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dimanche 8 mai 2022

Inflation, salaires, pouvoir d’achat : l’horreur oligarchiste

Papier publié par Marianne

Dans la bulle de certains, le pouvoir d’achat progresserait. Une simple comparaison du revenu moyen et de l’inflation moyenne pourrait peut-être l’indiquer. Mais la moyenne peut être extraordinairement trompeuse. Nous le savions sur les revenus avec l’effarant cas étatsunien, mais, dans une étude de référence, l’OFCE montre que la moyenne est mauvaise conseillère sur l’inflation également. Pas étonnant qu’il y ait un grand écart entre des moyennes trop grossières et le sentiment des Français.

 


Inflation des salaires en haut, et des prix, en bas

 

vendredi 24 avril 2015

Excédent commercial du Japon : nouveau succès des Abenomics !




Un produit des Abenomics

Historiquement, le Japon était un pays en excédent commercial puisqu’il avait basé sa croissance sur les exportations, tout en protégeant très fortement son marché intérieur, ce que les néolibéraux myopes tendent toujours à oublier. Mais Fukushima a provoqué une remise en cause complète de la politique énergétique, la fermeture des centrales nucléaires, remplacées par des centrales thermiques nécessitant l’importation d’hydrocarbures, qui ont plongé le pays en déficit. Bien sûr, le retour à un solde positif s’explique en bonne partie par la baisse de 51% de la facture de pétrole et de 12% de celle de gaz, provoquant un recul global de 14,5% des importations, sans quoi le pays serait resté en déficit.

Mais ce résultat n’est pas seulement le fait de la (forte) baisse des importations d’hydrocarbures consécutive au recul de leurs prix. En effet, les exportations ont également progressé de 8,5%, soit une hausse de plus de 540 milliards de yens, plus que les 230 milliards de yens d’excédent. Si les exportations étaient restées stables, le pays aurait encore affiché un déficit de 310 milliards de yens. Or, il est clair que les exportations ont beaucoup progressé du fait de la baisse du yen et des choix radicaux de politiques monétaires du pays. D’ailleurs, en Europe et en France, la très forte baisse de l’euro soutient fortement les exportations, ce qui contrebalance fortement le discours des masochistes de l’euro cher.

La monnaie : un outil politique

samedi 29 novembre 2014

L’effarant rapport Pisani-Ferry / Enderlein qui recommande la baisse du pouvoir d’achat


Deux économistes, allemand et français, ont proposé un agenda de sortie de crise. Leur recette miracle : un blocage des salaires, qu’il camoufle sous le terme convergence ! Une proposition qui est un contre-sens économique et qui en dit long sur les errements intellectuels de notre époque.



Un contre-sens économique

S’ils ont raison de souligner qu’il est essentiel de lutter contre le chômage, qui atteint 15% de la population active en France, partir du postulat que la recette allemande du début des années 2000 pourrait marcher aujourd’hui est absurde. D’abord, il ne faut pas oublier que la potion amère du chancelier Schröder avait alors fait de l’Allemagne le pays malade de l’Europe, avec une croissance très faible, et qu’il a produit une baisse de 15% du pouvoir d’achat pour un tiers de la population, une forte hausse de la pauvreté (plus élevée qu’en France encore aujourd’hui malgré le différentiel de chômage).

Mais surtout, la potion amère allemande a été rendue possible par sa spécialisation industrielle et l’explosion de ses exportations, mais aussi par le fait que les autres pays européens ne menaient pas la même politique, ce qui a maintenu ses débouchés, et a compensé la faiblesse de la demande intérieure par ses exportations. Tout le problème est que ce raisonnement, appliqué à l’échelle du continent européen, comme il l’est depuis 2010, tue la croissance au lieu de la relancer. Face à une crise de la demande, une politique de l’offre généralisée est vouée à l’échec car elle pèse sur la demande.

La social-démocratie à la dérive

samedi 3 mai 2014

Gagner la guerre des mots contre le néolibéralisme


Après avoir étudié la guerre des mots que nous devons mener pour s’opposer à la signature du traité transatlantique, il ressort également de ce traité tous les poncifs néolibéraux pour défendre le laisser-faire et le laisser-passer, auxquels il faut également faire un sort.



Maquiller la jungle

Libéralisation : c’est un des termes les plus employés pour défendre les politiques économiques menées depuis quarante ans. Mais derrière ce terme, se cache en réalité la promotion de la loi de la jungle, la loi du plus fort, une anarchie néolibérale, que les démocraties ne pourraient plus maîtriser. En réalité, il s’agit d’une forme de retour à l’état de nature, une déconstruction de ce qui fait l’humanité. Car il s’agit d’une vision extrême de la liberté, jamais encombrée par les principes d’égalité et de fraternité notamment.

Une plus grande ouverture : voici un mot utile pour les néolibéraux. Qui peut vouloir être pour la fermeture plutôt que l’ouverture ? Un bon moyen de biaiser les débats. Mais en réalité, dans le traité transatlantique, il s’agit en fait d’une moindre protection, et du règne de l’argent, du laisser-faire et du laisser-passer

Intégration économique : forcément, dire que l’on va autoriser la vente du bœuf aux hormones étasunien en Europe n’est pas très motivant. La normalisation des normes est un terme trop technique, un peu effrayant. Les néolibéraux ont donc trouvé le terme d’intégration, porteur de valeurs positives, pour maquiller les desseins du traité transatlantique. Et si on disait restriction de notre possibilité de choisir ce que nous mangeons et consommons ? L’intégration devient alors beaucoup moins souhaitable.

Sur les grands débats du moment

dimanche 16 mars 2014

Le Japon en voie de sortie de la déflation ?


Depuis 15 mois qu’il est arrivé à la tête du Japon, Shinzo Abe a révolutionné la politique de son pays, pour le sortir de la déflation et de la langueur dans laquelle il est enfermé depuis plus de 20 ans. Les annonces de hausses de salaires dans les grandes entreprises annoncent-elles son succès ?


Un pas dans la bonne direction

Après une année 2013 aux résultats démultipliés par la baisse du yen, qui a considérablement fait progresser leurs profits, les grandes entreprises exportatrices abordaient l’année 2014 avec des marges de manœuvre pour répondre aux demandes du premier ministre d’une augmentation des salaires pour cette année. Toyota a ainsi annoncé une augmentation globale de 7,6% cette année, la plus forte depuis la bagatelle de 21 ans ! L’entreprise n’est pas la seule puisque Nissan, Honda, Panasonic et Hitachi ont déjà annoncé qu’elles allaient suivre la même politique.

Les hausses de salaires sont un élément déterminant dans la politique économique globale du premier ministre pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’idée est de sortir enfin le pays de la logique délétère de déflation ou les prix et les salaires sont orientés à la baisse, un contexte peu favorable à la croissance. Ensuite, cela est essentiel pour compenser la hausse à venir de la TVA, qui doit réduire le déficit public très important du pays et le remettre sur une trajectoire plus soutenable. Bémol néanmoins : les PME ne seraient pas aussi généreuses que les grands groupes exportateurs

Une politique globale cohérente