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lundi 2 novembre 2015

Air France : profits records et barbarie néolibérale

La semaine dernière, à la surprise générale, étant donné l’état des négociations entre direction et salariés, Air France a annoncé avoir réalisé les plus gros profits trimestriels de son histoire. Ceci, et la réaction des marchés, négative, en dit très long sur l’état de nos sociétés.



Profits records, mais insuffisants !


Son raisonnement est que ces résultats sont le fruit de la baisse conjoncturelle du prix du pétrole et que les concurrents de l’entreprise font mieux, Lufthansa et IAG (British Airways et Iberia) ayant accumulé plus de 150% de marge de plus, du fait d’un déficit de compétitivité qu’il faudrait combler et qui justifierait le nouveau plan de la direction. Le problème d’Air France, ce serait que la baisse du coût par passage ne serait que de 0,5 à 0,7% cette année, contre 1 à 1,3% prévu initialement. De plus la pression concurrentielle serait au plus haut. D’ailleurs, la réaction des marchés appuie le discours de la direction puisque ce record de profits a été accueilli par une chute étonnante de près de 5% du titre Air France, et de plus de 8% pour Lufthansa, malgré de meilleurs résultats, mais après une forte hausse.

Transformer les hommes en loups

samedi 18 octobre 2014

Concurrence et compétitivité : 4 lieux communs revisités (billet invité)


Billet invité de Marc Rameaux


1       Les deux principes de l’économie de marché

Toute économie de marché est fondée sur deux principes, l’un sans cesse brandi et loué par les néo-libéraux, l’autre beaucoup moins connu et mis en avant, qui en est pourtant le véritable moteur.
Ce n’est que de la tension entre ces deux principes, d’ailleurs contradictoires, que provient toute création de richesse et toute économie bien gérée.
La méconnaissance de ces deux forces contraires et de leur tension dynamique pour animer le moteur économique est la misère du néo-libéralisme, qui lui préfère la vénération abêtissante d’une seule idée.
Il est vrai que se prosterner indéfiniment devant un principe unique doit avoir pour eux quelque chose de rassurant, à la mesure de la capacité et de la force de leur esprit. Afin de déjouer la bêtise de ces dévots, explorons ce qu’est la véritable tension créatrice de l’économie.

1.1     Le premier principe : la libre concurrence

mercredi 23 avril 2014

Cabotage : la course au moins-disant social en Europe (billet invité)


Billet invité de Matias Kévin


Définition 

Le cabotage consiste à quitter un pays avec un véhicule et à charger puis à décharger, à plusieurs reprises, dans un pays frontalier, avec retour obligatoire au pays d'origine. A l'issue du déchargement international, la réglementation impose aux transporteurs de ne pas excéder trois opérations de chargement puis de déchargement sur le sol national.

Le cabotage en France et en Europe 

Le cabotage est régi par la loi du 08 décembre 2009 relative à l'organisation des transports. La France est le pays le plus « caboté » en Europe soit 1/3 du cabotage total. Depuis le 1er janvier 2012, il est ouvert à la Roumanie et à la Bulgarie.

Concurrence déloyale 

vendredi 31 janvier 2014

Mory Ducros : 3000 victimes de plus du « plombier polonais »


Le conflit entre les salariés de Mory Ducros et leur repreneur semble toucher à sa fin. Les près de 3000 salariés qui seront licenciés devraient toucher 10 000 euros en moyenne. Mais beaucoup oublient de se demander pourquoi le transporteur a fait cessation de paiement.


Une cause : la concurrence déloyale

Bien sûr, certaines belles âmes n’aimeront pas cette stigmatisation de l’étranger, mais il faut quand même regarder la réalité du transport routier en face. Si Mory Ducros est au bord de la faillite aujourd’hui, c’est pour une seule et unique raison : la concurrence déloyale des personnes venues d’Europe de l’Est ou du Sud, dont les salaires sont nettement plus bas qu’en France. Pour rappel, le SMIC roumain est environ dix fois plus bas que le SMIC français… Et on le voit sur nos routes, qui accueillent une proportion grandissante de transporteurs espagnols, portuguais, polonais, roumains…

D’ailleurs, dans le transport routier la part de marché internationale (pour tous les transports d’un pays à la France ou inversement) des transporteurs français est passée de 46 à 17% de 1999 à 2010. Pire, le cabotage (les entreprises étrangères qui, après un transport international, en profitent pour faire une mission en France sur le trajet du retour) a déjà pris 3,6% du marché intérieur. Le syndicat de la profession estime qu’un tiers de ses 350 000 salariés sont aujourd’hui menacés, comme le montre malheureusement bien la crise de Mory Ducros, qui ne sera par conséquent pas le dernier.

Le PS et l’UMP sont responsables

mercredi 21 août 2013

Œuf, ail, lait, viandes : le grand abandon de la filière agricole


Il ne s’agit malheureusement pas d’une nouveauté. Après les éleveurs et les laitiers, c’est au tour des producteurs d’ail et d’œufs de subir une nouvelle crise, qui montre que nos gouvernements, de droite comme de gauche, ont complètement abandonné notre agriculture et nos agriculteurs.



Toujours plus de secteurs en crise

Les producteurs d’œufs protestent contre la baisse des cours à 4,95 euros la centaine (soit 30 centimes pour six œufs, ce qui laisse songeur sur les marges réalisés des intermédaires) alors que leurs coûts augmentent du fait de la hausse du prix des céréales. Depuis, le ministre les a vu, a promis d’exporter en urgence quelques millions d’œufs, et organise le recul de la production en France. Même phénomène pour les producteurs d’ail, touchés par les aléas climatiques et qui ont vu les prix tombés entre 1,2 et 1,5 euros le kilo du fait de la concurrence étrangère contre 2,3 euros en 2012 et plus avant

Le sort des producteurs de lait est connu depuis longtemps. Le prix est coincé à 300 euros les 1000 litres (on était à 310 euros en 2001) et ils n’arrivent pas à obtenir la hausse de prix de 30 à 40 euros les 1000 litres qu’ils demandent. Par-delà le fait que les prix n’ont pas progressé depuis 12 ans, ils soulignent la montée du prix des céréales et donc de leurs coûts de production : le prix du soja s’est envolé de 280 à 420 euros la tonne et celui du maïs de 180 à 220. Ils pointent également la concurrence de l’Allemagne, de plus en plus agressive, et craignent la suppression des quotas en 2015.

L’agriculture n’est pas une activité comme les autres