dimanche 23 décembre 2018

L’environnement, selon que vous serez petit ou puissant…

Elle a beau dos l’écologie, qui rend nécessaire la hausse du prix de l’essence. Si le principe n’est pas inintéressant, tout le problème est la profonde injustice de ces taxes, frappant des ménages à faible pouvoir d’achat qui dépendent de leur voiture, mais oublient les touristes aisés qui prennent l’avion, pour qui le kérosène vaut 40 centimes le litre… Une nouvelle illustration d’un problème plus profond.


Une écologie partielle et partiale, injuste et oligarchique

Cette affaire de taxation de l’essence est profondément symptomatique de l’époque. Bien sûr, il n’est pas déraisonnable d’augmenter la taxation sur les produits dérivés des hydrocarbures, parce qu’ils polluent, jouent un rôle dans le rechauffement climatique, et que nous les importons. Mieux vaut donc en limiter l’usage, mais à la condition, et seulement à cette condition, que cette taxation soit uniforme, prévisible, et surtout juste socialement, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Un bon papier d’un blog de Médiapart rappelle ainsi que les avions, paquebots, cargos et supertanker, outre le fait de brûler des produits particulièrement polluants, le font sans payer la moindre taxe sur le fuel.



Plus globalement, bien des lois sur l’environnement en deviennent suspectes tant nos institutions semblent toujours défendre les mêmes intérêts et il y a d’exemples de conflits d’intérêt, le glyphosate étant bien sûr un cas emblématique, comme l’avaient rappelé les Monsanto papers. Malheureusement, quand ce ne sont pas les institutions européennes qui poussent les intérêts d’industriels peu regardants, des décisions récentes du Conseil Constitutionnel sont particulièrement inquiétantes, comme la censure de 23 articles de la loi Egalim, qui semble, faisant passer à la trappe plusieurs avancées votées par la majorité macroniste qui ne plaisaient pas aux lobbys, sans même donner de justifications.


Ce qui se passe en matière environnementale est symptomatique d’une époque où les intérêts du monde des affaires passent avant tout, et où circuleraient des aliments pour bétail contaminés par un OGM interdit. Non seulement les avancées environnementales sont bien trop timides, mais les législations servent trop souvent des intérêts particuliers, pas toujours dans un sens très vertueux…

28 commentaires:

  1. J'apprécie que Laurent, malgré les polémiques, ne lâche rien sur la question des pesticides.

    Le feuilleton sur le glyphosate est loin d'être terminé. On s'intéresse depuis peu à son rôle dans le déclin des populations d'abeilles : Erick V. S. Motta, Kasie Raymann, Nancy A. Moran, "Glyphosate perturbs the gut microbiota of honey bees", PNAS October 9, 2018 115 (41), 10305-10310 (https://www.pnas.org/content/115/41/10305).

    Ce qui n'empêche pas Monsanto de persister dans ses méthodes de lobbying, par la création de groupe fictifs d'agriculteurs défenseurs du glyphosate (https://www.independent.co.uk/news/long_reads/monsanto-bayer-weedkiller-roundup-dewayne-johnson-court-glyphosate-world-health-organisation-a8586951.html ; pour les non-anglophones, voir https://rmc.bfmtv.com/emission/de-faux-groupes-de-fermiers-finances-par-un-lobby-de-monsanto-1545672.html).

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    1. Sur le site d'Agriculture et liberté, des noms d'agriculteurs sont apparus, à la suite de la dénonciation par Greenpeace du lobbying de Red Flag Consulting pour Monsanto (http://agricultureetliberte.fr/nous-ne-sommes-pas-des-fantomes/). On y trouvera cette perle : "Le glyphosate est utilisé de manière sûre en France depuis plus de 40 ans et le consensus scientifique démontre que l’utilisation raisonnée du produit en Europe est sans danger". La réalité est qu'il n'y a aujourd'hui aucune certitude et aucun consensus scientifique quant à l'innocuité du produit, notamment du fait de l'utilisation, dans de nombreuses études, de données toxicologiques dépassées (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4756530/). Le glyphosate est ainsi commercialisé depuis 1974 comme produit actif du Roundup, mais il a fallu attendre 2012 pour qu'une étude révèle que sa demi-vie dans le sol ou dans l'eau était très supérieure à ce qui était initialement estimé (https://www.intechopen.com/books/herbicides-properties-synthesis-and-control-of-weeds/forty-years-with-glyphosate).

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    2. Etude complètement bidonnée :
      http://seppi.over-blog.com/2018/09/l-abeille-serait-aussi-une-tueuse-de-glyphosate-selon-l-obs-hic-oups.html

      Et vous proposez quoi aux agriculteurs à la place du glyphosate ?

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    3. Seppi est de retour. Avec un papier indigent, pour rester poli. "Nous n'analyserons pas cette longue publication"... Dit l'auteur qui prétend néanmoins la réfuter. Et qui ne l'accuse d'être bidonnée, mais insiste plutôt sur les incertitudes qu'elle laisse planer.

      "Notons d'emblée que la conclusion est à la fois doublement prudente – par le « peut perturber » et « affectant potentiellement » – et aventureuse – par sa référence à l'« efficacité en tant que pollinisateurs ». Cela n'a pas empêché le titre d'alerte (au conditionnel) de l'Obs."

      Sauf que ces précautions oratoires sont la norme en matière de publication scientifique. Donc, les mettre en avant pour laisser entendre que les auteurs seraient peu sûrs de leurs conclusions relève de l'escroquerie intellectuelle. Ce qui est habituel chez Seppi, qui s'appelle en fait André Heitz et a passé une bonne partie de sa carrière à conseiller les grands groupes agro-alimentaires au sein de l'Union pour la protection des obtentions végétales (pour en savoir plus sur le personnage : https://www.combat-monsanto.org/spip.php?article1069). Une large part de son propos tient dans une critique acerbe de l'Obs. Ce dont on se fout royalement : que l'Obs fasse dans le sensationnalisme ne prouve pas que l'étude en question est sans intérêt. Au nom de quels principes Seppi juge-t-il le sensationnalisme de l'Obs plus scandaleux que le lobbying de Monsanto ou le contenu délirant de certaines de ses publicités (dont certaines ont déjà été condamnées comme mensongères par ailleurs) ?

      Seppi a l'habitude de discréditer toutes les études qui ne vont pas dans le sens de son combat, quitte à commettre, on l'a déjà prouvé ici, des contresens absolus. "[...] les auteurs n'ont pas non plus trouvé de différences entre glyphosate et Roundup. C'est un caillou dans le camp des auteurs qui prétendent que les adjuvants sont plusieurs ordres de grandeur plus nocifs que le glyphosate seul" écrit-il à propos d'une étude de l'institut Ramazzini. Or, les auteurs mis en cause écrivaient exactement ceci : "Furthermore, our results showed that the overall microbiome diversity and composition were significantly different between Roundup and glyphosate". Quelqu'un d'autre l'avait déjà signalé sur ce blog il y a quelques mois et je ne me suis pas gêné pour reprendre l'information (après vérification) à chaque fois que Seppi a été invoqué comme référence. Soit ce type est un menteur, soit il ne sait pas lire. Ceux qui le considèrent comme une référence ne valent pas mieux.

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    4. "Seppi a l'habitude de discréditer toutes les études qui ne vont pas dans le sens de son combat"

      Ca c'est un argument scientifique ! Et tu proposes quoi aux agriculteurs ?

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    5. "Sauf que ces précautions oratoires sont la norme en matière de publication scientifique."

      Pas du tout, quand il y a ces "précautions oratoires" c'est que les auteurs ne sont sûrs de rien du tout, c'est pas plus compliqué que ça.

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    6. Pour compléter mon message de 11:40, je rajoute ces commentaires de trois experts sur le papier de Motta, Raymann et Moran : https://www.sciencemediacentre.co.nz/2018/09/25/glyphosate-and-bees-expert-reaction/

      De ces trois scientifiques, seul le Dr Dr Oliver Jones, chimiste, exprime quelque prudence à l'égard des conclusions de l'article incriminant le glyphosate. Et certainement pas pour juger l'article bidonné : "So in short, I think the work is a potentially interesting piece of the overall puzzle of bee health, but not the whole picture."

      Le Dr Josh Bloom, membre de l'American Council on Science and Health (ACSH), a publié un papier incendiaire contre l'article de Motta et alii (https://www.acsh.org/news/2018/09/26/glyphosate-bee-death-story-bee-s-13446). Rien d'étonnant au regard des liens étroits entre cette institution et l'industrie (y compris les gigarettiers, dont l'intérêt pour la santé publique est bien connu...) : https://en.wikipedia.org/wiki/American_Council_on_Science_and_Health

      En 2016, un autre auteur publiait sur le site de l'ACSH un article claironnant que l'innocuité des néonicotinoïdes pour les abeilles venait définitivement d'être démontrée (https://www.acsh.org/news/2016/08/16/its-official-neonics-dont-cause-bee-deaths). Il faut croire que l'Efsa (qui ne donne pourtant pas toujours raison aux adversaires de l'agrochimie) n'est pas au courant, et les scientifiques qu'elle a consultés non plus : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/zoologie-neonicotinoides-risque-abeilles-confirme-37838/

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    7. "Pas du tout, quand il y a ces "précautions oratoires" c'est que les auteurs ne sont sûrs de rien du tout, c'est pas plus compliqué que ça."

      Ah oui ? Alors, cela doit aussi s'appliquer aux conclusions de l'Efsa sur la non-cancérogénéité du glyphosate : "En ce qui concerne la cancérogénicité, il est improbable que cette substance soit cancérogène" (Jose Tarazona, chef de l’unité Pesticides à l’EFSA, https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/151112).

      "Improbable" ? Ce n'est pas une précaution oratoire pour exprimer que l'on n'est sûr de rien ? Ces précautions oratoires prétendument invalidantes se retrouvent de fait aussi dans la littérature disculpant le glyphosate.

      Si l'on s'en tient au point de vue très modéré d'Axel Kahn, qui n'est pas du tout un écologiste obscurantiste et un ennemi de l'agrochimie, le glyphosate devrait être interdit à partir du moment où existe le moindre doute : https://axelkahn.fr/le-point-sur-le-glyphosate/ ("De fait, le renversement de la charge de la preuve si contestable en d’autres domaines est légitime en matière de sécurité d’un médicament ou d’un produit répandu dans l’environnement. Il revient à leurs fabricants d’établir la preuve de leur innocuité. Si doute il y a, même léger, il doit entraîner le retrait du produit.").

      Il demeure l'argumentaire économique : comment remplacer le glyphosate tout en préservant la production agricole ? Kahn estime que c'est impossible à réaliser rapidement, mais envisageable à long terme, via une mutation en profondeur de l'agriculture et de nos modes de consommation (voir sa conclusion). Je réponds à cet argumentaire sensé : raison de plus pour ne pas traîner !

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    8. "Si l'on s'en tient au point de vue très modéré d'Axel Kahn, qui n'est pas du tout un écologiste obscurantiste et un ennemi de l'agrochimie"

      Cet abruti qui veut taxer les robots... Qu'attendre de lui ?

      "Il revient à leurs fabricants d’établir la preuve de leur innocuité."

      Ca a été fait, ce type n'est pas toxicologue, il ne connait rien à ce domaine.

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    9. Kahn n'est pas toxicologue ? Et Seppi, le défenseur à tous crins du glyphosate ? Il est ingénieur agronome, pas toxicologue. Des tas d'experts qui ont traité Séralini d'escroc et pris la défense du glyphosate ne l'étaient pas davantage. Et Kahn est parfaitement fondé à invoquer le principe de précaution.

      La "preuve" de l'inocuité du glyphosate a été apportée ? Mais pourquoi dans ce cas L'Efsa évoque-t-elle le caractère seulement "improbable" des dangers du glyphosate, au lieu de dire carrément que le glyphosate est, avec une certitude absolue, inoffensif ? Si les précautions oratoires disqualifient les conclusions des adversaires du glyphosate, elles devraient aussi disqualifier les conclusions de ses défenseurs.

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    10. À supposer que l'on renonce à mettre cause le glyphosate en particulier, cela ne résoudrait pas le problème posé par les pesticides dans leur ensemble : http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/Effet-cocktail-de-pesticides-a-faible-dose-par-l-alimentation

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    11. "Le principal message que je veux faire passer avec ce billet, c’est que quantitativement parlant, et en ce qui concerne spécifiquement le lien glyphosate/cancer, on est très très loin des chiffres de l’amiante. Les surmortalités associées à l’amiante sont gigantesques, et là pour le glyphosate, sur une cohorte de plus de 50 000 travailleurs exposés, on ne voit rien de significatif. La comparaison est donc totalement démesurée.

      Et là on ne parle pas d’une étude en laboratoire sur un petit nombre de rats qu’on expose à des doses artificielles de glyphosate, mais d’une étude épidémiologique, en conditions réelles, sur une cohorte énorme."

      https://sciencetonnante.wordpress.com/2017/11/12/glyphosate-le-nouvel-amiante/

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    12. "À supposer que l'on renonce à mettre cause le glyphosate en particulier, cela ne résoudrait pas le problème posé par les pesticides dans leur ensemble"

      Mais c'est le cas de toutes les substances chimiques, y compris celles 'naturelles'. Tout se juge au cas par cas, peu importe qu'il s'agisse de substances artificielles ou naturelles, c'est ce que vous êtes incapable de comprendre. Votre conception de la nature et de la toxicologie est tout simplement celle du nazisme naturiste.

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    13. Oui, bien sûr. Merci pour le point Godwin. Si l'on refuse de gober la propagande de Monsanto, c'est qu'on est nazi...

      Ma dernière remarque se fondait sur les conclusions d'une étude de l'Inra relatives aux effets sur le métabolisme de l'ingestion d'un cocktail de pesticides à faible dose. Répondre par des généralités vaseuses sur le fait que toutes les substances chimiques sont potentiellement toxiques et en invoquant le spectre de la pseudo-science nazie est juste comique.

      L'article de scienceetonnante.wordpress.com contenait des passages qui auraient mérités d'être eux aussi cités, pour comprendre que l'auteur n'accorde pas un blanc-seing aux pesticides :

      "Peut-être qu’en cherchant plus et mieux (c’est-à-dire avec une cohorte encore plus importante, des expositions encore plus grandes en durée et en intensité, des durées de suivi plus longues, etc.), on finirait par trouver des liens significatifs."

      Donc, on a bien raison de continuer à chercher, au lieu de sauter sur sa chaise en criant que l'affaire est entendue...

      "[...] le cancer n’est pas tout. Par exemple il existe des liens avérés entre l’exposition à certains pesticides et certaines maladies neurodégénératives."

      Donc, il y a bien d'autres motifs que la crainte du cancer pour s'inquiéter des effets métaboliques des pesticides...

      Il faut enfin ne rien connaître de l'histoire de l'agriculture biologique pour imaginer qu'on peut en résumer les origines à l'influence des courants ésotériques que le nazisme a d'ailleurs autant récupérés que combattus. Quels rapports entre Albert Howard, qui a fondé, au début du XXe siècle, sa réflexion sur l'étude des pratiques culturales des paysans de l'Inde et y a toujours intégré les connaissances scientifiques de son temps, et le nazisme ? Il faudrait accepter de s'empoisonner pour passer pour un adversaire du nazisme ? La pensée écologique ne s'est pas limitée à des illuminés plus ou moins influencés par Steiner. Et les historiens du mouvement écologique ont assez montré qu'il a historiquement recouvert toutes les nuances de l'arc-en-ciel politique.

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    14. "Répondre par des généralités vaseuses sur le fait que toutes les substances chimiques sont potentiellement toxiques et en invoquant le spectre de la pseudo-science nazie est juste comique."

      Ca n'a rien de vaseux, faites vous une omelette avec des amanites phalloïdes parfaitement bio, naturelles, et si vous y réchappez, vous m'en direz des nouvelles.

      Faites vous piquer par des frelons ou mordre par une vipère, tout autant naturels, et on en reparlera.

      Non seulement les nazis, mais aussi la deep écology actuelle font partie du paysage pseudo écolo.

      "Une écologie conservatoire et conservatrice, héritée du romantisme allemand du XIXe siècle et du mouvement païen "völkisch", qui placent la nature, œuvre de Dieu, au-dessus de tout. Une nature immaculée, immuable, harmonieuse, qu’il faut préserver, protéger de l’action de l’homme qui est en fait un perturbateur dans l’harmonie de la création."

      https://www.wedemain.fr/Cathos-fachos-et-ecolos-Comment-l-extreme-droite-s-empare-de-l-ecologie_a1466.html

      "La pensée écologique ne s'est pas limitée à des illuminés plus ou moins influencés par Steiner."

      L'homéopathie charlatanesque est l'une des pratiques les plus répandues en France, au point de retarder les traitements nécessaires et entraînant des complications mortelles chez les patients.

      Steiner est largement répandu en France, écoles "élitistes", agriculture débile, homéopathie, obscurantisme irrationnel en plein boom d'une sorte de new age fascistoïde...

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    15. Mais bien sûr... Refuser de gober n'importe quoi de Monsanto = obscurantisme fascistoïde.

      Rien que la référence au fascisme est grotesque, non pas qu'il s'agisse de disculper les steineriens de leurs liens avec le nazisme, mais parce que l'on ne saurait réduire la philosophie de l'agriculture biologique aux dérives théosophistes-anthroposophistes. Pour l'histoire politique du mouvement de l'agriculture biologique, voir les références données dans la thèse en ligne d'Yvan Besson, notamment en note 43 de son dernier chapitre (http://www.ecolotech.eu/Le-projet-fondateur-de-l-agriculture-biologique-un-effort.html).

      Rappelons que Lyssenko s'est drapé dans les oripeaux de l'antifascisme et de la lutte contre la science bourgeoise pour défendre ses théories foireuses. Il n'y a évidemment pas que chez les fascistes que l'on trouve des charlatans. Il y en a au moins autant chez les pseudo-progressistes.

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  2. Dans ce cas, il ne faut pas demander à baisser cette taxe sur les voitures, mais il faut plutôt demander à taxer plus les avions et bateaux, de manière concertée entre les divers pays d'Europe continentale par exemple (afin d'éviter les distorsions, dit-on).

    J'ignore ce qu'il en est des engrais et pesticides, je sais en tout cas qu'éoliennes et panneaux solaires sont dans l'intérêt des milieux d'affaires si par là on entend non pas les industriels sérieux et utiles comme EDF, mais les purs magouilleurs et spéculateurs (propriétaires de terrain, gestionnaires d'opérateurs "concurrents" d'EDF...). Un peu à GDF aussi, qui aurait donc un pied dans les deux mondes depuis la séparation EDF GDF.

    Il est donc surprenant (façon de parler) que ce *** de Hulot pousse à la roue en ce sens, et que votre article n'en parle pas parmi ses contre-exemples.

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    1. J'ai vu ce truc :

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/20/pourquoi-le-quotidien-d-un-couple-de-gilets-jaunes-derange-une-partie-des-lecteurs_5400408_3224.html

      dans votre fil twitter.

      Vous êtes bon public, semble-t-il...

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    2. J'ai aussi vu ce truc-là :

      http://www.slate.fr/story/171087/haute-fonction-publique-politique-administration-perception-societe-francaise-gilets-jaunes

      et je me demande s'il ne s'agit pas d'intox.

      Quand le gus écrit :

      "En effet, le contact désormais quotidien des fonctionnaires de Bercy et de la haute administration avec leurs homologues étrangers, et en particulier européens, a conduit au sein de l’administration française à la généralisation d’une approche comparative, pas toujours raffinée par la connaissance précise des réalités décrites sous des agrégats chiffrés, qui fait souvent apparaître la France comme hors de la moyenne, de la médiane, ou de ce qui ressemblerait à la situation normale d’une économie de l’OCDE. "

      j'ai en effet beaucoup de mal à y croire, pour les fonctionnaires de Bercy en tout cas.

      Il est très facile, et c'est plutôt dans leur intérêt, de trouver une comparaison chiffrée suffisamment détaillée pour conclure comme Passet :

      https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-La-France-championne-de-la-fiscalite-c-est-faux_3746655.html

      donc je suis sceptique sur le fait que des hauts fonctionnaires formés par l'ENA ne soient pas au courant.

      D'autre part, on sait que Macron essaie de se défausser sur Bercy, justement. Il y a déjà eu plusieurs articles de presse en ce sens.

      Je pense donc qu'il est tout à fait possible qu'il y ait intox.

      En tout cas, le couplet qu'on nous sert à nouveau sur la surreprésentation des énarques au gouvernement est faux et manipulatoire.

      Vous pouvez vérifier la composition du gouvernement Philippe, avant le départ de Hulot et Collomb : 30 ministres ou secrétaires d'Etat, dont 3 énarques (Parly, Le Maire, Philippe) et deux ingénieurs (Borne et Denormandie). On peut y ajouter Griveaux, qui a passé l'ENA mais ne l'a pas eue.

      Le pire est encore la note de bas de page, sur l'école polytechnique. Ces gens-là veulent casser le système des concours, et les articles de ce type servent aussi à cela.

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    3. En complément à mon commentaire de 16h40, voyez par exemple ici :

      https://maximetandonnet.wordpress.com/2018/12/22/foutages-de-gueule/

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  3. Personnellement, j'applique des petits trucs de rien du tout. Cela ne sauvera pas la planète mais si nous étions de plus en plus nombreux à les appliquer peut-être que dans notre environnement direct cela bougerait un peu.

    Je trie, c'est con à dire, cela paraît dérisoire mais cela marche pas mal. Exemple: je refile tous les rouleaux de papier toilettes, sopalin, chutes de papier en tout genre, pots de yaourt en verre etc...au centre aéré de ma progéniture qui n'a plus une thune pour acheter autres choses que des feutres, des crayons et de la colle !

    Autre exemple: je fais du compost donc épluchures, fleurs fanées etc...aller hop ! de l'engrais vert. Je récupère le marc de café contre les limaces qui polluaient mon petit jardin de banlieue (super efficace...depuis je n'ai quasiment plus de limaces).

    Je plante des fleurs dans mon jardin (des espèces qui ne demandent pas un entretien de fou). Comme cela j'attire les abeilles.

    Je ne suis pas végétarienne ou vegan ou végétalienne. En revanche, je me suis plutôt mise sur le créneau flexitarisme. J'ai réduit ma consommation de viande mais aussi de poisson et d'oeufs. Déjà en ne mangeant plus que des légumes, fruits, fromages et féculents le soir (plus de viande, ni de poissons ni d'oeufs au dîner).

    J'ai acheté des piles rechargeables. Oui c'est con mais en attendant depuis plus de 3 ans je n'ai pas acheté une seule pile type LR6 ou LR3.

    Le sapin de Noël ! Bah...c'est un faux que j'ai depuis (je ne compte plus). Made in France (tant qu'à faire). Pas de guirlandes électriques, déco' faites maison (ça occupe bien les enfants le dimanche après-midi).

    Depuis 3 ans je loue un petit jardin ouvrier dans la ville d'à côté. Pour 85 balles par an j'ai mon potager, je partage un verger commun avec les autres jardiniers. Je n'achète quasiment plus de légumes encore quelques fruits. Du coup, je me suis mise à suivre les fruits et légumes de saison. Il n'y a pas de tomates sur ma table en ce moment. Comme les fruits rouges c'est plutôt l'été (et pas maintenant comme j'ai pu le voir dans le super marché d'à côté et pas non plus dès avril). Dans mon jardin, j'utilise le compost que je fais, je fais aussi de l'engrais vert (un horrible mélange très naturel issu du compost qui pue la mort mais qui est efficace). Je répands aussi mon marc de café (répandre, répandre disons que je l'utilise). Je récupère des coquilles d'oeufs que je pille pour couvrir les pieds de certaines de mes plantations etc...

    Du coup je me suis mise aux conserves et autres bocaux, production perso' que je mange l'automne et l'hiver : haricots, cornichons, brocolis, tomates pelées, pêches ou poires au sirop etc...Sans compter les confitures : mûres, groseilles, framboises etc...

    Les fringues...triées ! toutes celles qui peuvent resservir direction secours catholique et la croix rouge (2 assoc' ayant des antennes à proximité de chez moi). Idem pour les jouets !

    Il y aurait encore plein de petits exemples mais j'y suis encore cette après-midi !!!!

    Enfin bon....je ne sauverai pas grand chose et je ne soulage pas non plus ma conscience. En d'autres termes, pas d'illusions juste des gestes simples. Et puis après....

    Bon dimanche
    Sylvie

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    1. C'est con, c'est con...Non pas si con que cela ! En effet, sans être complètement hystérique sur la question environnement, on peut par des gestes d'une banalité sans nom, qui ne coûte rien (pas de taxes en plus, pas d'achats de truc machin bidule hors de prix) faire un petit quelque chose. Et il n'y a pas à dire "ouais mais ça c'est bien une réaction de bobo parisien." Non ! Ce que vous faites chère Sylvie, moi enfant de la campagne profonde française, mes parents et mes grand-parents avant eux le faisait !
      Et je suis d'accord avec vous, sans sauver la planète et sans soulager sa conscience avec une pseudo écologie, faire ces quelques gestes (et bien d'autres...) on pourrait améliorer son quotidien et celui de ses voisins effectivement.
      Joyeux Noël

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  4. @ Anonyme 8h38

    Merci à vous. Je note que le troll (payé par Monsanto ?) revient à chaque fois, comme une illustration parfaite des Monsanto papers…

    @ Anonyme 11h40

    Merci pour vos réponses bien mieux argumentées que les propos du troll de Monsanto

    @ Anonyme 13h25

    Bien d’accord sur le kérosène et le fuel. Sur les éoliennes et le solaire, ma connaissance du sujet n’est pas assez grande pour prendre une position aussi forte

    @ Anonyme 16h40

    Merci pour sur Olivier Passet, qui rejoint peut-être un papier que j’avais écrit il y a 4 ans :
    http://www.gaullistelibre.com/2014/10/56-du-pib-de-depenses-publiques-et-si.html

    Si j’ai partagé le papier de Slate, c’est que je pense qu’il est parfaitement authentique. La plupart de nos élites passent à côté de toute pensée un peu originale, comme celle développée par Olivier Passet, se contentant de la bouillie oligolibérale véhiculée par le Monde & co. Macron en est un bon exemple : très superficiel intellectuellement sur la plupart des sujets politiques. Après, le problème n’est pas limité à l’ENA bien sûr. Je pense que c’est beaucoup plus large.

    @ Sylvie

    Un grand merci pour ce témoignage. Bonnes fêtes !

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    1. Passet était anciennement (sous le mandat de Sarkozy) au Centre d'analyse stratégique (ex Commissariat au plan).

      Il avait notamment été chargé de coordonner une étude comparative des fonctions publiques de divers pays, qui avait été publiée en 2011 et qui montrait que la France était tout à fait dans les clous.

      Il semble l'avoir quitté lorsque les socialistes y ont mis leurs gens, mais cette étude a été réactualisée depuis.

      Hélas, le CAS s'illustre aussi, sous les socialistes, par des études nettement plus contestables, qui viennent justifier des politiques néfastes dans l'éducation par exemple.

      Si vous pensez que les élites sont (au fond) mal informées, vous devriez en tirer la conséquence : il faut arriver au pouvoir pour pouvoir les réinformer.

      Cela peut éventuellement supposer de ne pas forcément donner la priorité à la sortie de l'euro, si ce n'est pas possible dans un premier temps.

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    2. Il me semble d'ailleurs que j'avais mis sur l'un de vos billets un lien vers cette étude, à l'époque.

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  5. Hors-sujet au regard du sujet du jour, mais carrément d'actualité :

    Selon un proche du Palais Chigi, Guido Salerno Aletta, la reculade du gouvernement Conte n'est que tactique :

    « Dans la gestion des négociations avec Bruxelles, l'objectif du gouvernement n'était donc que tactique : réduire quantitativement les deux propositions politiques essentielles, le revenu des citoyens et la réforme des retraites, afin d'éviter la procédure d'infraction qui allait devenir le cheval de bataille de la campagne électorale de l'opposition jusqu'aux élections européennes de mai.

    Le résultat a été atteint, avec une bonne tranquillité d'esprit, même sur les marchés : l'écart s'est calmé. [...]

    D'un point de vue politique et économique, c'est une solution partielle et provisoire. Le temps est gagné pour le renouvellement du Parlement européen à la fin du mois de mai et, surtout, pour une détérioration de la situation économique. Il appartiendra au prochain Parlement européen et à la prochaine Commission de procéder à un réexamen approfondi du dispositif de l'Union.

    Puisqu'il n'a pas été possible de mener de manière isolée une action contracyclique substantielle, parce que le système européen est attaché à la consolidation des comptes publics comme condition préalable au développement, plutôt qu'au développement comme condition essentielle de la stabilité, nous avons pris soin du noyau dur, ce qui en politique signifie une seule chose : se maintenir au pouvoir et, en attendant, attaquer les positions des opposants politiques. »

    Source (en italien) : https://www.startmag.it/economia/vi-spiego-i-veri-obiettivi-politici-centrati-con-la-manovra-contrattata-a-bruxelles/

    YPB

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  6. Le Toblerone est à présent hallal :

    http://www.valeursactuelles.com/societe/le-chocolat-toblerone-est-desormais-halal-102074

    et le reste suivra en l'absence de changement ferme sur la politique migratoire, quelles que puissent être les rodomontades sur le "modèle républicain".

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  7. Deux autres réactions à la tentative de transformer la haute fonction publique en bouc émissaire :

    http://www.vududroit.com/2018/12/gilets-jaunes-cette-soif-de-republique/
    "Pour qui connaît quelques hauts fonctionnaires, il est frappant de constater la colère, voire parfois la rage qui habite nombre d’entre eux face au dogmatisme européiste de dirigeants élus auxquels ils expliquent depuis des années, chiffres à l’appui, qu’ils sont en train de mener le pays dans une dramatique impasse, ignorant leurs appels, par amour pour un idéal fédéraliste dépassé qu’ils sont les seuls à appeler de leurs voeux. Quel étrange église que celle où les cardinaux n’écoutent plus les doléances que les curés de campagne et les évêques leur font parvenir, et décident des évolutions du dogme et de la liturgie selon leurs seules fantaisies, sans plus se soucier de l’avis des ouailles que de l’état du moral du bas-clergé."

    et

    https://www.atlantico.fr/decryptage/3562199/macron-otage-des-technocrates--plus-c-est-gros-plus-ca-passe--les-arvernes
    "En France, c’est l’Etat qui a fait la Nation et la fierté de le servir est demeurée forte sous tous les régimes et à toutes les époques. Ce reste de prestige attaché à la haute fonction publique s’est traduit dans le comportement des élites économiques et culturelles du pays qui ont continument poussé leurs enfants à peupler les grandes écoles et les grands corps de l’Etat, au moins en début de carrière.

    Toutefois, ce constat a faibli au cours des vingt dernières années : les élites poussent désormais leurs enfants vers les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs prestigieuses, ou encore les universités étrangères. Parallèlement, le désir de reforger les identités locales contre lesquelles la Nation s’est bâtie, l’incapacité à définir simplement ce que signifie le fait d’être français, déconstruisent peu à peu le mythe de l’Etat Nation. "


    Le gaulliste Herblay monte de plus en plus ses ambitions : il va non seulement intégrer des millions de gens qui ne veulent pas l'être, effacer "d'un trait de plume" les privatisations menées dans ce quinquennat après plusieurs autres, mais en plus il le fera sans la haute fonction publique.

    C'est comme si c'était fait...

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