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dimanche 5 juillet 2026

Courez voir la bataille de Gaulle !

Le cinéma va-t-il donner une nouvelle jeunesse au gaullisme et à la France libre ? La question aurait paru saugrenue il y a seulement deux ans, tant la figure du Général de Gaulle peut sembler éloignée de ce milieu. Mais voilà qu’un diptyque extrêmement réussi change complètement la donne en rencontrant un succès public qui pourrait en faire un des succès de l’été sur grand écran…

 


Un grand film pour une grande histoire

 

samedi 13 novembre 2021

Laurent Herblay dénonce « le bal tragique des imposteurs du gaullisme »

Entretien donné à Front Populaire

 

Nous avons commémoré hier le 51ème anniversaire de la mort du général de Gaulle. De nombreuses personnalités politiques ont tenu à marquer leur filiation avec le fondateur de la Cinquième république. Une récupération qui ne trompe pas Laurent Herblay, qui tient le blog gaulliste libre depuis 2007 et auteur de l’essai « Le néolibéralisme est un oligarchisme ».

 


Front Populaire : De nombreuses personnalités politiques se sont rendues à Colombey cette année. Quelle place accorder à ce genre de procession en année électorale, entre hommage réel, folklore, théâtre et récupération ?

 

samedi 23 février 2019

Sur la construction européenne (Michel Debré) (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus

Je mets en ligne ci-dessous un remarquable texte de Michel Debré sur la construction européenne (initialement publié par Theatrum Belli). Hors les questions de rapport entre la France et les colonies, ce texte, datant de 1953, demeure d'une incroyable actualité. On pourra également le mettre en parallèle avec les positions de Pierre Mendès-France (lire ici) qui, bien que d'un camp opposé à Michel Debré, se montrait très critique à l'égard de la construction européenne (mais cela la "gauche" bien pensante l'a bien oublié, comme les prétendus gaullistes de droite ont oublié ce texte de Michel Debré, ou plus généralement les fondements de la pensée du général de Gaulle).


Quand Démosthène mettait en garde les Athéniens contre Philippe de Macédoine, Démosthène avait raison ! Athènes était une cité, et l’âge venait de plus grands empires. Mais il était deux politiques : l’une qui permettait de les constituer par une alliance et dans la liberté, Vautre qui acceptait de les voir naître de la tyrannie. Nul ne doute, nul n’a jamais douté, que la thèse ardemment défendue par Démosthène fût la seule qui pût garantir l’avenir d’Athènes, celui de la Grèce et de la liberté, la seule qui fût en même temps conforme à l’honneur.  

La théorie du transfert de souveraineté.

jeudi 27 avril 2017

Gaullisme et anti-gaullisme de pacotille

Le Général de Gaulle a été assez présent dans cette campagne, de nombreux candidats s’en réclamant et un autre le présentant comme un repoussoir. Mais ce faisant, nous avons surtout eu droit à des postures très caricaturales, quand elles n’étaient pas complètement malhonnêtes.



Avis de récupération outrancière

lundi 27 février 2017

François Fillon, le « fumier du diable » et le parti de l’argent (billet invité)

«Nous n'aurions accompli qu'une infime partie de notre tâche si la République française de demain se trouvait comme la IIIe République sous la dépendance étroite des puissances d'argent»
Albert Camus[i]

Billet invité de l’œil de Brutus



Le général de Gaulle confessait qu’il n’aimait pas ceux de son parti car ceux-ci aimaient trop l’argent. Il n’aurait sans nul doute guère apprécié François Fillon. Il n’aurait bien sûr pas goûté toutes ces petites combines népotistes – légales ou pas, en soi peu importe – au bénéfice de son épouse et de ses enfants[ii]. Ni ces petits trafics de breloques – eux aussi légaux – pour les copains[iii]. Ni ces conférences rémunérées tenues dans des puissances étrangères[iv].

samedi 5 décembre 2015

Joyeux 50 ans au suffrage universel pour la présidentielle ! (billet invité)

Billet invité de Jean-Jacques Saldat, membre du Conseil National de Debout la France

Nous célébrons aujourd'hui le cinquantenaire de la première élection présidentielle de la Ve république au suffrage universel qui se déroula les 5 et 19 Décembre 1965.


Celle-ci eut lieu après le référendum du 28 Octobre 1962 qui décidait de cette réforme constitutionnelle, car jusqu'à cette date, le président de la république était élu par un collège réduit d'électeurs.

Ce fut donc là un changement important qui s'opérait dans la vie politique française.


mardi 15 septembre 2015

Sur les « fronts » de libération contre l’euro austérité (4/4) (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus, suite du 1er papier, du second et du troisième



Les conditions d’un rassemblement

« Notre peuple porte de graves blessures, mais il suffit d’écouter battre son cœur malheureux pour connaître qu’il entend vivre, guérir, grandir. Le jour va venir où, rejetant les jeux stériles et réformant le cadre mal bâti où s’égare la nation et se disqualifie l’Etat, la masse immense des français se rassemblera sur la France. »
Charles de Gaulle

Le « contenant » de ce front (les forces politiques susceptibles de le constituer) étant défini, demeure le plus important et ce qui lui est inéluctablement lié : son contenu (son programme politique). Que l’on s’entende bien sur une choses : la sortie de l’euro ne sera pas une partie plaisir, ni pour ceux qui la mettront en œuvre, ni pour le peuple français qui devra en accommoder son quotidien, et ce dès l’instant même où la décision sera prise … et probablement même avant : 40 ans de renoncements face au monde de la finance ont doté celle-ci d’un sérieux coup d’avance et les jeux d’anticipation des marchés, alliés aux décisions unilatérales des institutions européennes (en particulier de la BCE comme on a pu le constater en Grèce) initieront très certainement les tourbillons spéculatifs dès que l’arrivée au pouvoir d’une équipe souverainiste ne sera pas seulement actée mais simplement une possibilité hautement envisageable.

dimanche 3 mai 2015

Eric Zemmour se raconte un roman

Après avoir étudié les aspects intéressants de l’analyse d’Eric Zemmour, puis rapporté sa misogynie, qui verse parfois dans une vision de la société plus proche de la Préhistoire que de l’après-guerre, il faut noter un autre aspect étonnant chez ce féru d’histoire, ces nombreux arrangements avec la vérité.



Entre progressisme et Tea Party

Bien sûr, une partie de l’analyse économique du Suicide Français rejoint les analyses des alternatifs. Il met en parallèle Jean-Claude Trichet à sa nomination à la tête de la BCE « I am not French » avec Christopher Soames, ancien commissaire britannique, pour qui : « dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français car ils sont les seuls à ne pas défendre les intérêts de leur pays ». Il note que le patron de la BCE est 15% mieux payé que le président de la Commission et les commissaires 25% mieux payés que le chancellier Allemand ou le président Français. Enfin, pour lui « les consommateurs français profitaient à plein des baisses de prix ; ils ne se rendaient pas compte que les satisfactions qu’ils tiraient en tant que consommateur plombaient la feuille de paie du salarié, et menaçaient l’emploi du chômeur en puissance qu’ils étaient ».

Mais il dit aussi que « la France a laissé filé les coûts salariaux », ce qui n’a de sens que si la politique de régression sociale est une norme. Il récidive en disant qu’« en France, le SMIC fut revalorisé massivement, de coup de pouce en coup de pouce, à l’occasion de chaque élection présidentielle ». Pour rappel, Jacques Chirac avait accordé un coup de pouce de 2% en 1995 et François Hollande, de 0,6% en 2014, ce qui est d’autant moins fort qu’il faudrait prendre en compte les gains de productivité. Enfin, il dénonce un système social « aux couches épaisses, étouffantes, financées à coup d’endettement public » avec l’accent des Tea Party qui contraste avec des tonalités parfois plus sociales. C’est d’autant plus étrange que nous ne sommes pas si endettés et que nous ne dépensons pas tant que cela.

Recalé en histoire économique

dimanche 28 septembre 2014

Nicolas Sarkozy ou l'anti Charles de Gaulle (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.


Le candidat de l’UMP aime à se présenter comme l’héritier du gaullisme. Si cela l’amuse. Mais ce qui est surprenant c’est, qu’en dépit des faits, un nombre important de militants du parti présidentiel semble y croire, reniant sans même s’en rendre compte ce qui fut un temps, au moins en apparence, le socle des convictions de l’ancien RPR. Pourtant n’importe quel raisonnement un temps soit peu argumenté suffit à constater qu’entre le sarkozysme et le gaullisme il existe un gouffre.

samedi 27 septembre 2014

François Hollande ou l’instature présidentielle (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.


A l’occasion de sa dernière conférence de presse, le Président de la République a cru bon de revenir sur sa piteuse prestation de l’Ile de Sein d’août dernier. Une intervention qui en dit long sur l’incapacité du chef de l’Etat à comprendre les tenants et les aboutissants de son rôle, à percevoir les exigences de la stature présidentielle. François Hollande estime donc  « qu'être président de la République, dans ces circonstances, cela consistait justement à être sous les intempéries, à être avec les Français, à être avec ceux qui étaient là ». Or, c’est justement tout ce qu’on peut lui reprocher. Nul, ou presque, n’attend de lui qu’il partage la situation des Français, mais, justement, qu’il change cette situation. Ce à quoi il a clairement renoncé. Le Président de la République « ne peux pas supprimer la pluie ». Certes. Mais le problème est qu’il agit de même avec le chômage, la dégradation de la situation économique et politique de notre pays, l’éducation des jeunes Français, la place de la France dans le monde, notre industrie, notre avenir, notre souveraineté. En fait, avec tout ce qui devrait fonder son rôle. François Hollande est le président du renoncement.

mercredi 24 septembre 2014

Quelles leçons tirer du référendum en Ecosse ?


Il y a six jours, les Ecossais se prononçaient majoritairement pour le maintien au sein du Royaume Uni. Mais cette bataille gagnée par les unionistes ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agissait que d’une bataille et qu’il y en aura sans doute bien d’autres, en Espagne, en Belgique… Qu’en penser ?


Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Il est évident que, comme gaulliste, j’accorde le plus grand respect à la démocratie et au verdict des urnes, quel qu’il soit. En outre, le Général de Gaulle a défendu toute sa vie le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fussent-ils des anciennes colonies françaises. Tout ceci devrait peut-être pousser à une certaine sympathie pour ce réveil du peuple écossais qui souhaiterait s’émanciper de la tutelle de Londres, d’autant plus qu’il semble porteur d’un projet de société plus progressiste et donc davantage en ligne avec les idéaux gaullistes, selon ma grille de lecture. Tout d’abord, il faut rappeler ici que ce qui s’est passé en Ecosse est une affaire intérieure britannique et que je rejette tout interventionnisme.

Mais, même s’il est bien évident que je rejette toute remise en question, même minime, de la souveraineté populaire, je n’ai pas pu cacher un certain manque de sympathie pour cette éventuelle sécession.  Il est bien évident que si la majorité de la population écossaise avait souhaité prendre son congé du Royaume Uni, il fallait l’accepter, à défaut de s’en réjouir. Mais ce n’est pas parce que l’on respecte la souveraineté populaire et la démocratie que l’on ne peut pas se poser des questions sur cette vague sécessionniste qui point en Europe et qui menace Madrid et Bruxelles, outre Londres et qui semble aller avec une certaine idée de l’Europe. Même si je crois qu’il faut partir du principe que la démocratie a toujours raison, cela n’exclut pas de s’interroger sur les raisons et les conséquences de ces mouvements.

Une aspiration libérale-libertaire ?

vendredi 15 août 2014

La voix de la France et la Bosnie oubliée (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus
« Ô drapeau de Wagram ! ô pays de Voltaire !
Puissance, liberté, vieil honneur militaire,
Principes, droits, pensée, ils font en ce moment
De toute cette gloire un vaste abaissement. »
Victor Hugo, Les Châtiments.




Il y a quelques jours, Laurent Pinsolle publiait un article sur l’état actuel de la Libye et les conséquences du droit d’ingérence. C’est également l’occasion de se remémorer un autre territoire, complètement oublié des médias : la Bosnie-Herzégovine.

Un pays à la dérive

En 1995, les accords de Dayton mettent fin (provisoirement : 4 ans plus tard aura lieu la guerre du Kosovo) à la guerre issue de la dislocation de l’ex-Yougoslavie. Ils instituent de fait un Etat pluriethnique, composé d’une fédération d’Etat, eux-mêmes basés sur l’homogénéité ethnique. Ces mêmes accords instituent de manière transitoire un poste de Haut représentant en Bosnie-Herzégovine, placé sous l’autorité du Conseil de sécurité des Nations Unies. Sauf que presque 20 ans plus tard, la « transition » perdure et la fonction de Haut représentant est toujours en place. Celui-ci a même, en violation des accords initiaux, considérablement accru ses pouvoirs puisqu’il cumule l’ensemble des prérogatives exécutives, se transformant de facto en techno-autocrate. Il peut ainsi annuler n’importe quelle décision prise par les instances politiques bosniennes ou imposer les siennes. Ce dont il ne se prive pas. Le « Prince » a ainsi, unilatéralement, décidé de la mise en place de plaques d’immatriculation communes, d’un passeport unique, d’une monnaie alignée sur l’Euro, d’une loi sur la citoyenneté, des couleurs du drapeau ou encore de révocations de plusieurs responsables locaux pourtant démocratiquement élus. La guerre menée au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a donc, paradoxalement, accouchée d’un régime politique (ou plutôt apolitique, puisque pris étymologiquement le mot « politique » n’a ici plus de sens) complètement autocratique, soumis au fait du « Prince », sorte de « bien aimé leader » de la communauté internationale, étranger au pays de surcroit (le titulaire actuel, Valentin Inzko, est autrichien ; son prédécesseur, Miroslav Lajcak était slovaque). A côté de cela, la Russie de Vladimir Poutine passe pour une douce démocratie.

Par ailleurs, la terre d’origine de Zlatan Ibrahimovic reste soumise à de très fortes tensions, pas seulement ethniques (les Serbes réclament toujours leur rattachement à la Serbie voisine et les nationalistes croates sont en constante progression) mais aussi sociales : dans l’indifférence presque complète de nos médias nationaux des manifestations, parfois très violentes et durement réprimées, se succèdent depuis le début de l’année. Le système électoral mis en place est foncièrement discriminatoire puisqu’il contraint les candidats à déclarer leur appartenance ethnique (bosniaque, croate ou serbe), au point d’en attirer les foudres de la Cour européenne des Droits de l’Homme[i]. Le chômage demeure très élevé (27% en 2013) et la corruption endémique, seules les perfusions financières de l’Union européenne et du FMI évitent probablement l’effondrement.
Presque 20 ans après, l’échec de la « communauté internationale » est patent.

Un dangereux précédent

mercredi 18 juin 2014

Oui Natacha Polony, l’avenir est au gaullisme social


Il faut absolument lire l’excellente interview donnée par Natacha Polony au FigaroVox. D’abord, elle y dessine une ligne politique cohérente qui pourrait enfin bousculer le duopole de l’UMP et le PS et à laquelle j’adhère largement, mais elle y explique aussi pourquoi le FN est une impasse.



Le gaullisme social, une boussole pour l’avenir


Mais aujourd’hui, face à un pouvoir « socialiste » qui joue son mandat sur une baisse forte des cotisations patronales pour diminuer le coût du travail, qui poursuit le processus délétère de destruction des services publics (la grève de la SNCF nous le rappelant bien) et qui a capitulé idéologiquement face à la droite la plus bête selon Paul Krugman, ce qualificatif prend du sens. Aujourd’hui, la défense des conquêtes sociales du passé est presque totalement abandonnée par le Parti Socialiste. Les gaullistes authentiques sont donc de facto les nouveaux porteurs de certaines espérances classées à gauche, à savoir le progrès social, la défense d’un équilibre entre le travail et le capital, le refus d’une société toujours plus inégale et instable, du fait d’une démission idéologique face au « laisser faire » et au « laisser passer », du refus de la nation, garante de la démocratie et de notre solidarité des autres partis.


L’impasse du Front National

samedi 3 mai 2014

Le DICO des idées : le Gaullisme (billet invité)



Acteurs : Charles de Gaulle, Jacques Chaban-Delmas, Michel Debré, Philippe Séguin…
Idées liées : empirisme, pragmatisme, patriotisme, nationalisme, souveraineté nationale, association capital-travail, conservatisme, interventionnisme.  
Idées contraires : atlantisme, fédéralisme, libéralisme, communisme.
Courants : Gaullisme de guerre, Gaullisme de gauche, Gaullisme social, Néogaullisme. 
Partis et associations : RPF, UNR, UDR, RPR. 
Symbole : Croix de Lorraine

G

aullisme : Sans équivalent dans les autres pays, le gaullisme est aujourd’hui un mouvement éminemment respecté aussi bien par la gauche (qui lui a pourtant été très hostile) que par la droite (qui a pourtant abandonné progressivement ses principes fondateurs). Il constitue une spécificité française difficile à classer dans les catégories traditionnelles. Par son lien direct avec la personnalité et l’action du Général de Gaulle, le gaullisme est vu comme un mouvement populaire auquel il est encore fait référence. Même s’il est divers, il est encore vu sous le prisme du résistancialisme. Le fait qu’il soit à l’origine de notre actuel régime politique (la Vème république) le rend aussi important. Quelles sont les origines intellectuelles et politiques du gaullisme ? Est-ce une idéologie ? Quels sont ses grands principes ? Quelle fut son importance au cours de l’histoire et qu’en reste t-il de nos jours ?

Histoire du gaullisme : une succession de gaullismes.

vendredi 3 janvier 2014

Discours de Philippe Séguin contre le traité de Maastricht

Il s'agit sans doute du discours qui m'a le plus influencé politiquement. Je venais tout juste d'avoir 18 ans. Il a achevé de me convaincre qu'il fallait s'opposer au funeste traité de Maastricht. Merci Philippe Séguin.


Extrait du discours de M. Philippe Séguin le 5... par lecanardrepublicain

Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d'accord au moins sur un point : l'ex­ceptionnelle importance, l'importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n'ai pas l'impression de me payer de mots !
C'est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l'exception d'irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d'État et de gouvernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier.
Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la souveraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution .
il existe en effet, au-dessus même de la charte constitution­nelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l'homme et du citoyen tels qu'Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que «  La souveraineté nationale appartient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre État de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fonda­mental.
La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n'a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d'habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu'elle n'exerce qu'au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d'une généralité telle qu'elle peut être assimilée à un blanc-seing.

vendredi 27 décembre 2013

L’imposture gaulliste du Front National


Sans doute pas complètement à l’aise avec ce qu’est le parti dont il est le vice-président, Florian Philippot se présente de plus en plus comme gaulliste. Mais comme pour son logo de campagne, où la flamme frontiste semble plus brûler la croix de Lorraine qu’autre chose, cela ne prend pas.



Signe d’un malaise

Tout le ramdam fait par Florian Philippot pour dire que le FN serait un vrai parti gaulliste, qu’il serait un grand rassemblement ouvert aux gens venus de la gauche est sans doute le signe d’une inquiétude tant interne qu’externe. Je n’ai jamais jeté la pierre à des électeurs dont je comprends et partage une partie significative des motivations (refus d’une mondialisation anarchique, rejet du PS et de l’UMP) et je pense même qu’il y a sans doute des personnes non extrémistes dans le parti de la famille Le Pen, qui croient qu’il est la seule voie possible pour changer notre pays dans de prochaines élections.

En revanche, je reste totalement persuadé que la nature profonde du parti mais aussi de ses dirigeants (à part sans doute Philippot) est d’extrême-droite, comme je l’avais expliqué pour des raisons développées dans ce papier. La recherche d’une nouvelle identité doit sans doute être prise comme une volonté de faire oublier une identité réelle, dont l’actualité nous rappelle tous les mois qu’elle est ancrée à l’extrême-droite de l’échiquier politique, que ce soit dans l’héritage idéologique (logo venu des néo-fascistes, Dominique Venner, réminiscences de l’OAS) ou dans une partie des idées.

Plus c’est gros, plus ça passe ?