dimanche 2 août 2015

En Grèce, la troïka rançonne encore les retraités pour épargner les millionnaires




Protection des millionnaires, nouvelle ponction des retraités

Mais que se passe-t-il dans la tête de la troïka pour pousser des idées aussi révoltantes ? D’une part, après avoir déjà obtenu une réduction de l’effort demandé aux entreprises bénéficiaires (par la réduction d’un tiers de la contribution supplémentaire demandée au titre de l’Impôt sur les Sociétés), la troïka exige maintenant que « l’impôt de solidarité soit ramené de 8% à 6% maximum pour les revenus supérieurs à 500 000 euros. Car, selon eux, le taux actuel encouragerait l’évasion fiscale ». D’abord, il faut noter que ce sont les règles imposées par cette même troïka qui permettent cette désertion fiscale… Ensuite, il est plus que révoltant que ceux qui ont demandé une baisse du salaire minimum de 22% (et 32% pour les jeunes) et de 45% de certaines retraites demandent un allègement de l’effort des millionnaires.

Pire, la troïka veut aussi « accélérer la suppression des retraites anticipées ou celle d’une prime spéciale aux faibles retraites (et) raccourcir le délai de la mise en place du départ à la retraite à 67 ans ». En clair, baisser plus encore des retraites dont certaines ont déjà chuté de 45%... Même le Monde souligne que « le gouvernement grec estime qu’il lui appartient de choisir comment répartir l’effort de l’impôt » et qu’une source de Syriza dénonce une mesure où « on voudrait de nouveau épargner les plus riches ». Tout ceci souligne à nouveau le caractère humiliant et totalitaire de la façon de faire de cette troïka avec la Grèce, dont on se demande bien pour quelle raison elle demande à réduire la contribution des millionnaires ou des entreprises bénéficiaires tout en demandant plus aux simples citoyens.

Alexis Tsipras, apprenti négociateur ?

Paul Krugman, qui avait pourtant apporté son soutien à Alexis Tsipras lors du référendum, a précisé depuis qu’il avait « peut-être surestimé la compétence du gouvernement Grec ». En effet, avec du recul, comment ne pas penser que Syriza est allé à la négociation la fleur au fusil, demandant des choses sans avoir le moindre plan B véritablement prêt, et donc, aucun moyen de pression sur ses créanciers ? Mais toutes ces erreurs ont malheureusement des conséquences bien concrètes pour les Grecs. Déjà, Alexis Tsipras a accepté de revoir à la baisse la contribution supplémentaire des entreprises bénéficiaires (une hausse de 2 points de l’IS au lieu de 3 points prévus initialement, et suppression d’une contribution exceptionnelle) tout en reculant sur bon nombre de ses promesses de campagne.

Et aujourd’hui, il n’est pas étonnant que les créanciers continuent à exiger toujours plus d’un gouvernement finalement aussi flexible. De manière assez stupéfiante, Athènes a déjà beaucoup cédé, passant déjà deux lois traduisant l’accord du 13 juillet, alors même que le nouveau plan de 80 milliards n’est pas encore bouclé. Pire, la question de la restructuration de la dette semble davantage poussée par le FMI que par Tsipras (et cette restructuration s’oriente dans un sens bien peu favorable à la Grèce, sans réduction du principal). Bref, la Grèce n’obtient pratiquement rien et les créanciers continuent à demander toujours plus sachant qu’ils n’ont pas encore cédé grand chose, au contraire d’Athènes et Tsipras. Mais après tout, pourquoi se gêner avec un partenaire de négociation aussi friable et peu organisé ?


Le plus effarant est que la tournure des négociations depuis plus de six mois indique que le gouvernement Tsipras pourrait bien encore céder sur la réduction de la contribution des millionnaires, tout en demandant plus encore aux retraités, y compris les plus pauvres. Que reste-t-il du mandat de Syriza ?

28 commentaires:

  1. @LH,

    L'épisode grec a, je pense, définitivement discrédité l'UE auprès des populations européennes. Le machin est totalement cuit, c'est une simple question de temps.

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  2. L'épisode grec a également discrédité ceux qui se revendiquent de "la gauche de la gauche" en Europe.
    En même temps, rien n'est laissé au hasard.
    Dès qu'il y a le début d'une légère tentative de remise en cause de la logique, des comportements "inadaptés" et un début de déballage de la vérité, on sort le goudron et les plumes pour bien montrer l'exemple et pour dissuader d'autres actions futures (cf. le risque qui pèse sur Varoufakis d'être accusé de haute trahison).

    ça nous promet de beaux lendemains qui chantent tout ça...

    ***Jacko***

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  3. Varoufakis avait un plan de sortie, Tsipras y a renoncé.

    Je me demande combien de temps va durer cette politique économique européenne aberrante menée depuis 7 ans. Contre toute attente, le chômage a augmenté récemment en Allemagne, tendance qui pourrait se confirmer dans les mois prochains...

    La reprise espagnole, tant vantée comme exemple, est probablement très fragile. Sept ans de n'importe quoi, il va falloir songer à arrêter cette casse sociale et économique.

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  4. L'UE s'est enfoncée effectivement dans le discrédit, mais le Premier ministre Grec aussi. En affirmant le 14 juillet que Y. Varoufakis était un excellent économiste mais pas forcément un bon homme politique, A. Tsipras a clairement indiqué quelle était sa conception de la politique : celle d'un politicien professionnel qui manœuvre au jour le jour, pas d'un homme d'État visionnaire.

    Il est incontestable que la sortie de la Grèce de l'euro aurait été une opération coûteuse. Mais le nouveau plan imposé par les créanciers implique des coûts à long terme pour l'économie et la société grecques tels que le rapport coût-efficacité du maintien dans l'euro et de l'austérité qui la conditionne est devenu à l'évidence inférieur à celui d'une sortie, même aux yeux d'observateurs qui n'étaient pas initialement des partisans du Grexit. Le revirement récent de l'économiste Brad DeLong est significatif à cet égard (http://www.project-syndicate.org/commentary/europe-repeating-mistakes-great-depression-by-j--bradford-delong-2015-07/french) :

    « Lorsque la crise de la dette grecque a éclaté en 2010, il me semblait que les leçons de l'histoire étaient si évidentes que la voie vers une résolution serait facile. La logique était claire. Si la Grèce n'avait pas été membre de la zone euro, sa meilleure option aurait été de faire faillite, de restructurer sa dette et de déprécier sa monnaie. Mais parce que l'Union européenne n'a pas voulu que la Grèce sorte de la zone euro (ce qui aurait été un revers majeur pour l'Europe comme projet politique), la Grèce a reçu suffisamment d'aide, de soutien, de pardon pour sa dette et d'assistance sur ses paiements, pour compenser les avantages qu'elle pourrait trouver à quitter l'union monétaire.

    Au lieu de cela, les créanciers de la Grèce ont décidé de serrer la vis. En conséquence, la Grèce est probablement à l'heure actuelle dans une situation bien pire que si elle avait abandonné l'euro en 2010. L'Islande, frappée par une crise financière en 2008, en fournit la preuve a contrario. Considérant que la Grèce reste enlisée dans la dépression, l'Islande (qui n'est pas dans la zone euro), a retrouvé pour l'essentiel sa situation d'avant la crise.

    Certes, comme l'a soutenu en 2007 l'économiste américain Barry Eichengreen, certaines considérations techniques rendent difficile, coûteuse et dangereuse une sortie de la zone euro. Mais c'est ne considérer qu'un seul aspect du problème.

    En utilisant l'Islande comme mètre étalon, le coût de la non-sortie à la Grèce de la zone euro équivaut à 75% du PIB – et ce n'est pas fini. Il m'est difficile de croire que si la Grèce avait abandonné l'euro en 2010, les retombées économiques seraient équivalentes à même seulement un quart de cette somme. En outre, il semble également improbable que l'impact immédiat d'une sortie actuelle de la zone euro soit plus fort que les coûts à longue durée restants, étant donnée l'insistance des créanciers de la Grèce sur l'austérité. ».

    L'étude de Eichengreen de 2007 à laquelle DeLong fait référence est The Breakup of the Euro Area, NBER, Working Paper 13393, septembre 2007 (http://www.nber.org/papers/w13393.pdf). Eichengreen y défendait la thèse que les difficultés techniques d'une sortie d'un membre de la zone euro ou d'une dissolution concertée, ainsi que l'intérêt économique douteux et le coût à long terme de telles opérations les rendaient très improbables. Si Eichengreen, tout en condamnant le diktat de juillet, reste pour le moment attaché à l'idée que la Grèce se maintienne dans l'eurozone (http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-debt-agreement-risks-by-barry-eichengreen-2015-07/french), DeLong estime que cette vision des choses est désormais dépassée.

    YPB

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  5. Voila qui est instructif pour ceux qui doutaient de la réalité de la lutte des classes...

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  6. J’ai ma théorie sur la question. Je fais court en 2 parties

    Depuis des décennies, le modèle de résolutions de problème pour un pays se résume à peu près de la même façon :

    1° tailler dans les dépenses publiques et la redistribution sociale sous toutes ses formes

    2° diminuer les impôts et autres taxes « anxiogènes pour les capitaux et la création de richesse » et « pour la compétitivité »

    3° Privatiser les biens et autres avoirs publics pour transférer la gouvernance au privé « plus compétitive ». Cette dernière affirmation reste à démontrer sur le long terme, les exemples abondent aujourd’hui qui en démontrent la bêtise crasse…c’est un autre débat.

    4° je passe le principe de l’investissement impossible pour l’état qui adopte maintenant les PPP , autres scandales gentiment passés sous silence..

    Bref on applique la gestion des « tueurs de coûts » ou « cost killers » (pour ceux qui préfèrent l’english) du privé aux états, sous le prétexte en bêton que lorsqu’on facilite la création de richesse des déjà riches, selon la théorie du ruissellement, ça doit retomber dru pour le reste des terriens plus nombreux et moins risquophiles que les tronches vénérées du libéralisme financier qui font du pognon aussi vite qu’un lapin s’occupe de sa nana…..et la nana d’un lapin accouche d’une ribambelle de marmots, comme la théorie du ruissellement accouche d’une ribambelle de chômeurs……

    Stan

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  7. Le décor est posé. Les modèles tout fait de la troïka ne fonctionnent pas, tout le monde le sait, mais il est difficile pour cette caste de décideurs et leurs rats d’avouer qu’ils sont les pompiers qui ont allumé le feu.
    La crise est passée par là, et je suis convaincu que nous vivons une vaste entreprise de « cavalerie financière » sorte de système sur le principe d’un « madoff » légal.

    1° la course à la taille critique a été très onéreuse ces dernières décennies, le principe était d’acquérir des filiales, vite, à n’importe quel prix pour dominer le marché. L’exemple d’EDF qui a racheté très cher des entités à l’étranger qui se sont pétées, est symptomatique de ce courant qui a endetté le groupe (qui a été obligé de faire des provisions pour risque que nous payons encore)…..

    2° la plupart des portefeuilles de titres sont valorisés au prix d’un marché sensé être liquide (alors qu’il ne l’est plus), de fait nombre de bilans de banques, fonds de pension et autres officines financières sont faux et ne tiendront que le temps de l’esbroufe…le premier retournement du marché sera catastrophique ..

    3° Les multinationales s’endettent pour racheter leurs titres ou payer leurs dividendes puisque les taux de l’argent sont proches de 0, nous sommes à l’époque bénie où les effets de levier sont la règle de gestion financière..les investissements productifs sont risqués quand les outils de productions tournent en sous capacité et que l’avenir est morose. De fait la valeur des titres en hausse constante ne reposent que sur les manips ci-dessus….



    En résumé schématique, tout le système tenu par une caste de riches, d’officiels et de petites mains sans âme, y compris des politiques grassement payés essaient de transférer à grande vitesse les vrais richesses créées par des générations de familles, de peuples et d’états pour compenser de sérieuses pertes à venir.

    Pour cela il faut :
    1° que les productions reposant sur les hommes soient les plus juteuses possibles grâce à la baisse drastique de la ligne principale des salaires et des charges sociales.
    2° que les inactifs ou « inutiles » au sens économique des libéraux financiers (chômeurs, retraités, malades etc….) pèsent le moins possible sur les richesses futures
    3° que les biens d’état soient acquis à une valeur minimale, aux enchères comme les valeurs d’une boutique en faillite.

    Ceci essaie d’expliquer cela. L’incompréhensible ne l’est peut être pas, parce que ce qui manque le plus aujourd’hui, ce sont des contre-pouvoirs organisés face à une minorité de super riches qui ont corrompu tout une classe politique à leur service qui leur organise les transferts…

    Stan

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    1. Ce qui se passe, c'est une captation des richesses par les privilégiés. Ils jouent au casino, mais, qu'ils gagnent de l'argent ou qu'ils en perdent, ils font toujours de bonnes affaires Ils ne prennent donc aucun risque, contrairement au discours officiel. Les multinationales font leur marché tranquillement en bénéficiant des soldes organisés par les institutions (FMI, UE ...) et les politiciens à leur service.

      DemOs

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  8. Etonnant, que certains semblent découvrir aujourd'hui seulement que la troïka a une vision libérale de l'économie: pour le FMI, l' UE et BCE , la croissance ne peut venir que de la baisse des impôts et "charges" des entreprises, et de la suppression des mécanismes de redistribution sociale !

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  9. La solution Euro-Drachme, non interdite par les traités, aurait l'intérêt d'avoir plus de poids dans les négociations et permettrait une période de transition préparant une sortie complète de l'Euro en dernier recours si nécessaire.

    "Sans être une panacée à tous les maux de l’économie et des finances publiques grecques, l’euro-drachme permettrait de relever plusieurs défis de court terme : relancer l’économie locale, financer les services publics de base et réduire la dette de court terme («dette flottante») en ne recourant plus aux marchés financiers pour la financer. En aidant à une relocalisation des activités, elle participerait, par ailleurs, d’une transformation de long terme vers une économie plus soutenable et plus résiliente aux chocs externes.

    On rétorquera que l’euro-drachme ne résout en rien le problème fondamental de la Grèce, à savoir le fardeau insoutenable de la dette publique. Nous pensons, au contraire, que son adoption changerait le rapport de forces entre la Grèce et ses créanciers et, en rendant la perspective de sortie de la zone euro moins catastrophique pour elle, ouvrirait l’espace de négociation pour un éventuel effacement partiel et/ou des conversions de dettes."

    http://www.liberation.fr/monde/2015/03/15/l-euro-drachme-ballon-d-oxygene-pour-la-grece_1221089

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  10. L'intégration européenne est clairement l'outil privilégié par les ploutocrates pour imposer leurs agendas austéritaires et autoritaires aux peuples européens. C'est une raison impérieuse de se débarrasser du corset de l'Euro et de l'UE.

    Bien sûr les néolibéraux seront toujours là après, comme en Angleterre et aux USA, mais les politiciens ne pourront plus raconter qu'ils n'ont pas la possibilité de refuser la poursuite de cet agenda parce que la souveraineté nécessaire a été transférée à l'extérieur. Ils leur sera donc plus difficile d'échapper à leurs responsabilités en se prévalant de leur impuissance réelle ou supposée face à des contraintes extérieures créées de toute pièce dans ce seul but, comme les derniers développements en Grèce l'illustrent avec éloquence.

    Cependant la sortie de de l'Euro puis de l'UE ne ne sera pas la fin de la lutte contre le néolibéralisme, seulement le début.

    Ivan

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  11. @ YPB 25 aout 11.08

    Vous écrivez :

    « Si la Grèce n'avait pas été membre de la zone euro, sa meilleure option aurait été de faire faillite, de restructurer sa dette et de déprécier sa monnaie. »

    1° Faire faillite, d’après vous, si c’est ne plus payer les fonctionnaires, les retraités, les dépenses publiques : en quoi les grecs seront plus heureux ?
    Si c’est autre chose dites nous quoi ?

    2°Restructurer la dette c’est changer les conditions précédentes à propos des emprunts, lesquels permettaient, dans le passé, d’augmenter le pouvoir d’achat des grecs ; les faire vivre au dessus de leurs moyens c’est-à-dire de leurs productions).
    Ces emprunts étaient infinés : c’est-à-dire : à rembourser à une date donnée et le remboursement fait par un nouveau prêt, à cette date, lui aussi infiné en même temps que d’autres emprunts sont fait pour augmenter le pouvoir d’achat des grecs (avant 2013 en 2014 les grecs étaient parvenue à vivre de leurs productions).
    Quel est selon vous la restructuration à faire ?

    Unci TOÏ-YEN

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    1. Supprimer une partie de la dette, ou retarder la date de remboursement sans modifier le taux d'intérêt ( ce qui revient au même. )

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    2. La rente éternelle était un moyen diplomatique de ne pas faire défaut tout en payant un faible intérêt. C'est plus vendeur aux opinions publiques des autres pays créanciers qu'un défaut grec net et abrupte.

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  12. @ Anonymes

    Le problème, c’est que les Grecs pourraient encore préférer cela à l’indépendance… Après, sur le moyen terme, les ferments de la révolte sont là

    J’ai l’impression que nous sommes dans une situtation de blocage à l’échelle de la société

    @ Jacko

    Bien d’accord

    @ YPB

    Merci pour votre lien

    @ Stan

    Résumés intéressants. Mais je ne pense pas que cela soit tenu par une caste, du moins consciemment. Je crois bien plus à une construction inconsciente de nos sociétés

    @ Elie Arié

    Il ne s’agit pas de le découvrir, et le dénoncer.

    @ Anonyme

    Malheureusement, les Grecs ne semblent pas en vouloir, pour le moment

    @ Ivan

    Bien sûr, ce ne sera que le début

    @ Uncitoyen

    La Grèce aurait pu payer ses fonctionnaires avec sa nouvelle monnaie.

    La restructuration à faire actuellement, ce serait une réduction du principal, en aucun un nouvel allongement des maturités

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  13. LH

    Je pense que les grecs sont mal informés concernant les possibilités de fonctionnement d'une monnaie Euro-drachme qui n'entraine pas un Grexit, car compatible avec les traités et donc avec la volonté des grecs de conserver l'Euro comme monnaie destinée aux échanges avec l'extérieur. Pourtant l'Argentine a utilisé des monnaies internes avec un certain succès.

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  14. @ Elie Arié2 août 2015 19:48
    @ Laurent Herblay 2 août 2015 20:20

    A savoir vos solution à propos des restructurations de la dette et la mise en faillite de la Grèce :

    Pour Arié : « Supprimer une partie de la dette, ou retarder la date de remboursement sans modifier le taux d'intérêt (ce qui revient au même. ) »

    Pour Herblay :
    « La Grèce aurait pu payer ses fonctionnaires avec sa nouvelle monnaie.
    La restructuration à faire actuellement, ce serait une réduction du principal, en aucun un nouvel allongement des maturités : »

    démontre que vous êtes en matière d’économie des has been qui avait sauté par dessus le siècle des lumières et de ce fait ne savait pas ce que nous dit déjà au XVIII° Adam Smith et qui reste d’actualité.

    « Le Travail annuel d’une nation est le fond primitif qui fournit à sa consommation annuelle toutes les choses nécessaires et commodes à la vie ; et ces choses sont toujours ou le produit immédiat de ce travail, ou achetées aux autres nations avec ce produit »

    Vous ne pouvez alors prétendre que la monnaie est argent comptant ou apparenté à l’or ni même un papier imprimé.

    La monnaie n’est que le produit immédiat du travail (la monétisation de ce travail producteur de ces choses nécessaires et agréable à la vie) et là peu importe le nom de la monnaie : les fonctionnaires ou les retraités ne peuvent être que payer par le produit du travail pour consommer le produit du travail des autres. Donc seul un prélèvement (fiscalisation) sur le produit du travail ne peut servir de paiement pour les fonctionnaires et pour les retraités.

    Il n’y a que l’emprunt qui ne soit (pour celui qui en à usage) un produit de son travail mais demeure cependant un engagement d’être le produit d’un travail futur. Tout usage fait avec cet emprunt (s’il n’est compensé par l’épargne d’un autre dans la nation) ne peut avoir pour destination finale une de ces choses utile et agréable à la vie produit dans une autre nation.

    Vouloir éteindre une dette (emprunts non remboursés) en tout ou partie c’est alors profiter de la production (travail) des autres sans avoir soit même rendus ce travail aux autres, on ne peut pas dire que cela soit un esprit de civilité.

    Peut être avez-vous de la difficulté à comprendre et cela est sur à partir du moment que vous ne comprenez pas les mathématiques suivantes :

    Soit une chose An (n prenant une valeur de 1 à L’infini) qui a une valeur Vn avec cette valeur Vn vous ne pouvez acquérir pas plus et pas moins qu’une une chose identique à An.

    Soit l’ensemble des choses A(1 à l’infini) d’une valeur égale à la Somme des V (1 à l’infini) avec cette somme vous ne pourrez acquérir que l’ensemble des choses A(1 à L’infini).

    Unci TOÏ-YEN

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  15. @ Anonyme 2 août 2015 21:27

    Votre réponse sur la restructuration de la dette est pleine de diplomatie mais aussi de bon sens. Je vous cite :

    « La rente éternelle était un moyen diplomatique de ne pas faire défaut tout en payant un faible intérêt. C'est plus vendeur aux opinions publiques des autres pays créanciers qu'un défaut grec net et abrupt. »

    En effet sauf à vouloir faire des grecs des esclaves ou spolier le patrimoine grec, il ne reste aux créanciers que cette solution.

    Le problème de la dette n’est pas financier : il relève de la civilité, de la culture d’une civilisation.

    Après avoir longtemps vécu avec plus de produits importé qu’exporté donc fait travailler d’autres nations pour eux : les grecs par civilité ne doivent pas reprocher aux autres d’avoir travaillés pour eux et un peu moins d’agressivité envers les autres permet de mieux faire accepter une rente éternelle où un faible intérêt, correspondant à des exportation pour les autres, montre une volonté de rendre au autre un peu de leur travail passé pour eux dans le passé.

    C’est une histoire de civilisation, à débattre que nous, Français, devons méditer dès à présent avant d’être dans le cas de la Grèce.

    Unci TOÏ-YEN

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  16. Unci TOÏ-YEN

    Je ne pense pas que la partie de la population grecque peu nantie qui subit la situation actuelle soit une bande fainéants. Il s'agit d'une économie souvent informelle en raison de son histoire sous diverses occupations étrangères ou dictature.

    Les gouvernements grecs antérieurs et ceux de la zone Euro ont été totalement inconséquents en laissant la Grèce entrer dans l'Euro qui est de plus un projet monétaire très mal ficelé pour les autres pays.

    Je trouve malsain, pour ne pas dire inhumain, de rabaisser socialement la moitié des grecs qui n'y sont pas pour grand chose dans cet épouvantable Barnum qu'est devenue la Zone Euro qui nécessite de nouveaux aménagements type monnaies parallèles et d'autres mesures bancaires centrales.

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    1. Il n'est pas malsain de dire la réalité des choses mais il est irresponsable de dire que la monnaies parallèle et d'autres mesures bancaires centrales vont pouvoir changer cette réalité qui vaut pour la Grèce comme pour nous quand nous consommons plus d'importations que ce que nous exportons.

      Ce n'est pas une monnaie parallèle ou des mesures de banques qui changerons cette réalité ce n'est que des mesures structurelles sur la fixations des prix à l'exportation et sur les prix à l'importation qui changeront quelque chose.

      l'erreur provient en France comme en Grèce des gouvernances que nous avons mis en place et qui sont incapable de nous apprendre la civilité de produire autant pour les autres que eux produisent pour nous.

      Voir commentaire 22h 27 pour comprendre notre réalité sur la richesse nationale.

      Unci TOÏ-YEN



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  17. Mr Herblay

    " Mais je ne pense pas que cela soit tenu par une caste, du moins consciemment. Je crois bien plus à une construction inconsciente de nos sociétés..........."

    Voici une partie de la définition du mot « Une caste est un groupe social hiérarchisé, endogame et héréditaire……. ».

    Je suis bien d’accord avec vous que le mot soit réellement un peu fort pour qualifier les0,1% de la population mondiale organisée pour drainer les flux financiers (banquiers systémiques, fonds de pension, PDG de multinationales, politiques et autres membres éminents de groupes de réflexion plus ou moins occultes. Néanmoins, les ingrédients y sont (cooptation au lieu d’endogamie – héréditaire parfois, dynastique parfois et organisé par la succession d’un « dauphin »)

    Je pense particulièrement au système financier plus qu’aux tenants de l’économie réelle quoi que………. qui se contentent de se servir des lois accommodantes pour optimiser les bénéfices des richesses créees en bénéficiant de l’extra territorialité de leur statuts et filiales

    Je pense que le système est conscient, il se résume en quelques mots : pouvoir – argent – très court terme – sensation de non risque et impunité. Ce qui reste inconscient, c’est le résultat non prévisible de la cavalerie financière en cours.
    En quelques années, une accélération dangereuse a eu lieu pour éviter un crash du système bancaire lors des subprimes ; celui-ci a été conduit de telle manière que le système financier « trop gros pour être coulé » (pour résumer) a pris conscience que les risques qu’il prenait, qu’il prend ou qu’il prendra seront couvert par les états et les banques centrales en dernier lieu.

    Pour déterminer le niveau de conscience du système financier, Il faut garder en mémoire :

    1° le renflouement du système bancaire en 2008, sans quasi aucune contrepartie, sans contrôle et sans prise de position dans les instances pour la majorité des cas et surtout dans la plus grande impunité et le tout légalement bien entendu puisque les chefs de gouvernement avait la couverture officielle de représentants élus du peuple pour la plupart.

    2° plus ciblé, le cas de la grèce où on a assisté à une première restructuration de la dette dont l’essentiel à retenir est qu’elle est passée à ce moment-là du secteur privé au secteur public.

    3° la mise en place d’instruments de spéculation haute fréquence qui permet de capter le moindre bénéfice à la microseconde et la mise en place de rémunérations caractéristiques pour attirer les plus beaux spécimens de psychose liés à l’argent.

    Je passe sur le scandale des taux du libor et autres manips comme les notations excellentes, la veille, de titres qui se sont trouvés être totalement pourris le lendemain..

    Si vous ne reconnaissez pas là dedans des airs de famille………

    Stan

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    1. L'explication est claire, limpide. Ce qui pourrait relever de l'inconscient chez ces profiteurs est qu'ils construisent un système "cohérent", institutionnalisé avec des méthodes, des pratiques et des appuis identiques à Paris, Dallas, Hong Kong ou Pékin. En tout cas, ce qui prouve leur état de conscience, c'est qu'ils mettent tout en œuvre pour capter la production de richesses à leur profit et qu'ils ne s'imposent aucune limite. Il s'agit véritablement d'une guerre dans laquelle les batailles sont préparées par les puissants, qui adoptent une stratégie pour les préparer et les provoquer là où ils veulent quand ils le veulent (thèmes, propagande, lobbying). Rien n'est laissé au hasard.

      DemOs

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    2. DEMOS

      assez d'accord avec ça aussi.

      La puissance sur cette terre est directement liée à l'argent, qui le possède achète ce qu'il veut, les humains compris.

      nous sommes dans une de ces périodes de régression que connait régulièrment l'humanité, me semble t'il, Celle de pénurie organisée qui s'annonce sera remise en cause de manière ordonnée ou barbare, tôt ou tard, à l'échelle humaine ça peut encore prendre des années...

      Au train où vont les choses, la remise en cause ordonnée n'est pas pour demain, la grèce est un premier début de preuve, les QE successifs des banques centrales qui vont directement dans le système bancaire sans profiter à l'économie réelle, la deuxième.

      Stan

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  18. @ Anonyme 21h23

    Très clair. Il y a de puissants facteurs psychologiques qui expliquent le blocage des Grecs sur cette question.

    @ Uncitoyen

    Dans la dette, le créancier et le débiteur ont des responsabilités. Ici, les créanciers ont concocté des plans totalement inatteignables, qui détruisent la capacité de production du pays (et donc sa capacité à rembourser ses dettes), mais ils ne veulent pas reconnaître cela, donc ont recours à des expédients, comme des échéances très lointaines car les responsables de ce désastre ne veulent pas reconnaître cette impasse, que, comme d’autres, j’avais dénoncé à l’époque.

    De tous temps, des hommes et des Etats ont fait défaut sur leur dette et ici encore, cela est la seule solution viable.

    @ Stan

    Les ingrédients y sont en partie (le caractère héréditaire n’est pas total, même s’il tend à se renforcer). J’ai surtout l’impression, pour bien connaître ce milieu, que cette « élite » regarde sous ses yeux, sans avoir le temps (ni vraiment la volonté il est vrai) de regarder plus loin et ils ne font que suivre un courant qui les favorise, sans avoir complètement conscience qu’il les favorise.
    1- Le renflouement est aussi venu pour éviter une déflagration économique plus forte encore. D’accord sur les contreparties. Je l’ai dénoncé depuis le début (vous pouvez voir sur mon premier blog, ouvert début 2007)
    2&3& autres- Très juste

    Je suis toujours surpris du manque de recul des personnes qui travaillent dans la finance, immergées qu’elles sont dans leur quotidien : notre société est myope.

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  19. http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2015/08/03/petite-histoire-de-voleurs-et-de-banquiers-pleine-d%e2%80%99enseignements/


    allez juste pour rire un peu.............jaune

    Stan

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