Billet
invité de Thomas Schott
Comme si
le choc des municipales ne suffisait pas, voilà un nouveau casse-tête pour
François Hollande. Fin 2013, l’endettement de la France se rapprochait
dangereusement des 2000 milliards : 1925,3 milliards très exactement selon
les résultats des comptes nationaux des administrations publiques, publiés
lundi 31 mars par l’INSEE. La dette publique est ainsi en hausse de 84,3
milliards comparée à 2012, où elle avait déjà augmenté de 116,1 milliards. Si
cette énième hausse n’était pas si tragique pour des millions de français, elle
ferait sourire. Car, oui, une question mérite d’être posée : pourquoi
alors que depuis plus de quatre ans l’Etat a entreprit un plan de
désendettement – sous injonction de la troïka – la dette publique
continue-t-elle d’augmenter ?

En janvier 2012, Klaus Schwab – ingénieur et
économiste allemand -, le fondateur du forum économique de Davos martèle sa
certitude : la France « paye
les péchés de ces dix dernières années ». Trois mois plus tôt, une
analyse similaire s’affichait de l’autre côté du Rhin. Franz-Olivier Giesbert
déplorait lui aussi « trente ans de
bêtises, de folies et d’imprévoyances, où l’on a vécu au-dessus de nos
moyens ».
A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes
connotations moralisatrices, le vocabulaire finit par intriguer. L’obstination
a préconiser un désendettement par la rigueur et à marche forcée
s’expliquerait-elle par des certitudes morales plus puissantes que la
raison ?
Éloge de
la dette