Affichage des articles dont le libellé est Jean-Luc Gréau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Luc Gréau. Afficher tous les articles

mardi 11 décembre 2018

L’existence de l’euro, cause première des « gilets jaunes » (tribune collective)


Des annonces d’hier, aux nombreux angles-morts, l’essentiel, à savoir l’UE, a été oublié. J’en profite pour publier ce nouveau texte. Merci aux initiateurs, qui m’y ont à nouveau convié, et qui rappellent un point fondamental de cette crise : la responsabilité de l’UE et de l’euro, qui n’oeuvrent que pour une toute petite minorité, contre la grande majorité, comme le montrent à nouveau les reculs sur la taxation des GAFA ou des transactions financières, après d’autres, comme le glyphosate.


Près de vingt ans après le lancement de l’euro, le 1er janvier 1999, la situation de la monnaie unique européenne est paradoxale. D’un côté, l’échec de ce projet est patent, étant reconnu par la plupart des économistes compétents, dont de très nombreux prix Nobel. De l’autre, ce sujet est maintenant tabou en France, au point qu’aucun responsable politique n’ose plus l’aborder de front. Comment s’explique une telle situation ?

mercredi 25 décembre 2013

53 livres pour mieux comprendre la crise


Depuis cinq ans, j’ai publié de nombreux résumés de livres d’économie. Pour faciliter la recherche de ces notes, voici des liens vers l’ensemble de ces papiers :




Les progressistes

Frédéric Lordon
-        « Jusqu’à quand » : partie 1 et partie 2
-        « La crise de trop » : partie 1 et partie 2
Jacques Sapir
-        « Le nouveau 21ème siècle » : partie 1 et partie 2
-        « La démondialisation » : partie 1 et partie 2
-        « Faut-il sortir de l’euro ? » : partie 1 et partie 2
-        « Comment sommes-nous dépossédés de la démocratie ? » : partie 1, partie 2 et partie 3
Jacques Généreux
-        « La dissociété » : partie 1, partie 2 et partie 3
-        « La grande régression » : partie 1 et partie 2
Jean-Claude Michéa
-        « L’empire du moindre mal » : ici
-        « Les mystères de la gauche » : partie 1 et partie 2
Emmanuel Todd :
-        « Après la démocratie » : partie 1 et partie 2
-        « Le mystère français » (avec Hervé Le Bras) : partie 1, partie 2 et partie 3
Paul Jorion :
-        « L’implosion » : ici
-        « La crise » : ici
-        « Le capitalisme à l’agonie » : partie 1, partie 2 et partie 3
Olivier Berruyer, « Les faits sont têtus » : partie 1, partie 2 et partie 3
F. Dedieu, B Masse-Stamberger & A de Tricornot, « Inévitable protectionnisme » : partie 1 et partie 2
Régis Debray, « L’éloge des frontières » : ici
C.Landais, T.Piketty et E.Saez, « Pour une révolution fiscale » : partie 1 et partie 2
Jean-Pierre Chevènement, « Sortir la France de l’impasse » : ici

Les libéraux humanistes

Maurice Allais, « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance », partie 1, partie 2 et partie 3
Jean-Luc Gréau :
-        « La trahison des économistes » : ici
-        « L’avenir du capitalisme » : partie 1 et partie 2
-        « La grande récession » : partie 1, partie 2 et partie 3
Pierre-Noël Giraud, « Le commerce des promesses » : partie 1 et partie 2
Patrick Artus, « Globalisation, le pire est à venir » : ici
Gérard Lafay, « 12 clés pour sortir de la crise » : partie 1 et partie 2
A-J. Holbecq et P. Derudder
-        « La dette publique, une affaire rentable » : partie 1 et partie 2
-        « Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir » : ici
Jean-Claude Werrebrouck, « Banques centrales : indépendance ou soumission » : partie 1 et partie 2
Morad el Hattab et I. Silverschmidt, « La vérité sur la crise » : partie 1, partie 2, partie 3 et partie 4
Morad el Hattab et P.Jumel, « Kriz. D’une crise à l’autre » : ici
Christian Saint Etienne, « La fin de l’euro » : partie 1 et partie 2
Jean-Jacques Rosa, « L’euro, comment s’en débarrasser » : ici
Alain Cotta, « Sortir de l’euro ou mourir à petit feu » : ici
François Lenglet :
-        « Qui va payer la crise ? » : partie 1, partie 2 et partie 3
-        « La fin de la mondialisation » : partie 1 et partie 2
Nicolas Dupont-Aignan :
-        « L’arnaque du siècle » : ici
-        « Les voleurs de la République » : ici

Un autre regard

Christophe Deloire et Christophe Dubois, « Circus Politicus », partie 1 et partie 2
Philippe Coussedière, « L’éloge du populisme », partie 1 et partie 2
Eric Juillot, « La déconstruction européenne », partie 1 et partie 2
Eric Hazan, « LQR, la propagande au quotidien », ici

Depuis l’étranger

Paul Krugman :
-        « L’Amérique que nous voulons » : partie 1 et partie 2
-        « Pourquoi les crises reviennent toujours » : partie 1 et partie 2
-        « Pour en finir dès maintenant avec la crise » : partie 1, partie 2, partie 3 et partie 4
Joseph Stiglitz :
-        « La Grande désillusion » : partie 1, partie 2 et partie 3
-        « Le triomphe de la cupidité » : partie 1, partie 2 et partie 3
-        « Le rapport Stiglitz » : partie 1, partie 2, partie 3 et partie 4
-        « Le prix des inégalités » : partie 1, partie 2, partie 3 et partie 4
Robert Reich, « Supercapitalisme » : partie 1 et partie 2
James Kenneth Galbraith, « La crise économique de 1929 » : partie 1, et partie 2
Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, « Vers un nouveau capitalisme » : partie 1 et partie 2

samedi 8 juin 2013

La dette publique est-elle légitime ?


Dans un papier sur Slate, Vincent Le Biez, secrétaire national à l’UMP conteste le raisonnement de Jean-Luc Mélenchon et de Nicolas Dupont-Aignan sur la dette publique, à savoir qu’elle serait en partie illégitime. L’occasion d’une réponse pour démontrer qu’un tel débat est parfaitement légitime.



De l’art d’esquiver le débat

S’il dénonce les « sophismes » de ces opposants, il n’est pas le dernier à y recourir ou à détourner le débat. La thèse qu’il conteste est que « la dette actuelle de l’Etat est illégitime en ce qu’elle est constituée pour l’essentiel de l’accumulation des intérêts versés par la France ». Tout d’abord, il commence par dénoncer la « thèse complotiste qui vise à faire de cette loi (de 1973) adoptée sous Georges Pompidou la source de tous nos maux ». Mais non seulement ce n’est pas le sujet, mais on peut soutenir cette thèse sans s’y référer et il est bien évident que nos maux ont plusieurs raisons.

Vincent Le Biez continue son papier par une digression totalement inutile sur le fait qu’un ratio cumul des intérêts payés / PIB n’a pas de sens. Outre le fait que l’on a bien le droit de calculer les ratios que l’on souhaite en économie, c’est sans doute un moyen d’embrouiller le débat par des questions totalement anecdotiques. Dans un second temps, il cherche à légitimer le recours au crédit en général en soulignant qu’un emprunt peut effectivement être rentable, même en prenant en compte le coût des intérêts versés. Mais cela n’a toujours rien à voir avec le problème évoqué.

Puis il soutient que les investissements peuvent être financées en empruntant, mais pas les dépenses sociales ou de fonctionnement. Il essaie de faire peur en disant que ce serait une catastrophe si l’Etat s’endettait à taux nul et sans limites, ce que personne n’a proposé (André-Jacques Holbecq évoquait le chiffre de 2.5% du PIB)… Enfin, il affirme que le taux d’intérêt auquel l’Etat emprunte doit être comparable au taux de croissance moyen de l’économie, ce qui est totalement le contraire aujourd’hui dans la zone euro puisque l’Allemagne a les taux les plus bas et la Grèce les plus hauts.

Le vrai débat porte sur la monnaie

jeudi 9 mai 2013

Quand le protectionnisme devient inévitable


C’est un livre important sorti pendant la campagne présidentielle. Franck Dedieu, de l’Expansion, Benjamin Masse-Stamberger, de l’Express et Adrien de Tricornot, du Monde, ont publié « Inévitable protectionnisme » l’an dernier. Le signe d’un basculement des médias sur la question du libre-échange ?



Le besoin de protectionnisme

Il y a quelque chose d’extraordinairement réjouissant à lire sous la plume de journalistes de l’Expansion, de l’Express et du Monde tous les constats poussés par Jacques Calvet, Emmanuel Todd, Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement il y a vingt ans, rejoints aujourd’hui par Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Sapir ou Jean-Luc Gréau. Ils rappellent justement la croyance qui a animé nos dirigeants depuis tant d’années : « moins on entrave les mouvements des acteurs privés, mieux se portent le système économique et les différents agents qui le composent ».

Deux constatations sont venus remettre en cause la vision du monde des auteurs : l’explosion des inégalités salariales et les heurts de plus en plus violents du cycle économique, rappelant cette belle citation du Général de Gaulle : « le laisser-faire et le laisser-passer appliqué à l’économie (…) a souvent donné (…) au développement une puissante impulsion. Mais on ne saurait méconnaître qu’il en est résulté beaucoup de rudes secousses et une somme énorme d’injustices ».

Ils font une belle comparaison avec la guerre, citant Paul Valéry : « la guerre est faite par de braves gens qui s’entretuent sans se connaître au profit de gens qui se connaissent, mais ne s’entretuent pas ». Pour l’Europe et les Etats-Unis, les auteurs affirment que nous sommes dans un processus de « destruction destructice ». Reprenant une étude de la Banque Mondiale, ils affirment que la mondialisation en cours ne profite qu’à la Chine puisque s’il y a 517 millions de pauvres en moins, il y en a 627 millions de moins en Chine, ce qui signifie qu’il y en a 110 millions de plus ailleurs. Ils soulignent, en outre, que les modèles gagnants (Corée du Sud, Chine) sont protectionnistes.

Les auteurs affirment que « non pas que la libéralisation des échanges soit systématiquement à proscrire. Mais l’idée que celle-ci soit toujours, dans tous les lieux et tous les temps, la meilleure solution nous est de plus en plus apparue comme une folie ». En effet, ils constatent que tout cela produit du chômage et une paupérisation des classes moyennes et soulignent la logique absolutiste (pour ne pas dire autoritaire et anti-démocratique) des marchés. Ils se réclament d’une forme de libéralisme humaniste, équitable et tempéré et appelle par conséquent à un protectionnisme européen.

Pourquoi le libre-échange est une impasse

dimanche 5 mai 2013

Jean-Luc Gréau dessine une voie de sortie de la crise


L’immense intérêt de ce livre, outre le récit vivant et argumenté de la crise (y compris européenne), réside dans les nombreuses propositions que fait Jean-Luc Gréau pour s’en sortir. Où l’on voit que les solutions sont bien connues mais qu’elles sont ignorées par nos gouvernements.



Restructurer en profondeur le système monétaire et financier

Il commence par dénoncer l’indépendance des banques centrales en rappelant que ce sont les Etats qui ont cassé l’inflation excessive des années 1970. Dans un long développement, il revient sur les propositions de Maurice Allais, qui proposait que la création monétaire soit réservée aux Etats. Notre seul « prix Nobel d’économie » craignait en effet que les banques ne prêtent trop ou soient tentées de financer à court terme des prêts à moyen ou long terme. Il n’hésite pas à vanter le dirigisme étatique chinois dans le secteur bancaire, au service de la nation. Il propose de monétiser jusqu’à 2% du PIB par an de la dette publique, dans la limite d’un montant défini dans les lois de finances.

Il propose une stricte séparation (juridique et capitalistique) des banques en trois entités : dépôt, crédit et investissement, suivant les propositions du 100% monnaie. Il propose également d’interdire les opérations spéculatives pour compte-propre, de manière à ce que le crédit ne serve pas à financer la spéculation ainsi que les activités de carry trade (l’emprunt dans un pays pour placer dans un autre, pour bénéficier des écarts de taux). Et, dans une logique proche de la charte de la Havane, il envisage même que les excédents de balance des paiments des uns soient cédés à ceux qui sont en déficit, de manière à éviter de créer des masses de monnaies en recherche de placement.

Pour lui, il faut conditionner le refinancement des banques auprès de la banque centrale à la limitation stricte de la titrisation. Il propose également d’imposer aux banques de conserver une part importante des prêts qu’elles accordent tout en y ajoutant une décote pour tout prêt cédé pour transformer le prêt en « bien d’occasion ». Il propose de renforcer les obligations de liquidités. Enfin, il propose de limiter la part du financement inter-bancaire dans les bilans des banques. Il souligne le rôle du gel du marché interbancaire, dont les volumes ont été divisés par 10 pendant la crise, pour rappeler que le financement par les banques centrales revient à une « étatisation de fait du système de crédit ».

Dette, crédit et renouveau industriel

samedi 4 mai 2013

Jean-Luc Gréau décrypte la crise de la zone euro


Outre son analyse de la crise globale, Jean-Luc Gréau accorde logiquement une part importante de son analyse aux spécificités de la crise de la zone euro et apporte son eau au moulin des analystes alternatifs comme Jacques Sapir, malgré des idées globalement plus libérales.



Pas une crise des dettes souveraines

Pour lui c’est la crise financière, qui, en provoquant une grave récession, couplée aux plans de sauvetage du système financier, a provoqué la crise des dettes publiques. Il souligne le rôle majeur joué par les déséquilibres dans les échanges entre les pays de la zone euro. Pour lui, notre dette est la conséquence de la réunification allemande (et de la politique de franc cher) et le krach du marché hypothécaire étasunien, deux épisodes qui ont provoqué une hausse de notre endettement de plus de 20% du PIB chacun ! Il souligne que « la dérive (actuelle) trouve son explication principale dans l’impact destructeur de la crise sur nos recettes fiscales et sociales ». Il rappelle aussi à ceux qui vantent le modèle allemand que tous les pays européens ne peuvent pas simultanément être en excédent commercial et qu’il est source d’une pression déflationniste qui explique en partie la crise actuelle.

Il souligne avec ironie que nous sommes passés d’un discours officiel où l’euro nous aurait sauvé à un « il faut sauver l’euro », en rappelant que l’embellie du tournant du siècle était le produit de 3 facteurs extérieurs à l’unification monétaire européenne : la forte demande étasunienne, la montée du dollar (et donc l’euro bon marché) et enfin la baisse des taux, constatée dans le monde entier. En outre, il note que la concurrence de la Chine était encore extrêmement limitée. Malheureusement, l’euro cher et le libre-échange anarchique ont pesé sur la croissance après le krach de la bulle Internet.

Il rappelle le rôle de la divergence des pays de la zone euro en matière d’évolution des salaires ou de croissance du crédit, avec la bulle espagnole (croissance de plus de 20% par an). Il souligne que la situation des PIIGS est totalement disparate : l’Italie, où les ménages sont très peu endettés, la Grèce, que les eurocrates ont laissé dans l’euro en fermant les yeux sur ses comptes, l’Espagne, qui souffre de l’éclatement de sa bulle immobilière, le Portugal, qui n’a plus de croissance depuis plus de 10 ans et l’Irlande, dont la croissance vient de son dumping fiscal, qui attire les multinationales.

L’impossible issue de la crise

vendredi 3 mai 2013

Jean-Luc Gréau nous conte la Grande Récession


Jean-Luc Gréau est un des meilleurs chroniqueurs de la crise économique que nous traversons et qu’il avait anticipé dès 2005. Aujourd’hui, il nous offre dans un nouveau livre essentiel son journal de bord de la crise, qui nous fournit tout autant des constats robustes que des solutions pour en sortir.



Le film de la crise

Ce livre est composé de papiers publiés entre l’été 2008 et l’hiver 2012 dans la revue Le Débat, ainsi que de textes inédits, ce qui fournit à la fois un compte-rendu des évènements que nous traversons depuis cinq ans et une remlse en perspective. Les papiers plus anciens ont un grand intérêt car non seulement ils n’ont rien perdu sur le fond (où l’on voit que les débats restent les mêmes et que nos dirigeants ne résolvent rien) mais ils permettent aussi de mieux saisir les étapes du développement de la crise.

L’auteur commence par souligner que « dérèglementation il y a eu, certes, mais qui n’a pas laissé place à un chaos, comme se plaisent à le dire tant de commentateurs. Un système complexe, ancré sur différentes institutions, dont les banques centrales indépendantes et les agences de notation fournissent les éléments les plus visibles, a pris la place de l’ancienne organisation qui soumettait les économies à une réglementation poussée, y compris dans les pays de grande tradition libérale ». Pour lui, « l’action publique (est) devenue incongrue depuis sa mise en jachêre au profit de la gouvernance économique par les marchés financiers et des banques centrales affranchies de la tutelle étatique ».

Il rappelle que les premiers signes de la crise sont apparus dès 2006, avec une tension sur les marchés, aboutissant à des mini-krachs, et le niveau extrêmement élevé de logements invendus. Mi 2007, Bear Sterns (qui fera faillite 9 mois plus tard) et BNP Paribas décident de fermer deux fonds et la BCE doit injecter en urgence 50 milliards d’euros de liquidités pour éviter le blocage des marchés, faisant dire à Jean-Luc Gréau que « les banques centrales agissent aujourd’hui comme les Etats en temps de guerre. De même que ceux-ci créent de la monnaie pour subvenir aux besoins exceptionnelles suscités par les combats, les banques (le font) pour éviter l’asphyxie des marchés du crédit ».

Une crise de la globalisation et l’anarchie financière

vendredi 26 avril 2013

Chômage : le Munich socialiste


Hier, le nombre officiel de chômeurs a battu le sinistre record de 1997 avec une nouvelle progression du nombre de demandeurs d’emplois de 36 900 en catégorie A et 34 400 en catégorie B et C. De manière stupéfiante, les socialistes continuent de faire le dos rond et d’amuser la galerie avec des mesurettes.



Quand les socialistes virent antisociaux

Frédéric Lordon a bien raison de dire que le Parti « Socialiste » est devenu la droite complexée, les collabos du capital. Il y a quand même quelque chose d’hallucinant à voir ceux que l’on positionne sur la gauche de l’échiquier politique, et donc sensés avoir un minimum d’intérêt pour les questions sociales, à assister sans broncher à une telle progression du chômage, si ce n’est en brandissant une « boîte à outil » totalement dérisoire et sans effet sur le développement de ce cancer de la société.

Le PS a choisi l’UE, les banques et l’austérité contre les peuples. Ce que des libéraux humanistes comme Maurice Allais ou Jean-Luc Gréau ont bien identifié comme la priorité des politiques économiques, ne semble guère importer pour un parti, qui, de toutes les façons, a théorisé l’abandon pur et simple des des classes populaires au FN pour les bénéficaires de la mondialisation. Les ouvriers de Florange ont bien eu raison de déposer une stèle en mémoire de la trahison du président.

Ce gouvernement ne fait presque rien pour l’emploi. Les nouveaux contrats aidés sont un gros échec et ne sont que des pis-aller pour limiter la hausse du chômage. L’efficacité du pseudo-plan de croissance européen se mesure aux chiffres de la croissance en  Europe. Le crédit d’impôt est une mesure dérisoire quand on peut trouver en Europe des pays où le coût du travail est 90% plus bas qu’en France, outre que son effet peut être annulé à tout moment par une appréciation de l’euro.

L’oubli des leçons de l’histoire

lundi 11 mars 2013

Le démontage de l’euro : possible, inévitable et souhaitable


Pourquoi et comment démonter l'euro : Entretien... par dlrtv

Le calme des marchés offre un répit aux partisans de la monnaie unique. Mais il est illusoire car cette construction monétaire, aussi artificielle que bancale, finira par être démontée. Une issue qu’il ne faut pas craindre, car elle est plus simple qu’on ne le croit.

La monnaie unique ne peut pas marcher

Pourquoi démonter la monnaie unique ? Non seulement parce qu’elle ne fonctionne pas, mais surtout, parce qu’elle ne pourra jamais fonctionner, quelles que soient les réformes qui pourront être entreprises. Tout ceci s’appuie sur les travaux de nombreux économistes, dont pas moins de 5 « prix Nobel d’économie », de tous les horizons idéologiques, Maurice Allais, Milton Friedmann, Amartya Sen, Paul Krugman et Joseph Stiglitz qui ont tous dénoncé les limites de l’euro.

Beaucoup d’économistes soutiennent son démontage : JL Gréau, J Sapir, JP Gérard, G Lafay, A Cotta, JJ Rosa, H Juvin, F Aftalion, F Lordon, M el Hattab, N Roubini, E Todd, JC Werrenbrouck, P Murer , A-J Holbecq ou J Nikonoff et d’autres sont critiques : P Artus, M Aglietta, C Saint Etienne. La raison : la zone euro n’est pas une Zone Monétaire Optimale, un ensemble suffisamment semblable pour partager la même monnaie, du fait de l’absence de mobilité des travailleurs, de budget fédéral et de structures économiques homogènes, contrairement aux Etats-Unis, où sont vérifiées les trois conditions.

Et ce n’est pas un passage au fédéralisme à marche forcée qui corrigera quoique ce soit. La mobilité des travailleurs ne se décrète pas car les différences de langue et de culture sont un puissant obstacle. En outre, l’Allemagne ne voudra (logiquement) jamais payer le prix pour un budget fédéral (qui impliquerait un transfert de 3 à 8% de son PIB tous les ans). Pire, comme l’a expliqué Paul Krugman dans son dernier livre, c’est le mécanisme même d’intégration qui est facteur de crise car appliquer la même politique à des pays trop différents accentue les problèmes au lieu de les résoudre.

La France, qui a 70 milliards de déficit commercial, ne peut pas partager sa monnaie avec l’Allemagne, qui a 150 milliards d’excédent. L’euro est à la fois trop cher pour Paris et pas assez pour Berlin, accentuant les déséquilibres. En outre, la monnaie unique pousse à une course au moins-disant social, d’autant plus que les salaires minimums varient de 1 à 5… Enfin, selon JJ Rosa, « la politique monétaire unique freine les économies en récession et stimule les économies en surchauffe ». Bref, nos pays sont trop différents pour partager une même monnaie. Pour prendre une image triviale, adopter l’euro, cela revient à imposer un 40 à des personnes dont les pointures varient du 36 au 45.

La fin de la monnaie unique ne serait pas une catastrophe

mercredi 20 février 2013

La dérisoire réforme bancaire de François Hollande, suite


Hier, le Parlement a adopté la première mouture du projet de loi de réforme bancaire du gouvernement. Un texte qui démontre l’inutilité complète du PS qui a proposé une loi moins ambitieuse encore que celles passées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, des pays pourtant guère interventionnistes.

Beaucoup de bruit pour rien

On se souvient que, pendant la campagne électorale, François Hollande avait fait, le temps d’un discours, de la finance son ennemi. Mais, dans une logique toute sarkozyste, il était allé quelques jours après dire le contraire absolu au Guardian, vantant alors toutes les réformes néolibérales menées par de précédents gouvernements socialistes, comme si les Français et les journalistes ne lisaient pas la presse internationale, ce qui avait déclenché une belle polémique.

Du coup, il n’y avait pas grand chose à attendre. Et de facto, comme avec Sarkozy, la France est en retard dans la réforme de la finance. Alors que Berne ou Londres imposent des normes prudentielles plus sévères que Bâle 3 (malheureusement assouplies) pour tenir compte de la crise, le projet de loi français n’aborde même pas le sujet… Bref, sous Hollande comme sous Sarkozy, comme le soulignent beaucoup, Paris se montre moins contraignant que Londres. Un comble !

Le refus du Glass Steagall Act

L’élément le plus emblématique est clairement le refus de couper les banques en deux, comme l’avait fait Franklin Roosevelt après la Grande Dépression. Pourtant, l’ensemble du Glass Steagall Act, qui avait influencé les lois du monde entier, avait assuré des décennies de stabilité financière et son démantèlement a immédiatement provoqué de nouvelles crises. Mais comme souvent, les socialistes restent sourds aux leçons de l’histoire. Leur cerveau est encore débranché.

La simple séparation dans des filiales différentes ne changera rien en cas de panique car il est bien évident qu’une filiale peut en couler une autre et que les déposants pourront toujours craindre la faillite de leur banque, ce qui n’aurait pas été le cas avec une stricte séparation. Mais le comble du ridicule a été atteint lors des auditions en commission des finances quand le président de la Société Générale a admis que moins d’1% de son activité serait touchée par le projet…

La colère des économistes