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dimanche 3 décembre 2023

dimanche 22 mai 2022

Il est trop tôt pour parler de stagflation

 Entretien publié sur Front Populaire

 


ENTRETIEN. Energie, alimentaire, guerre…Dans un contexte européen tendu, la hausse prolongée des prix met à rude épreuve les ménages français. On fait le point avec Laurent Herblay, gaulliste social et auteur du livre Oligarchisme et déconstruction de la démocratie (éd. Librinova).

 

Front populaire : Pouvez-vous nous expliquer théoriquement le phénomène de la « stagflation » dont on parle en ce moment ?

 

samedi 1 février 2020

Retraites, emploi, pouvoir d’achat : la grande fracture entre Macron et les Français


Cette semaine, les éditorialistes macronistes ont pu mettre les annonces de l’INSEE sur le chômage et le pouvoir d’achat au crédit du gouvernement et gloser sur les progrès de notre économie. Mais ils ont aussi bien été contraints de reconnaître que ce discours ne passe pas dans l’opinion. Et de fait, ce discours est totalement décalé avec la réalité de ce que vivent bien des Français.




Bulle, mensonges et superficialité



samedi 21 mars 2015

Salaires : le PS, c’est le #PartiantiSocial




C’est l’histoire d’une trahison

Ce n’est pas vraiment une surprise. L’épisode récent sans doute le plus significatif, c’est le minuscule coup de pouce au SMIC de mi-2012 : comme un nobliaud donnant quelques pièces aux passants, François Hollande avait accordé, royal, 0,6% de hausse de plus que l’inflation. Pour mémoire, le Jacques Chirac de 1995 avait accordé un coup de pouce trois fois plus important ! Deux ans et demi après, Michel Sapin, déjà ministre de Mitterrand, dit devant le Medef que « c’est la responsabilité de chaque chef d’entreprise de faire en sorte que les salaires n’augmentent pas considérablement plus que la productivité de cette entreprise, surtout dans des périodes où le taux d’inflation est très faible ».

Le papier du Monde « les salaires continuent d’augmenter en France » est révélateur. L’opinion du Monde y est transparente : parce que l’inflation est nulle, cette hausse des salaires n’est pas la bienvenue. D’ailleurs, il la met en parallèle avec la hausse du chômage. Et ce n’est pas la première fois. Déjà, mi-2012, il critiquait le dérisoire coup de pouce au salaire minimum, et fin 2013, il persistait. Mais, outre le fait d’être anti-social et digne de la droite la plus bête, la moyenne n’est pas sans limite. Elle peut cacher de grands écarts : en Allemagne, Olivier Berruyer a montré que les 30% les moins riches avaient vu leur salaire baisser de 15% et aux Etats-Unis, il stagne pour 99% de la population depuis 40 ans.

Pourquoi la « gauche » trahit ?

lundi 15 décembre 2014

Salaires : quand le Monde déborde le Medef par la droite


Voici le genre d’article qui symbolise la perdition absolue dans laquelle le débat public se trouve aujourd’hui. Voilà que Le Monde voit dans la hausse de 1,4% des salaires, un signe de nos rigidités ! Pour un peu, ils appelleraient à une baisse du SMIC de 30%, comme The Economist !



L’économie pour les nuls

Il faut croire que depuis la mort de Margaret Thatcher, son esprit hante une partie des élites intellectuelles dites de gauche. J’ai fait des copies écran de cet article au cas où le Monde finirait par se rendre compte de l’énormité de ce papier. Difficile de trouver plus antisocial. Décidemment, ce qu’on appelle la gauche, quand elle est libérale et libertaire, semble avoir une capacité assez étonnante à défendre des idées profondément anti-progressistes. Le Monde rend compte d’une statistique révélant que le salaire moyen de base a progressé de 1,4% sur un an, soit 1,2 point de plus que l’inflation osant affirmer que « malgré la crise, la dynamique des salaires réels ne se dément pas ».



Déjà, passons sur le fait qu’une progression de 1,2% marque une quelconque dynamique. Puis, ces chiffres ne portent que sur les entreprises de plus de 10 salariés et excluent agriculture et emplois publics… Enfin, tout journaliste économique devrait savoir qu’une moyenne peut être trompeuse. Aux Etats-Unis, de 2009 à 2012, les revenus ont progressé en moyenne de 6,1%, mais cette hausse n’a été que de 0,4% si on exclut ceux du 1% le plus riche, et ils ont même baissé pour 90% de la population ! Idem sur l’indice d’inflation qui n’est pas le même pour tout le monde. On aimerait aussi que le Monde rappelle la baisse record du pouvoir d’achat en 2012, ce qui relativise ce maigre gain théorique.

Thatcher, sort de ce journal !

samedi 29 novembre 2014

L’effarant rapport Pisani-Ferry / Enderlein qui recommande la baisse du pouvoir d’achat


Deux économistes, allemand et français, ont proposé un agenda de sortie de crise. Leur recette miracle : un blocage des salaires, qu’il camoufle sous le terme convergence ! Une proposition qui est un contre-sens économique et qui en dit long sur les errements intellectuels de notre époque.



Un contre-sens économique

S’ils ont raison de souligner qu’il est essentiel de lutter contre le chômage, qui atteint 15% de la population active en France, partir du postulat que la recette allemande du début des années 2000 pourrait marcher aujourd’hui est absurde. D’abord, il ne faut pas oublier que la potion amère du chancelier Schröder avait alors fait de l’Allemagne le pays malade de l’Europe, avec une croissance très faible, et qu’il a produit une baisse de 15% du pouvoir d’achat pour un tiers de la population, une forte hausse de la pauvreté (plus élevée qu’en France encore aujourd’hui malgré le différentiel de chômage).

Mais surtout, la potion amère allemande a été rendue possible par sa spécialisation industrielle et l’explosion de ses exportations, mais aussi par le fait que les autres pays européens ne menaient pas la même politique, ce qui a maintenu ses débouchés, et a compensé la faiblesse de la demande intérieure par ses exportations. Tout le problème est que ce raisonnement, appliqué à l’échelle du continent européen, comme il l’est depuis 2010, tue la croissance au lieu de la relancer. Face à une crise de la demande, une politique de l’offre généralisée est vouée à l’échec car elle pèse sur la demande.

La social-démocratie à la dérive

mercredi 29 octobre 2014

Bilan économique et social de François Hollande à mi-mandat (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.


Nul besoin d’ergoter pendant des lustres sur le bilan de François Hollande en termes de résultats économiques : ceux-ci sont à la mesure d’un chômage qui crève tous les plafonds et d’une croissance qui reste désespérément atone à tel point que les défauts d’investissements d’aujourd’hui commencent par mettre gravement en péril la France de demain[i]. Mais, contrairement aux mensonges du gouvernement sur le sujet ce bilan n’est pas un simple effet de cycle économique ou la simple résultante d’une situation catastrophique laissée par la majorité précédente. Il est aussi indubitablement lié aux mesures prises par François Hollande et sa clique : une thérapie de choc néolibérale qui ferait se pâmer d’envie une Margaret Thatcher en goguette ou un Chicago boys friedmanien en mal de reconnaissance. Car lorsqu’en période de récession, l’on massacre à ce point l’économique et le social, il ne faut guère s’attendre à ce que ménages et entreprises (celles tenues par de véritables entrepreneurs, non les vampires multinationaux) retrouvent le goût de l’initiative, de la dépense et de l’investissement, éléments pourtant indispensables à la création d’emplois. Et lorsque l’on met une telle morgue, une telle arrogance et un tel acharnement à détruire les structures économico-sociales[ii] d’un peuple, il ne faut pas s’étonner, qu’un jour ou l’autre, il vous le fasse payer.
Petite recueil (non exhaustif) donc, des mesures économico-sociales prise par la « gauche de droite » la plus décomplexée que la France ait jamais connue[iii] :

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samedi 3 août 2013

La fable de l’assistanat qui vise l’Etat-providence


Il y a quelques mois, circulait sur Internet un tableau qui affirmait que pour une famille de 5 personnes, il vallait mieux vivre du RSA que travailler au SMIC. Mais un papier fouillé de Rue 89, qui reprend le travail d’ATD Quart-Monde et les travaux de Martin Hirsch démontre que cela est totalement faux.



Un comparatif totalement bidon

Le tableau qui a circulé affirme que pour une famille de 5 personnes, celle dont le chef de famille touche le SMIC aurait 20 280 euros de revenus (en comptant toutes les allocations) contre 20 650 euros pour celle où il ne travaille pas. Mieux, du fait des exonérations de mutuelle santé (CMU), de redevance, d’impôts locaux, de cantine ou des tarifs sociaux, la première famille aurait 12 910 euros de dépenses contraintes (lui laissant 7 370 euros) contre 7 300 pour la seconde (lui en laissant 13 350). En clair, en France, notre système social ne pousse pas à travailler et pousserait à l’assistanat.

Mais cette rhétorique apparemment démontrée par le tableau ne tient pas une seconde, comme le démontre ce travail de fond réalisé par Rue 89. La liste des erreurs est impressionnante : l’oubli du RSA famille pour la première famille, la surestimation des allocations touchées par la seconde, l’allocation logement de la première famille est sous-estimée, alors que celle de la seconde est à nouveau sur-estimée. Dans le domaine des dépenses, le tableau oublie que la famille au SMIC peut elle-aussi bénéficier des exonérations ou des tarifs sociaux dont bénéficie la seconde famille.

Le bilan global n’a strictement rien à voir. La famille dont le chef travaille au SMIC a plus de 5 500 euros de revenus supplémentaires (25 812) alors que celle où il est au RSA en touche plus de 2 000 de moins, soit 18 560. L’écart dépasse 7 000 euros par an. Du coup, pour toutes les autres dépenses (nourriture, vêtements, téléphone…), il reste près de 17 000 euros par an à la première famille contre un peu plus de 9 600 euros pour la seconde. Le fait de travailler augmente le pouvoir d’achat de 75% hors dépenses contraintes (logement, transport, eau, électricité, cantine, impôt locaux).

Les leçons de cette mauvaise fable