Les
souverainistes de gauche
En juin
dernier, j’avais assisté à un
très bon colloque organisé par ce mouvement qui réunissait Emmanuel Todd,
Frédéric Lordon et Jacques Sapir. Le M’PEP occupe une place à part. Fondé par
des anciens d’Attac qui souhaitaient passer à l’action politique, il s’agit du
seul parti de gauche ayant mis en cohérence son analyse de la mondialisation
avec son rapport à la nation. En clair, comme l’a écrit son porte-parole
Aurélien Bernier, il prône « la
désobéissance européenne ».
L’extrême
gauche (NPA, LO) continue de faire de l’internationalisme et de l’ouverture des
frontières un horizon indépassable, poutant totalement contradictoire avec les
mesures qu’ils souhaitent mettre en place. En effet, si le programme de
Philippe Poutou ou Nathalie Artaud était mis en place avec des frontières
ouvertes, ce serait un carnage, avec une fuite des capitaux et des entreprises
qui ruinerait le pays et rendrait inapplicable les mesures qu’ils défendent.
La position
de la gauche radicale, représentée
par le Front de Gauche, est compliquée. En effet, si leur analyse de la
mondialisation est juste, elle est (logiquement) plus radicale dans les mesures
à mettre en place (notamment pour la taxation des hauts revenus), mais Jean-Luc
Mélenchon a toujours rechigné à évoquer le moindre contrôle des mouvements de
capitaux, de biens et de personnes, sans lesquels son programme serait pourtant
inapplicable.
Le seul
parti de gauche cohérent ?