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samedi 29 décembre 2012

Non, la crise de la zone euro n’est pas finie


Les six mois de calme sur les marchés financiers semblent réussir à faire passer des vessies pour des lanternes. Dans un éditorial du Monde, le quotidien vespéral juge que « la survie de l’euro n’est plus en jeu » et ose même parler de « premiers signes positifs » en Grèce. Une cruelle erreur de jugement.

Un monde parallèle

Il faut vraiment lire ce papier du Monde, pour essayer de comprendre l’état d’esprit et la dégénérescence de la pensée d’une partie des élites. De manière intéressante, le papier commence par évoquer le fait que « la Grèce n’est plus l’épicentre de la crise financière » et qu’une agence a remonté de six crans la note de la Grèce. Au moment où le taux de chômage bat record sur record, il est piquant qu’un journal sensé être progressiste prenne les marchés comme boussole…

Plus fort encore, Le Monde évoque des « premiers signes positifs » pour la Grèce dans le fait que « le pays pourrait renouer avec la croissance en 2014 ». On salue l’emploi du conditionnel car cela fait des années que les prévisions concernant Athènes sont fausses. Celles d’il y a 10 mois, farfelues, ont largement été démenties par les faits. Quel est le poids d’une prévision très aléatoire pour 2014 face à l’augmentation quotidien du chômage et à la violente dépression du pays.

Ré-écrivons l’histoire

Le plus incroyable suit : « le salut des Grecs est bien sûr venu d’eux-mêmes : ils ont subi une purge sans précédent (….) la Grèce ne sortira pas de l’euro, quoi qu’il arrive. (…) M.Draghi a ensuite pu confirmer qu’il soutiendrait sans limite la monnaie unique. Cet été, donc, les Européens ont décidé que les marchés n’auraient pas la peau de l’eau ». Comment ne pas être effaré qu’un journal dit de gauche fasse des cures austéritaires une voie à suivre en citant la Grèce en exemple !

Pourtant, Paul Krugman et Joseph Stiglitz ont démonté la logique mortifère de ces politiques… Ensuite, une simple alternance en Grèce pourrait bien faire tomber cet incroyable château de carte. Il faudrait aussi rappeler au Monde que l’intervention de la BCE est limitée aux titres de faible maturité. Enfin, il est navrant que ce quotidien de référence verse dans la fable que les marchés voudraient la peau de l’euro, victime de ses propres carences, comme l’explique bien Paul Krugman.

Une pause dans la crise

samedi 8 octobre 2011

Les fondations pourries de la zone euro


Après avoir vu que la zone euro souffre d’une mauvaise politique monétaire et d’une libéralisation délétère qui l’offre à la compétition internationale, la question qui se pose pour sa pérennité est de savoir si cette construction originale repose sur des fondations solides ou pas.

Un débat qui mérite d’avoir lieu

Remettre en cause la monnaie unique relève encore de la profession de foi. Il suffit de voir la réaction de nombreuses personnes, sincères, quand on leur explique que l’on est favorable à la sortie de la monnaie unique. Certaines personnes réagissent comme si vous leur aviez dit que la terre était plate. Il y a un aspect quasi religieux dans l’adhésion d’une grande partie des Français à la monnaie unique européenne. Beaucoup conçoivent à peine qu’on puisse en débattre.