d’achat de la population de 40%, que le taux de chômage dépasse 25%, et même 50% pour les jeunes, que le SMIC a été baissé de 22%, et même 32% pour les jeunes et enfin qu’1% de la population a quitté le pays en 2011 !

S’il existait une notion de crime économique, il est évident que les plans (que Médecins du Monde a encore la naïveté de qualifier « de sauvetage ») qui sont mis en œuvre dans ce pays seraient de bons candidats pour être qualifiés de la sorte. Les émissaires de la troïka veulent discuter du déficit pour l’année prochaine, qu’ils estiment plus important que les autorités du pays. Ils veulent également une levée du moratoire sur les saisies immobilières, qui protège plus de 150 000 ménages des banques. La troïka n’a aucun scrupule à protéger les banques des conséquences de la crise mais n’a que faire du sort de ces ménages que la crise a envoyé dans le mur, dans un acte d’une incroyable inhumanité.

Vers une révolte démocratique ?

vendredi 14 juin 2013

La télévision grecque, nouvelle victime de la troïka


Evènement rarissime, les autorités grecques ont décidé de fermer le service public audiovisuel avant d’en rouvrir un, beaucoup moins cher, très prochainement. Il est un peu facile de mettre en accusation le gouvernement local, qui ne fait qu’essayer de suivre la feuille de route de la troïka.

Scène de violence habituelle

Bien sûr, la décision du premier ministre, Antonio Samaras, est extrêmement violente, notamment vis-à-vis des salariés du service public, qui se retrouvent congédiés du jour au lendemain. Même s’il y avait des abus dans la gestion d’ERT, le procédé est peu civilisé, d’autant plus que certains soulignent le caractère politique de cette décision du fait des orientations politiques de la chaine publique, soutenue par le Pasok et Nouvelle Démocratie, qui appellent à la réouverture. L’Etat annonce vouloir passer de 2600 à 1200 salariés pour un budget réduit des deux tiers, à 100 millions d’euros.



Néanmoins, comment ne pas voir dans cette décision brutale une simple application à l’audiovisuel public des recettes concoctées par la troïka, qui ont abouti à 6 années consécutives de baisse du PIB, un taux de chômage multiplié par 4 ? Certes, cette décision est violente, mais la décision de baisser le SMIC de 22% (et de 32% pour les jeunes) l’était tout autant, de même que les baisses massives du salaire des fonctionnaires. Il faut se rendre compte également que le pays est embarqué dans un processus de ventes massives du service public, qui vont totalement démanteler l’Etat.

La troïka mène une expérience monstrueuse de régression sociale et économique dont la violence se diffuse dans la société. Ce n’est pas pour rien que les néo-nazis d’Aube Dorée sont aujourd’hui la troisième force politique du pays. A la violence de cette Europe qui les torture répond la violence du gouvernement vis-à-vis de ses fonctionnaires, devenus de simples coûts qu’il faut réduire, et la violence d’une partie de la population en révolte contre ce traitement de choc, quand elle n’est pas résignée. La fermeture d’ERT et la montée d’Aube Dorée sont les enfants de la troïka.

Une grave erreur d’aiguillage

jeudi 15 novembre 2012

Les peuples européens se révoltent contre l’austérité


Italie, Espagne, Grèce, Portugal, Belgique, France : c’était le premier grand mouvement de révolte contre les politiques européennes d’austérité promue par les technocrates européens et acceptée par les différents dirigeants des pays concernés. Le début de la fin pour cette UE ?

Le crime économique de l’UE

Jacques Sapir a sonné la charge hier soir en titrant son dernier papier « Grèce : un crime se commet sous nos yeux ! ». Et il a raison ! Les politiques qui sont menées en Europe sont monstrueuses et inhumaines. Et elles sont d’autant plus stupides que nous avons le précédent des années 1930 qui nous a démontré que les politiques d’austérité en pleine crise ne font qu’aggraver le mal sans même résoudre les problèmes qu’elles prétendent résoudre, comme le montre le cas de la Grèce.

Bien sûr, hier, François Hollande a expliqué qu’il avait réorienté l’Europe. Dans la réalité, absolument rien n’a changé. Le pseudo « plan de croissance » signé en juin, et qui permet à l’équipe actuellement au pouvoir de signer la camisole budgétaire de Nicolas Sarkozy qu’elle avait dénoncée, n’est qu’un « pistolet à eau contre un rhinocéros qui charge » selon Krugman. 0,2% de PIB par an d’investissement supplémentaire (seulement la moitié des crédits sont nouveaux), c’est une goutte d’eau par rapport aux efforts de réduction des déficits budgétaires qu’orchestrent cette Europe et ses dirigeants.

Le plus stupéfiant reste quand même que des dirigeants « socialistes » acceptent de mettre en œuvre des politiques aussi ouvertement antisociales (en Grèce, le SMIC a été baissé de 22% et même 32% pour les jeunes). Il est désolant que François Hollande fasse du désendettement et de la compétitivité ses priorités. Comment ne se rend-il pas compte que cette logique est totalement mortifère et sans fin ? Le pire est que les ravages de ces politiques peuvent être constatés en Grèce et qu’ils ont été dénoncés avec brio par les prix Nobel d’économie progressistes Krugman et Stiglitz.

Quelle issue pour la protestation ?


jeudi 20 octobre 2011

C’est en Grèce que l’Europe est devenue folle


Hier, a démarré une nouvelle grève générale en Grèce pour protester contre les multiples plans d’austérité qui saignent l’économie, au point de l’avoir déjà fait se contracter de plus de 12% en seulement trois ans. Si l’idée européenne est née à Athènes, elle y meurt tous les jours un peu plus aujourd’hui.

La folie de la saignée

Quand comprendront-ils ? Comment les dirigeants grecs et européens peuvent persister à ce point dans l’erreur alors que les conséquences sociales des politiques qu’ils mettent en place sont à ce point dramatiques ? Le taux de chômage, qui était de 7% il y a quatre ans, est passé à 16%. Le salaire des fonctionnaires a été amputé de 30%, les licenciements se multiplient, de nouveaux impôts semblent apparaître tous les mois.

jeudi 6 octobre 2011

Grèce : le naufrage de l’idée européenne


L’Europe, cela devait être la paix, la prospérité, l’harmonie entre les peuples. Aujourd’hui, des technocrates apatrides et irresponsables ont pris les commandes en Grèce, provoquant des manifestations et un ressentiment grandissant entre les peuples européens.

Honte sur l’Europe !

Comme le rapporte le Monde, un grand quotidien grec a évoqué « la torture chinoise de la goutte d’eau ». Cela fait maintenant des mois que la troïka misérable du FMI, de la BCE et de la Commission Européenne ne cesse de faire des demandes à la Grèce. Bien sûr, les privatisations n’ont pas beaucoup avancé mais dans le contexte économique actuel, cela reviendrait à brader les actifs du pays. Bien sûr, le déficit ne baisse pas aussi vite que prévu.