samedi 22 novembre 2014

Le général de Gaulle et l’Europe (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus



Le général de Gaulle avait une véritable vision de l’Europe. Une Europe de paix et de prospérité. Une Europe démocratique et collaborative. Une Europe des Nations. A mille lieux du « volapük intégré » qu’elle est devenue sous les auspices technocratiques de l’Union européenne. Et le plus dramatique est bien que les errements du fédéralisme bureaucratique et apolitique aussi avaient été pressentis par l’homme du 18 juin. La conférence de presse du 15 mai 1962 résume à satiété sa conception politique de l’Europe. On y trouvera ci-dessous les principaux passages relatifs à la question européenne (ceux qui veulent lire l’intégralité de la conférence peuvent la trouver ici).

mercredi 19 novembre 2014

Travail du dimanche : Macron va plus loin que Sarkozy





Big bang néolibéral le dimanche ?

C’est une tarte à la crème des néolibéraux : notre pays devrait faciliter le travail du dimanche pour relancer son économie. Passons sur le fait que l’Allemagne a une législation plus stricte que nous dans la restriction des horaires d’ouverture des commerces et que cela ne semble pas vraiment l’handicaper en Europe. C’est d’ailleurs une rengaine que nous a servi Nicolas Sarkozy comme candidat, puis président, puis à nouveau candidat, sans que l’on comprenne bien pourquoi les choses n’avaient pas plus changé pendant qu’il était au pouvoir. Il semble malheureusement qu’il fallait que la « gauche » arrive au pouvoir pour déréguler plus encore le droit du travail, étant donnés les projets d’Emmanuel Macron.

Le nouveau ministre de l’économie semble vouloir aller encore plus loin qu’initialement prévu. Encore plus fort, il permettrait aux entreprises de moins de 20 salariés d’avoir des règles plus souples en matière de compensation salariale. En clair, elle pourrait échapper à la majoration de 100% du salaire le dimanche, qui pourrait être également contournée par des accords de branche pour les plus grandes entreprises. Les « zones touristiques de dimension internationale » pourraient voir les règles s’assouplir, le dimanche, mais aussi le soir jusqu’à minuit, ainsi que les gares. Enfin, d’autres zones verraient également les contraintes s’alléger et 12 dimanches pourraient être travaillés au lieu de 5.

Une mauvaise décision

mardi 18 novembre 2014

Les délires austéritaires de l’UMP et de Serge Grouard (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus



Il est dorénavant convenu qu’en termes de politique économique et sociale, M. Hollande s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur. Il nous fait du Sarkozy. En pire[i]. Or, dans la perspective d’un retour aux affaires en 2017, que nous propose l’UMP[ii] ? Du Hollande. En pire.

La tribune de Serge Gouard, le député-maire (UMP) d’Orléans, publiée le 27 octobre 2014 sur Figarovox en est une excellente illustration (à lire ici).

Allô le 18 !! (billet invité)



Billet invité de Michel Colas

Depuis quelques années, un phénomène récurrent est apparu : l’agression des pompiers lors de leurs interventions. Il ne se passe pas une semaine sans que la presse nous rapporte des faits inquiétants. Inquiétants, oui car au-delà du côté dangereux, c’est une perte complète des valeurs qui est mise en évidence.
Certes, les agressions répétées sur policiers et gendarmes, montraient effectivement que, dans une partie de la population, les bases même du respect des institutions étaient déjà mises à mal.
Mais comment peut-on s’en prendre à des personnes venant à votre secours ou à celui de votre voisin. Comment agresser des personnes mettant leur vie en jeu pour protéger la vôtre:

lundi 17 novembre 2014

Philae est une réussite européenne, mais pas une réussite de l’Union européenne ! (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus


« A ceux qui se posent la question, à quoi sert l’Europe, Rosetta a donné la réponse ». Ainsi s’est exprimé le Président de la République à la suite du succès de l’atterrissage du module spatial Philae sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko[i].

En effet, probablement bien plus que ne l’imagine M. Hollande, cette réussite technologique apporte une cinglante révélation à ceux qui bâtissent encore des espoirs sur le Léviathan technocratique et a-démocratique de Bruxelles. De prime humeur, on pourrait, à raison, rétorquer, comme Olivier Berruyer sur son blog, que dans le contexte actuel de crise profonde, les Européens seraient en droit d’attendre bien d’autres réussites que l’envoi d’un bout d’Europe à des centaines de millions de kilomètres de leur quotidien.

dimanche 16 novembre 2014

Hausse du dollar et conséquences


Depuis quelques années, le dollar reprend des couleurs, après avoir atteint un point bas peu après la crise. La relative bonne forme économique des Etats-Unis, la fin du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed et la baisse du pétrole accélèrent une hausse qui n’est pas anecdotique.



Un mouvement structurel

La hausse du dollar devrait sans doute se poursuivre. En effet, de puissants facteurs l’expliquent. D’abord, la fin du programme de rachat d’actifs de la banque centrale étasunienne alors même que la BCE et la Banque du Japon semblent vouloir accélérer le leur, va limiter la croissance de l’offre de dollar alors même que l’offre d’euro et de yen va augmenter, poussant à la hausse le prix du premier. Et, même si elle n’est pas sans grandes limites, la croissance semble solide outre-Atlantique, alors que l’Europe n’échappe pas à sa torpeur et que les pays émergents semblent moins prometteurs. Du coup, les investisseurs sont attirés par les placements en dollar.



Bien sûr, on pourra répliquer que cela est contradictoire avec la persistance du déficit commercial de Washington. Mais d’abord, il est moins important qu’il y a quelques années, du fait, entre autres, de l’exploitation des gaz et pétrole de schistes, qui a eu aussi pour effet de diminuer le coût de l’énergie et donc attirer des industries fortement consommatrices. Certes, il est vrai que cela pourrait contribuer à augmenter à moyen terme le déficit en poussant les délocalisations, mais les Etats-Unis le tolèrent depuis longtemps, d’autant plus que ce déficit vient en bonne partie de l’achat de produits fabriqués à l’étranger par des entreprises étasuniennes, ce qui fait relativiser.

Les conséquences d’un dollar plus cher

samedi 15 novembre 2014

Le rebond dérisoire de la croissance


Hier, l’INSEE a annoncé que la croissance a rebondi de 0,3% au troisième trimestre, sécurisant le nouvel objectif de croissance de 0,4% sur l’ensemble de l’année du gouvernement. Mais derrière les grands titres autour d’un résultat médiocre, la réalité est encore plus inquiétante.



Stocks au vert, investissements et commerce au rouge

Certes, à 0,3%, la croissance de ce trimestre dépasse le cap du 1% en rythme annuel. Mais bien des détails amènent à relativiser ce chiffre. D’abord, le chiffre du précédent trimestre a été révisé à la baisse, puisqu’au lieu d’être stable, le PIB a reculé de 0,1% au second trimestre, ce qui signifie que la croissance n’a été que de 0,2% en 6 mois… Ensuite, le détail des statistiques est encore plus inquiétant. En effet, la croissance totale de 0,3 points est la somme d’une contribution positive de 0,3 point de la consommation et de 0,3 point des stocks et d’une contribution négative de 0,2 point du commerce et de 0,1 point des investissements !

En clair, à stocks constant, nous n’aurions pas eu de croissance ! Et comme l’histoire le montre, quand les stocks montent un trimestre, ils ont tendance à baisser le trimestre suivant, surtout au  3ème et au 4ème trimestre. Et cela ne doit pas faire oublier une nouvelle contribution négative du commerce extérieur avec une augmentation des importations supérieure à celle des exportations (+1,1% contre +0,5%), signe d’autant plus inquiétant que c’est le troisième trimestre consécutif de dégradation… Toujours aussi inquiétant, la nouvelle baisse des investissements, qui reculent de 0,6%, pour le 4ème trimestre consécutif, ce qui augure mal de l’avenir.

Un échec malheureusement prévisible

vendredi 14 novembre 2014

Que penser du coup de frein européen au tourisme social ?





Une faille dans Schengen ?

Sur le fond, on peut se dire qu’il s’agit d’une victoire du bon sens. Il était bien évident que la liberté anarchique de mouvements des personnes au sein d’une Union Européenne présentant de telles différences de niveau de protection sociale ne pouvait que logiquement provoquer des phénomènes d’abus où des personnes issues des pays les plus pauvres pouvaient partir dans les pays les plus protecteurs et réclamer les avantages sociaux de ces pays sans même vouloir s’intégrer. Il semble que ce soit le cas de la migrante roumaine qui résidait en Allemagne au sujet de laquelle la Cour de Justice européenne a décidé de permettre une différenciation de traitement de certains immigrés.

Il faut qu’en ces temps de disettes budgétaires, il était particulièrement révoltant pour une majorité de la population, qui se serre la ceinture depuis près de 6 ans, de constater des cas comme ceux de cette roumaine, qui n’est pas sans rappeler l’affaire Léonarda en France. Ici, le terme de tourisme social semble parfaitement s’appliquer et la liberté anarchique de circulation des personnes au sein de l’UE est un véritable pousse-au-crime qui peut coûter cher aux pays qui ont le modèle social le plus protecteur. Du coup, toute limite mise à ces comportements abusifs, cette protection gratuite offerte à certains migrants qui ne contribuent pas à la solidarité nationale, est bienvenue.

La goutte d’eau d’un mauvais tuyau

jeudi 13 novembre 2014

Emmanuel Macron, ayatollah du laisser faire


Le ministre de l’économie est décidemment incorrigible. Il a participé lundi 10 novembre à l’inauguration d’une nouvelle usine Renault à Alger en affirmant qu’ « il ne faut pas avoir peur de produire à l’étranger ». Retour sur ses déclarations.

 

Le Cimetière automobile

Pour le ministre, « les voitures assemblées à Oran l’étaient auparavant en Turquie et en Roumanie. Il n’y a donc pas de perte pour notre pays (…) L’ouverture de cette usine est au contraire une très bonne nouvelle pour la France ». Le problème est que le ministre n’a pas choisi la bonne industrie pour faire sa « démonstration » en faveur de l’ouverture à l’étranger d’usines françaises. Certes, les premiers volumes de l’usine d’Oran viendront peut-être principalement en provenance d’autres pays que la France. Mais cet état de fait ne sera peut-être pas durable. Après tout, il n’y a que la Méditerranée à traverser pour envoyer les véhicules en France.

Ensuite, l’industrie automobile est un des exemples les plus criants de la désindustrialisation de la France. Au milieu des années 2000, notre pays assemblait encore entre 3 et 3,5 millions de voitures par an. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé entre 1,5 et 2 millions, soit une baisse de presque 50% en quelques années seulement. Et comme la production globale de nos constructeurs est restée à peu près stable, cela signifie bien qu’ils ont délocalisé massivement la production de leurs produits, faisant passer notre solde commercial dans le domaine d’un bel excédent à un déficit. Pire, alors que l’Etat en est actionnaire, Renault est allé bien plus loin que PSA dans le domaine.

Le libre-échange pour les nuls


mercredi 12 novembre 2014

Fillon – Jouyet : l’affaire d’une fin de régime ?





Tous compromis ?

Cette affaire appuie là où cela fait mal de multiples manières. Elle rappelle que l’actuel Secrétaire Général de l’Elysée est un homme, qui, s’il est un ami du président de la République, qu’il connait depuis l’ENA, a aussi été ministre du précédent président de la République. Jean-Pierre Jouyet est une des illustrations les plus extrêmes de cette indistinction grandissante entre un PS et une UMP qui défendent la globalisation, l’Union Européenne, l’euro, la course folle à la baisse du prix du travail, la baisse déraisonnée des déficits ou le recul du service public, habillés d’une manière ou d’une autre.

Tout change et rien ne change. Et cette affaire a d’autres aspects guère reluisants. D’abord, le mensonge permanent, avec Jean-Pierre Jouyet qui a démenti ce qu’avançaient les journalistes du Monde, pour finalement l’admettre devant l’évidence des enregistrements, qui n’étaient même pas dissimulés. Ensuite, cela rappelle également que Nicolas Sarkozy est sous le coup de nombreuses affaires, dont notamment le fait d’avoir dépensé entre 11 et 17 millions d’euros de plus pour sa campagne présidentielle de 2012 que le plafond légal de 21 millions, ce qui pourrait bien le disqualifier pour 2017. Enfin, cela rappelle également les mœurs de cette jungle politique où tous les coups semblent permis.

Besoin d’air frais