samedi 4 février 2012

Les illusions du modèle allemand


Comme le rapporte Régis Soubrouillard sur Marianne 2, Nicolas Sarkozy a évoqué pas moins de quinze fois l’Allemagne dans son intervention télévisée de dimanche soir. Mais cette lubie présidentielle destinée à vendre sa réélection ne résiste pas à une analyse de fond.

La France, ce n’est pas l’Allemagne

Bien sûr, il est toujours intéressant de regarder ce qui se passe en dehors de nos frontières pour voir si on peut s’inspirer de bonnes pratiques qui pourraient nous profiter. Mais là, Nicolas Sarkozy a poussé l’exercice jusqu’à la caricature, instaurant notre voisin comme le modèle absolu, qu’il faudrait suivre sans la moindre nuance. Par-delà le fait qu’il soit un peu tard dans le quinquennat pour avoir cette révélation, cela montre l’épuisement idéologique de l’équipe au pouvoir.

Mais surtout, la France, ce n’est pas l’Allemagne et il est totalement absurde de vouloir calquer notre politique sur celle de notre voisin, très différent de nous. De l’autre côté du Rhin, la population diminue, du nôtre, nous gagnons quatre cent mille habitants tous les ans. En clair, nous avons structurellement besoin d’une croissance du PIB supérieure de près d’un point. En outre, notre démographie impose à l’Etat des dépenses supplémentaires.

Notre pays, 20% moins peuplé et moins riche, doit financer l’éducation et la garde de 20% d’enfants de plus que l’Allemagne. Nos besoins en matière de logements sont sans cesse croissants. Enfin, notre voisin dispose d’une spécialisation industrielle réussie et d’un excédent commercial colossal, qui implique une monnaie chère quand notre pays, en difficulté sur le plan commercial et qui dépend du tourisme, a besoin d’une monnaie plutôt bon marché.

Tout n’est pas plus beau à l’Est du Rhin

Et il ne faut pas fantasmer le modèle allemand, qui n’est pas sans limite. Le Marianne du 21 janvier est revenu sur son côté obscur. En introduction, il faut rappeler que la compétitivité du pays a été obtenue au prix d’une stagnation globale des salaires (le salaire moyen a baissé de 2,5% de 2000 à 2010) qui camoufle de fortes inégalités, puisque les bas salaires (qui ne sont pas protégés par un SMIC) ont baissé, eux, de 20%. Et puis, la croissance n’a pas été forte sur la période.

Bien sûr, le chômage allemand est plus faible, mais cela vient en partie de la démographie et il y a débat sur les chiffre, comme le rapporte le blog du débat sur le libre-échange. 15% de la population vit sous le seuil de pauvreté, plus qu’en France, avec l’explosion du nombre de travailleurs pauvres. Ceci est d’autant plus vrai que le temps partiel a explosé. Marianne souligne que le pays compte pas moins de 6,5 millions de « mini-jobers » avec des emplois à 400 euros pour 60 heures par mois…

Bref, l’Allemagne, qui était un pays de classes moyennes, subit la centrifugeuse de la mondialisation, qui fait exploser les revenus des plus riches mais lessive également les revenus des classes populaires et moyennes. En outre, les records d’exportations du pays ne se traduisent pas de manière très concrète pour les Allemands : un excédent commercial, cela ne se mange pas. Pire, il y a débat sur le niveau réel du chômage, qui serait camouflé et beaucoup plus élevé.

Bref, Nicolas Sarkozy fait totalement fausse route quand il glorifie de manière aussi absolue (on pourrait dire enfantine) le modèle allemand. Non seulement ce modèle est inadapté à notre pays, trop différent de notre voisin, mais en plus, on ne saurait en oublier les côtés obscurs… 

23 commentaires:

  1. Malgré les baisses de salaire je pense que les Allemands sont gagnants en termes de pouvoir d'achat par rapport à nous, du fait du poids très faible de l'immobilier dans les budgets des ménages.
    Je suis preneur d'un comparatif de PPA (je n'ai rien de très récent)

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  2. @ A-J

    Très bon point : il serait intéressant de calculer l'évolution du pouvoir d'achat en prenant en compte l'immobilier. En revanche, pour les bas revenus, qui ont baissé de 20% en 10 ans, là, on est sûr qu'ils sont perdus.

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  3. On peut très bien regarder ce qui marche en Allemagne mais en fait l'UMP semble ne prendre que ce qui arrange le MEDEF. C'est seulement le côté regressif qui les interesse. Ce n'est donc pas le modele allemand mais le modele néolibéral qu'ils veulent.

    En fait ils se fichent du modèle allemand. Sinon il parleraient de l'importance de la formation technique dans l’éducation (mais pour les grands patrons français l'industrie c'est sale...) ou bien de la participation des salariés dans les décisions des entreprises (bouh les vilains demagos...). Et aussi du fait que les patrons allemands en general ne se gavent pas comme des porcs quelque soit les resultats de leur entreprise (mais mon bon monsieur nos grand patrons ont tellement plus de talent...). Là c'est sur, le modele allemand ca va moins interesser les amis de Sarko et Copé. Mieux vaut taper sur la salariés comme si l'Allemagne n'existait pas avant Hartz.

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  4. @Laurent

    L'exemple étranger c'est un classique lorsque l'on veut défendre des politiques que l'on sait pertinement impopulaires. Je me rappel un reportage Canadien qui prenait la France en exmple pour justifier une politique anti-inflationniste il y a quelques années. L'herbe est toujours plus verte ailleurs. En réalité tous les pays sont diffférents et doivent adapter leurs politiques aux conditions locales et non copier bêtement un autre pays. Comme tu le dis toi même la démographie est l'une des clefs essentielles dans la divergence des nations. L'oublier c'est faire des politiques complètement inadaptées à l'économie locale. On constate empiriquement par exemple que plus un pays a une démographie dynamique plus il a besoin d'inflation. Ce sont les pays à la mauvaise démographie qui peuvent supporter une inflation nulle ou une déflation comme au Japon, sans voir un explosion du chômage. Et econre c'est parce qu'ils peuvent exporter leurs problèmes grâce aux excédents commerciaux. A mon sens la vérité c'est que l'Allemagne est un pays profondément malade. Si nous suivons les allemands nous allons périr avec eux.

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    1. Les Allemands ? malades ? a cause de leur démographie ??
      Pour moi c'est tout le contraire.
      On vit plus longtemps, la population ne peut pas croitre indéfiniment c'est suicidaire.
      On nous bourre le crane de tous les coté sur les bienfaits de notre forte démographie, la belle blague.
      École qui coule, pénurie de logements, système de santé chancelant, chômage qui explose, besoin en energie et autres ressources croissant, etc etc...

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    2. "On vit plus longtemps, la population ne peut pas croitre indéfiniment c'est suicidaire."

      Encore un malthusien ce type de raisonnement çà fait deux siècle qu'on le fait et la réalité a toujours contredit cettte théorie, mais passons. Le fait est que la démographie Française va équilibrer la population du pays nous n'allons pas croître indéfiniment mais stabiliser celle-ci à environ 75 millions d'habitant. 2 enfants par femme ne permet pas une croissance démographique. Quant à la mortalité elle va probablement cesser de reculer dans les années qui viennent ne serait-ce que parce les théories néolibérale auront eu raison de notre système de santé. L'Allemagne a une démographie qui pousse se pays à voir sa population se contracter à un rythmt totalement délirant. En 2060 si rien ne change il n'y aura plus que 65 millions d'Allemand. Et le plus grave c'est que la pyramide des âge ressemblera alors à un entonnoire. Diminuer la population pourquoi pas, mais la diminution par une féroce diminution brutale des naissances pose des problèmes qui seront insurmontable. Diminuer la population de moitié en moins d'un siècle ce n'est absolument pas raisonnable.

      Posez vous la question, si tous les pays du monde faisaient comme l'Allemagne. Vers où est ce que les allemands pourrait accumuler leurs excédents pour payer leurs retraités pléthoriques? Le modèle allemand ou japonais n'est viable que parce qu'il est pratiqué par quelques pays, si tout le monde fait pareil on se retrouve dans le mur de la dépression et de la déflation. C'est à dire très exactement la situation de la zone euro actuellement.

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    3. Ca fait plaisir de vous voir par ici. Votre blog a eu une vraie influence sur ma culture économique.

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    4. @Yann :
      "Posez vous la question, si tous les pays du monde faisaient comme l'Allemagne."
      => Alléluia ! Quantité vs Qualité !
      Posez vous la question que deviendrait le monde si tous les pays avaient le niveau de vie de l'Allemagne ? (ou de n'importe quel pays européen!)
      Il faut pas rêver, on est en pleine mondialisation et on est 7 milliards d'individus.
      Le mur de la dépression et de la déflation est inévitable pour nous, le niveau de vie va se moyenner par le bas... a moins de vouloir se la jouer "etres supérieurs" et d'exploiter les autres, en gros continuer ce que l'on fait actuellement en s’asseyant royalement sur les "droits de l'hommes" que l'on brandit toutes les 5mn pour se donner bonne conscience mais que l'on bafoue en permanence ! Stop à l'hypocrisie !

      "Vers où est ce que les allemands pourrait accumuler leurs excédents pour payer leurs retraités pléthoriques?"
      => Et nous, nos retraites, on va les payer comment ? Avec les cotisations que vont payer nos chômeurs ????

      Je dis pas que j'ai la solution, mais pour moi, quand on est dans la m*rde, la solution pour en sortir n'est pas d'augmenter le nombre d'individus. Par etre dans la m*rde, je parle a long terme, réchauffement climatique, problèmes énergétiques, eau, nourriture...
      Les retraites, sont un problème de "riches".

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  5. "Notre pays, 20% moins peuplé et moins riche"

    Askénazy démontre le contraire, la France et l'Italie sont 30% plus riches par habitant que l'Allemagne si l'on fait somme de la richesse publique et privée.

    Bien sûr que ça n'a pas de sens de tout copier. Le modèle qui fonctionne mieux, c'est plutôt le Danemark.

    Là où l'Allemagne s'en sort bien, c'est dans l'industrie, meilleur dialogue social et management, meilleur positionnement hors coût, dans le haut de gamme innovant.

    Les salariés sont rémunérés sur leurs inventions, c'est la loi nationale, comme en Corée, au Japon et récemment en Chine, on attire pas des mouches avec du vinaigre. Le MEDEF et l'UMP, Copé en tête, ne veulent absolument pas parler de cette loi allemande Arbeitnehmererfindungsgesetz d'incitation des salariés à inventer et étouffent toute velléité
    de promulguer une telle loi en France pour le secteur privé, seul le secteur public français bénéficie de telles dispositions, ce qui représente une inégalité de traitement.

    Après ils brament sur les toits : compétitivité, innovation, performance...

    Mais les faits sont têtus, sans inventeur motivé, pas ou peu d'innovation. Aucun candidat ne parle de ça, ni même NDA.

    Olaf

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  6. @ TeoNeo

    Très juste, ils ne prennent que le côté néolibéral de l'Allemagne.

    @ Yann

    Complètement d'accord. C'est assez incroyable que personne ne le souligne pas davantage. D'accord également sur la réponse à Alain : la situation sera très différente dans 30 ans pour l'Allemagne avec une pyramide des âges en entonnoir.

    @ Olaf

    20% moins peuplé et 20% moins riche (PIB global). C'est juste que l'Allemagne a construit une belle industrie.

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    1. J'ai entendu Lefebvre parler de cette différence de démographie. Mais sa conclusion est qu'il faut recopier l'Allemagne. Donc il à carrément dit qu'on fait trop d'enfants !

      Selon lui pour supprimer le chômage du peuple c'est simple, on supprime le peuple. Classe non ?

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    2. Je parlais de Frederic Lefebvre le ministre.

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    3. "20% moins peuplé et 20% moins riche (PIB global)"

      Pour quelqu'un comme vous qui a été en école de commerce, je trouve assez consternant que vous ne voyez que le PIB, qui plus est global sans le rapporter au nombre d'habitants, comme indicateur de richesse accumulée.

      A ce compte les suisses ou les luxembourgeois sont des traine savate équivalents aux roumains.

      Vous faites des erreurs d'évaluation économique assez invraisemblables. Je ne vous embaucherait pas comme expert comptable. Je redis, encore une fois, que la France est riche, mais que cette richesse est inutilisée.

      Et je redis aussi que l'Allemagne n'est pas responsable de cette situation, comme le croit Yann, c'est la ploutocratie française qui est en cause.

      Olaf

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  7. Le PIB global ne décrit pas à lui seul la richesse, tout comme le compte d'exploitation ne peut pas être séparé du bilan.

    C'est quand même une des bases de la comptabilité que de comprendre ça.

    Donc oui, la France est plus riche que l'Allemagne en bilantiel, mais les agences notent le compte d'exploitation, le PIB, en termes de perspective positive ou négative de solvabilité.

    La France doit revoir son bilan et réinjecter des ressources qu'elle a dans l'activité économique, pas la peine du fustiger l'Allemagne pour faire ça.

    Les classes nanties françaises doivent mettre la main au pot...

    La loi doit être changée pour inciter les inventeurs, sinon ils n'inventeront plus ou inventeront ailleurs, comme je le fais et un de mes cousins. Encore une fois, les partis politiques ne l'ont pas compris, ni DLR. Alors il arrivera ce qui doit arriver.

    Avoir à dire ça sans être entendu, c'est parler à un mur, le mur de l'autisme français. Tant pis, les autres pays voient le problème, la France est sourde, y compris DLR qui se revendique de de Gaulle sans promouvoir ses idées sur le plan de l'innovation, qui a été très tôt le cœur ambitieux de sa stratégie militaire et économique. Lui qui a été visionnaire au sujet des armées mécaniques puis au sujet de la recherche publique française. Il ne suffit pas de se revendiquer de de Gaulle pour être considéré comme un héritier.

    Vous pouvez revendiquer une monnaie nationale, une banque nationale, tant que l'innovation ne sera pas au centre du mouvement, ce sera pure perte.

    En France, l'innovation est un sujet cosmétique, rien de plus, un sujet pour des courtauds de la raison qui ne voient pas plus loin que leur bout du nez.
    Olaf

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  8. M'étant déjà gentiment accroché avec Yann sur le sujet du "malthusianisme" je ne vais pas développer ce débat mais je voudrais simplement renvoyer les lecteurs de ce blog à quelques articles si le sujet les intéresse:
    - http://postjorion.wordpress.com/2011/05/31/183-meadows-les-limites-de-la-croissance-2002/
    - http://postjorion.wordpress.com/2011/05/29/182-population-et-terres-arables/
    - http://postjorion.wordpress.com/2010/08/21/121-a-j-holbecq-populations-soutenables/

    Juste un point: l'argument vu dans les commentaires du rapport de population retraitée/population active ne tient pas compte:
    - des gains de productivité et de "robotisation"
    - des "avantages comparatifs" à faire produire des biens à faibles valeur ajoutée dans des PVD... sous réserve que les balances d'échanges commerciaux soient équilibrés par la cessions de biens à forte VA

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  9. La France n'est pas le cœur du problème de la croissance et de la démographie mondiale... nous sommes à la limite entre l'équilibre et le déclin démographique, et le problème pour nous est de ralentir cet éventuel déclin de sorte de conserver une pyramide des âges à peu près équilibrée.
    Sur le plan des ressources, les pays riches ont la possibilité, moyennant une croissance suffisante, de concentrer des ressources vers le développement de technologies moins gourmandes en ressources naturelles et de les appliquer à grande échelle, ce qui permettrait une réduction des coûts et une diffusion ultérieure vers les pays en développement. C'est pour cela que la croissance n'est pas le problème, mais une condition de la solution.
    Le problème est alors politique : financer la recherche, rentabiliser les productions "soutenables" par des subventions et taxer les autres. A défaut, les technologies "insoutenables" continueront à être développées car à l'horizon du marché elles conservent une rentabilité très supérieure... jusqu'au krach. Or les institutions néolibérales ligotent le politique : c'est cela qui rend hélas la crise écologique fortement probable.

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    1. @J. Halpern
      globalement d'accord

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  10. Franchement, y en a marre de citer l'Allemagne comme modèle ou anti modèle. Perso, je préfère ce pays à la France des hypocrites improductifs rentiers. Le problème de la France, il est en France, pas en Allemagne. Ras le pompon de cette germanophobie.

    Les allemands font leur job, et pas si mal, point barre.

    Je n'ai jamais autant produit qu'en Allemagne, jamais on ne m'a autant permis de produire qu'en Allemagne.

    La France, je ne la regrette pas une seconde. Un pays de geignards impuissants.

    Olaf

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    1. Quelle germanophobie ? Il faut toujours que vous finissez par troller.
      Tant mieux pour vous si vous avez reussi votre expatriation et que vous detestez les français ca vous regarde. En tous cas moi j'en ai rien à cirer.

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    2. J'en ai rien à cirer de même de votre rien à cirer.

      Si dire ce que l'on pense c'est troller, alors vous en êtes un autre de troll. Et puis, j'ai de quoi en vouloir à ce que j'ai connu en France, ce que ça m'a couté en humiliations, en escroqueries et en argent, où la compromission règne, y compris dans la justice.

      C'est en Allemagne que je me suis refait, alors qu'en France, je me faisais démolir au sens propre comme au figuré, harcèlement moral, révision du contrat de travail sans mon accord, usurpation de titres, acharnement procédural, jugements iniques...

      Alors passez votre chemin.

      Olaf

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  11. Pour ceux que ça intéresse, vous trouvez sur cette page de l'INSEE les PIB / habitant 2009 pour les différents pays de l'UE
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=T11F111

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  12. A beau mentir, qui vient de loin : ça fait longtemps qu'on nous fait le coup ! Bizarrement, tout le monde envie l'ALLEMAGNE mais personne ne veut seulement y aller passer les vacances !? Même les allemands fuient dès qu'ils peuvent...mais le malheur ne vous lâche pas comme ça : allez voir les plages italiennes et dites-nous à quoi ça ressemble, ces parasols bien alignés sur des kilomètres !...
    Enfin, s'il s'agît vraiment de copier le génie allemand, ne nous fallait-il pas un allemand !? Déjà les umpistes avaient-ils une franço-suédoise tout près, ne pourraient-ls l'adopter ?!? Ses chansons sur l'argent propre n'étaient-elles pas faites pour enchanter ???

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  13. Il est assez ahurissant de voir que, dès qu'un article met en lumière tout le caractère trompeur de ce "modèle allemand" (et fort heureusement, il y a de plus en plus d'articles de ce type), certains aient le réflexe pavlovien de parler de "germanophobie". Dans ce cas-là, on pourrait très bien continuer le délire et parler d'hellénophobie concernant le discours sur la Grèce et les Grecs, non ? Ah non, j'oubliais, on a le droit de vomir sur la Grèce, pas sur l'Allemagne.
    Personne n'a dit qu'il fallait détester l'Allemagne, mais qu'il fallait grandement relativiser (pour ne pas dire plus) le prétendu modèle qu'elle représente. On n'imite pas servilement le modèle suédois, est-ce pour autant qu'on déteste les Suédois ? Non.
    Dans ce cadre-là, les expériences individuelles peuvent être intéressantes et enrichissantes mais ces témoignages personnels ne doivent pas être l'arbre qui masque la forêt. L'avenir de l'Allemagne, par les impasses économiques qui s'offrent à elle (dans ou en dehors de l'euro), sa démographie en phase d'écroulement et sa culture/sa langue qui intéressent un nombre de plus en plus réduit de gens, n'a pas un avenir brillant, tant s'en faut. Ça va ou on va me taxer de germanophobie ? :)

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