mercredi 24 juin 2015

Grèce : Tsipras a-t-il capitulé face à la troïka ?

Bien sûr, il est encore un peu tôt pour juger, mais les éléments disponibles à date semblent indiquer que la Grèce a largement cédé aux demandes de ses créanciers. Comme une impression de déjà-vu qui aboutira aux mêmes résultats et ne résoudra pas grand-chose aux problèmes du pays.



La troïka mène (largement) au score

Bien sûr, Syriza peut s’abriter derrière le respect de deux lignes rouges qui n’ont pas été franchies, à savoir la hausse de la TVA sur l’énergie et la baisse des petites retraites. Mais la proposition faite par le premier ministre Grec semble malheureusement confirmer les craintes que l’on pouvait avoir dès le mois de mars. Dans le bras de fer qui l’opposait à la troïka, cette dernière semble l’avoir largement emporté. Bien sûr, quelques aspects de l’accord pourront donner le change, notamment la question des lignes rouges, mais finalement, la Grèce n’a-t-elle pas beaucoup plus cédé que ses créanciers car ces deux points ne sont que des modalités, en partie secondaires et substituables.

Tout le problème est qu’Athènes n’a cessé de céder sur des questions de principe. D’abord, après avoir dit refuser négocier à nouveau avec la troïka, Alexis Tsipras a accepté de continuer, simplement en changeant le nom de ses interlocuteurs… Ce nouvel accord marque deux concessions considérables d’Athènes. La Grèce a présenté un plan qui prévoit un excédent budgétaire primaire de 2% pour 2016 et 3,5% en 2018, cédant au sado-masochisme austéritaire et inhumain des créanciers, même s’il faut reconnaître qu’une partie des hausses d’impôt ont un caractère progressiste et que certaines mesures semblent avoir du sens, comme l’augmentation de la TVA dans l’hôtellerie. Mais, il n’a rien obtenu sur le montant de la dette, alors que cela faisait partie de ses premières demandes.

Tsipras refuse une alternative qui s’imposera

Bref, dans la partie de poker qui l’opposait à la troïka, il semble qu’Athènes avait davantage peur de quitter la zone euro que la zone euro n’avait peur que la Grèce ne la quitte… Il faut lire l’interview d’un membre du gouvernement Grec par Romaric Godin. Il soutient que « c’est un compromis dur, mais viable. Il n’aura pas de difficulté à passer au parlement (…) Les députés comprendront qu’il n’y a pas d’autre solution ». Il est assez choquant d’entendre un ministre Syriza soutenir qu’il n’y aurait pas d’autre solution et reprendre l’antienne de Margaret Thatcher et des euro-austéritaires les plus obtus. Et cela est d’autant plus effarant que Syriza a été élu comme une autre solution

Outre le problème démocratique que cela pose, si ce plan se confirmait, ce qui n’est pas encore garanti, entre les protestations du FMI, ou au sein de Syriza, il ne serait qu’un bricolage temporaire qui devra une fois de plus être complété à la prochaine crise. En l’état actuel, la dette grecque n’est pas soutenable et elle devra tôt ou tard être renégociée. Les excédents budgétaires primaires vont peser sur la croissance, car comment croître quand un Etat taxe bien plus qu’il ne dépense ? Bref, ce plan sera comme tous les plans qui ont précédé, à savoir qu’il ne règle pas les problèmes Grecs. Il reste dans la même logique austéritaire, même si elle est moins extrême et moins injuste.

Comme au début de la crise, les autorités grecques, même avec de nouveaux dirigeants, restent paralysées à l’idée de sortir du cadre européen. Cela est tristement compréhensible, même si l’Argentine montre que la voie souveraine est l’issue à cette impasse. Dommage que Syriza semble vouloir la refuser et se résigner à faire un peu moins pire que les autres gouvernements, au lieu de libérer son peuple.

33 commentaires:

  1. Mais si Tsipras obtient une restructuration de la dette grecque, dans ce cas ses concessions ne peuvent-elles pas se justifier ?

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  2. c'est tout le problème de nos démocraties, et pas seulement celui de la Grèce. On canalise le mécontentement pour se faire élire, on part en guerre la fleur au fusil, avec des "retenez-moi ou je fais un malheur". Sitôt élu, le problème devient différent: il faut garder le pouvoir. Alors commencent les gesticulations, les scènes de vaudeville et tout ça se termine piteusement par un "TINA" Thacherien.
    Tsipras ayant dit des le départ que la Grèce voulait garder l'euro, il ne pouvait en être autrement. Il pouvait tout à fait imiter l'Islande, mais il a préféré Munich...Et tous nos chefs d'Etat européens en sont là.

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  3. Deux remarques :

    Les créanciers ne sont pas sado-masochistes. Non, non, seulement sadiques!

    Je signale aussi l'avis divergeant par rapport au vôtre de Jacques Sapir : http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/jacques-sapir-crise-grecque-les-negociations-vont-elles-aboutir-sur-un-accord-2306-566268.html

    La partie n'est pas tout à fait finie...

    Mais, je suis bien d'accord avec vous sur le choix de la rupture comme solution la meilleure.

    Bien à vous,

    Emmanuel B.

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  4. "Et cela est d’autant plus effarant que Syriza a été élu comme une autre solution…"

    Il n'a pas été élu pour sortir de l'Euro et n'a jamais promis la sortie de l'Euro, la majorité des grecs ne veulent pas sortir de l'Euro. La sortie de l'Euro par Tsipras aurait été anti-démocratique. Cessez de mentir.



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    1. Les Grecques ont voté pour la solution...
      Mais il n'y a pas de solution au problème grecque sans sortie de l'euro.

      Ensuite que la propagande des eurocrates qui promettent l'enfer si on quitte l'infernal euro fonctionne, c'est un fait.

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    2. Si Tsipras veut sortir de l'Euro démocratiquement, il doit soumettre la question par référendum. En cas d'échec au référendum, il doit démissionner.

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    3. Non.
      Il n'a pas à faire de rond-de-jambes démocratiques... en particuliers face des gens qui piétinent allègrement la démocratie grecque.

      Pourquoi inventer cette obligation pour Tsipras ?

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  5. Dette publique de la Grèce : 317,094 milliards d'euros, soit 177,1 % du PIB.

    Regardons l'année 2015 (sans même regarder les années suivantes).

    Entre aujourd'hui et le 21 décembre 2015, la Grèce a 25 échéances à rembourser.

    Jusqu'au 21 décembre 2015, la Grèce doit rembourser 26,648 milliards d'euros.

    http://graphics.wsj.com/greece-debt-timeline/

    Or en ce moment, toute la planète vit dans l'angoisse :

    la troïka va-t-elle accepter de prêter 7,2 milliards d'euros supplémentaires à la Grèce ?

    Mais qu'est-ce que ça changera ?

    La Grèce a encore 26,648 milliards d'euros à rembourser, rien que pour l'année 2015 !

    Je dis bien : 26,648 milliards d'euros !

    Alors qu'est-ce que ça changera, ce prêt de 7,2 milliards d'euros de la troïka ?

    Rien.

    Même si la troïka finit par accepter de prêter ces 7,2 milliards d'euros, il faudra que la troïka prête encore à la Grèce 19,448 milliards d'euros supplémentaires avant le 21 décembre 2015 !

    Et je ne parle que de l'année 2015 !

    En plus, ces nouveaux prêts rajouteront des milliards d'euros supplémentaires de dette publique sur les épaules de la Grèce !

    Plus la troïka « aide » la Grèce, plus la Grèce est en faillite.

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    1. plus la troïka aide les créanciers de la Grèce, plus la Grèce est surrendettée... et en situation de défaut de paiement.

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    2. Le pouvoir grec et la Troïka n'ont pas le même objectif, mais il pourrait pourtant y avoir au moins un point commun entre les deux parties au-delà des apparences : ne pas rompre.

      Pour Tsipras, il s'agirait de rester dans l'euro en ménageant les Grecs les plus modestes, mais sans revenir sur l'essentiel à savoir continuer à consentir des sacrifices pour survivre grâce à l'argent de l'UE. Du copier-coller de Hollande en un mot.

      Quand à la Troïka, elle voudrait maintenir ses institutions en lâchant un minimum de lest pour gagner du temps et pouvoir passer à l'étape suivante : l'union politique.

      Si c'est le cas - on peut supposer que les dirigeants et technos européens s'y préparent - la réussite de la manœuvre va nous coûter cher, très cher : plus de démocratie institutionnelle et les valeurs de notre République au rencart.

      DemOs

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    3. les valeurs de notre République au rancart.

      DemOs

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  6. Ce micro-accord ne résout rien de fondamental sur l'endettement grec. J'ai toujours pensé que ce gouvernement dit de gauche radicale est en fait très réformiste ( en fait il en faut peu pour être réformiste mais lucide simplement ) parce qu'il est l'expression de la grande naïveté de l'européisme de gauche. Cette Europe, on la quitte !
    D'ailleurs le patron de Podemos dans une interview à "l'Obs" de cette semaine le dit bien que si l'Europe ne négocie pas sérieusement avec Syriza voire Podemos au pouvoir en novembre elle se retrouvera face à pire qu'eux : Marine Le Pen. Vous pouvez toujours vous rassurer à bon compte mais il n'est pas sérieux d'exclure cette hypothèse comme Jacques Sapir le fait.

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  7. Si le gouvernement de la Grèce cède, il sera rien moins que parfaitement responsable de la catastrophe qui s'en suivra.

    Pas le seul responsable. Mais totalement responsable.

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  8. Ci-joint un lien vers l'article de Jean Quatremer, qui ne cache même pas qu'il plastronne...

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/06/23/athenes-rempli-90-des-demandes-qui-lui-etaient-faites/

    Il y a un chiffre simple que j'aimerais quand même trouver : avec les différents accords, combien la Grèce est-elle parvenue à emprunter de plus qu'elle ne doit déjà? Honnêtement, j'ai essayé de trouver ce chiffre, qui me paraît essentiel, sans succès. J'ai vraiment l'impression qu'on a beaucoup d'informations, mais pas l'essentiel...

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    1. L'une des informations essentielles est que la Grèce -comme tous les pays européens- fait "rouler sa dette" ; c'est à dire qu'elle ré-emprunte pour rembourser les créanciers.

      Une dette -nouvel emprunt- remplace une dette (précédent emprunt).

      Comme il n'y a pas enrichissement réel de la Grèce, le pays ne peut pas payer ses dettes et payer pour ses frais de fonctionnement et ses besoins.
      C'est pour cela que l'on fait "rouler sa dette".
      On peut dire que le total de la dette correspond au total de ce que la Grèce est capable de payer.
      Il n'y a pas d'excédent qui permette de diminuer la dette.

      Et c'est pour ça que les eurocrates exigent que la Grèce dépense moins...
      Moins pour les fonctionnaires, moins pour les retraites et les hopitaux publics, etc.

      Pour que le budget de l'Etat serve à rembourser la dette... au lieu d'être un achat de dette pour remplacer une autre dette.
      (le fameux "faire rouler sa dette")

      Le problème, c'est qu'en absence de meilleures performances économiques (enrichissement) ; cela revient à dire aux gens : ne manger pas, ne faites pas des courses, payez vos créanciers !

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    2. " la Grèce -comme tous les pays européens- fait "rouler sa dette" ; c'est à dire qu'elle ré-emprunte pour rembourser les créanciers."

      Non, les autres pays européens n'empruntent pas pour rembourser leurs dettes, personne n'imagine que n"'importe lequel d'entre eux remboursera un jour sa dette : ils empruntent pour payer les intérêts de leur dette, ce qui n'a rien à voir.
      Le cas de la Grèce est très particulier.

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    3. Un état est considéré comme immortel, il n'a aucune raison de rembourser la totalité de sa dette.

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    4. @ Elie Arié,

      bon d'accord j'ai pas très bien expliqué...
      Mais pas au point de laisser croire que les dettes étaient vraiment "solvables" quand même !

      Aucun pays de l'U.E. n'est en mesure de solder sa dette... pas même la sacro-sainte Allemagne.

      C'est clairement induit dans le processus de "faire de la cavalerie" ou "faire rouler sa dette" ; faire rouler sa dette, ce n'est pas la rembourser.

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    5. @ Elie Arié,

      "La Grèce - COMME TOUS LES AUTRES pays européens- fait "rouler sa dette" ;

      déjà je ne classe pas les autres pays européens à part et comme étant capables de faire mieux que la Grèce ;

      "c'est à dire qu'elle ré-emprunte pour rembourser ses créancier" ;

      j'aurais dû écrire : pour payer les créanciers ?
      Ré-emprunter, ce n'est pas diminuer sa dette... en tout cas.

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    6. Hé, les gars, réveillez-vous, les financiers n'ont aucun intérêt - c'est le cas de le dire - à ce que les dettes soient remboursées. Leur seul et unique souci est que les Etats puissent continuer à rembourser, donc être à la limite de l'asphyxie pour être dépendants, mais sans être en faillite, d'où les gesticulations des uns et des autres.
      Idem pour les puissants qui disposent là d'un levier pour faire voler nos systèmes de solidarité en éclats.
      Ce manège est pourtant simple à comprendre, non ?

      DemOs

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  9. Mercredi 24 juin 2015, vers 14 heures 09 :

    ALERTE - La Grèce a rejeté une contre-proposition des créanciers.

    http://www.romandie.com/news/ALERTE--La-Grece-a-rejete-une-contreproposition-des-creanciers/605601.rom

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  10. Mercredi 24 juin 2015, vers 14 heures 33 :

    La Grèce rejette une contre-proposition des créanciers, Berlin pessimiste.

    Le gouvernement grec a rejeté mercredi une contre-proposition soumise par les créanciers à Athènes, comprenant surtout des souhaits du FMI, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale grecque.

    "Cette contre-proposition" qui insiste, selon Athènes, sur la hausse des recettes de la TVA et sur des coupes plus importantes dans les dépenses publiques, intervient deux heures après que le Premier ministre grec Alexis Tsipras eut déploré que le FMI n'accepte pas "les mesures compensatoires" proposées par Athènes lundi, lors d'une réunion des dirigeants des pays de la zone euro à Bruxelles, jugées alors positives par les créanciers.

    A Berlin le pessimisme s'accentue avec la déclaration du porte-parole du ministre allemand des Finances affirmant qu'il "reste un long chemin" avant la conclusion d'un accord.

    "Il ne peut y avoir une solution, que si elle est approuvée par les trois institutions", à savoir l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), a déclaré ce porte-parole Martin Jäger.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-grece-rejette-une-contre-proposition-des-creanciers-berlin-pessimiste-75bc7f5f35fbd9538f4ae760ec084d20

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  11. Abdel

    "Non.
    Il n'a pas à faire de rond-de-jambes démocratiques..."

    Je te signale que Tsipras a des comptes à rendre à la population grecque qui ne semble pas du tout du tout chaude pour sortir de l'Euro.

    Donc si Tsipras décide un beau matin de sortir de l'Euro sans consulter les grecs par référendum, qui n'est pas un rond de jambe, c'est une mesure dictatoriale.

    Qu'un gugusse souverainiste qui se prétend gaulliste s'assied sur le B.A. BA de la démocratie ne m'étonne qu'à moitié. C'est le même genre de ploucs qui admirent Poutine, l'amour du maitre dans toute son exécrable minusserie à 2 neurones.

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    1. Je te signale qu'il faut que tu arrêtes de discuter avec toi même... au sujet de tes volontés sur ce que le peuple grecque doit-faire ET ne-peut-pas faire.

      C'est toi qui veux que le peuple grecque ne quitte pas l'euro, et c'est toi qui veux que le peuple grecque soit trop attaché à l'euro.

      Le peuple grecque n'a pas été consulté par voie référendaire pour l'adoption de l'euro ; la marche arrière ne nécessite donc pas davantage de référendum.

      L'euro a un impact anti-démocratique sur la nation grecque... il faut supprimer la cause, si on veut un effet démocratique.

      On ne le répétera jamais assez : toute action politique est souverainisme.
      Y compris toutes les actions et programmes politiques anti-souveraineté ! c'est encore du souverainisme.

      Il n'y a pas de politique sans souveraineté, ni de souveraineté sans politique.

      La dictature, c'est de mentir au peuple grecque afin de les obliger à rester dans l'euro...
      La dictature, c'est de refuser de fournir des informations loyales et justes pour que le peuple grecque sache ce qu'il en coûte vraiment de rester dans l'euro et ce qu'il en coûte réellement de sortir de l'euro.

      Plutôt que de promettre l'enfer si les Grecques quittent l'euro... pour leur interdire d'envisager ce choix.
      Et ensuite, être assez salaud et tyran pour se servir d'une potentielle terreur des Grecques à l'idée de sortir de l'euro comme d'une justification "démocratique" du maintien de force dans l'euro !

      La dictature, c'est de n'en avoir rien à fiche du sort des grecques ! imposer les pires horreurs au citoyens grecques pour sauver l'euro et les créanciers de la Grèce.

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    2. " ... n'en avoir rien à fiche du sort des GRECS (et non des Grecques). Ne mêle pas les femmes de Grecs à cette sombre affaire STP.

      DemOs

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  12. Apparemment la messe n’est pas encore dite. Voir :

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/24/athenes-espere-encore-obtenir-des-concessions-sur-sa-dette_4660983_3234.html#xtor=AL-32280515

    Extraits :

    « Le FMI, qui, depuis des années, prône une réduction de la dette grecque, a semble-t-il fini par comprendre « que les Européens ne veulent pas en entendre parler », indique une source proche du dossier. C’est ce qui expliquerait que l’institution a adopté une position beaucoup plus « raide » vis-à-vis du gouvernement grec sur les réformes à mettre en place et les économies à réaliser. « Du coup, le FMI insiste pour que les réformes structurelles grecques soient les plus radicales possibles. Au motif que plus elles iront loin en termes de réduction du déficit public, plus la dette sera soutenable à moyen terme », avance cette même source. Cela ne facilite pas la tâche de M. Tsipras. Ce dernier vient en effet de faire de grosses concessions, en proposant une liste de réformes censées économiser 8 milliards d’euros au budget de l’Etat grec en 2015 et 2016 (l’équivalent de 1,5 % du PIB en 2015 et de 2,87 % en 2016). Et il souhaiterait donc obtenir un geste en échange. D’autant qu’il est pressé par son parti, Syriza d’obtenir en compensation cet allégement de la dette. Si les créanciers d’Athènes font un geste, ce sera peut-être au Conseil européen du 25 et 26 juin à Bruxelles. »

    Il se peut que le FMI soit réticent à poursuive un soutien à la Grèce qui ne tient pas la route, en l’absence d’une restructuration significative de la dette grecque, à la différence des européens qui eux cherchent à éviter la sortie de la Grèce de la zone euro, y compris en poursuivant dans la folie de mesures qui ne feraient que gagner un peu de temps. D’autant que le bras de fer que le gouvernement grec fait avec les créanciers depuis plus de 5 mois n’a pas arrangé les affaires du pays qui s’est encore enfoncé financièrement et économiquement. Il y a une stratégie plus ou moins suicidaire, très risquée en tout cas du gouvernement grec, qui risque encore de se concrétiser par un accord avec les créanciers qui n’ira pas bien loin, si le FMI cède par exemple sous pression américaine pour conclure l’accord.

    Saul

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  13. Abd_Salam24 juin 2015 19:30

    "Je te signale qu'il faut que tu arrêtes de discuter avec toi même..."

    Pour le coup, c'est toi qui t'auto baratine, t'es un vrai con...

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    1. Tu peux insulter autant que tu veux...

      La seule personne à blâmer est Monsieur Herblay. C'est lui le responsable.
      C'est à lui de bannir les trolls agressifs... ou d'endosser la totale responsabilité des propos haineux et ordurier. C'est Laurent Herblay qui est coupable.

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    2. Mr Dugland, t'en tiens une sacrée couche, incapable que t'es d'aligner trois mots sans une injure et je ne comprends toujours pas, même en étant tolérant comment la Nature peut permettre que des erreurs comme toi existent. En même temps, il faut bien qu'il existe des truffes pour amuser la galerie. Hein, Dugland, des truffes !

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  14. Mercredi 24 juin 2015, vers 20 heures 10 :

    La délégation grecque "pas d'accord" avec les nouvelles propositions.

    La délégation grecque "ne peut pas être d'accord" avec les dernières propositions des créanciers, a indiqué mercredi soir une source gouvernementale à Athènes, tout en ajoutant que "les négociations continuaient à tous les niveaux".

    Cette source est revenue sur les sources de désaccord : "la délégation grecque est venue discuter (à Bruxelles, ndlr) sur la base des propositions de lundi, les institutions de leur côté ont soumis une nouvelle proposition qui charge les employés et les retraités de manière injuste, tout en proposant des mesures qui épargnent les plus riches".

    "La délégation grecque ne peut pas être d'accord avec cette proposition ; les négociations continuent à tous les niveaux", assure-t-elle.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-delegation-grecque-pas-d-accord-avec-les-nouvelles-propositions-167fcdcc125bc73f7e3631bea2e54b6f

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  15. @ Moi

    Tout le problème est que Tsipras semble céder sur beaucoup et qu’il n’aura plus grand-chose dans son jeu pour renégocier la dette après…

    @ Cliquet

    Ce n’est pas un problème de démocratie. C’est un problème de véhicule démocratique (que l’on connaissait avant, Syriza n’ayant pas fait mystère de sa volonté de rester dans l’euro, ce qui limitait son jeu)

    @ Emmanuel B

    J’espère que l’issue sera différente, mais j’ai peur que mes craintes de mars soient confirmées

    @ Anonyme 9h31

    Il a été élu pour mettre fin à la tutelle et aux politiques anti-sociales et n’en prend guère la direction…

    @ BA

    Bien vu, plus on aide la Grèce, plus elle s’enfonce… Merci pour les informations

    @ Cording

    Pour l’instant, rien sur la dette. En effet, cela pourrait pousser à des issues troubles

    @ Abd_Salam

    C’est juste. Merci pour les réponses à l’anonyme

    Si vous vous sentez offensé, je peux supprimer les commentaires en question. Je n’aime pas beaucoup la censure, même si j’y ai recours de manière exceptionnelle. Il me semble qu’il se discrédite tout seul de la sorte. Il est bien évident que je n’endosse pas la responsabilité de tels propos.

    @ Tythan

    Merci pour le lien vers le papier de Quatremer

    @ Elie Arié

    En effet, les Etats font rouler leur dette (qui baisse rarement en valeur absolue) et une grande partie du différentiel sert à payer les intérêts

    @ Saul

    Merci pour les infos

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    1. Monsieur Herblay,

      La censure était à l'origine -du moins dans sa forme condamnable-, le fait d'interdire l'expression d'opinions alternatives... du seul fait que lesdites opinions étaient différentes de l'opinion officielle dominante.

      Interdire l'insulte ou l'appel à la haine ne saurait être réduit à une démarche anti-démocratique visant à faire taire des opinions qui ne plairait pas à un despote.

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    2. Il est bien évident que censurer l'insulte n'est pas antidémocratique. Si vous me le demandez, je supprimerai les commentaires incriminés.

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