mercredi 8 août 2018

Hannah Arendt : La crise de l’éducation (billet invité)



Après une pause (salutaire) de presque un an, je reprends les publications sur l’œil de Brutus. Comme je l’annonçais, je m’éloigne du suivi de l’actualité politique dont l’extrême médiocrité a fini par lasser mon goût de l’écriture. Je reprends donc la suite, entamée en septembre 2016, de la recension de l’un des ouvrages majeurs d’Hannah Arendt : La Crise de la culture. Nous avions déjà vu les quatre premiers chapitres : La tradition et l’âge moderne, Le concept d’histoire, Qu’est-ce que l’autorité ? et Qu’est-ce que la liberté ?. Le  cinquième chapitre, sans doute le plus important de l’ouvrage, est consacré à l’éducation. Se basant sur les évolutions de l’éducation dans l’Amérique des années 1950, Hannah Arendt anticipe, avec une clairvoyance impressionnante, l’impact de la rupture avec toutes formes de traditions (sur ce sujet, relire le chapitre 1) sur l’éducation, et surtout sur la déconstruction de l’éducation. Nous sommes en 1961 ; et déjà, Hannah Arendt pressent la dégénérescence de la modernité en une postmodernité (même si elle n’emploie pas le terme) à l’intérieur de  laquelle le règne de l’individu-roi (et par voie de conséquence de l’enfant-roi) atomise tout fonctionnement social et, à contrecourant de ses objectifs proclamés, aboutit à un entremêlement de tyrannies : celle du petit Moi[i], celle de la (supposée) majorité du camp du Bien et celle des minorités agissantes. Cette anticipation est d’une telle actualité vis-à-vis du système éducatif français d’aujourd’hui que je laisse, pour l’essentiel, le lecteur avec des citations intégrales, généralement peu commentées.

mardi 24 juillet 2018

mercredi 18 juillet 2018

Réflexions sur le lien idéologique entre néolibéralisme et répression routière, partie 3 (billet invité)

Par Rodolphe DUMOUCH, enseignant de biologie-géologie et géographe ruraliste.
Suite du premier et du second papier


Le conservatisme néolibéral : faire une société plus propre à défaut d’une plus juste
Ce conservatisme éclate en pleine lumière quand, dans certaines villes de gauche, s’applique avec le moins de discernement les règlements municipaux, avec un côté «faire la discipline dans la rue », qui caractérise habituellement l'idéal médiocre de la droite bête à la Robert Ménard. Ainsi, à Charleville-Mézières, l’ancienne mairie de gauche a été renversée par les électeurs notamment à cause du caractère infernal que prenait la circulation, avec le stationnement payant qui remontait les rues chaque année comme la gangrène remonte une jambe. Il y avait aussi les verbalisations faites à la sortie des écoles, au moment où les parents venaient rechercher leurs enfants Le nouveau maire, Boris Ravignon (LR), a assoupli largement les conditions de stationnements. Cette dégénérescence de la gauche vers le formalisme, l’obsession règlementaire et disciplinaire – à laquelle on pourrait ajouter de nombreux autres exemples – procède d’une perte profonde de ses idéaux. Ayant renoncé à faire une société plus juste, elle désire désormais en faire une plus propre. Une société sans crottes de chiens, sans linge aux fenêtres, sans fumée dans les bars, sans gros mots sur Internet et où les bagnoles sont bien garées au carré : autant d’idéaux enthousiasmants, progressistes et capables de mobiliser massivement la jeunesse…