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lundi 17 février 2025

20 ans après : et si les souverainistes se réunissaient le 29 mai ?

Le 29 mai, ce sera l’anniversaire de notre victoire tonitruante contre le bloc central et la quasi-totalité des médias, contre le Traité Constitutionnel Européen, par une large majorité, après une campagne intense, qui avait fait honneur à la démocratie. Bien sûr, nous avons été trahis, avec le traité de Lisbonne trois ans après, mais cette victoire mérite célébration, et pourrait être l’occasion de tous se réunir, de Kuzmanovic à Philippot, en passant par Asselineau, Cheminade et Nikonoff et pourquoi pas d’autres...

 


Ne pas se résoudre à un 3ème débat Le Pen – Macron

 

dimanche 15 septembre 2024

Après les Assises de la souveraineté

Plus de dix ans que je n’avais pas pleinement participé à un rassemblement politique d’ampleur… Hier, j’étais à Arras aux assises organisées par les Patriotes de Florian Philippot, où j’ai pu intervenir sur la sortie de l’UE, et échanger avec les militants de ce parti que j’avais soutenu publiquement aux élections européennes de 2019, comme en 2024, sans m’engager plus avant. Un bain politique réjouissant.


 

Une magnifique réussite

 

samedi 16 novembre 2019

Sapir définit les fondements de la souveraineté (3/3) : la laïcité nous chérirons


« Souveraineté, démocratie, laïcité » est très ambitieux. Outre l’approfondissement de son analyse de la remise en cause de la démocratie par la négation de la souveraineté des nations, son propos, conçu peu après les attentats, est plus global. Comme Généreux dans « La dissociété », il fait le lien entre toutes les dimensions, politiques, économiques et sociétales, en montrant que les attaques contre la laïcité en France participe aussi à la remise en cause de notre souveraineté.




La laïcité comme fondement de notre société



samedi 2 novembre 2019

Sapir définit les fondements de la souveraineté (1/3) : le ciment de nos sociétés

C’est un livre essentiel de Jacques Sapir, sorti en 2016, sans doute le livre de référence pour réfléchir à la notion de souveraineté, dans ses dimensions les plus importantes. Ce livre ambitieux, foisonnant, mais également remarquablement structuré, prolonge une série de textes de 2013, et représente le meilleur plaidoyer existant pour rétablir pleinement la souveraineté des nations.


La souveraineté est un fondement de la nation

samedi 23 février 2019

Sur la construction européenne (Michel Debré) (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

Je mets en ligne ci-dessous un remarquable texte de Michel Debré sur la construction européenne (initialement publié par Theatrum Belli). Hors les questions de rapport entre la France et les colonies, ce texte, datant de 1953, demeure d'une incroyable actualité. On pourra également le mettre en parallèle avec les positions de Pierre Mendès-France (lire ici) qui, bien que d'un camp opposé à Michel Debré, se montrait très critique à l'égard de la construction européenne (mais cela la "gauche" bien pensante l'a bien oublié, comme les prétendus gaullistes de droite ont oublié ce texte de Michel Debré, ou plus généralement les fondements de la pensée du général de Gaulle).


Quand Démosthène mettait en garde les Athéniens contre Philippe de Macédoine, Démosthène avait raison ! Athènes était une cité, et l’âge venait de plus grands empires. Mais il était deux politiques : l’une qui permettait de les constituer par une alliance et dans la liberté, Vautre qui acceptait de les voir naître de la tyrannie. Nul ne doute, nul n’a jamais douté, que la thèse ardemment défendue par Démosthène fût la seule qui pût garantir l’avenir d’Athènes, celui de la Grèce et de la liberté, la seule qui fût en même temps conforme à l’honneur.  

La théorie du transfert de souveraineté.

dimanche 22 juin 2014

Pour rejeter l'Europe néolibérale, les souverainistes de tous les partis devront s'unir (billet invité)


Billet invité de Cochin

Près d'un mois après les élections européennes, il est possible de dresser un premier bilan de leur incidence sur la vie politique française. Comme beaucoup l'ont noté, le vote des Français montre une défiance croissante de ceux-ci à l'égard à la fois des deux grands partis traditionnels, qui obtiennent à eux deux à peine un tiers des suffrages exprimés, et des deux formations les plus favorables à l'Union européenne (les Verts et les centristes), qui ne recueillent que 20 % des voix. D'aucuns ont donc pu voir dans ces élections une victoire des eurosceptiques de tous bords (Front de gauche, Debout la République et Front national), laissant espérer à terme une rupture avec les politiques mortifères menées depuis au moins trente ans par les élites politiques de notre pays.

L'impasse Front national

vendredi 3 janvier 2014

Discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht

Il s'agit sans doute du discours qui m'a le plus influencé politiquement. Je venais tout juste d'avoir 18 ans. Il a achevé de me convaincre qu'il fallait s'opposer au funeste traité de Maastricht. Merci Philippe Séguin.


Extrait du discours de M. Philippe Séguin le 5... par lecanardrepublicain

Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots !
C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'État et de gouvernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier.
Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la souveraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution .
il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que «  La souveraineté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre État de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental.
La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing.

mercredi 18 septembre 2013

Jacques Sapir, économiste souverainiste


Jacques Sapir n’est pas un économiste comme les autres. Passionné de géopolitique, ses écrits offrent également une lecture politique passionnante qui éclaire particulièrement bien les enjeux d’aujourd’hui et le « retour des nations » qu’il annonce.




L’illusion du droit d’ingérence


Dans la novlangue bien pensante, le « droit d’ingérence » est un morceau de choix. Il faut dire que le vocabulaire a été bien choisi pour éviter toute contestation. Mais ce n’est pas ce qui arrête un Jacques Sapir qui n’a que faire des convenances et attaque bille en tête. Il souligne que « l’ingérence humanitaire ne peut être que le fait du fort sur le faible, alors qu’un principe de droit doit par essence pouvoir être appliqué tout autant au fort qu’au faible » devenant au passage un « colonialisme humanitaire ».


Il souligne que cela « introduit une division immédiate au sein des nations entre celles dont les moyens de défense les protègent de toute tentative d’ingérence et celles dont les moyens de défense sont suffisamment faibles pour qu’elles puissent devenir, le cas échéant, des cibles dans une guerre humanitaire ».  Pire, pour lui, cela incite à « monter en puissance dans ses moyens de défense, l’échelon ultime (…) étant la possession d’armes de destruction massive »…


Au contraire, c’est « en rétablissant le principe de la souveraineté dans toute sa force (…) que l’on pourra réellement s’opposer au processus de prolifération des armes nucléaires ». Il souligne que cette violation de la souveraineté suspend « les conditions rendant possibles la production et la légitimation des institutions, la possibilité d’un enracinement légitime des institutions importées devient extrêmement problématique. L’ingérence devra donc soit être renouvelée, soit être étendue dans le temps ».


L’auteur souligne que l’intervention occidentale au Kosovo a plutôt empiré les choses dans un exposé très documenté et critique. Il affirme que « derrière le discours humanitariste (…), on retrouve la cruelle vérité de l’adage bismarckien : la force prime le droit »… Avec Guantanamo et le Patriot Act, il souligne que pour les Etats-Unis « la défense des libertés démocratiques n’a sa place que si elle peut affaiblir un adversaire. Elle cesse d’être un principe d’action si tel n’est pas le cas ».


Le siècle du retour des nations ?


dimanche 14 juillet 2013

Lettre ouverte à Frédéric Lordon


J’apprécie beaucoup vos écrits, dont je parle fréquemment sur mon blog. Vous êtes un intellectuel de référence dans la critique du néolibéralisme qui a le courage de défendre les frontières et le souverainisme dans un milieu qui n’y guère favorable. Mais votre dernier papier m’amène à une réponse, comme l’ont déjà fait Jacques Sapir et Eco(dé)mystificateur.



Du besoin de nation, pour la démocratie

Dans ce nouveau papier, vous vous faites à nouveau un défenseur de la nation comme moyen pour le peuple de reprendre son destin en mains. Comme le rapporte Jacques Sapir, vous écrivez « si cet ordre (le néo-libéralisme) en effet se définit comme entreprise de dissolution systématique de la souveraineté des peuples, bien faite pour laisser se déployer sans entrave la puissance dominante du capital, toute idée d’y ettre un terme ne peut avoir d’autre sens que celui d’une restauration de cette souveraineté, sans qu’à aucun moment on ne puisse exclure que cette restauration se donner pour territoire pertinent – n’en déplaise à l’internationalisme abstrait, la souveraineté suppose la circonscription d’un territoire – celui des nations présentes… et sans exclure symétriquement qu’elle se propose d’en gagner de plus étendus ». Ce faisant, même si vous n’excluez pas en fin de paragraphe la possibilité d’un autre horizon, vous démontrez que la nation est le seul outil  qui permettra aux peuples de sortir du système néolibéral.

Vos paroles prennent une actualité brûlante avec le débat de la taxe sur les transactions financières, où Pierre Moscovici vient de reprocher aux instances européennes un projet excessif ! Vous aviez bien raison de qualifier le PS de « droite complexée » tant il est proprement sidérant que notre ministre de l’économie s’oppose au projet pourtant pas bien méchant de la Commission Européenne. Comment quelqu’un qui se proclame de gauche ou socialiste peut-il mettre des bâtons dans les roues de ce projet ? Où l’on voit bien que le parti socialiste n’est même pas social-démocrate (il n’est ni social, ni très démocrate), mais bien euro-libéral. Etant donné les ravages provoqués par la crise financière et les rémunérations délirantes du monde financier, il semblait juste évident de mettre en place cette taxe, dont un des grands défenseurs n’est autre que Joseph Stiglitz. Attac a signé une belle tribune pour dénoncer le sabotage de la taxe des transactions financières par Bercy, qui défend bien plus les banques que les classes populaires. On constate ici que la mondialisation freine toute réforme, qui serait possible avec des frontières…

De la gauche et de la droite

dimanche 22 avril 2012

La déconstruction européenne d’Eric Juillot (1/2)


C’est un livre passionnant qui est sorti à l’automne dernier, écrit par Eric Juillot, titulaire d’un Master d’études politiques sous la direction de Marcel Gauchet. L’auteur propose une analyse de la construction européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le délitement de l’idée de nation

Dans le début du livre, Eric Juillot rappelle qu’en 1954, quand l’Assemblée Nationale rejette la CED (qui plaçait, déjà, les armées européennes dans l’orbite de l’OTAN), « les députés MRP quittent l’hémicycle pour protester contre son résultat, tandis que les députés communistes et gaullistes entonnent une marseillaise victorieuse ». Pendant une longue époque en effet, le sentiment national était fort, y compris à la gauche de la gauche, comme l’illustre le discours du PCF il y a trente ans.

Mais si l’Europe supranationale a pu avancer, l’auteur souligne le rôle de la mutation du sentiment national. Pour lui, la nation s’est désacralisée après la Première Guerre mondiale du fait des 1,4 millions de morts pour la Patrie : « le sacrifice de la vie des hommes va apparaître comme un prix trop lourd à payer pour une nation qui n’en vaut pas la peine ». Pour lui, cette guerre a fait émerger « le sacré de l’individu dont la vie doit être préservée ». On passe des devoirs aux droits.

Pour lui, cela explique le comportement de nos dirigeants avec Hitler, citant Blum, qui, après les accords de Munich écrivait se sentir « partagé entre la honte et un lâche soulagement ». Pour lui, en 1940, « les Français ont préféré survivre à leur pays », « la France a viscéralement refusé la guerre ». Il souligne que tout cela explique sans doute que ce soit un Français, Aristide Briand qui, le premier, a évoqué une construction fédérale de l’Europe, en 1929.

Puis, nous rentrons dans une phase de mythification de la nation après 1945. Naturellement, la période gaulliste constitue une parenthèse avec le Général de Gaulle qui refuse toute dérive supranationale de l’Europe, allant jusqu’au conflit avec la politique de la chaise vide. Mais ce sursaut patriotique prend fin avec le départ du Général et on passe carrément au déni de la nation pour laquelle ce dernier portait une « piété un peu idolâtrique » selon Beuve-Méry.

L’Europe contre les nations

jeudi 19 avril 2012

Le Pen, Mélenchon, l’impasse de la protestation


Bien sûr, ce titre est réducteur et je ne souhaite en aucun cas paraître insultant à l’égard des électeurs de ces candidats. Néanmoins, après avoir rejeté les candidats de la résignation, il est essentiel de faire un point sur les candidats plus protestataires.

L’impasse frontiste

Je ne vais pas m’attarder très longtemps sur Marine Le Pen puisque j’ai consacré de nombreux papiers à son sujet depuis deux ans. Et ma ligne de conduite n’a pas varié, soutenue qu’elle a été par de nouveaux dérapages extrémistes qui montre que sous le nouveau Front National, c’est bien l’ancien qui sommeille : candidat nazillon, article sur Nations Presse, le site de Louis Alliot, glorifiant Bastien-Thiry, celui qui avait organisé l’attentat du Petit Clamart…

Et même Marine Le Pen, malgré sa volonté de dédiabolisation, n’est pas exempte de dérapages, quand elle confie une « certaine admiration » pour Poutine, fait une déclaration ambiguë sur l’Occupation, pose toute sourire au côté d’un nazillon ou ment en disant que « la France est championne d’Europe de l’immigration ». Bref, d’innombrables éléments démontrent que la normalisation du Front National est surtout un habillage communicant, un vernis sur l’ancienne façade.

D’ailleurs, hier, interviewée sur RTL, elle a affirmé que la France avait accueilli pas moins de 15 millions d’immigrés ces 35 dernières années. Un simple examen des chiffres de l’INSEE montre que c’est une exagération grossière : la France en a accueilli 2,4 millions d’immigrés. Et même en ajustant les chiffres selon les critères de Michèle Tribalat, souvent citée par le FN, on dépasserait à peine les trois millions. Bref, cette affirmation est totalement farfelue et mensongère.

Qui plus est, les carences du FN ne s’arrêtent pas à cela. Si Marine Le Pen a fait marcher la photocopieuse sur les programmes du MRC et de DLR, le 180° sur les questions économiques laisse songeur. Quelle crédibilité accorder à ce parti qui était ultra-libéral il y a 18 mois. D’autant plus qu’elle peine toujours à maîtriser ces questions, qui sont pourtant au cœur de son entreprise de dédiabolisation. Marine Le Pen, c’est Sarkozy en moins compétent et plus extrémiste.

La voie sans issue du Front de Gauche

samedi 7 avril 2012

Les deux familles de l’ordo-souverainisme

Une partie de la classe politique, des médias, et même de ses sympathisants pratiquent l’amalgame entre les souverainistes. Pourtant, il y a des différences fondamentales entre deux grands courants.


Ordo-souverainisme et libertaro-mondialisme

Le terme « souverainiste » n’est pas sans poser de gros problèmes dans l’analyse de l’offre politique. En effet, il recouvre des personnes complètement différentes. Il est autant applicable au régime communiste de la Corée du Nord qu’aux conservateurs ultralibéraux de Grande-Bretagne. En fait, il n’est qu’une composante des idées politiques d’un courant et ne saurait être le seul adjectif utilisé pour l’analyser, à moins de réaliser une étude très superficielle du courant concerné.

Malgré tout, l’opposition souverainiste / mondialiste a un sens aujourd’hui. Aujourd’hui, le PS, l’UMP, le Modem et les Verts (et dans une certaine mesure le PG et le NPA) sont clairement des mondialistes, qui ne voient plus dans le cadre national le cadre naturel de l’exercice du pouvoir, qu’ils préfèrent faire glisser dans des cénacles supranationaux. Au global, les mondialistes sont en général plutôt libéraux alors que les souverainistes sont plus sensibles à l’ordre.

Comme le souligne Frédéric Lordon : « en appeler à un gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix, à savoir pas de gouvernement du tout ». En effet, la libéralisation conduit à la mondialisation, qui, elle-même favorise la libéralisation. En fait, toutes deux organisent l’absence de prise des gouvernements sur le réel. Au contraire, les ordo-souverainistes pensent que le maintien du cadre national est essentiel pour la démocratie et que les peuples gardent leur destin en main.

J’ai adopté le terme « libertaro » plutôt que « liberalo » car il y a un profond refus des règles, des entraves à la circulation des biens, des personnes et des capitaux de la part des mondialistes, qui me semble davantage relever du libertarisme que du libéralisme (ce qui permet d’y intégrer la gauche de la gauche). Naturellement, il y a plusieurs tendances : sociaux, libéraux, interventionnistes ou identitaires. Mais les deux derniers feignent d’ignorer la contradiction avec leur mondialisme…

Les deux ordo-souverainismes : identitaires contre progressistes


jeudi 5 avril 2012

La France, pivot d’une révolution européenne

Avant-hier, j’ai fini l’excellent livre « La déconstruction européenne » d’Eric Juillot (résumé bientôt sur le blog), qui propose une histoire de la construction européenne et du débat public sur le sujet depuis soixante ans. L’occasion de se demander s’il serait possible de réformer l’Europe ?

Une poussée souverainiste

En effet, il est bien évident que les partisans de l’intégration européenne ne manquent pas d’affirmer que la France ne pourrait pas obtenir une réorientation du projet européen dans un sens plus respectueux de la souveraineté des États nations. Mais un tel argument dénote une méconnaissance profonde de la dynamique actuellement à l’œuvre à l’échelle de notre continent. A part dans quelques cénacles isolés, les chimères de l’intégration reculent presque partout.

Le parti conservateur britannique au pouvoir n’a sans doute jamais été aussi sceptique à l’égard du projet européen. Au point que 80 députés ont même demandé à organiser un vote pour sortir de l’Union Européenne ! Aujourd’hui, le gouvernement est plus enclin à demander une réduction des pouvoirs confiés à l’échelon européen plutôt qu’à les augmenter… Mais c’est surtout en Allemagne que les choses évoluent dans un sens hostile aux fédéralistes.

Tout d’abord, en 2009, la cour de Karlsruhe a mis des limites très strictes pour protéger la souveraineté allemande. Ensuite, les deux années de crise financière de la zone euro ont démontré que Berlin refuse de mettre la main à la poche et freine les évolutions fédéralistes. Mieux, les pays du Sud, traditionnellement très positifs à l’égard de l’Europe, deviennent de moins en moins enthousiastes, au fur et à mesure que des plans d’austérité inhumaines leur sont imposés.

Le rôle pivotal de la France

dimanche 25 septembre 2011

Jacques Sapir, économiste souverainiste


Jacques Sapir n’est pas un économiste comme les autres. Passionné de géopolitique, ses écrits offrent également une lecture politique passionnante qui éclaire particulièrement bien les enjeux d’aujourd’hui et le « retour des nations » qu’il annonce.


L’illusion du droit d’ingérence


Dans la novlangue bien pensante, le « droit d’ingérence » est un morceau de choix. Il faut dire que le vocabulaire a été bien choisi pour éviter toute contestation. Mais ce n’est pas ce qui arrête un Jacques Sapir qui n’a que faire des convenances et attaque bille en tête. Il souligne que « l’ingérence humanitaire ne peut être que le fait du fort sur le faible, alors qu’un principe de droit doit par essence pouvoir être appliqué tout autant au fort qu’au faible » devenant au passage un « colonialisme humanitaire ».