Hier, le
Parlement a adopté la première mouture du projet de loi de réforme bancaire du
gouvernement. Un texte qui démontre l’inutilité complète du PS qui a
proposé une loi moins ambitieuse encore que celles passées aux Etats-Unis et en
Grande-Bretagne, des pays pourtant guère interventionnistes.
Beaucoup
de bruit pour rien
On se
souvient que, pendant la campagne électorale, François Hollande avait fait, le
temps d’un discours, de la finance son ennemi. Mais, dans
une logique toute sarkozyste, il
était allé quelques jours après dire le contraire absolu au Guardian, vantant alors toutes les
réformes néolibérales menées par de précédents gouvernements socialistes, comme
si les Français et les journalistes ne lisaient pas la presse internationale,
ce qui avait déclenché une belle polémique.
Du coup, il
n’y avait pas grand chose à attendre. Et de facto, comme avec Sarkozy, la
France est en retard dans la réforme de la finance. Alors que Berne ou Londres
imposent des normes prudentielles plus sévères que Bâle 3 (malheureusement
assouplies) pour tenir compte de la crise, le projet de loi français
n’aborde même pas le sujet… Bref, sous Hollande comme sous Sarkozy, comme le
soulignent beaucoup, Paris
se montre moins contraignant que Londres. Un comble !
Le refus
du Glass Steagall Act
L’élément le
plus emblématique est clairement le refus de couper les banques en deux, comme
l’avait fait Franklin Roosevelt après la Grande Dépression. Pourtant,
l’ensemble du Glass Steagall Act, qui avait influencé les lois du monde entier,
avait assuré des décennies de stabilité financière et son démantèlement a
immédiatement provoqué de nouvelles crises. Mais comme souvent, les
socialistes restent sourds aux leçons de l’histoire. Leur cerveau est
encore débranché.
La simple
séparation dans des filiales différentes ne changera rien en cas de panique car
il est bien évident qu’une filiale peut en couler une autre et que les
déposants pourront toujours craindre la faillite de leur banque, ce qui
n’aurait pas été le cas avec une stricte séparation. Mais le comble du ridicule
a été atteint lors des auditions en commission des finances quand
le président de la Société Générale a admis que moins d’1% de son activité
serait touchée par le projet…
La colère
des économistes