dimanche 24 mai 2015

A quand l’interdiction du Roundup de Monsanto ?




L’histoire effarante de Monsanto

Monsanto, c’est un peu comme le chef des dealers après la dépénalisation des drogues. Ses produits sont hautement addictifs puisqu’il vend un herbicide (le Roundup) auquel résistent certaines de ses semences OGM, programmées pour ne pas donner de semences ensuite, imposant par conséquent de racheter année après année ses semences. Outre la privatisation du vivant, on rentre dans un système totalement fermé, et très profitable, puisque son chiffre d’affaire est passé de 5 à 16 milliards de dollars depuis 2003, et son résultat de 0,1 à 2,7 milliards. Le niveau de marge en dit long sur le modèle d’affaire de l’entreprise, et il est effarant que Monsanto espère aujourd’hui racheter Syngenta.

Outre cette position de prédateur capitaliste, qui devrait interroger aussi les vrais libéraux qui défendent un minimum de compétition, l’autre problème posé par Monsanto, ce sont les nombreux scandales sanitaires qui l’ont éclaboussé, comme le rapportait Le Monde dans un papier effarant il y a trois ans. Le professeur Séralini avait déclenché une énorme polémique en pointant le danger du Roundup. Il trouve ses travaux confirmés par l’avis de l’agence de l’Organisation Mondiale de la Santé le 20 mars qui a classé le Roundup comme « cancérogène probable ». Quand on pense que Monsanto faisait la publicité de ce désherbant en disant qu’il ne posait aucun problème pour l’os du chien !

Pour une interdiction complète

samedi 23 mai 2015

Avis de mascarade démocratique au PS

Jeudi, les militants socialistes, pour beaucoup des élus, se sont exprimés en vue du Congrès à venir. Les résultats sont conformes à ce qui était attendu et satisfont presque tout le monde. Le débat a été inexistant, ce Congrès étant principalement un balet gouverné par les egos et les intérêts personnels.



Un faux débat idéologique

Les résultats de ce Congrès ne sont pas surprenants. La motion A, du premier secrétaire, qui soutient le gouvernement, est arrivée largement en tête, ce qui n’est pas une surprise étant donné le relatif anonymat des trois autres porteurs de motions concurrentes. Le vote aurait eu une autre portée si Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon avaient porté la motion B. Et que dire si Martine Aubry avait décidé de ne pas se ranger derrière Jean-Christophe Cambadélis ? Ce faisant, tous ces éléphants préfèrent privilégier les intérêts de leur parti et les places qu’il peut procurer aux idées… En outre, la concurrence des deux autres listes permettait de diviser l’opposition à la ligne gouvernementale.

Et cela est d’autant plus habile que la motion Christian Paul était prise en sandwich entre la motion C, de Florence Augier, marquée à gauche, et la fausse motion d’opposition de Karine Berger, dont on se demande bien ce qui peut la séparer de la motion A. En fait, on pourrait ajouter le score des motions A et D pour bien mesurer le poids de la ligne eurolibérale au PS. On peut aussi questionner la sincérité des frondeurs tant ils n’ont aucun poids sur la ligne de leur parti depuis plus de 30 ans. Ne se complaisent-ils pas dans une opposition tellement improductive qu’on peut se demander s’ils sont véritablement sincères pour rester dans un parti qui ne mène pas la politique à laquelle ils disent croire ?

Une vraie quête de places

vendredi 22 mai 2015

Cannabis : toujours plus de raisons de l’interdire

Malgré la tentation d’une partie du PS et le soutien effarant du Monde, les preuves s’accumulent sur la très grande nocivité du cannabis. Le fait qu’il pénalise la croissance des adolescents, outre le fait de réduire leur QI, plaide plus que jamais pour une interdiction extrêmement stricte.



Plus petit et moins intelligent !


Cette étude complète une autre étude publiée en 2012, selon laquelle, sur 20 ans, la consommation de cannabis peut provoquer une baisse du Quotient Intellectuel de 8 points. En outre, le cannabis provoque des troubles de la mémoire et de l’attention, qui perdurent quand les sujets ont commencé à en consommer dès l’adolescence. Le cannabis créé de la dépendance, et peut aussi faire perdre jusqu’à 50% de la mémoire immédiate pour les gros consommateurs. Enfin, cerise sur le gâteau, il peut provoquer une augmentation de 50 à 200% des maladies mentales et des troubles comme la schizophrénie ou les psychoses, ainsi qu’une réduction du cortex ! Bref, le cannabis est très dangereux.

La folie de la dépénalisation

jeudi 21 mai 2015

A Londres et Washington, la reprise en trompe-l’oeil

Les chiffres de croissance du premier trimestre aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ont beaucoup déçu. Londres affiche seulement 0,3% de croissance quand Washington atteint à peine 0,2% en rythme annuel. Dans une série de papier, The Economist donne une perspective intéressante à leur reprise.



Les cycles des marchés du travail

Outre-Manche, on débat beaucoup du manque de productivité, qui fait dire à l’hebdomadaire que « les Français pourraient ne pas travailler le vendredi et toujours produire plus que les britanniques. Au contraire des stéréotypes, les Italiens sont 9% plus productifs ». En effet, si le taux de chômage britannique a beaucoup baissé, c’est grâce à des emplois peu qualifiés et peu payés, et notamment des immigrés puisque le pays compte un demi-million de travailleurs immigrés de plus depuis 2010, un tiers de la croissance du nombre d’emplois. Le PIB par heure travaillée est le même qu’en 2007, alors qu’il a progressé de 5% dans les autres pays du G7. La reprise est loin d’être brillante.

La situation outre-Atlantique est proche. Des économistes ont montré que la crise a d’abord frappé les bas salaires, premières victimes des licenciements, quand les hauts salaires étaient davantage épargnés, au point que le salaire médian a bondi de 4% de 2008 à 2009. Depuis, il a perdu 3% puisqu’environ la moitié des emplois créés sont à bas salaires, contre 10 à 20% pendant la crise. Cela se retrouve également dans les statistiques du temps partiel, passé de 3 à 6% des emplois, et revenu à 4% aujourd’hui. The Economist note également que la réduction des allocations chômage (passées de 53 à 25 semaines) pèse sur la capacité des travailleurs à négocier de meilleurs salaires.


Crise inégalitaire pour reprise inégalitaire

mercredi 20 mai 2015

Réforme du collège : le niveau baisse ? Continuons !




Continuer ce qui ne marche pas

Le plus effarant dans cette réforme finalement, c’est que ce projet prétend corriger les carences de notre système éducatif, tout en continuant dans le même sens que les réformes menées depuis 30 ans et qui ont produit la baisse de niveau que l’on constate tous les jours. Pour le baccalauréat, elle est camouflée par une baisse des exigences plus forte encore… Mais une étude du ministère montre une dégradation du niveau en mathématiques de 2008 à 2014 puisque le taux d’échec à la résolution d’un problème de CM2 est passé de 15 à 19,5% quand le taux de bons élèves passe de 18,6 à 15,3%. Et le classement PISA, même s’il a des carences, affirme aussi que le niveau des petits Français baisse.



Le projet de la ministre de l’éducation nationale reprend et amplifie toutes les réformes qui ont mené à cet échec de plus en plus patent. Comme le souligne Jean-Pierre Chevènement, elle continue de grignoter l’unicité des programmes en donnant toujours plus de latitude pour choisir ce qui est enseigné, fragmentant la République. Et alors même que le niveau baisse pour les matières classiques, on continue à développer les nouvelles formes d’apprentissages, comme les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Comme le note Vincent Malliet, « si les élèves s’ennuient, c’est qu’il leur a été donné un pouvoir dévastateur : celui de ne rien faire (…) depuis la loi d’orientation de 1989, dite ‘loi Jospin’ ».

Une faute de fond et de forme

mardi 19 mai 2015

Pourquoi il faut s’opposer à la fusion Aviron Bayonnais / Biarritz Olympique




Destruction de bien culturel et de lien social

Un club de rugby, dans une ville comme Bayonne, dont je suis originaire, a une place particulière dans la vie d’une grande partie de la population. L’Aviron Bayonnais est au cœur de l’ADN de la ville et de bien des habitants qui se passionnent pour la vie du club, souvent en famille. Le club anime les discussions et les repas, tout comme le BO à Biarritz également. Et parce que le club a été fondé en 1904, des générations de Bayonnais se sont transmises la passion du club. L’Aviron Bayonnais fait partie de l’identité, de ce que sont, de nombreux habitants de la ville, et je peux imaginer qu’il en va de même pour le Biarritz Olympique. D’où la grande émotion suscité il y a plus d’un an quand le premier projet de fusion avait émergé avant d’échouer et à nouveau aujourd’hui, comme le manifeste la mobilisation de jeudi.



Bien sûr, certains trouveront qu’il y aurait plus de sens à n’avoir qu’un seul grand club de rugby sur la Côte Basque, plutôt que deux, étant données les difficultés du BO, rétrogradé l’an dernier, et de l’Aviron, qui se bat pour son maintien. Mais après tout, Oyonnax, avec ses 22 000 habitants, réussit bien comme d’autres « petites » villes en football comme en rugby. Ensuite, il est tout sauf évident que le produit de la fusion soit un succès : je vais y revenir. Mais surtout, cela nécessite la mise à mort d’au moins un des clubs, voir plus probablement des deux dans les conditions actuels. Et cela n’est pas acceptable car ces clubs ont un rôle trop important dans la vie sociale locale pour laisser faire des expérimentations hasardeuses vouées à l’échec qui ne laisseront qu’un champ de ruine dans le cœur de beaucoup.

Quand 1 + 1 = 0, ou le Titanic financier à venir

Nouvelle Réforme de l’Education nationale (billet invité)

En ce jour de manifestation, vous pouvez également relire mes papiers sur le sujet :

Billet invité de Marc Rameaux, auteur de « Portrait de l’homme moderne »



Le retour à la méthode syllabique pour l’apprentissage de la lecture sera désormais obligatoire. De véritables scientifiques et non de pseudo-pédagogues ont tranché depuis longtemps sur ce sujet :

Les mathématiques seront à nouveau enseignées comme la maîtrise de concepts, non comme une série de « recettes de cuisine » à appliquer sans compréhension. La portée de généralité d’un théorème sera à nouveau expliquée, distinguée d’une série de cas particuliers.

Le programme « la main à la pâte » de Georges Charpak sera réactivé pour l’ensemble des sciences expérimentales, et étendu à la totalité des collèges.

L’histoire de France enseignera à nouveau les grandes étapes de constitution de la nation. Les origines gauloises, judéo-chrétiennes, grecques et romaines de la France seront rappelées et réaffirmées. Il sera également montré comment la connaissance de ces quatre origines est indispensable à la compréhension du patrimoine artistique, littéraire et philosophique de la France.

L’apprentissage du Latin et du Grec seront à ce titre des enseignements à part entière de l’éducation nationale.

lundi 18 mai 2015

Le libre-échange, source des inégalités




Le côté obscur du libre-échange


On peut aussi rappeler les travaux de Maurice Allais, dont les conclusions vont dans le même sens. Enfin, le contre-exemple le plus criant est la réussite du modèle de développement asiatique qui profite de l’ouverture de ses clients tout en limitant les importations. De plus, même si le libre-échange génèrerait de la richesse, il faudrait encore qu’elle soit relativement bien répartie. Or l’explosion des inégalités, et l’appauvrissement de plus en plus patent des classes populaires, voir moyennes, des pays dits développés démontre bien que le libre-échange ne leur profite pas, mais pèse sur leur condition de vie, du fait de la mise en concurrence avec des travailleurs dont les salaires peuvent être 10 à 20 fois plus bas.

Des bénéfices totalement irréalistes

L’anomie sociale érigée en norme (Les Nouveaux inquisiteurs) (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus



Cet ostracisme de toute forme de dissonance à la pensée unique s’étend, de bien entendu, à tous les pores de la société.

Les débats autour de la création du « mariage gay » en furent une excellente illustration. Il fut en réalité impossible de débattre sereinement (et philosophiquement n’en parlons même pas ! [i]) du sujet[ii]. L’invective des quelques extrémistes qui avaient pris l’ensemble en otage en finit par décourager, voire dégouter, jusqu’aux partisans même de la mesure[iii].

Lieu stratégique pour l’avenir de la République s’il en est, l’école est aussi clairement prise en otage par quelques idéologues pédagogistes de ministère[iv]. Coupés des réalités mais certes pas des dogmes. Comme celui du raz-de-marée numérique à l’encontre duquel nul esprit critique ne doit s’opposer, sous peine, là aussi, d’ostracisme et de censure[v]. L’école, n’est-ce pas justement ce qui devait nous ouvrir à l’esprit critique ? Hors-là ! Le pédagogisme, dont on sent bien qu’il n’est que l’avatar éducatif de la (non-)pensée libérale-libertaire, se porte au même niveau de tolérance que l’ensemble de la soupe idéologique dont il est issu. Et ici aussi, on trouvera de zélés éditorialistes, bien mâtiné d’esprit de cour, se faire le relais de la pensée unique, comme celui du Point, pour qui  « l’abolition des notes » s’inscrit dans la longue suite du « progrès », « comme l'abolition des sacrifices humains, comme l'abolition de la peine de mort, comme l'abolition de l'esclavage, comme le droit de vote des femmes, comme l'abolition des châtiment corporels »[vi]. Une sortie qui se passe de commentaires, mais qui en dit long sur le niveau de nuance et de réflexion de son auteur.

dimanche 17 mai 2015

Refus de livrer les Mistral : la faute de Hollande




Deux poids, deux mesures

Mais comment notre gouvernement peut ne pas se rendre compte du ridicule complet qu’il y a de refuser de livrer des navires commandés par la Russie en 2011, tout en signant en grande pompe une vente d’avions de chasse au Qatar ? A supposer qu’il faudrait juger les régimes des autres pays (ce que le gaulliste que je suis a tendance à largement refuser), la comparaison entre la Russie de Poutine et le Qatar devrait quand même largement tourner en faveur du premier. La Russie, c’est l’Europe, c’est l’allié qui a permis de vaincre Hitler, c’est une démocratie, très imparfaite selon nos standards certes, mais plus proche de notre façon de vivre que la monarchie absolue qatarie, où la charia s’applique.


Ni russophobie, ni russolâtrie