samedi 13 juin 2015

La Grèce au bord de la rupture avec la zone euro




Les négociations dans l’impasse

En arrivant au pouvoir, Alexis Tsipras a beaucoup cédé, au point d’inquiéter. Mais, depuis quelques jours, comme l’a noté Romaric Godin, de la Tribune, le gouvernement semble aborder les négociations dans un état d’esprit beaucoup plus combatif. La troïka demandait de nouvelles coupes sombres dans les retraites, d’1,8 milliard d’euros, soit près d’1% du PIB. Non seulement Tsipras refuse cette demande, mais il avait promis de revaloriser les petites retraites. Et en plus, le Conseil d’Etat a invalidé mercredi une partie des baisses de retraite décidées fin 2012. Cela devrait provoquer une revalorisation de 5 à 15% des retraites de plus de 1000 euros par mois, soit 1 à 1,5 milliards d’euros.


Refuser une saignée inhumaine

La Grèce pose un problème insoluble. En effet, plusieurs pays créditeurs veulent protéger leurs créances à tout prix, sans se rendre compte que l’austérité ne fait qu’empirer la situation. Pire, céder à Athènes pourrait déclencher une réaction en chaine et pousser d’autres capitales à demander une renégociation des plans tyranniques exigés par l’Union Européenne. Mais l’alternative, c’est une sortie de la Grèce de la zone euro et un défaut. Le premier était censé être impossible, même si l’histoire dit le contraire. Pire, une réussite de la sortie serait une incitation formidable au démantèlement de cette monstruosité monétaire. Et les créanciers devraient gérer un défaut qui poserait bien des problèmes.

Les demandes inhumaines de la nouvelle troïka imposent à Tsipras de refuser de nouvelles coupes dans les retraites, pour dégager un excédent primaire qui plongerait le pays dans une dépression permanente, une forme de saignée sans fin. Aujourd’hui, le gouvernement semble résolu à refuser cette tutelle tortionnaire. Et si les dirigeants européens préfèrent prendre le risque d’une première sortie de la zone euro, alors l’issue est d’ors et déjà certaine. Si et seulement si, pour un des deux parties, la rupture n’est pas concevable, alors un compromis pourra alors être trouvé puisque celui qui ne voudra pas rompre sera prêt à revoir ses exigences. Le texte du compromis permettra de dire de qui il s’agit…

Il semble que d’ici quinze jours, la crise grecque qui dure depuis plus de cinq ans devrait prendre fin. Cette fin ne serait que temporaire si jamais Tsipras venait à céder à la nouvelle troïka et rester dans la zone euro. Mais la possibilité d’une fin définitive et d’une sortie de la zone euro semble grandir. 

24 commentaires:

  1. L'épisode est interessant car il va clarifier les choses. Quel est, du point de vue, non pas des dirigeants européens qui n'ont que l'apparence du pouvoir, mais de l'oligarchie financière internationale, le plus important?
    Maintenir l'euro et les énormes profits qu'il permet de faire, notamment par les dettes souveraines, ou bien de sauver la Grèce?
    Leur véritable problème est certainement la fragilisation de l'euro au cas ou la Grèce le quitterait. Apparemment, ce cas n'avait pas été prévu par les promoteurs de la monnaie unique qui commencent à réaliser qu'ils sont en train de se prendre à leur propre piège.

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  2. Il y a encore une délégation grecque qui s’est rendue à Bruxelles pour tenter de trouver un accord pendant le Week-End. Avec une mauvaise traduction automatique du grec au français sur le site « capital.gr », je comprends quand même que si la partie grecque continue d’affirmer qu’on est très proche d’un accord (ça fait déjà un moment qu’elle répète qu’un accord est imminent est proche, ce qui s’est toujours avéré faux), la réalité est que les créanciers non seulement continuent de demander des mesures que le gouvernement grec ne veut pas appliquer mais, en outre, ils ne veulent pas entendre parler d’une restructuration de la dette dans l’immédiat. Instruits sans doute par la restructuration finalement ratée de 2012, ils ne veulent pas renouveler l’expérience dans l’état calamiteux où se trouve l’économie grecque aujourd'hui.

    Donc la logique économique est à une sortie de la Grèce de la zone euro accompagnée d’un défaut sur la dette, à moins que l’une des deux parties cède à la dernière minute, ce qui est peu probable. Il y a des échéances de remboursement que la Grèce de devrait pas pouvoir passer (1,6 milliards d’euros pour le FMI le 30 juin et 3,5 milliards d’euros pour la BCE le 20 juillet).

    https://fr.news.yahoo.com/leurope-ne-souhaite-pas-une-091512702.html

    Citation de ce lien :

    "Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, affirme ne pas croire que les partenaires européens de la Grèce laisseront son pays sortir de la zone euro au moment où Athènes tente de conclure un accord avec ses créanciers avant la date du 30 juin. Interrogé sur la possibilité de voir la Grèce abandonner la monnaie commune européenne, Varoufakis a déclaré à la BBC qu'il ne pensait pas qu'un seul dirigeant européen souhaitait voir cette option se réaliser."Je ne pense pas qu'il y ait un seul responsable européen sensé qui souhaite prendre ce risque", a-t-il affirmé. Interrogé pour savoir s'il estimait que l'Union européenne et le Fonds monétaire international "bluffaient" dans les négociations, il a ajouté: "j'espère que c'est le cas".

    Saul


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    1. "ne pas croire" c'est une formule de négociation...

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  3. Le Grexit risque d'être bien plus douloureux pour la Grèce que la sortie argentine du dollar. L'Argentine avait bien plus d'atouts à l'époque que la Grèce actuellement. Si il y a un Grexit catastrophique pour la Grèce, ça ne fera que dissuader les autres pays de sortir de l'Euro et renforcer celui ci.

    C'est bien pour ça que Tsipras, Varoufakis et la population grecque ne se précipitent pas vers la porte de sortie...

    Le Grèce est un pays vérolé par son oligarchie, tout comme la France est vérolée par ses pseudos-élites, y compris dans les entreprises françaises dont les directeurs sont des calamités. La France coule d'abord et avant tout à cause de la médiocrité de ses entreprises dirigées par des mafieux incompétents.

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  4. ATHENES (Reuters) - Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a proposé samedi que le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds d'urgence de la zone euro, accorde un nouveau prêt sur trente ans à la Grèce, à un taux d'intérêt de 1,5%, et que le MES rachète pour 27 milliards d'euros d'obligations souveraines grecques détenues par la Banque centrale européenne (BCE).
    Cela permettrait à la Grèce de rembourser comme prévu en juillet et en août à la BCE 6,7 milliards d'euros et d'étendre le délai de remboursement du reste de sa dette, a-t-il dit au journal Realnews.
    Alors que les négociations doivent reprendre ce samedi à Bruxelles, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est dit prêt à accepter des compromis douloureux pour parvenir à un accord avec les créanciers d'Athènes à condition d'obtenir en retour un allègement de la dette, qu'exclut l'Allemagne.

    https://fr.news.yahoo.com/le-ministre-grec-des-finances-172746904.html

    Saul


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  5. Cette situation dans laquelle des dirigeants politiques et des technocrates européens privilégiés, grassement payés au service de la finance est insupportable. Où sont passés les valeurs et la vertu dont les bobos et les bien pensants d'ici se réclament à tout bout de champ ? Combien de temps les maîtres de l'UE vont-ils continuer à torturer les peuples, à les mener au désastre ? Et nous, combien de temps allons-nous supporter cette dictature ?

    DemOs

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  6. DemOs

    La dictature grecque existait avant l'Euro, ainsi ensuite la corruption des oligarques grecs, ce pays était déjà envahi par la gangrène avant son entrée dans l'Euro qui ne fait que mettre à jour ses problèmes après les avoir cachés, la merde finit toujours par remonter à la surface, d'une manière ou d'une autre.

    Avec ou sans l'Euro, un pays vérolé finit par tomber, c'est inéluctable, et le tour de la France viendra, Euro ou pas. La France est pourrie de l'intérieur, l'Euro n'y est pas pour grand chose. Ce serait arrivé sans l'Euro.

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    1. Non, ça ne serait pas arrivé sans l'euro.

      Non, ça ne serait pas arrivé sans le soit-disant "libéralisme".

      Tous le pays d'Europe sans trop endettés, trop surendettés, tous ! même l'Allemagne.
      C'est juste qu'il y a des pays trop surendettés à qui on fait confiance. Et des pays trop surendettés auxquels on ne fait pas confiance.

      En clair, c'est idéologique.

      Les dettes des Etats sont devenus des eldorados...

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    2. @ Anonyme 13 juin 2015 23:16

      Bien entendu, l'UE et l'euro ne sont pas responsables de la peste de Londres de 1665, ni du tsunami de décembre 2004, mais ils sont un facteur puissant de désintégration des économies et, au-delà, des sociétés européennes.

      Il est aisé de comprendre que les 28 pays de l'UE, aussi différents par leurs ressources, leur fiscalité, leurs prix, leurs salaires ... ne peuvent pas vivre avec une monnaie unique. Cette organisation conduit à faire faire un 100 mètres à des gens de 7 à 77 ans pesant de 20 à 100 kilos en affirmant que la compétition est loyale. Un seul exemple suffit : comment des entreprises versant des salaires mensuels allant de 200 euros à 1300 euros par mois peuvent-elles coexister sauf à ce que, rapidement, toutes ne versent que 200 euros ?

      L'euro, cheval de bataille (cheval de Troie) de l'UE, est un formidable levier au service des puissants, individus et multinationales, pour déréguler et s'en mettre plein les poches. Pour nous, c'est un système à la main des technocrates bruxellois qui crée de la précarité et de la pauvreté sans que nous ayons rien à y dire.

      Si ce système injuste et anti-démocratique vous convient, si vous aimez l'idée que votre pays soit bâillonné, bafoué, dirigé depuis Bruxelles ou Francfort, qu'il soit à quatre pattes devant les Etats-Unis, c'est votre affaire. Pour ma part, la souveraineté de la France me va bien et, quand je pense Europe, je vois tout autre chose que ce monstre décervelé, faible devant les puissants et sans pitié pour les faibles.

      DemOs

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  7. Abd_Salam14 juin 2015 02:20

    Les dettes USA, GB, Japon... c'est aussi la faute de l'Euro peut être ?

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    1. C'est la faute aux politiques ultra-libérales.

      l'euro cher est un outil de politique ultra-libérale.

      Vous prenez soin de ne pas répondre à chaque point que j'ai soulevé.
      C'est intéressant comme preuve de mauvaise foi.

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  8. @ Cliquet

    Cela va également clarifier les choses concernant Syriza : rêve illusoire européen ou protection du peuple Grec ?

    @ Saul

    Encore merci pour votre vigie de l’information !

    @ Anonyme 20h48 & 23h16

    En faisant défaut sur la dette astronomique, inremboursable et qui fait du pays l’esclave de ses créanciers, la Grèce s’en tirera mieux. Et une forte dévaluation sera très profitable pour un pays qui vit du tourisme.

    L’euro est largement responsable de la situation (même si cela n’enlève rien à d’autres problèmes du pays) car il a provoqué un effondrement des taux artificiel (du fait du mauvais jugement des marchés financiers), qui a permis de dépenser de la sorte, tout en pénalisant la production du fait d’une monnaie bien trop chère pour le pays.

    @ Démos

    Tôt ou tard, cela provoquera une prise de conscience qui aboutira à une révolution pacifique et démocratique

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  9. "qui fait du pays l’esclave de ses créanciers, la Grèce s’en tirera mieux"

    Les créanciers n'ont pas mis un pistolet sur la tempe de la Grèce pour que celle ci s'endette au delà du nécessaire.

    Pas du tout sûr qu'elle s'en sorte mieux dans un Grexit très peu probable vu les risques dont sont conscients les grecs :

    What are the risks of the so-called Grexident—something going wrong and Greece exits the eurozone and adopts a new currency in this confrontational scenario? Not zero for sure, but actually very close to zero. Introducing a new currency is no trivial matter, especially for an incompetent government like Syriza, but the threat of massive capital flight would likely stop the process before it started. As discussed before here, Greek public sector workers and retirees are not likely to accept being paid in a piece a paper (IOU) signed by Finance Minister Yanis Varoufakis. And certainly the foreign suppliers of essentials like food, medicine, and energy to the Greek economy would balk.

    http://blogs.piie.com/realtime/?p=5048#.VX032LmvKXM.twitter

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  10. Laurent Herblay14 juin 2015 14:15

    Il est assez farce de votre part de prétendre qu'un pays comme la Grèce n'ayant que le tourisme puisse s'en sortir quand par ailleurs vous fustigez la désindustrialisation de la France qui vit de plus du tourisme.

    L'Argentine a quitté le dollar en ayant de nombreux produits exportables en une période où l'économie mondiale achetait ses produits, et pourtant l'Argentine est encore mal en point, alors je vous laisse imaginer ce qu'il en serait de la Grèce en bien plus mauvaise position que l'Argentine lors de son défaut.

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    1. Charles Gave (libéral pur jus) :

      "La banque commerciale Grecque de base n’a plus de dépôts et donc plus de cash, mais elle a en réserve d’importantes quantités de bons du Trésor Grecs, émis pour financer le déficit budgétaire Grec par le passé. Notre banque commerciale présente donc ces bons à la banque centrale Grecque, pour réescompte. Laquelle les présente à la BCE, pour avoir du cash. Et les transmet à la banque commerciale Grecque qui peut financer les retraits. Et ce cash se retrouve dans les poches …des citoyens Grecs.

      Le trésor de guerre est dans les mains des citoyens Grecs et ces sommes resurgiront des que la Drachme sera recréée. On parle déjà de plus de 100 milliards d’Euro avancés par la BCE à la banque centrale de Grèce. .

      Ce petit jeu durera aussi longtemps que la BCE escomptera et donc le gouvernement Grec a tout intérêt à faire ses échéances aussi longtemps qu’il le peut puisque tant qu’il paye 500 millions, les citoyens Grecs peuvent tirer 5 milliards. Le but du gouvernement Grec est à l’évidence de faire trainer les choses le plus longtemps possibles en espérant que la BCE ne va pas siffler la fin de la partie, ce qui la forcerait à prendre ses pertes immédiatement. La BCE est donc dans une situation ou si elle arrête les financements, elle perd puisque cela forcerait la Grece a sortir et si elle ne les arrête pas, elle perd aussi.
      [...]
      Quand la musique s’arrêtera, l’Etat Grec fera défaut sur 300 milliards, ces 300 milliards étant en grande partie dans les comptes de citoyens Grecs en dehors de Grèce, ou en billets de banque en Euro, qui resteront parfaitement valables. Quand la Grèce sortira de l’Euro, les citoyens Grecs auront donc une forte hausse de la valeur de leur épargne, ce qui leur permettra de consommer à nouveau. Quand la Drachme sera réintroduite, elle baissera de 50 % ou plus, ce qui permettra à l’économie Grecque de repartir comme une fusée. Je viens de passer quatre jours à Rhodes, où 80 % de l’activité provient du tourisme. Question : Qui ira en Espagne, en Italie ou en France pour payer deux fois plus cher qu’en Grèce? Réponse, personne."

      http://institutdeslibertes.org/ne-jamais-croire-un-grec-surtout-sil-tamene-un-present/

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  11. Gave raconte n'importe quoi. Il passe des vacances à Rhodes et en déduit que le tourisme va sauver la Grèce, c'est ridicule.

    La Turquie est bien moins chère que la Grèce et pourtant il y a encore des touristes en France, Italie, Grèce, Espagne...

    Comme si les touristes déterminaient le leur lieu de vacances uniquement en fonction de la monnaie. Par ailleurs, le tourisme en Grèce nécessite toutes sortes de produits que la Grèce doit importer, nourriture, moyens de transport, énergie, matériel de climatisation... donc le retour à la drachme fera exploser ces coûts nécessaires pour faire fonctionner le tourisme en Grèce.

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  12. Faudra que Gave explique pourquoi l'épargne grecque partie à l'étranger reviendra dans une Grèce sortie de l'Euro et en pleine déconfiture. En général, les économies qui coulent n'attirent pas les capitaux, donc l'épargne grecque partie ne reviendra pas de sitôt en Grèce.

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  13. @ Anonyme 14h58

    Non dans un premier temps (les marchés qui ont prêté à la Grèce beaucoup moins cher, avant la crise de 2008), mais les créanciers ont également une responsabilité. En revanche, depuis 2010, on peut penser que les plans européens se faisaient un peu avec un pistolet sur la tempe.

    On verra bien, mais je pense qu’une sortie se passerait bien

    @ Anonyme 15h09

    Cela aiderait son industrie également. Sur l’Argentine, il ne faut pas exagérer. Le bilan de 2002-2015 reste largement positif, et la part des matières premières exportables dans la croissance réalisée depuis est bien limitée.

    @ Bip

    D’abord, il est possible de restaurer un contrôle des capitaux (comme à Chypre). Ensuite, il est ridicule de parler de perte sur l’épargne des Grecs du fait de la baisse du cours de la monnaie car cela ne concerne que ceux qui vont faire du tourisme à l’étranger, soit une infime minorité. Et il est ridicule de penser que cela pourrait mettre fin au tourisme en Espagne, en Italie ou en France.

    @ Anonyme 17h58

    Merci

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    1. "D’abord, il est possible de restaurer un contrôle des capitaux (comme à Chypre)."

      Mais ce n'est pas actuellement dans l'intérêt de la Grèce si elle compte faire défaut et retrouver la drachme...

      "Ensuite, il est ridicule de parler de perte sur l’épargne des Grecs du fait de la baisse du cours de la monnaie car cela ne concerne que ceux qui vont faire du tourisme à l’étranger, soit une infime minorité."

      Entre des euros sur un compte qui seront transformés en drachmes et un billet en euros qui pourra être échangé contre des drachmes, il y a une sacré différence. Pour n'importe qui !

      "Et il est ridicule de penser que cela pourrait mettre fin au tourisme en Espagne, en Italie ou en France."

      Oui c'est exagéré. Mais vu les infrastructures grecques en termes de tourisme, si les prix y baissent en euros de 50%, ça ne peut leur faire que du bien. Et mécaniquement, ça n'en fera pas à leurs concurrents.

      ps : je crois que bien avoir vu ce genre de raisonnement ailleurs et notamment chez Sapir

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  14. La Grèce et ses créanciers au bord de la rupture:

    https://fr.news.yahoo.com/ath%C3%A8nes-juge-r%C3%A9clamations-cr%C3%A9anciers-irrationnelles-173038755.html

    A Bruxelles, la Grèce et ses créanciers se séparent sans accord:

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/a-bruxelles-la-grece-et-ses-creanciers-se-separent-sans-accord-484016.html#xtor=AL-13

    Extrait du premier lien :

    « Les discussions entre la Grèce et ses créanciers, UE et FMI, semblent plus près que jamais du point de rupture, après un nouvel échec dimanche des négociations sur la poursuite du financement du pays, qui se rapproche inexorablement d'un défaut de paiement.
    "Les Grecs sont venus les mains dans les poches", a estimé, amère, une source proche des négociations. "Ils ont un seul leitmotiv: avoir une négociation politique", a-t-elle ajouté, c'est-à-dire dans le cadre d'un sommet européen, le prochain se tenant fin juin à Bruxelles.
    A Athènes, on a imputé l'échec des négociations aux réclamations "irrationnelles" des créanciers, en particulier le FMI, accusé d'avoir une position "intransigeante et dure".
    Estimant que les proposions grecques ne "tenaient pas la route", le représentant du FMI, Poul Thomsen, n'a d'ailleurs finalement pas participé aux discussions dimanche, selon une source bien informée…. »

    Peut-être effectivement qu’il y a une stratégie cachée du gouvernement grec évoquée par l’article de Charles Gaves : « Ne jamais croire un Grec, surtout s’il t’amène un présent ». Il s’agit d’une simple spéculation bien évidemment :

    http://institutdeslibertes.org/ne-jamais-croire-un-grec-surtout-sil-tamene-un-present/

    Voir aussi : Comment Tsipras coince l'Europe, financièrement :

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/comment-tsipras-coince-l-europe-financierement-480503.html

    Et la réponse à ce dernier article :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/theorie-jeux-et-limites-grece-va-t-elle-sciemment-dans-mur-pour-que-faillite-coute-plus-cher-possible-europe-benjamin-carton-2179981.html

    En principe le gouvernement grec pourrait bientôt devoir mettre en œuvre le plan B qu’il dissimule pour le moment (mais peut-être que les créanciers commencent à se douter de l’existence du plan B), c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro avec défaut sur la dette (probabilité à 70 -80% maintenant à mon avis).


    Saul

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  15. bip14 juin 2015 21:30

    Par définition, un épargnant n'est pas un consommateur dispendieux, il épargne par exemple pour ses vieux jours, donc dépensera plus tard, voire beaucoup plus tard cette épargne, même si il est grec et compte dépenser un jour en Grèce, c'est pas pour tout de suite...

    Vu l'état de l'économie grecque et les perspectives des retraites grecques, il me semble que les épargnants grecs mettent de côté dans des pays où leur épargne peut gagner un peu, voire ne pas trop perdre, donc pas en Grèce pour le moment et pour un bout de temps.

    Gave se prétend financier tout en s'imaginant que les épargnants qui restent en Grèce vont rapatrier leur épargne en Grèce après le retour de la Drachme, c'est franchement comique de la part d'un gus qui se prétend libéral...

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    1. Je sais pas ce qui va se passer mais il n'est pas impossible qu'une fois la situation post-euro en Grèce stabilisée, le gouvernement mette en place un système de contrôle des capitaux pour au moins les résidents grecs du genre : taxe de 5% sur le capital qui revient avant le x/x/16 puis taxe de 30% ensuite.

      note : il y a aussi des entreprises qui ont dû mettre leur trésorerie à l'étranger.

      ps : pour vous un citoyen qui a de l'épargne est forcément un "épargnant" (ie quelqu'un entrain d'épargner) ?

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    2. Il pourra y avoir un risque de saisie des capitaux grecs qui ont été placés à l'étranger (voir le dernier lien que j'ai cité de Benjamin Carton, économiste au CEPREMAP).

      Saul

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    3. @Saul

      Peut-être mais alors ça ne devrait concerner ni les capitaux hors zone euro (RU, USA, etc) ni les stocks de billets de banques. Et à ce moment-là, faudra voir la tronche de ceux qui ne jurent que par le droit. Notamment les allemands. Parce que saisir le bien d'un citoyen de l'UE sur un compte en banque pour ce motif, ça doit pas être dans les textes.

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