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dimanche 25 septembre 2011

Gérard Lafay, le libéral qui s’oppose au néolibéralisme


« 12 clés pour sortir de la crise » est le coup de cœur de mes dernières lectures. Ce livre a l’immense intérêt de montrer qu’il existe un libéralisme humaniste et progressiste, à mille lieues du néolibéralisme.


Quand un économiste de droite est plus progressiste que le PS


Gérard Lafay n’est clairement pas un homme de gauche. On sent chez lui une vraie opposition à cette partie du spectre politique. Mais ce n’est pas pour autant un néolibéral. Il s’inscrit plutôt dans la continuité de Maurice Allais, qui se disait aussi libéral que socialiste. Il appartient à courant libéral modéré, volontiers paternaliste, sans doute influencé par le catholicisme social. Et au final, il apparaît bien plus progressiste que l’immense majorité des membres du parti « socialiste ».


Frédéric Lordon décrypte la crise

Dans « Jusqu’à quand », publié en septembre 2008, Frédéric Lordon livrait une analyse passionnante des mécanismes de la crise. Dans « La crise de trop », il affine son analyse et développe ses propositions.


Les causes de la crise


Pour l’auteur, il y a deux raisons principales à la crise économique que nous traversons, deux contraintes à laquelle nos économies se sont soumises, « celle de la finance, qui exige la rentabilité actionnariale, et celle de la concurrence qui veut la compétitivité-prix, qui ont écrasé les salaires et fait exploser les inégalités ». Une analyse proche de celle de Robert Reich dans « Supercapitalisme ».


Robert Reich fustige les excès du capitalisme (2/2)


L’un des intérêts particuliers de ce livre est l’addition d’une analyse politique au constat économique. Et même si ce constat présente un tropisme Américain assumé, il représente une nourriture intellectuelle très intéressante, y compris pour le vieux Continent.


De manière surprenante, dans la préface spécifique de l’édition française, Robert Reich développe une thèse proche des idées de Jacques Généreux. Il soutient qu’une part de nous raisonne de manière purement individuelle et égoïste et qu’une autre part est davantage tournée vers les autres. Il soutient que « nous sommes doubles : nous sommes consommateurs (…) mais nous sommes aussi des citoyens soucieux du bien commun ». Comme Généreux, il affirme que « depuis plusieurs décennies, nous assistons à une modification de l’équilibre du pouvoir à notre détriment, en tant que citoyens, mais à notre avantage, en tant que consommateurs et investisseurs ». Il se demande alors si « ce que nous gagnons (…) vaut le prix à payer » car « nous ne sommes pas (…) uniquement des consommateurs et des investisseurs. Nous travaillons pour gagner notre vie », ce qui pose la question de l’évolution des rémunérations.


Robert Reich fustige les excès du capitalisme (1/2)


Robert Reich a été le secrétaire d’Etat à l’emploi de Bill Clinton et est aujourd’hui professeur à Berkley. Il livre un constat sévère sur l’évolution du capitalisme dans son livre « Supercapitalisme ».


Si son analyse est uniquement centrée sur les Etats-Unis, elle est intéressante à plusieurs titres. Tout d’abord, on peut considérer que les Etats-Unis devancent l’Europe dans l’évolution économique. Ensuite, son analyse économique se double d’une analyse politique et d’une capacité à formuler des propositions pour corriger les excès actuels. De manière assez surprenante, ses analyses rejoignent finalement celles d’économistes de la vieille Europe, comme Gréau ou Généreux, même si les solutions qu’il préconise divergent du fait des différences de nos deux continents. Enfin, on peut louer son souci de vulgarisation qui fait que son livre se lit presque comme un roman.