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dimanche 3 décembre 2023

mardi 4 août 2015

Ce que dit la hausse de la pauvreté en Allemagne

J’ai coutume de décrire le choc effrayant et brutal auquel les Grecs se sont soumis depuis plus de cinq ans. Mais en réalité, c’est toute l’Europe qui subit un choc antisocial de force variable, comme le révèlent les chiffres de la pauvreté en Allemagne, en progression constante depuis 15 ans.



Le grand appauvrissement, partout


Guillaume Duval a également démontré dans un livre toutes les failles de ce modèle. On pourrait aussi rappeler les analyses de Jacques Sapir ou Olivier Passet, qui ont démontré le caractère asymétrique de ce modèle, qui repose sur le fait que ses principaux partenaires ne suivent pas la même direction. L’Allemagne s’enrichit au détriment de ses partenaires européens, parce qu’elle accumule des excédents commerciaux colossaux dont la simple existence souligne le caractère insoutenable de cette stratégie car tous les pays de l’UE ne peuvent pas simultanément être en forts excédents commerciaux… Mais ce que révèle la hausse de la pauvreté en Allemagne depuis 15 ans, c’est que le modèle économique de notre Europe ne marche pas car même les résultats du meilleur élève sont mauvais.

Des dopants à effets provisoires

mercredi 10 juin 2015

Les enfants gagnent le droit d’être pauvres !




Toujours plus dur pour les plus jeunes

Les chiffres de l’UNICEF sont effarants : « plus de 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vivent sous le seuil de pauvreté, 30 000 sont sans domicile, 9 000 habitent des bidonvilles et 140 000 arrêtent l’école chaque année ». Un chiffre illustre cruellement les conséquences de la crise de ces dernières années : entre 2008 et 2012, 440 000 enfants supplémentaires ont plongé, avec leurs familles, dans la pauvreté. Les politiques d’austérité menées à partir de 2011, c’est aussi cela : plus d’enfants pauvres. Et encore, notre pays est loin d’être le plus mal loti puisque la proportion d’enfants pauvres n’a augmenté que de 3 points en quatre ans, quand elle a progressé de 8 points en Espgne et 17,5 en Grèce !

Au final, nos sociétés sont bien de plus en plus durs pour les jeunes. Non seulement un nombre croissant grandissent dans la pauvreté, mais en plus, il est toujours aussi difficile de s’intégrer une fois adulte, avec la persistance d’un taux de chômage extrêmement élevé pour les jeunes, lui aussi encore aggravé par la crise des dernières années. Et comme si cela n’était pas suffisant, l’école manque à son devoir d’apprendre les bases, comme on le voit avec l’augmentation de la part des élèves qui ne maitrisent pas les bases, que ce soit en français ou en mathématiques. Et enfin, il semble que nous évoluions vers le système étasunien, où le travail est loin de suffire pour dépasser sa condition sociale.

Des droits contestables et illusoires

mercredi 10 décembre 2014

Les déficits et la pauvreté démontrent l’échec de Londres


Le regain de croissance et la baisse du chômage refont de nouveau de Londres un modèle pour cette vieille Europe qui ne serait pas assez ouverte aux réformes. Mais outre le fait d’être bien rapide et oublieux du passé récent, le niveau des déficits et de la pauvreté relativise ce jugement.



Reprise certes, mais reprise néolibérale

La situation outre-Manche peut sembler paradoxale. Les myopes néolibéraux ne retiennent que le fort taux de croissance, à 3% cette année, et la baisse du taux de chômage, à 6%. Il est sûr que de telles statistiques sont enviables pour le reste des pays européens, coincés dans la dépression et un chômage de masse qui s’incruste. Mais, comme le rapporte le Monde dans un papier bien argumenté, la reprise britannique est très déséquilibrée. En effet, les emplois créés outre-Manche sont précaires et peu payés. Du coup, les recettes fiscales progressent moins rapidement que la croissance, avec des recettes d’impôts sur le revenu qui sont carrément en légère baisse depuis le début de l’année !

D’où le paradoxe qui voit la Grande-Bretagne dans une situation budgétaire moins bonne que la France puisque son déficit ne devrait pas baisser cette année, alors qu’il est à un niveau bien plus élevé que chez nous (5,9% du PIB pour le dernier exercice, contre un peu plus de 4% dans l’hexagone). Et dire que David Cameron avait promis l’équilibre à la fin de son mandat, qui arrive l’an prochain ! Pour un peu, François Hollande et Michel Sapin paraissent de meilleurs prévisionnistes que leurs homologues britanniques. Pire, comme le rapporte le Figaro, c’est la faim qui se développe le plus vite outre-Manche : une multiplication par sept des personnes aidées par les Restos du Cœur locaux…

Mais pourquoi 3% de croissance ?

lundi 21 avril 2014

De l'austérité à l'implosion sociale (billet invité)


Billet invité de l’Oeil de Brutus


A quel pays et quelle époque s’appliquent ces citations ?

« Les classes moyennes, pour leur part, ont vu s’approfondir les fractures apparues durant la dictature militaires. Le chômage, la chute dans l’informel, la dégradation des services publics, la contraction de l’emploi dans le secteur bancaire affectent leurs strates inférieures, qui tendent à se prolétariser, tandis que la sophistication des services et l’expansion du secteur financier ont permis à une autre frange de se raccrocher à la dynamique mondialisée de modernisation de l’investissement du capital. Les différences de revenus, de patrimoine et, en conséquence, d’idéologie permettent de moins en moins d’englober ces secteurs intermédiaires dans une seule catégorie. »

samedi 17 août 2013

Une histoire de la pauvreté


C’est un article absolument passionnant de The Economist sur l’évolution du jugement porté sur la pauvreté, à partir des travaux d’un professeur de l’université de Georgetown, qui fait un historique de la manière dont la pauvreté était jugée dans nos sociétés depuis un demi-millénaire.



Du pré-darwinisme ou post-darwinisme

Comme le rapporte The Economist, en Europe, du 16ème au 18ème siècle, « la pauvreté était vue comme socialement utile » parce que cela « assurerait la disponibilité d’une main d’œuvre abondante et bon marché ». Bernard de Mandeville, un économiste du 18ème siècle, jugeait « manifeste, que dans une nation libre où les esclaves ne sont pas autorisés, la plus grande richesse consiste dans une multitude de pauvres travailleurs ». Malgré tout, des lois furent passées, mais uniquement pour les protéger de la famine, mais en aucun cas de les faire sortir de leur condition initiale.

C’est un paradoxe, mais c’est Adam Smith qui a été un des premiers à vouloir aider les pauvres en se faisant le défenseur d’une imposition redistributive : « les riches doivent contribuer à la dépense publique, non seulement en proportion de leurs revenus, mais d’une manière supérieure à simplement dans cette proportion ». Tout ceci rappelle Tocqueville qui disait que « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous », ce qui montre que le libéralisme se souciait des inégalités.

Vers la lutte contre la pauvreté