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dimanche 24 janvier 2016

lundi 18 janvier 2016

De Raphaël Enthoven, de l’égoïsme et de l’extrémisme libéral-libertaire

Tous les matins, Europe 1 confie sa revue de presse à Natacha Polony, qui lui donne des accents gaullistes et progressistes. Mais elle donne aussi la parole à Raphaël Enthoven, qui s’est surpassé il y a quelques jours dans son sillon libéral-libertaire en évoquant la fable des abeilles.



Des abeilles et de l’égoïsme


Il est tout de même extraordinairement culotté d’y faire référence aujourd’hui, alors même que depuis trois ou quatre décennies dans nos pays, les riches vivent beaucoup plus confortablement qu’avant alors que la prospérité globale a diminué et que, loin de vivre aussi bien que les riches ne le faisaient auparavant, les pauvres vivent moins bien qu’il ne le faisaient il y a quarante ans. Leur pouvoir d’achat a baissé dans bien des pays, notamment aux Etats-Unis, quand celui des plus riches s’est envolé, en suivant, pourtant, les préceptes de ceux qui croient que la somme des égoïsmes produirait de l’intérêt général. Mais finalement, cette référence si ancienne n’est-elle pas le signe que les néolibéraux sont nus ? Faute de pouvoir défendre leurs idées par le réel, ils ont recours à des fables vieilles de 300 ans !   

Djihadiste néolibéral

dimanche 21 juin 2015

Des migrants et du mur de la Hongrie




La logique d’un mur

Sur Europe 1,  l’ambassadeur de Hongrie en France a très bien fait son travail pour défendre la position de son gouvernement, expliquant calmement le pourquoi de sa décision. Les raisons sont assez simples. La position géographique du pays en fait un lieu de passage utilisé par les populations de l’ex-Yougoslavie, mais aussi des pays du Moyen Orient. Depuis le début de l’année, ce pays de dix millions d’habitants a accueilli 54 000 réfugiés, contre seulement 2 000 en 2012 ! Comme le notait l’ambassadeur, cela revient à plus de 300 000 personnes à l’échelle de la France, et même plus de 800 000 en rythme annuel, plus de quatre fois le nombre total d’immigrés qui rentrent aujourd’hui.

Du coup, la position de la Hongrie semble si compréhensible que même Le Monde et Libération n’ont pas dénoncé le facisme de Viktor Orban de manière grandiloquante. Les deux journaux ont évoqué les faits de manière assez neutre, Jean Quatremer soulignant même que Budapest était débordée. Bien sûr, l’avocat journaliste de l’UE pour Libération finit par le couplet habituel : « libre à l’Espagne et aux pays d’Europe de l’Est d’assumer politiquement et diplomatiquement leur égoïsme national, eux qui ont pourtant su profiter de la solidarité européenne pour rattraper leur retard économique », après avoir applaudi le principe d’une répartition obligatoire du traitement des demandes d’asile.

L’échec de deux illusions

vendredi 9 janvier 2015

Euro moins cher et conséquences





Le cours d’une monnaie pour les nuls

Dans le zoom éco d’Europe 1, Axel de Tarlé s’est lancé dans un décryptage effarant de qui profiterait de la baisse de l’euro. Dans son monde, les entreprises (exportatrices) seraient les gagnantes : on dit qu’Airbus gagne 1 milliard pour une baisse de 10 cents de l’euro. En revanche, les ménages y perdraient puisque ce que nous importons serait 15% plus cher, Axel de Tarlé évoquant les téléphones et le pétrole, tout comme le tourisme aux Etats-Unis. Dans sa bulle, il confond les classes moyennes avec les quelques pourcents de la population qui peuvent voyager outre-Atlantique. Et ses exemples sont bien mal choisis puisque le prix de l’essence baisse et que le prix des téléphones est stable…

C’est ainsi qu’il fait un parallèle ridicule avec les mesures du gouvernement en disant que la baisse de l’euro revient à prendre aux ménages pour donner aux entreprises. D’abord, il oublie que la la majorité de nos importations viennent de la zone euro, où rien ne change. Puis que le pétrole représente un quart du reste et voit son prix baisser. Bref, l’impact de la baisse de l’euro concerne à peine 7 à 8% de la consommation. Ensuite quand nos entreprises vendent plus, elles embauchent plus et peuvent payer un petit peu plus. Bref, les ménages perdent bien moins que suggéré et gagnent aussi, contrairement à ce qu’Axel de Tarlé dit en récitant le catéchisme de soutien à une monnaie chère.

Les conséquences de l’euro moins cher

samedi 13 septembre 2014

Cette petite musique néolibérale qui s’impose


Il fallait vraiment écouter l’interview de Christian Noyer sur Europe 1 jeudi matin. On y trouvait un condensé de toutes les idées préconçues néolibérales, défendues avec le sérieux donné par le statut de gouverneur de la Banque de France. Un discours malheureusement dans le vent.


Austérité, recul de l’Etat et compétitivité

La lecture de la crise actuelle par le gouverneur de la Banque de France est d’une simplicité biblique. Notre pays pêcherait par le poids de ses taxes et impôts, qui pénaliserait sa compétitivité. Il a également appelé à réduire le déficit budgétaire en « coupant hardiment dans les dépenses ». Même s’il ne l’a pas cité, on devinait derrière tout son discours une forme de fascination pour le modèle allemand. Mais cette fascination semble avoir également provoqué un arrêt du cerveau. En effet, couper vigoureusement dans les dépenses publiques ne ferait que plonger le pays dans une récession violente, comme on l’a vu à Madrid ou Athènes (avec plus de 25% de chômeurs), comme même le FMI le reconnaît.

La course à la compétitivité est également absurde dans un monde où il est possible de trouver des salariés que l’on paie 100 euros par mois en Europe de l’Est, en Afrique du Nord ou en Asie. Jusqu’où faudrait-il baisser les salaires et la protection sociale pour être enfin considéré comme compétitif dans ce monde mondialisé qu’il ne remet pas en question ? Naturellement, Christian Noyer n’a donné aucune preuve qui démontrerait que l’Etat français dépenserait tant que cela. Manque de chance : nous manquons de professeurs dans le primaire et ils sont moins payés que la moyenne de l’OCDE… Il est malheureux que Jean-Pierre Elkabbach n’ait pas cherché à remettre en question ses propos.

Le néolibéralisme gagne une bataille ?