jeudi 20 décembre 2018

Italie, France : l’effarant deux poids, deux mesures budgétaires de l’UE

La simple nomination de Pierre Moscovici comme gendarme budgétaire de l’UE montrait déjà le caractère totalement arbitraire de cette construction européenne. Le refus d’une augmentation du déficit Italien, à 2,4% du PIB parallèlement à l’acceptation d’une hausse de celui de la France à 3,5% achève, pour ceux qui en auraient encore besoin, de discréditer totalement l’UE.


Règles à géométrie variable et malhonnêteté crasse




Le caractère orwellien de Moscovici n’en est que plus stupéfiant. S’il est envisageable de dépasser 3% sur une année, pourquoi donc un déficit de 2,4% pour l’Italie poserait problème, d’autant plus que le pays a plus d’une décennie de déficits inférieurs au nôtre, et que le sien resterait plus d’un point inférieur au nôtre ? Si les situations sont différentes, elles le sont dans le sens où Rome s’est bien davantage pliée aux règles de l’UE que nous. Bien sûr, l’UE se raccroche aux branches d’un déficit structurel qui augmenterait fortement (plus encore que le déficit, de manière objective bien sûr) et pourrait être supérieur à celui de la France en 2020. Mais comment accorder crédit à ce raisonnement ?

Etonnamment, l’Italie a déjà accepté de réduire son déficit 2019 à 2,04% du PIB, à peine plus qu’en 2018, ce que Bruxelles a fini par accepter. Logiquement, Matteo Salvini a demandé à ce que Bruxelles entame une procédure à l’encontre de la France : « je refuse d’imaginer qu’on fasse semblant de rien devant les demandes milliardaires qui arrivent d’un Macron en difficulté évidente et qu’on s’en prenne aux poches des Italiens ». Devant la nouvelle situation, Rome aurait du revenir à son budget initial, présentant un déficit de 2,4% du PIB, car rien ne justifie désormais le moindre effort de l’Italie devant les facilités que la Commission fait à la France de Macron, d’une manière totalement arbitraire.

Ce nouvel épisode montre à nouveau le caractère profondément arbitraire et injuste de l’UE qui demande à l’Italie ce qu’elle ne demande pas à Macron. Rome aurait du tenir une position bien plus ferme aujourd’hui. Mais, effet collatéral intéressant, cela nous protège plus encore, s’il y en avait besoin, de toute intégration supplémentaire entre sphère germanique et gaulois « trop dépensiers »…

19 commentaires:

  1. Cette différence de traitement n'est pas effarante mais normale parce que Macron et son gouvernement reste dans la ligne de l'UE, non le gouvernement italien.

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  2. La malhonnêteté d'un Moscovici est patente. Pourtant, il y a des différences objectives entre l'Italie et la France (les décodeurs du Monde ne sont pas ma tasse de thé, mais cet article se réfère à des faits difficilement contestables) : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/10/23/deficit-l-italie-vilipendee-la-france-epargnee_5373190_4355770.html

    Toute la question est de savoir le sort qui sera réservé à la France de Macron lorsque l'effort consenti pour calmer les gilets jaunes (et les forces de l'ordre qui les contiennent...) finira par se révéler facteur de problèmes aussi structurels que ceux de l'Italie. En attendant, notre gouvernement a perdu beaucoup de sa crédibilité en Allemagne, tout en étant aussi méprisé que haï dans les pays où il a cru pouvoir s'ériger en donneur de leçons (Italie, mais aussi Pologne, dont le ministre des Affaires étrangères a récemment proclamé la France « homme malade de l'Europe »).

    YPB

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  3. Le problème n'est pas mathématique mais politique. Ce que la Commission n'acceptait pas, c'était l'attitude du gouvernement italien qui semblait vouloir une confrontation. Remarquez qu'il n'a que peu baissé son déficit (2,04% au lieu de 2,4%), mais le simple fait d'avoir fait un geste de soumission a suffi à la Commission pour valider son budget. Après Tsipras et May, Salvini a rendu les armes avant même que la bataille ait commencé.

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  4. On nous dit que Salvini aurait un plan secret pour sortir de l'Euro, qu'il n'aurait pas annoncé à ses électeurs pour ne pas les effrayer et pour se garder l'effet de surprise...

    Moi j'attends de voir, et pour l'instant ce que je vois c'est qu'il est en train de se coucher devant la commission, et Di Maio aussi.

    Je souhaite me tromper, mais pour l'instant je ne suis pas du tout convaincu qu'on peut contrarier l'agenda européiste si on n'a pas reçu un mandat clair des électeurs pour claquer la porte de l'UE et de l'Euro.

    Le cas de T. May est différent. Elle a un mandat clair pour le Brexit, mais son problème c'est qu'elle ne l'avait pas demandé, elle n'en voulait pas.

    Ivan

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  5. Avec ses mesurettes bricolées à la va vite, Macron va se prendre de manivelle des autres pays de l'UE auprès desquels il perd toute crédibilité :

    http://authueil.fr/post/2018/12/10/Le-grand-oral-rat%C3%A9-d-Emmanuel-Macron

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  6. Tatanka,

    Dans cette interview d'Emmanuel Todd :

    https://www.atlantico.fr/decryptage/3561820/emmanuel-todd--l-etat-ne-peut-pas-etre-incarne-par-un-enfant--or-emmanuel-macron-est-desormais-percu-comme-un-gamin-par-les-francais-emmanuel-todd

    la phrase "l’immigrationnisme des élites, avec des démographes officiels du régime qui continuent d’affirmer qu’il n’y a aucun problème d’immigration ou d’intégration" m'a fait penser à vos billets sur le sujet. Seriez-vous un officiel officieux...?

    Par ailleurs, Guilluy, dans une tribune du Figaro de ce jour, dit que l'attitude des milieux dirigeants d'Europe de l'Ouest est "irresponsable", et prend fermement position pour une limitation de l'immigration.

    Ainsi abandonné par Todd et Guilluy, ne risquez-vous pas de devenir le dernier des Mohicans, entre statistiques volontairement biaisées pour minimiser à tout prix le problème et position "irresponsable" (puisque votre position est au fond sensiblement la même que celle dont parle Guilluy) ?

    Il faut quand même en tenir une sacrée couche, idéologiquement, pour prétendre :
    - qu'une question aussi importante, quantitativement et qualitativement ;
    - qui n'a jamais été validée démocratiquement
    - qui est à la base de l'identité des nations, à laquelle vous faites pourtant régulièrement référence (Marseillaise, drapeaux, etc)
    pourrait être traitée comme elle l'est, passage en force permanent et dissimulation sous le tapis.

    Pourquoi vous faites-vous l'allié, sur cette question, des néolibéraux et des européistes, qui ne pourraient imposer leurs vues sans l'appui volontaire de gens comme vous ?

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    1. Cette récupération par un vichyssois de l'excellent article de Todd ne trompera personne.

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    2. @ YPB

      Bien sûr, le niveau de la dette n’est pas le même, tout comme celui des taux d’intérêt. En effet, le contexte n’est pas le même. Mais Rome a fait de gros efforts depuis longtemps, revenant bien plus vite que nous aux 3% de PIB de déficit et là, ils se font attraper pour passer de 1,8 à 2,4% sur une année avec la première utilisation de la procédure pour déficit excessif, alors qu’ils restent sous les 3% et que le « dérapage » n’est que de 0,6 point. Paris, en miroir, a pris 4 ans de plus pour atteindre les 3% (2017 au lieu de 2013 annoncé par Moscovici alors ministre du budget…) et notre pays peut passer de 2,6 à 3,2%, cassant le cap des 3% avec l’accord de la Commission. C’est tout de même effarant d’arbitraire, non ?

      @ Moi

      Probablement bien vu

      @ Ivan

      Bien d’accord. Je suis effaré par le geste de soumission de Salvini et Di Maio et cela me confirme dans le fait qu’il faut demander un mandat de rupture, à savoir Frexit unilatéral et immédiat.

      @ Troll frontiste

      Amusant que vous citiez Todd, qui ne dit pas que des choses qui vont dans votre sens

      Et enfin, je ne vois pas en quoi il y a la MOINDRE contradiction entre les extraits que vous évoquez et ce que je dis, si ce n’est dans votre esprit particulièrement tordu

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    3. Todd parle des démographes officiels du régime, sur un ton critique, et ces démographes officiels ont la même position de minimisation que vous.

      Guilluy dit que les élites d'Europe de l'Ouest, sur une position qui est en gros la vôtre, sont "irresponsables" (le terme est de lui). Il motive sa volonté de stopper l'immigration non sur des considérations économiques, mais sur des considérations culturelles.

      Je croyais dès lors utile d'attirer votre attention, et celle de vos lecteurs, à ce sujet.

      Ne nous disiez-vous pas, cet été, qu'un gaulliste se doit de convaincre ses concitoyens avant de leur imposer une politique ? Pourquoi ne pas vous appliquer à vous-même cet excellent conseil, sur le sujet ô combien crucial et ô combien controversé de l'immigration ?

      J'en profite pour faire état de deux nouveaux articles statistiques, venus de Michèle Tribalat. Chacun peut ensuite se faire une opinion, mais sur la base de données pas trop truquées si possible.

      Premier article sur la fécondité :

      https://maximetandonnet.wordpress.com/2018/12/22/statistiques-de-la-fecondite-en-france-par-michele-tribalat/

      Deuxième article sur les proportions de jeunes d'origine étrangère, hors Europe et Europe, en Ile de France (et non dans la seule Seine Saint Denis), schéma de bas de page :

      http://www.micheletribalat.fr/439632260

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    4. "Anonyme22 décembre 2018 à 05:06

      Cette récupération par un vichyssois de l'excellent article de Todd ne trompera personne."


      Je ne suis pas vichyssois.

      Mais, tant qu'à faire, mieux vaut être vichyssois (comme le récemment débaptisé Georges Loustaunau-Lacau, pourtant héroïque) qu'un petit Rottenführer du politiquement correct comme vous l'êtes.

      Le genre de type qui se croit tout permis parce qu'il est dans l'air du temps (qui est, actuellement, le politiquement correct), et qui par conséquent, sous l'Occupation, aurait fatalement été du mauvais côté, quoi qu'il s'imagine aujourd'hui.

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    5. "Je ne suis pas vichyssois.

      Mais, tant qu'à faire, mieux vaut être vichyssois que..."

      Je n'avais pas vraiment sollicité l'aveu, mais merci tout de même. Les imbéciles dans votre genre finissent toujours par se lâcher.

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    6. http://la-sociale.viabloga.com/news/le-fn-rn-indispensable-auxiliaire-du-pouvoir

      C'est Jacques Sapir qui retweete ça. Vous savez, Sapir, ce "Rottenführer" du politiquement correct, le genre de type qui se croit tout permis parce qu'il est dans l'air du temps, et qui par conséquent, sous l'Occupation, aurait fatalement été du mauvais côté, etc.

      À moins que ce soit par lucidité ?

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    7. Je l'ignore, je ne cherche pas de gourou et n'ai donc pas de dévotion particulière pour Sapir.

      Je constate par ailleurs que vous ne savez pas lire, ce qui sied tout à fait au caporal-chef du bras armé du Parti (du politiquement correct, de nos jours).

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    8. Vous ne savez rien de ma position sur l'immigration. Par contre, je trouve amusant de vous voir citer ce lourdaud aux idées fumeuses de Loustaunau-Lacau. Se compromettre au service du Maréchal pour se retrouver livré par son régime aux tortionnaires de la Gestapo, ce n'est pas vraiment un brevet de lucidité...

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    9. Je m'intéresse assez peu à votre position sur l'immigration, ou à vrai dire sur toute autre question.

      Je suis content de vous avoir incité à consulter, en catastrophe, la page Wiki sur Loustaunau-Lacau : vous vous endormirez plus instruit ce soir.

      Joyeux Noël.

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    10. Vous ne vous intéressez pas à mes positions. Fort bien. Donc vos jugements sur ce que je sais ou ne sais pas, comprends ou ne comprends pas sont oiseux. Mais je comprends bien que vous ressentiez le besoin de vous rassurer sur la question.

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    11. Je ne m'y intéresse pas, ce qui ne signifie pas que je ne sais pas ce qu'elles sont.

      Seul Tatanka m'intéresse ici, car c'est un relais d'influence auprès des 11 lecteurs de son blog. Je ne travaille pas au détail, faites vous une raison.

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    12. Je me suis fait une raison depuis fort longtemps. Moi aussi je peux répondre en boucle à vos interventions en boucle. Vous faire taire est le dernier de mes soucis.

      Cependant, si le blog de Laurent est à ce point insignifiant (ses" 11 lecteurs"...), pourquoi y perdez-vous votre temps en interventions stériles ? Il faut supposer que vous lui reconnaissez quelque mérite. Mais, dans ce cas, vous vous ridiculisez à affecter de le mépriser.

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  7. @ Troll de 15h14

    « Les élites d’Europe de l’Ouest, sur une position qui est en gros la vôtre » : vous n’en avez pas ras-le-bol de débiter des âneries plus grosses que vous ? Je serais bien curieux de savoir en quoi ma position serait proche de celles des élites. Quand je passais sur France 24 sur le sujet, j’étais justement le représentant du point de vue adverse…

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