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mardi 11 décembre 2018

L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes » (tribune collective)


Des annonces d’hier, aux nombreux angles-morts, l’essentiel, à savoir l’UE, a été oublié. J’en profite pour publier ce nouveau texte. Merci aux initiateurs, qui m’y ont à nouveau convié, et qui rappellent un point fondamental de cette crise : la responsabilité de l’UE et de l’euro, qui n’oeuvrent que pour une toute petite minorité, contre la grande majorité, comme le montrent à nouveau les reculs sur la taxation des GAFA ou des transactions financières, après d’autres, comme le glyphosate.


Près de vingt ans après le lancement de l’euro, le 1er janvier 1999, la situation de la monnaie unique européenne est paradoxale. D’un côté, l’échec de ce projet est patent, étant reconnu par la plupart des économistes compétents, dont de très nombreux prix Nobel. De l’autre, ce sujet est maintenant tabou en France, au point qu’aucun responsable politique n’ose plus l’aborder de front. Comment s’explique une telle situation ?

lundi 11 mars 2013

Le démontage de l’euro : possible, inévitable et souhaitable


Pourquoi et comment démonter l'euro : Entretien... par dlrtv

Le calme des marchés offre un répit aux partisans de la monnaie unique. Mais il est illusoire car cette construction monétaire, aussi artificielle que bancale, finira par être démontée. Une issue qu’il ne faut pas craindre, car elle est plus simple qu’on ne le croit.

La monnaie unique ne peut pas marcher

Pourquoi démonter la monnaie unique ? Non seulement parce qu’elle ne fonctionne pas, mais surtout, parce qu’elle ne pourra jamais fonctionner, quelles que soient les réformes qui pourront être entreprises. Tout ceci s’appuie sur les travaux de nombreux économistes, dont pas moins de 5 « prix Nobel d’économie », de tous les horizons idéologiques, Maurice Allais, Milton Friedmann, Amartya Sen, Paul Krugman et Joseph Stiglitz qui ont tous dénoncé les limites de l’euro.

Beaucoup d’économistes soutiennent son démontage : JL Gréau, J Sapir, JP Gérard, G Lafay, A Cotta, JJ Rosa, H Juvin, F Aftalion, F Lordon, M el Hattab, N Roubini, E Todd, JC Werrenbrouck, P Murer , A-J Holbecq ou J Nikonoff et d’autres sont critiques : P Artus, M Aglietta, C Saint Etienne. La raison : la zone euro n’est pas une Zone Monétaire Optimale, un ensemble suffisamment semblable pour partager la même monnaie, du fait de l’absence de mobilité des travailleurs, de budget fédéral et de structures économiques homogènes, contrairement aux Etats-Unis, où sont vérifiées les trois conditions.

Et ce n’est pas un passage au fédéralisme à marche forcée qui corrigera quoique ce soit. La mobilité des travailleurs ne se décrète pas car les différences de langue et de culture sont un puissant obstacle. En outre, l’Allemagne ne voudra (logiquement) jamais payer le prix pour un budget fédéral (qui impliquerait un transfert de 3 à 8% de son PIB tous les ans). Pire, comme l’a expliqué Paul Krugman dans son dernier livre, c’est le mécanisme même d’intégration qui est facteur de crise car appliquer la même politique à des pays trop différents accentue les problèmes au lieu de les résoudre.

La France, qui a 70 milliards de déficit commercial, ne peut pas partager sa monnaie avec l’Allemagne, qui a 150 milliards d’excédent. L’euro est à la fois trop cher pour Paris et pas assez pour Berlin, accentuant les déséquilibres. En outre, la monnaie unique pousse à une course au moins-disant social, d’autant plus que les salaires minimums varient de 1 à 5… Enfin, selon JJ Rosa, « la politique monétaire unique freine les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Bref, nos pays sont trop différents pour partager une même monnaie. Pour prendre une image triviale, adopter l’euro, cela revient à imposer un 40 à des personnes dont les pointures varient du 36 au 45.

La fin de la monnaie unique ne serait pas une catastrophe

samedi 8 octobre 2011

Les fondations pourries de la zone euro


Après avoir vu que la zone euro souffre d’une mauvaise politique monétaire et d’une libéralisation délétère qui l’offre à la compétition internationale, la question qui se pose pour sa pérennité est de savoir si cette construction originale repose sur des fondations solides ou pas.

Un débat qui mérite d’avoir lieu

Remettre en cause la monnaie unique relève encore de la profession de foi. Il suffit de voir la réaction de nombreuses personnes, sincères, quand on leur explique que l’on est favorable à la sortie de la monnaie unique. Certaines personnes réagissent comme si vous leur aviez dit que la terre était plate. Il y a un aspect quasi religieux dans l’adhésion d’une grande partie des Français à la monnaie unique européenne. Beaucoup conçoivent à peine qu’on puisse en débattre.

dimanche 25 septembre 2011

Gérard Lafay, un économiste qui propose une alternative


Là où beaucoup d’économistes s’arrêtent à un constat, aussi brillant soit-il, Gérard Lafay a la particularité de développer de nombreuses propositions dans « 12 clés pour sortir de la crise », rendant ce livre d’autant plus intéressant, pour ne pas dire indispensable.


Une révolution monétaire et financière


Gérard Lafay est un partisan des solutions de Maurice Allais, qui va beaucoup plus loin que le simple Glass Steagall Act qui sépare banques de dépôts et banques d’investissements. Il est favorable au 100% money, théorie défendue notamment par Christian Gomez. Cette réforme suppose que la banque centrale reprenne le contrôle total de la création monétaire, abandonnée aujourd’hui aux banques privées. Elle interdit aux banques de se financer à court terme pour prêter à long terme.


Gérard Lafay, le libéral qui s’oppose au néolibéralisme


« 12 clés pour sortir de la crise » est le coup de cœur de mes dernières lectures. Ce livre a l’immense intérêt de montrer qu’il existe un libéralisme humaniste et progressiste, à mille lieues du néolibéralisme.


Quand un économiste de droite est plus progressiste que le PS


Gérard Lafay n’est clairement pas un homme de gauche. On sent chez lui une vraie opposition à cette partie du spectre politique. Mais ce n’est pas pour autant un néolibéral. Il s’inscrit plutôt dans la continuité de Maurice Allais, qui se disait aussi libéral que socialiste. Il appartient à courant libéral modéré, volontiers paternaliste, sans doute influencé par le catholicisme social. Et au final, il apparaît bien plus progressiste que l’immense majorité des membres du parti « socialiste ».


Alain Cotta flingue la monnaie unique


Il avait combattu l’euro, avec Rosa et Lafay dans les années 1990. Il y a un an, il avait sorti un petit livre savoureux et toujours d’actualité « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu ».


Les arguments des partisans de l’euro hachés menu


Comme Jean-Jacques Rosa après lui, l’économiste revient sur les nombreux arguments avancés par les partisans de l’unification monétaire européenne et depuis démentis par les faits. Il cite donc le fameux article du 28 octobre 1997 du Monde signé par tout ce que la pensée unique compte de partisans, de Pascal Lamy à Claude Bébéar. Le premier argument avancé était la protection contre les crises, prévision que les hoquets des bourses européennes depuis 18 mois infirment fortement.