jeudi 23 octobre 2014

Aubry, Hamon : les postures dérisoires de l'aile "gauche" du PS


C'est le feu dans la maison socialiste. Avec un président de la République qui bat des records d'impopularité à mi-mandat, une partie des camarades hésitent de moins en moins à tirer contre l'ambulance. Vrais désaccords de fond ou postures destinées à préparer leur avenir personnel ?



Mots durs pour désaccords superficiels

Menace sur la République ! L'ancien ministre de l'éducation n'est pas allé avec le dos de la cuillère dans sa critique de la politique du gouvernement. Bien sûr, devant les critiques de ses camarades, il a précisé que ce sont les politiques de réduction des déficits qui menacent la République, parce qu'elles affaiblissent l'Etat et pourraient favoriser Marine Le Pen pour les élections présidentielles en 2017. Mais cette présentation des choses est profondément surprenante, pour ne pas dire malhonnête. En effet, les déficits publics seront stables entre 2013 et 2015, à 4,3% du PIB et le gouvernement a réduit l'étau de l'austérité suite à la révolte fiscale de 2013. Bref, il est curieux d'exprimer une telle critique alors même que la majorité va plutôt dans la direction de Benoît Hamon, sur la question précise des déficits.

Martine Aubry a également exprimé ses divergences avec la politique menée par celui qui l'a battu en 2011. Elle propose de réduire le montant des baisses de charges à destination des entreprises, en le ciblant sur les entreprises innovantes, qui embauchent et qui investissent. Une idée qui peut sembler intéressante, mais qui ressemble furieusement aux usines à gaz souvent conçues par les énarques, autant d'occasions pour les grands groupes d'échapper à l'impôt. La mise en place serait sans doute un cauchemar. Ensuite, elle propose de réinvestir 20 milliards ainsi économisés dans la demande, en s'appuyant notamment sur les collectivités locales. On n’est jamais mieux servi que par soi-même... Une bonne illustration du caractère tribal de ces politiques qui ne voient pas plus loin que leur mandat.

Le théâtre des ambitions prédomine

Calais ( ou le cul-de-sac de l’Union Européenne) (billet invité)


Billet invité de Michel Colas


Une fois n’est pas coutume, lundi 13 octobre, c'est ensemble que des policiers, agriculteurs, commerçants ou simples citoyens ont manifesté à Calais.

Le motif de leur mécontentement : Le manque de moyens pour faire face à l’afflux, toujours plus important de migrants sur le secteur.

En effet, depuis quelque temps, Calais donne l’impression d’être une zone de non- droit dans laquelle les problèmes quotidiens supportés par les Calaisiens et les forces de l’ordre sont en constante augmentation. Toutefois, la présence accrue de migrants sur un territoire non préparé et les gênes subies ne doivent pas cacher la véritable cause du problème, à savoir les accords de Schengen.
Comme, je l’avais décrit dans un billet précédent Schengen ou l’Hypothétique eldorado , le traité de Schengen et ses incohérences sont bien à l’origine du problème, et la situation de Calais découle directement de la permissivité de nos frontières.


mercredi 22 octobre 2014

L’ORQUE : de la méritocratie à l'usurpation du mérite (billet invité)


Billet invité de Marc Rameaux.

Comment le mérite véritable a été remplacé par son imposture et porte des hommes médiocres aux postes de décision – Une nouvelle organisation de la société et de l’économie pour y remédier – Une certaine idée de l’homme


Cet article résume l’analyse et le projet de société de l’ouvrage « L’orque », de Marc Rameaux

« L’ego est en raison inverse de la personnalité »

Vladimir Jankélévitch

Le monde économique moderne soulève des inquiétudes croissantes, qui ont déjà fait l’objet de plusieurs ouvrages. Nombreuses sont les critiques qui en ont dénoncé la dureté, l’extrême rapidité, parfois la violence psychologique.

L’évolution vers un monde de plus en plus compétitif et globalisé, ou bien la remise en question de l’économie de marché elle-même, sont les critiques les plus fréquemment invoquées, accompagnées de solutions diverses selon les tendances politiques des auteurs.

Mais si le problème n’était pas là ? Nombreux pensent que l’économie et le monde de l’entreprise sont restés à peu près les mêmes, mais en plus dur, plus rapide, plus complexe. Le malaise que nous ressentons provient de beaucoup plus loin.

mardi 21 octobre 2014

Macron et Sapin à Berlin : le Munich économique de la France


Quelle humiliation pour Paris ! Le gouvernement se comporte comme le mauvais élève qui vient quémander à Berlin le soutien du meilleur élève pour amadouer la maîtresse, la Commission, qui est paradoxalement repréésentée par celui qui a mené notre pays dans cette situation, Pierre Moscovici.



La France, sans la grandeur, et même l'honneur

Il est tout de même extrêmement humiliant pour notre pays que François Hollande ait carrément envoyé à Berlin Emmanuel Macron et Michel Sapin pour tenter d'allumer un contre-feu aux menaces que font peser sur notre pays les accords européens qu'il a acceptés. A minima, pour la forme, il aurait pu trouver un terrain plus neutre pour une telle rencontre. Là, le fait que les ministres de l'économie et du budget se déplacent de concert à Berlin pour quémander le soutien de notre voisin face au front de critiques créé par la présentation du budget 2015, qui affiche un déficit de 4,3% du PIB, comme en 2013, alors que Pierre Moscovici avait promis de le réduire à 3% du PIB au printemps 2013...

Bien sûr, les ministres, ces communicants de la pensée néolibérale, ont trouvé une bonne grosse ficelle pour essayer de faire passer la pillule. Emmanuel Macron propose une baisse des dépenses de 50 milliards en France et un plan de 50 milliards d'investissements en Allemagne, façon de faire comme s'il s'agissait d'un 50/50. Mais la rustine est un peu grosse. On peut d'ors et déjà soupçonner que les 50 milliards d'investissements de l'Allemagne ne seront pas 100% additionnels, comme le dérisoire plan de croissance européen négocié par Hollande contre la ratification du TSCG en juin 2012 (dont on a bien vu l'effet...) et qu'il portera sur plusieurs années. Et on peut imaginer que le plan Allemand profitera essentiellement à Berlin, notre voisin n'étant pas le dernier en matière de protectionnisme subtil.

L'UE, c'est l'Europe de la loi du plus fort

La réforme de la politique familiale annonce la destruction de tout le système de sécurité sociale (billet invité)


Billet invité de L’œil de Brutus.



En annonçant la mise sous condition partielle de revenus des allocations familiales, le gouvernement poursuit donc son offensive contre le modèle de politique familial français. Sous prétexte de « justice sociale » (mais c’est là une appréciation bien singulière de la justice sociale en particulier, et de la justice en général[i]), les ménages les plus « aisés » toucheront donc des allocations moindres, mettant ainsi fin au principe d’universalité qui leur était attaché. Reste à voir comment le gouvernement définira ce qu’est un ménage « aisé ». Or, pour parvenir aux 800M€ d’ « économies » promises[ii], il y a fort à parier que l’assiette sera large et qu’il est en France de nombreux « aisés » qui s’ignorent (comme tous ceux qui ont vu leur feuille d’impôt exploser en cette fin d’année 2014).

lundi 20 octobre 2014

Emmanuel Macron fait ce que Sarkozy n’avait pas osé faire !


Dans quelques années, quand on prendra un peu plus de recul sur ce qu’il se passe, on regardera sans doute avec étonnement cette majorité prétenduement de gauche, qui parie son mandat sur la libéralisation de l’économie, après 10 ans de pouvoir de droite !



Je libéralise, tu libéralises, il libéralise, nous libéralisons

Il est tout de même effarant que les médias ne notent pas davantage l’effarant paradoxe qu’il y a à ce qu’une majorité dite de gauche ponde une loi de libéralisation de l’économie après dix années de majorité de droite. Après tout, François Hollande n’avait pas reproché à Nicolas Sarkozy d’’avoir été trop dirigiste pendant son mandat et de ne pas avoir fait assez d’effort pour libérer les entreprises pendant la campagne de 2012. Il l’avait, logiquement, plutôt attaqué par la gauche. Et voilà que deux ans et demi après, la majorité dite de gauche, par la voix d’Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’économie, dénonce les « trois maladies de la France : la défiance, la complexité et le corporatisme ».

Un tel discours semblerait plus cohérent dans la bouche de Margaret Thatcher, après avoir repris les rênes de la Grande-Bretagne que dans celle d’un ministre d’une majorité « socialiste » qui a récupéré le pays deux ans auparavant, après dix années de pouvoir de la droite. Au programme : facilitation du travail le dimanche et le soir, dérégulation des professions dites protégées avec ouveture du capital des pharmacies, ouverture du transport par autocar, qui pousse la SNCF dans un sens toujours plus élitiste et éloigné du service public et poursuite des cessions d’actifs de l’Etat. Mais après tout, cela est dans la continuité pour un PS qui a plus privatisé que la droite et dérégulé la finance comme personne.

La dérive thatchérienne du PS se poursuit

Quel avenir pour la Vème république ? – Partie 2 (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la patrie

Des améliorations possibles

Des voix se font de plus en plus entendre pour proclamer leurs désamours de nos institutions politiques en pannent. L'ancien coprésident du front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, souhaite créer un mouvement pour la sixième république, quand d'autres, comme Étienne Chouard, propose l'organisation d'un tirage au sort, pour désigner les représentants du peuple. Mais un constat demeure celui d'une démocratie française désuète et inefficace, où les élites politiques ne se renouvellent plus.


dimanche 19 octobre 2014

En défense de la Cinquième République


Enfant de la Patrie défend aujourd’hui une réforme profonde de la Cinquième République sur le blog et pose des questions sur le mode de scrutin. Etant données mes convictions personnelles, je ne peux pas ne pas répondre à ce papier, même si je reconnais que des réformes pourraient être utiles.



Se tromper de coupable

Fondamentalement, je pense que ceux qui réclament un changement profond de nos institutions, réforme de la Cinquième République, ou même passage à une Sixième République, se trompent de bataille. La crise économique et politique actuelle n’est pas spécifique à notre pays. Tous les grands pays développés sont dans une position difficile, ne parvenant pas à retrouver une croissance soutenue, ce qui maintient une part importante de la population dans la difficulté, entre chômage et baisse du pouvoir d’achat, alors même que la situation des multinationales et des plus riches n’a jamais été aussi bonne depuis des décennies. Partout le constat est le même et cela aboutit en général à des tensions politiques, un affaiblissement des partis traditionnels et le succès de partis protestataires et / ou extrémistes.

Cette généralisation de la crise dans des pays qui ont des institutions très différentes de la nôtre, tend à disculper la Cinquième République. Le débat sur la proportionnelle est un peu stérile, ceux qui la demandent étant souvent ceux qui y gagneraient des sièges, ceux qui s’y opposant ceux qui y perdraient… Et je ne vois pas en quoi couper le Parlement en deux types de députés améliorerait quoique ce soit à la situation actuelle. La moindre clarté des résultats redonnerait inévitablement plus de pouvoir aux partis qui pourraient alors négocier chèrement leur soutien. L’idée du tirage au sort, même si elle est bien documentée et peut faire envie étant donné le niveau de nos politiques, me révulse car cela revient à passer d’un choix collectif et conscient à l’arbitraire du hasard, comme une renonciation à la démocratie.

Quelques pistes de réflexion

Quel avenir pour la Vème république ? - Partie1 (billet invité)


Billet invité d’Enfant de la patrie

Constat d’un affaiblissement


Un président qui a perdu le soutien de tout un peuple, de toute une nation. Une opposition minée par les affaires judiciaires, les querelles de coq de basse-cour, un désamour profond des Français envers la classe politique et vous obtenez une crise démocratique. Les Français sont las des belles paroles qui laissent rapidement place à la désillusion, et in fine, le retour de la petite musique néolibérale européiste en fond, qui semble ne plus s'arrêter. Nier que nos institutions n'aient pas joué un rôle dans toute cette mascarade démocratique serait une faute, et il ne s'agit en rien de remettre en cause la Ve République, mais d'en analyser les erreurs.



La Vème République devait protéger la France des instabilités gouvernementales, et sortir d'une république aux mains des appareils politiques. Le premier objectif a tenu sa promesse, mais nous a contraints aux aléas de gouvernements aux politiques inefficaces et de présidents qui n'en ont pas la stature. François Hollande serait certainement plus aux affaires sous les institutions de la IIIème République, éjecté par une majorité trop chancelante. Quant aux écuries politiques - qui servent plus les intérêts partisans et particuliers, que l'intérêt général - elles n'ont jamais été aussi fortes qu'aujourd'hui. Le suffrage universel direct aux législatives nous a enfermés dans un paysage politique bipolaire, qui certes à présent, connaît quelque remous avec l'arrivée d'un tripartisme, mais reste confiné, a une idéologie unique libérale européiste, et a un programme contestataire. Les petits partis se retrouvent bien souvent écrasés par les institutions de la Vème République, ignorés, écartés du débat politique, confisqué par les partis de gouvernement.

samedi 18 octobre 2014

Boutons l’anglais hors de l’espace public


« What did you expect ? », « what else ? », la gamme « make up » de l’Oréal : lentement, mais sûrement, la langue anglaise gagne du terrain sur notre territoire, dans tous les domaines. Slogan publicitaire, noms de produits ou de magasins, noms des films. A quand le coup d’arrêt ?



L’anglais qui s’impose

Il est sacrément paradoxal de constater que depuis le vote de la loi Toubon, insidieusement, mais sûrement, notre belle langue perd des parts de marché dans notre espace public national. Tout le problème vient du fait que cette progression, aussi certaine soit-elle, est lente, et donc peu spectaculaire. Pourtant, pour qui parvient à se souvenir de la situation d’il y a 20 ou 30 ans, la situation s’est largement dégradée. Nous allions faire nos courses dans des Atac ou des Champion, et non des Simply Market ou des Carrefour Market. Le nom des films était presque toujours traduit dans la langue de Molière. Relativement peu de produits avaient des noms aux consonances anglo-saxonnes.

Mais le pire est sans doute atteint dans la communication, où il semble qu’aujourd’hui une communication sur trois comporte un mot d’anglais. On trouve « l’art de vivre, by Roche Bobois ». On se demande bien quel est l’intérêt de mettre « by » au lieu de « par ». Et on ne compte plus les marques qui adoptent des signatures en anglais, certes traduites, mais le plus souvent de manière trop discrète. Schweppes demande « what did you expect ? », Nespresso, « what else ? », Adidas affirme « get ready ! », Sony soutient « this is for players » pour sa nouvelle console, Evian promet « live young ». On ne voit pas bien l’intérêt qu’il y a à ne pas traduire en français ses slogans, qui ne sonnent pas moins bien qu’en anglais. Et passons sur le « motion and emotion » de Peugeot, absolument incompréhensible.

De l’économie et de la politique