The Economist, qui s’est toujours fait
le porte-parole de la finance, qui
s’oppose dogmatiquement à toute taxation des transactions financières, a
conté dans un récent papier les timides progrès de l’initiative des pays
européens. Tellement timides qu’ils n’en font pas grand cas…
La
mini-taxe européenne
The
Economist rapporte que la France et l’Italie
ont récemment mis en place des taxes sur les transactions financières.
La France s’est inspiré de l’impôt de bourse anglais en 2012 et a mis en place
une taxe de 0,2% limitée aux seuls achats d’action. Même le Crédit Suisse a
reconnu que l’impact sur les volumes échangés a été très limité. Le cas de
l’Italie est plus intéressant car, en 2013, Rome a mis en place une taxe de
0,12% sur les actions et de 0,22% sur les échanges hors cote. Six
mois plus tard, les dérivés ont aussi été taxés. En revanche, le volume des
transactions a fortement baissé par rapport aux autres pays selon le Crédit
Suisse. Londres et Luxembourg s’opposent à toute taxe.
Malgré cette
opposition, en
2014, onze pays européens ont décidé de lancer une initiative européenne.
La position de la France est ambiguë. Si elle pousse le projet, elle
s’est longtemps opposée à la taxation des dérivés, dont ses banques échangent
un quart des volumes européens. Les débats portent également sur les
principes de la taxation : faut-il se baser sur le pays d’émission des
titres, le pays de l’acheteur ou celui du vendeur ? Début janvier, la France
a changé d’opinion, appuyant une large base de taxation, s’alliant avec
l’Autriche et l’Italie. The
Economist conclut en notant que les financiers,
qui pensaient que la taxe ne verrait jamais le jour, pensent désormais que cela
est possible.
Ce que révèle
ce débat










