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dimanche 8 juin 2025

Crise budgétaire (2/5) : le bouc-émissaire trop commode des retraités

C’est la tarte à la crème des oligarchistes, « la préférence française pour la retraite ». La France serait une gérontocratie, où nos dirigeants seraient à la solde de ces retraités qui votent en masse, protégeant leur pouvoir d’achat excessif, au détriment des jeunes, discours repris par Nicolas Granié, dans un papier du nouveau numéro de Front Populaire, « La guerre des retraites »… Mais pour qui se penchent sur les faits, les retraités sont et vont déjà largement assez être mis à contribution.

 


La bataille des pensions a eu lieu : les retraités l’ont perdu

 

samedi 7 juin 2025

Crise budgétaire (1/5) : l’erreur et l’impasse du bloc central

Voilà bientôt un an que la France vit dans la perspective de la mise en place d’une énième politique d’austérité. La révélation du dérapage massif du déficit, soldant misérablement le passage de Bruno Le Maire à Bercy, est interprétée par le bloc central comme un nouveau moment de vérité. Pas à une contradiction près, cela imposerait une plus grande rigueur dans la gestion des deniers publics, cette même rigueur dont ce même bloc central se prévalait en campagne électorale ou au pouvoir…

 


Une crise qui vient d’abord d’un manque de production et de recettes

 

lundi 28 octobre 2024

Vente des participations de l’Etat : une idée éculée et dérisoire

Papier passé en avant-première sur le site du JDD

C’est le dernier recyclage de cette macronie incapable de trouver la moindre nouvelle idée : vendre une partie des participations de ll’Etat (Orange, Renault, Airbus…). Alors que l’on cherche des milliards, cela peut sembler une bonne idée. Mais cela pose de nombreuses questions au moment où Sanofi vend Doliprane, et alors que les montants en jeu sont assez dérisoires.

 


Le retour vers le futur de la vente des bijoux de famille

 

dimanche 21 avril 2024

lundi 16 mars 2015

Pierre Moscovici, l’homme qui fait détester la politique

Bien sûr, il n’est pas le seul, et il y en a d’autres dont on pourrait dire la même chose, notamment celui qui a précédé François Hollande, ce conférencier de luxe, en affaires avec Bernard Tapie. Mais Pierre Moscovici est a minima un prétendant sérieux au titre du pire homme politique.



Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Il ne fallait sans doute pas s’attendre à autre chose d’un « übersexuel » qui trouvait le moyen de dénoncer la peoplisation de la vie politique tout en parlant de sa vie privée dans Gala. Déjà, il était assez stupéfiant, pour ne pas dire davantage que celui qui, comme ministre de l’économie, a soutenu pendant un an que la France atteindrait 3% du PIB de déficit en 2013, puis annoncé que cela serait atteint en 2015, avant que cela ne soit à nouveau repoussé de deux ans, soit nommé au poste du commissaire européen justement en charge du contrôle des engagements budgétaires des pays ! Un exemple du caractère arbitraire et sans scrupule de cette construction, dont les règles s’appliquent à géométrie variable. 

Quelques mois après sa nomination, voici un des pires contrevenants des règles budgétaires européennes qui se retrouve en position d’abitre des ministres des finances européens. Pas illogiquement par rapport aux règles de Bruxelles, voici celui qui était encore ministre à Bercy il y a un an, dire que « l’effort de la France n’est pas suffisant ». Soit il n’a aucun amour propre, ce que l’interview à Gala infirme totalement, soit il est d’un cynisme tout mitterrandien, capable de dire une chose et de faire le contraire. Pour Marianne, « certains jours, il est bien difficile de distringuer les pastiches signés du ‘Gorafi’ et les vraies informations ». Moscovici, c’est un peu le cancre de la classe qui prend la place du professeur.

Le prototype de la gangrène UMP-PS

mardi 10 mars 2015

L’euro cher et l’austérité étaient bien les problèmes de l’Europe

Nous étions un certain nombre à le dire depuis des années, mais les récentes prévisions de la BCE, pour laquelle la croissance devrait atteindre 1,5% en 2015 et près de 2% en 2016, démontrent de facto que l’euro cher et l’austérité étaient bien les causes de la dépression européenne.



Euro moins cher, allègement de l’austérité

Il faut rappeler ici que, a priori paradoxalement, la zone euro est entrée en récession deux trimestres avant les Etats-Unis en 2008. Il faut dire que l’euro touchait alors des sommets, à 1,6 dollars au plus haut. Cela avait pesé sur les économies européennes. Les économistes estiment généralement qu’à parité de pouvoir d’achat, l’euro devrait coter entre 1 et 1,15 dollars. Etant donné le décalage dans le cycle économique mais aussi celui dans les politiques monétaires, l’euro devrait rester bon marché. Jusqu’à mi-2014, il cotait pourtant entre 1,25 et 1,4 dollars et on peut se dire que cela a joué un rôle dans l’atonie des économies européennes. La récente baisse apporte un bol d’air frais.

Le deuxième bol d’air frais pour les économies européennes, c’est incontestablement le desserrement des politiques d’austérité. Même s’il reste une pression des instances européennes sur les budgets nationaux, illustrée par les échanges avec la Grèce ou même la France, le ryhtme de baisse des déficits et l’ampleur des mesures budgétaires est bien plus raisonnable qu’en 2011 ou 2012. Initialement, le déficit de la France devait passer de 5,2 à 3% de 2011 à 2013. Finalement, nous aurons quatre ans de plus pour le faire, ce qui signifie une austérité atténuée. En outre, beaucoup de pays européens sont déjà sous les 3%. Bref, le vent mauvais de l’austérité ne souffle plus aussi fort qu’avant.

Aucune leçon n’a été tirée

mercredi 10 décembre 2014

Les déficits et la pauvreté démontrent l’échec de Londres


Le regain de croissance et la baisse du chômage refont de nouveau de Londres un modèle pour cette vieille Europe qui ne serait pas assez ouverte aux réformes. Mais outre le fait d’être bien rapide et oublieux du passé récent, le niveau des déficits et de la pauvreté relativise ce jugement.



Reprise certes, mais reprise néolibérale

La situation outre-Manche peut sembler paradoxale. Les myopes néolibéraux ne retiennent que le fort taux de croissance, à 3% cette année, et la baisse du taux de chômage, à 6%. Il est sûr que de telles statistiques sont enviables pour le reste des pays européens, coincés dans la dépression et un chômage de masse qui s’incruste. Mais, comme le rapporte le Monde dans un papier bien argumenté, la reprise britannique est très déséquilibrée. En effet, les emplois créés outre-Manche sont précaires et peu payés. Du coup, les recettes fiscales progressent moins rapidement que la croissance, avec des recettes d’impôts sur le revenu qui sont carrément en légère baisse depuis le début de l’année !

D’où le paradoxe qui voit la Grande-Bretagne dans une situation budgétaire moins bonne que la France puisque son déficit ne devrait pas baisser cette année, alors qu’il est à un niveau bien plus élevé que chez nous (5,9% du PIB pour le dernier exercice, contre un peu plus de 4% dans l’hexagone). Et dire que David Cameron avait promis l’équilibre à la fin de son mandat, qui arrive l’an prochain ! Pour un peu, François Hollande et Michel Sapin paraissent de meilleurs prévisionnistes que leurs homologues britanniques. Pire, comme le rapporte le Figaro, c’est la faim qui se développe le plus vite outre-Manche : une multiplication par sept des personnes aidées par les Restos du Cœur locaux…

Mais pourquoi 3% de croissance ?

dimanche 2 novembre 2014

La tragi-comédie européenne dérisoire et révélatrice sur les budgets


Ces dernières semaines, les capitales européennes n’ont pas cessé de débattre de leur budget et de celui des pays voisins. Les nouvelles règles européennes (six pack, two pack et le TSCG) ont révolutionné la façon de préparer cet élément fondamental de notre vie commune qu’est le budget d’une nation.



Règles et relativité

Comme au début des années 2000, quand Berlin et Paris avaient délibérément ignoré les règles du Pacte de Stabilité, les règles européennes semblent être faites pour ne pas être respectées. Cela a déjà été le cas pour la plupart des pays qui ont eu recours à « l’aide » européenne pendant la crise des dettes souveraines. L’Espagne était sensée atteindre 6% du PIB de déficit en 2012, 4,5% en 2013 et 3% en 2014. Elle sera à 5,7% cette année. Idem pour la Grèce ou le Portugal. Mais depuis 2013, la contagion touche désormais les pays qui ne sont pas passés sous les fourches caudines de la redoutable troïka. Les objectifs ne cessent d’être repoussés à Paris, à Rome, à Vienne et ailleurs.

La France est un des cas les plus frappants puisque Pierre Moscovici avait annoncé un déficit à 3% du PIB en 2013 à son arrivée à Bercy. Un an plus tard, il a reconnu qu’il faudrait attendre 2015, et un an plus tard, Michel Sapin a encore repoussé l’objectif de deux ans. De manière effarante et ironique, c’est Pierre Moscovici, l’architecte de l’échec financier de la France, qui est devenu le très improbable Commissaire  Européen à l’économie. Quel meilleur signe de l’irresponsabilité et de l’inconséquence de l’UE ? Tout ceci pose un gros dilemme à l’UE : que faire face au non-respect par Paris de ses objectifs ? Cette semaine, Michel Sapin a lâché 3,6 milliards pour éviter toute sanction.

Un système fou

mardi 14 octobre 2014

Standard & Poors alimente les thèses austéritaires





L’ivrogne qui prétend assurer l’ordre

Il est tout de même effarant que Standard & Poors se pose comme le censeur des gouvernements de la planète. En effet, il ne faut pas oublier que les agences de notation n’avaient absolument pas vu venir la crise des subprimes, qu’elles avaient même alimentée en accordant des AAA à des titres qui se sont révélés plus tard comme hautement toxiques. Six ans après, presque personne ne rappelle la faillite complète des agences de notation, qui portent une part de responsabilité dans la plus grosse crise financière des quatre vingt dernières années. Du coup, il est tout de même culotté que les chauffards de la finance donnent des leçons aux Etats qui ont sauvé le château de cartes qu’ils avaient construit.

Après, il faut néanmoins reconnaître que cette annonce n’est pas illogique. Le gouvernement annonçait il y a 18 mois qu’il atteindrait un déficit budgétaire de 3% du PIB en 2015 après avoir fait 4,3% en 2013. Cet été, le ministre du budget a annoncé qu’en 2014, le déficit atteindra finalement 4,4% et qu’il vise 4,3% l’an prochain repoussant à nouveau de deux ans l’objectif d’un déficit à 3% du PIB. Même si ce dérapage n’est pas si énorme que cela quand on considère ce qui se passe dans le monde, et le fait que presque jamais l’Etat n’a emprunté si peu cher (1,25% à 10 ans), ce qui contredit quelque peu le jugement de l’agence de notation, on peut néanmoins comprendre le jugement de Standard & Poors.

Une perte complète des repères

lundi 15 septembre 2014

L’incroyable second report de l’objectif de réduction du déficit de 2015 à 2017


La semaine dernière, Michel Sapin a annoncé que le déficit budgétaire pour l’année 2014 sera à 4,4% du PIB, contre 3,8% prévu, plus qu’en 2013, du fait de l’absence de croissance et de la très faible inflation. Il a aussi annoncé vouloir repousser l’objectif d’atteinte des 3% de 2015 à 2017.



L’incroyable révision des objectifs

Le psychodrame budgétaire de la dernière semaine est absolument effarant. En 2012, lors de la campagne présidentielle, François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, avait annoncé l’objectif de réduire le déficit à 3% du PIB en 2013. Les deux finalistes ne se distinguaient que par l’horizon auquel ils pensaient pouvoir atteindre un déficit nul, 2016 pour l’un, 2017 pour l’autre. Du coup, assez logiquement, François Hollande a mené une politique budgétaire assez proche de celle de son adversaire, à base de hausses d’impôt (près de 30 milliards en 2012, comme en 2011) et de coupes dans les dépenses. Malheureusement, PS comme UMP ont négligé les leçons désormais même admises par le FMI.

En effet, la réduction des déficits, qu’elle passe par des hausses d’impôts ou coupes de dépenses, pèse fort sur la croissance, au point de compromettre la réduction des déficits, comme l’avait anticipé Jacques Sapir à l’automne 2012. Résultat, en mai 2013, devant l’évidence, Pierre Moscovici avait été contraint de négocier avec nos partenaires européens un report de l’objectif d’un déficit à 3% du PIB de 2013 à 2015. En réalité, le déficit atteint alors 4,3%, ce qui en dit long sur l’échec de la politique menée. Il est donc totalement effarant de constater qu’à peine 16 mois plus tard, le gouvernement constate à nouveau l’échec de sa politique et se retrouve contraint de demander un nouveau report de deux ans.

Ce que cela dit du gouvernement

jeudi 11 septembre 2014

Moscovici complète le dispositif eurolibéral en pleine déroute budgétaire





L’impossible équation budgétaire

Déjà, Michel Sapin avait annoncé sotto voce en août dans le Monde, que l’objectif d’un déficit budgétaire de 3,6% du PIB en 2014 ne serait pas tenu. Pourtant, il était absolument crucial de le tenir pour espérer tenir les 3% en 2015, après avoir atteint 4,3% en 2013. Dire que Hollande, comme Sarkozy, avaient promis de tenir les 3% dès 2013 ! Aujourd’hui, l’objectif semble hors d’atteinte pour 2015, alors même que la France s’était engagé sur cette date l’an dernier. Toute la question est de savoir si le cap des 3% sera prévu pour 2016 ou 2017, soit avec 3 ou 4 ans de retard par rapport à ce que le candidat « socialiste » avait dit lors de sa campagne… Hier, Angela Merkel a mis la pression à ses partenaires et la commission de Bruxelles a embrayé, pour contre-balancer la nomination de Moscovici.

Car c’est bien le problème que nous avions été nombreux à soulever il y a 4 ou 5 ans, à savoir que des politiques d’austérité concomitantes à l’échelle du continent européen, ne font que casser la croissance, et par là même, augmenter le taux de chômage et même amoindrir très fortement les résultats des efforts budgétaires du fait de cette moindre croissance. Voici une politique totalement contre-productif, à moins d’être l’Allemagne, mais qui s’est construit un modèle économique non duplicable et dont le principe repose justement sur un fort excédent commercial alors même qu’il est bien impossible que tous les pays européens soient simultanément dans la même position. Jacques Sapir avait fort bien prévu l’impasse budgétaire dans laquelle se trouve Hollande dès l’automne 2012.

L’effarante promotion de Moscovici

mardi 19 août 2014

Le sens des jérémiades de Michel Sapin


La tribune du ministre des finances dans le Monde, « Pourquoi il faut réorienter les politiques économiques européennes », publiée en même temps que l’annonce des mauvais résultats de croissance n’a pas été bien saisie. En effet, elle est parfaitement cohérente avec le discours du Premier Ministre.



Outil de négociation européenne

Cet outil dans le dispositif de communication gouvernementale autour du mauvais résultat de la croissance au second trimestre sert un double objectif. Le premier est d’adapter le discours à l’égard des Français. Je vais y revenir. Mais le second, plus important encore sans doute, est à destination de l’Europe. En effet, la conjugaison d’une moindre croissance et d’une inflation plus faible va peser sur le déficit budgétaire. Alors qu’il était sensé atteindre 3% en 2013, objectif renvoyé à 2015 l’an dernier, il « sera donc supérieur à 4% du PIB en 2014 » pour reprendre les mots du ministre. Mais celui-ci précise aussi que « nombre de nos voisins européens n’atteindront pas non plus les objectifs qu’ils s’étaient fixés », après une litanie indigeste qui décrit la situation économique, davantage digne d’un journaliste que d’un ministre.

A première vue, après les déclarations de François Hollande sur une réorientation politique en Allemagne, et qui s’est logiquement fait recadrer par le porte-parole d’Angela Merkel, on pourrait croire que la majorité s’est fixée comme objectif une réorientation des poltiques européennes. Mais, la tribune de Michel Sapin est finalement très légère sur cette réorientation. En conclusion, il dit «  l’Europe doit agir fermement, clairement, en adaptant profondément ses décisions à la situation particulière et exceptionnelle que connaît notre continent ». En clair, la seule chose que demande la France, c’est un nouveau report de ses objectifs de réducation du déficit budgétaire. Bref, alors que les politiques menées ne donnent aucun résultat, Michel Sapin demande d’assouplir les objectifs au lieu de changer de politique !

Faux parler-vrai

samedi 5 avril 2014

Brève clarification sur la dette (billet invité)


Billet invité de Thomas Schott

Comme si le choc des municipales ne suffisait pas, voilà un nouveau casse-tête pour François Hollande. Fin 2013, l’endettement de la France se rapprochait dangereusement des 2000 milliards : 1925,3 milliards très exactement selon les résultats des comptes nationaux des administrations publiques, publiés lundi 31 mars par l’INSEE. La dette publique est ainsi en hausse de 84,3 milliards comparée à 2012, où elle avait déjà augmenté de 116,1 milliards. Si cette énième hausse n’était pas si tragique pour des millions de français, elle ferait sourire. Car, oui, une question mérite d’être posée : pourquoi alors que depuis plus de quatre ans l’Etat a entreprit un plan de désendettement – sous injonction de la troïka – la dette publique continue-t-elle d’augmenter ?


En janvier 2012, Klaus Schwab – ingénieur et économiste allemand -, le fondateur du forum économique de Davos martèle sa certitude : la France « paye les péchés de ces dix dernières années ». Trois mois plus tôt, une analyse similaire s’affichait de l’autre côté du Rhin. Franz-Olivier Giesbert déplorait lui aussi « trente ans de bêtises, de folies et d’imprévoyances, où l’on a vécu au-dessus de nos moyens ».
A force d’assiéger nos oreilles de ses fortes connotations moralisatrices, le vocabulaire finit par intriguer. L’obstination a préconiser un désendettement par la rigueur et à marche forcée s’expliquerait-elle par des certitudes morales plus puissantes que la raison ?

Éloge de la dette

mardi 28 janvier 2014

Chômage, croissance, déficits : la triple faillite de François Hollande


Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande s’était fixé des objectifs en matière économique : relancer la croissance, ramener les déficits à 3% du PIB et inverser la courbe du chômage. La publication des chiffres du chômage de décembre montre qu’il a échoué sur tous les tableaux.



Un Munich social

Michel Sapin a donné le ton dimanche en parlant de « stabilisation » du chômage et non d’inversion de la courbe, devant l’évidence que l’objectif d’inversion de la courbe, défendu envers et contre tout par François Hollande, ne serait pas atteint. Le recours aux contrats aidés et la traditionnelle augmentation des radiations ont permis, en effet, de ralentir la croissance du nombre de chômeurs depuis quelques mois. Mais en décembre, le nombre de chômeurs de catégorie A a progressé de 8 200 personnes, à 3,563 millions et celui des catégories A, B et C de 19 800 personnes, à 5,194 millions.

La baisse du chômage est-elle seulement la priorité du gouvernement ? Certes, il y a les contrats d’avenir et les contrats de génération, ainsi que la baisse du coût du travail, avec le CICE et le pacte de responsabilité, mais ces actions sont à la marge et mal conçues. Les deux contrats n’ont pas un grand succès et peinent à atteindre leurs objectifs. Le CICE est une usine à gaz qui ne profite pas spécialement aux entreprises qui en ont vraiment besoin et dont les effets sont dérisoires par rapport aux mouvements monétaires. Gérard Filoche pose aussi de bonnes questions sur la portée du nouveau pacte.

Un problème de priorités

mardi 21 janvier 2014

Les très faibles rendements de l’austérité


La semaine dernière, Bercy a annoncé une nouvelle révision à la hausse du déficit pour l’année 2013 : 75 milliards d’euros, au lieu des 72 prévus… en novembre, et 61,5 au budget initial ! Un nouvel indice démontrant que la politique suivie par le PS (mais aussi l’UMP avant) est un échec.



Un déficit 2013 bien plus haut que prévu

Jacques Sapir avait prévenu le gouvernement à l’automne 2012 et il faut bien constater que ses prévisions étaient particulièrement bien vues. Il annonçait que la cure d’austérité allait casser la croissance en 2013 et que cela conduirait à des révisions à la hausse du déficit, au-delà de 3,5% du PIB. Il faut rappeler ici que le déficit public a atteint 87 milliards en 2012. Initialement lié par la promesse de le descendre à 3% du PIB, le gouvernement avait mis en place un plan d’austérité de 30 milliards, pour le réduire à 61,5 milliards en 2013, escomptant une augmentation des recettes de plus de 14 milliards.

Las, les recettes fiscales ont progressé d’à peine 1,5 milliards car ce qui a été gagné sur l’augmentation des impôts a été perdu par l’affaiblissement économique. Résultat, le déficit baisse seulement de 12 milliards, de 87 à 75 milliards. En clair, le rendement du plan d’austérité a été à peine de 40%. En 2013, quand l’Etat économise 10 milliards, le déficit ne baisse que de 4 milliards car il en perd 6 de recettes dans le processus, du fait de la réduction de la croissance. Le gouvernement a tenu les dépenses, qui ont progressé de 1,3 milliards, soit 0,4%, moins que l’inflation, ou que les 4,7 milliards prévus.

Persistance dans l’erreur