mardi 8 janvier 2013

Gérard Depardieu, symptôme de la dissociété


La polémique n’en finit plus de rebondir au gré des réactions à l’exil fiscal de Gérard Depardieu. Même si on peut penser que ce fait divers prend trop de place dans l’actualité, il est extrêmement symptomatique de l’évolution vers une dissociété, pour reprendre le terme de Jacques Généreux.

Désertion fiscale et conséquences

Tocqueville disait que « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous ». Cette citation démontre bien la connexion qui existe entre tous les membres d’une société, connexion qui semble se dissoudre en partie dans la société d’aujourd’hui avec l’affaire Depardieu, d’une manière proche de celle décrite par Jacques Généreux dans son livre de référence « La dissociété ».

En effet, les discours actuels correspondent au diagnostic de l’économiste. D’une part, un acteur (suivant d’autres personnalités), qui quitte la France parce qu’il estime indidividuellement qu’il paie trop d’impôts, oubliant non seulement que le niveau d’imposition est un choix collectif démocratique (et que le niveau de prélèvement moyen dépasse 40% pour presque tous) mais aussi que ce qu’il a gagné vient en grande partie de cette collectivité nationale à laquelle il ne veut plus contribuer.

Si je pense que son comportement est une forme de « désertion fiscale », pour reprendre le mot également employé par Laurent de Boissieu, certaines critiques, même si elles sont en grande partie légitimes, par leur agressivité, finissent par creuser plus encore un fossé entre les Français, créant un climat finalement néfaste pour tout le monde. D’une part, les plus riches finissent par se sentir stigmatisés, pour ne pas dire plus, ce qui accentue le phénomène de « désertion fiscale ».

De l’autre, la grande majorité de la population assiste de manière stupéfaite à ces départs qu’elle peut juger dignes de la fuite de Varenne. Ce faisant, cela rejoint l’analyse philosophique et politique de Généreux pour qui, « à la limite, la dissociété parfaite tend vers une sorte de fédération dissociée d’hypersociétés (des communautés) ». D’une part des élites mondialisées qui en profitent parce qu’elles en ont les moyens et de l’autre, des peuples de plus en plus hostiles et révoltés.

Cinéma et solidarité

Les polémiques sur la désertion fiscale de Gérard Depardieu sont légitimes comme le souligne la tribune de Vincent Maraval, fondateur de la société de distribution Wild Bunch, pour qui « Les acteurs français sont trop payés ». Certes, il y a des inexactitudes dans les chiffres qu’il avance, que Dany Boon a corrigé le concernant, affirmant qu’il n’était payé « que » 600 000 euros et non un million pour Astérix et 2 millions au lieu de 10 millions pour Hypercondriaque, son prochain opus.

Néanmoins, le point de Vincent Maraval est juste. Les acteurs français semblent plutôt bien payés au regard des recettes générées par leurs films à l’échelle internationale, y compris par rapport aux acteurs étasuniens. Or, contrairement à ce qu’avançait Thomas Langmann dans le Figaro, c’est bien grâce à la réglementation étatique que cela est rendu possible, d’une double manière. Tout d’abord, l’Etat impose des quotas de diffusion qui assure des débouchés aux films français.

Ensuite, par un mécanisme de taxes sur tous les films, la France fait contribuer les productions des autres pays aux productions hexagonales. Il s’agit bien d’une forme d’impôt (payé par les amateurs de cinéma étranger) et donc d’aide publique versée au cinéma français, et qui sert, bien évidemment, à payer nos acteurs. Bref, si nos acteurs gagnent ce qu’ils gagnent, c’est bien en partie importante grâce à l’intervention de l’Etat. Du coup, la moindre des choses serait de payer ses impôts en France.

Il est totalement illogique de voir le milieu du cinéma (et la ministre !) défendre la désertion fiscale de leur collègue ainsi que les mécanismes d’aide publique. C’est sans doute ce qui explique la colère légitime des Français devant ces comportements d’enfants gâtés qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre.

54 commentaires:

  1. Vous dites : "le niveau d’imposition est un choix collectif démocratique". Mais vous avez sans doute entendu parler du terme inaptocratie inventée par Jean D'Ormesson: un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle.
    Nous y sommes ...

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    1. Jean-Claude,
      tout ceci est excellemment écrit et on doit remercier Jean d'Ormesson pour sa franchise.
      On retrouve dans ses propos tous les a priori les plus exécrablement oligarchiques qu'on trouvait jadis dans la littérature grecque du IVeme siècle avant notre ère, dans la République et les Dialogues de Platon en particulier, lequel pouvait faire circuler ses rouleaux dans une démocratie ou régnait la liberté de penser et d'écrire à peu près tout et n'importe quoi (un peu comme en France aujourd'hui), Athènes.
      Je propose par conséquent qu'on retire immédiatement aux inaptes le droit de vote, en commençant par celui de Jean d'Ormesson, qui est improductif, rentier et gâteux, et en poursuivant par tous ceux qui reprennent ses arguments.
      En effet, à jouer sur les critères de l'inaptitude des autres, on finit toujours par se faire rattraper soi-même, et ça n'est que retour logique à l'envoyeur.
      Vite, le régime censitaire, qu'on en finisse.
      Francis Commarrieu.

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    2. Jean D'Ormesson si estimable soit-il n'est pas forcément une référence en matière de réflexion politique: son concept d'inaptocratie est la négation de tout esprit démocratique, d'esprit d'égalité des citoyens devant la loi et le suffrage.

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    3. Merci Jean-Claude, je n'aurai pas dis mieux.

      Il n'y a pas de démocratie dans les taux d'imposition, mais un équilibre entre ceux que les uns sont prêts à payer (l'acceptabilité) et la difficulté qu'ils ont pour générer leurs revenus.

      En temps de crise, la difficulté augmente et si les taux augmentent aussi, et de façon importante, alors il n'y a plus d'équilibre.

      Par ailleurs, le gouvernement devrait connaitre le principe de la courbe de laffer qui met en évidence que plus les taux montent et plus les recettes diminuent.

      Je prends pour exemple, dans un autre registre, la suppression de la défiscalisation des heures supp. Meme l'employée de mon petit coiffeur refuse désormais de faire plus que 35h (elle en faisait 45, il y a peu) car il ne lui reste que 70 euro et elle préfère s'occuper de ses enfants. Combien de recettes en moins pour l'Etat ?

      Ma vraie inquiétude est cette exode massive (je n'exagère pas) de francais vers des pays limitrophes.

      Cette exode ne concerne pas que des gens riches, mais aussi des gens avec un patrinoine de +/- 2 Mio. Combien de retraités cherchent à tout vendre et à s'en aller pour être sur que l'on ne va pas encore leur prendre sur leur patrimoine (souvent > 1 mio).

      Combien de chefs d'entreprise, dont je vous rappelle qu'ils paient 50% de leurs revenus en charges (auxquels il faut encore appliquer les impots sur le revenu), dont la limite d'acceptation vient d'être franchie et qui décident de délocaliser dans des pays limitrophes et de ne garder que les services commerciaux en France (mais les marges partent avec les unités de fabrication).

      Tout ceci est en train de faire exploser le chomage, et nous mettrons des années à faire revenir tous ces gens, et surtout les investissements qui les accompagne.

      JP

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    4. "Acceptabilité à payer des impôts, difficulté pour générer les revenus, exode". Bigre !
      Ce blog est décidément lu par des citoyens aux horizons psychologiques très différents, cela en fait sa richesse et tout son intérêt.
      Je crois quand même vivre sur une autre planète que la vôtre à lire la répercussion de telles inepties victimaires.
      Les hommes d'affaires, industriels, chefs d'entreprises sont des gens a priori respectables et probablement utiles à la société, mais ils doivent se rendre compte qu'ils sont aussi citoyens dans un pays, et dans l'espace d'une démocratie, les autre sont leurs égaux. Ils ont bien du mal à s'en convaincre si j'en crois vos propos.
      Dans ce cadre, il n'y a pas d'"acceptabilité" personnelle à l'impôt. Cette notion nierait toute appartenance à un espace politique qui valide les droits de chacun. La phrase de Tocqueville rappelée par Laurent est éloquente à ce sujet. A effacer toute obligation politique et sociale ou la conditionner à une acceptabilité personnelle évidemment instable et réversible à tout moment, ce sont les droits de tout le monde qui s'effondrent. Ceux des chefs d'entreprise comme ceux des autres.
      A trop défendre leurs intérêts immédiats, ceux qui ont d'après vous autant de mal à "générer leurs revenus" (quid des bouseux salariés, fonctionnaires, sous-hommes qui ne savent rien générer sûrement) scient la branche sur laquelle ils ne voient plus qu'ils sont assis.
      Les voir tomber me serait indifférent s'ils ne faisaient tomber d'autres qu'eux par la même occasion.
      FC.

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    5. @FC
      Ne vous méprenez pas sur mon/mes commentaires, je ne fais pas la promotion des uns par rapport aux autres, mais j’essaie de tirer un constat, pour aider à une meilleur compréhension de ce qui est en train de nous arriver.

      La notion d'acceptabilité ne repose pas sur le montant des impôts à payer mais sur son utilisation.

      Il faut bien comprendre que quand vous payez des impôts alors il faut que leur utilisation soit utile au développement du pays, du bien être, de la sécurité … et pas uniquement à l'entretien d'un système social qui n'encourage pas un certains nombre de personnes à se prendre en main, et qui, plus est, accueille une part sans cesse croissante de la misère du monde. Sur ce dernier point, le plus terrible est le sentiment de jeter de l’argent dans un puits sans fond ce qui abaisse le niveau d’acceptabilité de l’impôt.

      Quand vous êtes convaincu de la bonne utilisation de vos impôts alors même à des taux de 70% cela peut encore être acceptable, car il s'agit de capitaliser pour le bon développement du pays, de la société et donc du bien être futur de vos descendants. Il y a un point de départ et un horizon de fin des mesures exceptionnelles.

      Quand vous avez le sentiment que vos impôts sont mal utilisés, voire que quelque soit le montant il ne sera pas possible de changer quoique ce soit, alors la notion d'acceptabilité prend corps, et suivant l'évolution des taux les créateurs de richesse vont soit baisser les bras et donc réduire leurs revenus, soit ils vont quitter le pays car convaincus qu'il n'y a plus rien à faire pour changer positivement la situation.

      Aujourd'hui, de plus en plus nombreux sont ceux qui décident de s'en aller et donc d'investir ailleurs. Dans le même temps, il y en d'autres (dont le départ n'est pas possible) qui baissent les bras et réduisent leurs revenus en travaillant moins.

      Les deux sont en train d'entretenir une spirale qui va fortement impacter notre économie. Il est donc urgent qu'un plan clair soit communiqué sur quelles vraies actions (et avec quels effets) vont être mise en place pour redresser la situation et à quelle échéance sera l’espérance d’une amélioration.

      Les décisions prises à ce jour envoient un message inverse : +60 000 profs, extension de la CMU à 500 000 personnes de plus, du RSA à 700 000 personnes de plus, taxe à 75% avec probable extension jusqu’à la fin du quinquennat, requalification des carried interests en revenu salarial au lieu de plus-values mobilières (soit une imposition pouvant aller jusqu'à 75% au lieu des 40%, ce qui risque de faire fuir près de 10 milliards/an d'investissement en Private Equity), taxe jusqu'à 65% sur les cessions pour les non entrepreneurs (ce qui assèche le marché des LBO et des opérations de Private Equity, mais pose aussi un problème pour ceux qui partent en retraite et voient la valeur de leur entreprise (patiemment développée) amputée d’une part importante) ...

      Le crédit d'impôt est une usine à gaz qui diffère à 2014 les réductions de charges alors qu'il y a déjà de sérieux problèmes de trésorerie et que les impôts vont augmenter en 2013. Beaucoup pensent que 2013 sera noire et que le crédit d'impôt promis sera suspendu car le déficit 2013 sera catastrophique avec l'explosion du traitement social du tsunami de chômeurs qui arrive en raison des décisions prises en 2012.

      Il faut donc ne pas opposer ceux qui ont besoin de la solidarité nationale pour passer la crise qui arrive, et ceux qui créent les richesses qui rendent possible notre système social. Les efforts doivent être répartis et ne doivent pas peser que sur ceux qui produisent de la richesse (tous ceux qui paient des impôts, quelque soit leur condition sociale).

      J’espère avoir pu clarifier ma pensée.

      JP

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  2. Depardieu est un cas particulier je pense que dans l'esprit des Français il incarnait le beauf franchouillard alcolo sorte d'anar de droite titubant mélange de Blondin et de Gabin d'un singe en hiver et ceux ci s’aperçoivent que c'est une sorte de pute dont le pognon est le seul horizon .
    Sur l'avance sur recette il serait assez simple de lier celle ci a une modération salariale et un pourcentage sur les recettes formule a definir qui permettrait de faire sortir de nouveaux talents les gros salaires non intéressés iraient ailleurs

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    1. Parfaitement d'accord. On pourrait peut-être nous laisser tranquille avec ce bonhomme qui ne va pas tarder à réaliser qu'être citoyen russe ne présente pas que des avantages. Pour l'instant Poutine s'amuse de la sottise du gouvernement français et de la naïveté de Depardieu, mais cela ne va pas durer éternellement.

      Cela dit, tous mes voeux, Laurent.

      Sancelrien.

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    2. Le plus rigolo est que Poutine veut mettre en place l'ISF en Russie avant mi 2013

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  3. bonne année, Laurent!
    C'est ma première intervention en 2013, et c'est voici maintenant un nouveau chapitre des aventures de Gégé sans frontières: "Gégé en Russie"!
    Je suis protectionniste, mais le cinéma français est l'archétype de tout ce qui ne faudrait pas faire en cas de protectionnisme :-)! Si l'exception culturelle a permis de sauver le cinéma et la production française, elle produit ces derniers temps des films qui sont soit particulièrement médiocres (remarquez, le cinéma US non subventionné également: mais là, c'est dû à l'enjeu qui tue la prise de risque...), soit pédants et prétentieux.
    Surtout, le système ne profite pas à tous: il y a une immense disparité de revenus entre une poignée de têtes d'affiche et la vaste majorité des comédiens, qui vivent d'expédients et du régime spéciale des intermittents du spectacle.
    Le choix de subventionner les arts est éminemment politique, mais il ne doit pas non plus conduire à financer des activités anti-économiques: les films incriminés par V.Maraval n'ont pas rapporté d'argent et ont coûté une vraie fortune! L'argent du contribuable doit être utilisé de façon optimale, et l'idée de proposer un plafonnement du cachet me paraît bonne!
    L'autre aspect que je voulais évoquer est celui de l'aléa moral, dont vous parlez à propos de G.Depardieu: ce dernier mérite parfaitement l'opprobre dont il fait l'objet, mais j'en ai surtout après une catégorie d'artistes français qui sont surtout les chantres de la mondialisation et de l'ouverture des frontières, et qui sont souvent les belles âmes qui critiquent facilement tous ceux qui défendent les intérêts français. Ces artistes bobos (tous ne le sont pas, bien évidemment...) sont peut-être aussi dangereux par leur comportement que Depardieux, car protégés par l'exception française et donc à l'abri de la concurrence internationale, ils sont souvent les propagandistes les plus zélés du libéralisme: ils défendent, par exemple, la régularisation des sans-papiers, l'immigration libre, la liberté de circulation (cf Gégé :-( ),etc...
    Bref, j'avoue que parfois, je me demande si le coût de cette "exception culturelle" française ne serait pas mieux utilisé pour d'autres secteurs d'activité comme l'industrie...

    CVT

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  4. On peut aussi se demander si il n'est pas parti pour d'autres raisons que fiscales. Démêlées avec la justice, éventuels désaccords avec l'administration relatifs à ses entreprises en France.

    Pour ma part, si j'avais sa fortune, j'en serais pas à quelques millions à vouloir économiser fiscalement. Seule l'envie de vivre dans une autre société, culture, me motiverait à m'expatrier, comme l'on fait certaines célébrités étrangères qui à une époque appréciaient de vivre en France.

    Au delà du bonhomme, c'est un peu le symptôme d'une société française mal en point, en guerre civile larvée perpétuelle, avec des prurits et des querelles permanentes pour le moindre motif tatillon, une société de défiance :

    http://davidabiker.fr/wordpress/et-si-on-quittait-la-france-parce-que-cest-devenu-un-pays-detestable/

    Quand je me rappelle de ce que j'ai connu du monde de l'entreprise en France, les relations des salariés entre eux et aussi avec leurs directions, dénigrement, taillage de costard permanent, insultes dans le dos ou en face, incivilités diverses et variées, à la limite du pugilat physique, coups tordus, et que je compare avec ici, c'est le jour et la nuit.

    Il va falloir du temps pour changer ça.

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    1. @ Olaf
      Je crois que cette façon d'exposer les choses n'est absolument pas la bonne. Faire croire que SEUL la France est un pays détestable et donner en exemple le Brésil qui est un pays où il y a extrêmement de violence, la vraie pas uniquement verbale ne sert à rien. Dans cette chronique Abiker illustre parfaitement ce qu'il est au fond. J'ai du mal à comprendre pourquoi vous comparer systèmatiquement à l'allemagne. Vous êtes heureux en Allemagne? Très bien pourquoi venir toujours à vous plaindre que la France n'est pas comme l'Allemagne? Je suis souvent d'accord avec vous mais là vous en faites trop. Si vous détéstez la France c'est votre droit, mais il faut le dire directement.

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  5. Bonjour Mr Pinsolle,

    Mr Depardieu semble prendre la sauce pour tous les déserteurs fiscaux.
    Mais n'y a-t-il pas des super riches (bien plus riches que l'acteur) dont on ne parle pas et qui cachent leur fortune dans des "paradis" fiscaux?
    Je trouve cela étrange, que le débat dévie sur le cinéma et les acteurs, voire les sportifs, comme si ces insectes pesaient autant que les gros requins.(Et que dire des élites médiatiques qu'on oublie)

    Selon vous, faut-il réformer le cinéma? (pour assurer une meilleure répartition de l'argent public entre les petits et grands producteurs par exemple?)

    Faut-il cet impôt "américain" pour ceux qui paient moins à l'étranger? (la traque fiscale, en gros)

    Ne fait-on pas trop de tintamarre pour quelques pour-cents d'impôts en plus alors que cet argent ne servira qu'à payer les intérêts de la dette? Selon vous, la cause des causes est-elle ici?

    Cordialement,

    GB

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  6. M Pinsolle, quelques précisions :

    "le niveau d’imposition est un choix collectif démocratique" Selon vous où s'arrête le pouvoir du collectif face au droit des individus ? Je pense que nous serons d'accord pour dire que 51% des gens qui votent pour tuer, ou taxer à 100%, les 49 restants ce n'est pas de la démocratie mais bien une tyrannie immonde. Où placez vous donc la limite fiscale, la barre au dessus de laquelle la "contribution au bien commun" devient illégitime ? Je suis réellement curieux de votre opinion sur la question.

    Et deuxièmement, vous serez aussi d'accord avec moi pour remarquer qu'il n'existe (et n'a jamais existé) aucun contrat synallagmatique entre un citoyen et l'Etat de son pays; en réalité "voter avec ses pieds" est non seulement légal mais c'est aussi parfaitement moral: c'est un moyen pour le peuple de signaler son mécontentement sans verser dans aucune violence. Comment réagissez vous à ces faits ? Ne dénoncez vous pas la prison que certains voudraient faire de la France ?

    Merci par avance

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    1. On pourrait suivre le principe de la liberté qui doit se limiter de façon a ce qu'elle ne devienne pas une contrainte pour autrui.
      Dans ce cadre la concentration du patrimoine dans une société provoque de multiples contraintes économiques sur la population. Voila ce qui peut fonder la légitimité de l'impot progressif.
      Il faut se mettre en tête que même sans Etat et sans aucune tête pensante, l'oppression peut venir du fonctionnement de la société, de la monnaie, et des marchés. C'est un leurre de croire qu'il suffit d'eliminer l'Etat pour maximiser la liberté.

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    2. "On pourrait suivre le principe de la liberté qui doit se limiter de façon a ce qu'elle ne devienne pas une contrainte pour autrui. " >> On ne peut que le suivre au minimum. Sinon, on retombe dans le féodalisme.

      "la concentration du patrimoine dans une société provoque de multiples contraintes économiques sur la population." >> Cela supposerai que le patrimoine est quelque chose de fini, et que si je m'enrichis c'est que j'appauvris quelqu'un quelque part: on sait bien que ce n'est pas le cas. Que la concentration s'effectue dans trop peu de main est un problème, oui, c'est vrai, mais l'accumulation en soi est la clé de la prospérité, et c'est d'ailleurs ce que recherche à juste titre la plupart des gens. Ne confondons donc pas l'augmentation de la richesse découlant de l'épargne (et donc de l'accumulation) avec la concentration aberrante de certains marchés très peu - voire pas - concurrentiels. Nuances.

      "Voila ce qui peut fonder la légitimité de l’impôt progressif." >> Pas d'accord, ce qui fonde la progressivité de l'impôt c'est plutôt l'utilité marginale de l'argent: les 1000 premiers € sont plus "utiles" que les 1000 suivants, eux même plus utiles que les 1000 suivants, etc.

      "Il faut se mettre en tête que même sans Etat et sans aucune tête pensante, l'oppression peut venir du fonctionnement de la société, de la monnaie, et des marchés." >> Et vice versa: sans marché, l'oppression peut venir de l'Etat. Il s'agit d'avoir des marchés qui remplissent leurs rôles et qui ne tombent pas entre les mains d'une poignée d'oligarques, tout comme pour l'Etat. Chacun à sa place, chacun son rôle.

      "C'est un leurre de croire qu'il suffit d'eliminer l'Etat pour maximiser la liberté." >> Personne n'a parlé d'éliminer l'Etat, je pense qu'il est très nécessaire, et que son intervention dans certains domaines et cruciale au bon fonctionnement de la société. Je demande juste à ce qu'on mesure de manière optimale les résultats réels (et les effets directs, indirects et pervers) des activités de l'Etat et des organismes collectifs (fonds de pensions, etc.) de sorte que l'on puisse identifier ce qui est créateur net de valeur de ce qui ne l'est pas. Soyons intelligents et nuancés, ne versons pas dans l'idéologie.

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    3. Je ne veux pas proner la collectivisation je prefere l'economie de marché encadrée. De Gaulle a eu des mots plus durs que moi sur le capitalisme.
      Je veux juste denoncer les mensonges des neoliberaux du type "le riche n'a fait que créer de la richesse réelle".
      Le phénomène de concentration, en dehors de toute création de richesse, existe bel et bien. On devrait parler d’accaparement en fait.
      Ou est l'interêt de faire des investissements productifs qui sont risqués et mettront du temps à donner leurs fruits alors qu'il suffit de speculer pour obtenir le même rendement ? Voila pourquoi c'est totalement simpliste, donc faux, de se dire que l’épargne est égale à l’investissement productif.

      Sinon pourquoi la part des dividendes dans la valeur ajoutée augmente en ignorant superbement la baisse de croissance ?
      J'avais posé la question plus bas. Si les neoliberaux ont raison pourquoi le nombre et le patrimoine des riches augmente sur le long terme alors que la croissance ne fait que baisser en occident ?

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    4. "Je ne veux pas proner la collectivisation je prefere l'economie de marché encadrée." >> Oui, comme tout le monde. Je ne connais pas grand monde qui prône l'anarcho-capitalisme autrement que pour donner à réfléchir via un modèle utopique (Christian Michel par exemple). L'économie doit être encadrée, bien sur, mais encadrée par qui, par quoi, comment ? L'économie de marché suppose, en amont, déjà tout un tas de règle vachement encadrantes, et un encadrement ne veut pas dire forcément une amélioration des choses, il faut bien le comprendre. Encadrer des loyer par exemple est la pire des choses à faire pour le logement, alors qu'encadrer des entreprises en position de monopole (lois anti-trust) peut avoir des répercussions très positives sur l'économie; bref il y a bon et mauvais encadrement. Buchanan en a suffisamment parlé, je suppose que vous connaissez ses travaux.

      Accaparer suppose une extorsion, je vois mal comment définir une limite autrement qu'arbitrairement. Reste qu'on peut tout à fait devenir milliardaire sans voler personne, donc lier forcément richesse avec comportements répréhensible est irrecevable. Certains gagnent de l'argent indument, soit, qu'on les punisse, mais ça ne veut pas dire que tout enrichissement soit mauvais en soi (c'est le contraire !).

      Ensuite, investir C'EST spéculer. Que ce soit dans une entreprise ou dans une action, c'est la même chose: un pari sur l'avenir. Ensuite, vous ne me semblez pas bien comprendre ni connaitre le monde de la finance et de l'investissement: un investissement direct dans une entreprise peut-être beaucoup, beaucoup plus rentable qu'un simple placement financier (d'ailleurs la plupart des hedge funds sous-performent les indices nationaux, ça devrait donner à réfléchir :-))

      "Voila pourquoi c'est totalement simpliste, donc faux, de se dire que l’épargne est égale à l’investissement productif." >> Bien évidemment, l'épargne peut servir à des tas de choses, même à remplir des comptes en banques rémunérés moins que l'inflation, la question ici est: "est-ce normal que les gens soient libre de dépenser leur argent - et donc user de leur propriété - comme bon leur semble ?". Et la réponse est bien évidemment, sans aucune équivoque, oui. Question d'éthique plus que d'utilitarisme à mon sens. Ce qu'on peut faire par contre, c'est créer un cadre fiscal et réglementaire qui encourage et récompense la création d'entreprises et de richesse (comme en Suisse, NZ, HK ou encore Singapour) de sorte que l'épargne soit naturellement redirigée vers les entreprises et l'emploi sans user de coercition inutiles (et globalement contre-productives).

      "Sinon pourquoi la part des dividendes dans la valeur ajoutée augmente en ignorant superbement la baisse de croissance ?" >> C'est plus compliqué que ça, cf http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-passage-3-9-part-dividendes-dans-valeur-ajoutee-est-pas-reflet-atroce-cupidite-capitalistes-bernard-cohen-addad-600812.html

      "Si les neoliberaux ont raison" >> Ils ont tort, ils s'en rendent compte eux-même, et ne manquent pas de remettre en question leur modèles. les libéraux, eux, ont toujours été opposés aux so-called "néo-libéraux", ils n'ont pas changé de ce côté là.

      "pourquoi le nombre et le patrimoine des riches augmente sur le long terme alors que la croissance ne fait que baisser en occident ?" >> Ça c'est simple: détournement de la richesse privée par l'Etat (via des taxes et réglementations hostiles aux entrepreneurs et aux classes moyennes: http://institutdeslibertes.org/on-vit-tres-bien-en-france-mais-pour-combien-de-temps/), Etat lui-même au service d'une oligarchie anti-libérale qui œuvre à se créer des rentes protégées de la concurrence. Un libéral qui l'explique très bien: http://www.objectifliberte.fr/2011/04/les-nouvelles-oligarchies-cancer-des-libertes.html

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  7. un proverbe russe dit : "Apprivoise un loup, il retournera toujours un jour à sa forêt"
    Le problème est plus général aujourd'hui, nous sommes dans un pays Européen avant tout et avant de parler mondialisation, peut-on parler d'évasion fiscale à partir en Allemagne, en Belgique en Angleterre ? Nous sommes en pleine mutation. Le problème c'est l'Europe qui ne veut pas adapter une fiscalité commune ; tout le problème est là : une fuite française purement politique et sociale
    Mes Meilleurs Voeux 2013 à vous tous

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  8. Je ne juge pas Depardieu, il fait ce qu'il veut. Tant que c'est légal (et même si ce n'est pas forcément moral), il en a le droit.
    Les cris d'orfraie de nos ministres m'amusent beaucoup. Après tout, Gégé ne fait que mettre en pratique tout ce que tous ces européistes nous demandent d'accepter: la libre circulation des personnes (lui-même) et des capitaux (ses sous), le droit de s'installer partout dans l'UE (la Belgique donc), le mondialisme bienvenu (donc pourquoi pas la Russie), la concurrence libre et non faussée (il préfère la fiscalité belge) etc. Mettre en avant l'exception du cinéma français (et son financement), c'est-à-dire un des rares protectionnismes (quelle horreur !) encore existants, pour fustiger le "déserteur" rajoute encore à leur incohérence politique.

    Quelle est cette citation de Bossuet, déjà ? "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes." CQFD

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    1. Le paradis fiscaux n'ont pas eu besoin des traités eruopéens pour naître. La libre circulation des personnes à l'exterieur du pays a tojours existé.

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  9. Comme en Turquie, tout le monde en taule :

    http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/la-turquie-menace-les-speculateurs-de-prison-ferme-337698

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  10. @ Olaf
    L'article de Abiker est nul dans la mésure où il se plaint de l'utilisation des faits divers de sociétés et lui même part d'un fait divers. Quel est l'intérêt au fond de discuter de Depardieu? D'autre acteurs se sont déjà barrés et d'ailleurs vous croyez que les exilés fiscaux ça existe uniquement pour la France? Les paradis fiscaux 100% des citoyens français?
    En ce qui concerne la consommation d'antidépresseur on s'en fout ce qui compte c'est l'ésperance de vie après que le gens se shootent au zoloft ou au cannabis ça n'a guère d'importance. D'autre part on ne connait pas les statistiques, on ne sait pas qui part qui reste c'est bien ça le problème français à la limite. Non autant je suis souvent en accord avec ce que vous dites ce genre de discours on l'entend depuis des lustres avec Marseille qui avait même cité en exemple l'italie comme pays réformiste :)
    Ps Faudrai ajouter que Depardieu avait soutenu les intérmittents du spectacle...

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  11. Je n'ai pas suivi de très près l'actualité ces derniers jours, mais j'étais tout de même étonné d'avoir si rarement vu mettre en relation l'affaire Depardieu et la tribune de Maraval. Comme vous l'avez bien vu, Laurent, la concomitance des deux n'a évidemment rien de fortuit.

    Elle en dit long sur notre époque. Je crois que plus personne ne supporte - moi le premier! - les trop hauts revenus. Il est clair que les bac+10 qui pointent régulièrement à Pôle Emploi entre deux contrats précaires, comme c'est mon cas, par exemple, ont un seuil de tolérance qui s'abaisse tous les jours pour ces excès que rien ne justifie. Footballeurs, acteurs, traders, grands patrons, héritiers : finalement peu importe que leurs revenus puissent être corrélées ou pas à une création de richesses. Comme l'a bien montré Stiglitz, l'accumulation actuelle des revenus en haut est en soi dysfonctionnelle, tandis que l'incitation financière vantée urbi et orbi par les économistes orthodoxes n'a qu'une importance toute relative dans la production de l'utilité sociale. Non, les plus riches héritiers du monde ne sont pas ceux de Pasteur ou d'Einstein : en France, c'est précisément Liliane Bettencourt, je crois...

    Par ailleurs, je ne serai pas si sévère que vous et nombre de commentateurs avec le cinéma français. Non pas que j'apprécie extraordinairement toutes ses productions, bien loin de là, mais il a le mérite d'exister. C'est une forme de protectionnisme qui existe et qui marche : une industrie qui représente 250.000 emplois, entendais-je ce matin à la radio! Bien sûr, cette politique a des effets pervers, mais il ne faut pas se leurrer : toute politique protectionniste (toute politique d'ailleurs) engendre des effets pervers et on aurait tort de se laisser trop impressionner par cet argument.

    C'est sans doute une des raisons (pas des moindres à mon avis) pour lesquelles les élites politiques sont si réticentes à appliquer ce protectionnisme pourtant si nécessaire. Car qui dit protectionnisme dit choix politiques à justifier (quoi et qui protéger ou non et sur quels critères) et ajustements permanents. C'est à dire qu'il faudra vraiment gouverner et il ne faut pas se le cacher dans notre monde de réclamations universelles, ce ne sera pas simple à gérer. Laisser ça aux marchés supposés efficients et capables de s'auto-réguler évitent évidemment tous ces soucis.

    Emmanuel B

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    1. @ Emmanuel B. Je suis d'accord avec vous quand vous écrivez : "je crois que plus personne ne supporte - moi le premier! - les trop hauts revenus", mais votre remarque appelle plusieurs questions et remarques.

      Tout d'abord, la question se pose évidemment de savoir où commencent pour vous les trop hauts revenus, ce qui mérite, vous l'avouerez, d'être précisé et ne manquera pas de diviser les uns et les autres.

      Ensuite, je serai moins affirmatif que vous et je mettrai un bémol sur le fait que "plus personne ne supporte ces trop hauts revenus". En effet, je pense que, si une majorité de Français est choquée par le niveau de certains revenus, financiers notamment, et l'explosion des inégalités, il existe beaucoup de gens que cela ne gêne absolument pas.

      Personnellement, ce qui me choque le plus aujourd'hui est qu'on ne puisse pas avancer dans la bonne direction, celle de la solidarité, parce qu'on ne peut pas aborder sereinement cette question. Elle est devenue tabou pour des hommes et des femmes aveuglés par leur colère, leur haine, semblant défendre là ce qu'ils ont de plus précieux. Cela me fait penser aux affrontements moins drolatiques entre Guignol et le gendarme. La citation de Tocqueville, reprise par Laurent Pinsolle, qui dit que « préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous » illustre
      bien ce phénomène et la déliquescence de notre société, une société du "chacun pour soi, sans repères".

      Mais après tout, devons-nous être surpris de ce qui est en train de se passer, cette hallali contre untel ou untel, quand tant de politiques, de grands patrons, d'entreprises, de leaders d'opinion ... expriment quotidiennent tant de mépris, de cupidité, de duplicité et ne pensent qu'à s'enrichir personnellement, encore et encore, toujours plus, alors que la pauvreté progresse à grands pas dans notre pays. Avez-vous lu la dernière interview de Maurice Lévy, le patron de Publicis, qui se plaint d'être stigmatisé par ces concitoyens ? Est-ce bien sérieux et responsable dans l'environnement actuel ? N'a-t-il rien de mieux à dire ?

      A côté de cela, combien y-a-t-il eu et y-a-t-il encore de patrons, n'est-ce-pas M. Goshn, qui n'hésitent pas à délocaliser sans aucun scrupule, à piller les entreprises qu'ils rachètent à des fins spéculatives, n'est-ce pas, M. Mittal, à se rendre des services tout en nous demandant ou en laissant les politiques nous demander de faire des sacrifices, de renoncer à nos "avantages acquis" ? Tous le patrons, grands ou petis, ne sont pas, bien entendu, dans ce cas, mais ceux qui le font sont connus, ce qui n'est pas sans effet sur une opinion inquiète, chauffée à blanc.

      Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est parce que deux mots, simples, démodés, oubliés, ont été enfermés à double tour dans nos armoires bien conservés dans de la naphtaline. Ces deux mots sont "morale" et "exemplarité".

      Ils ont pourtant un SENS.

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    2. @ Demos,

      A votre question liminaire, j'avoue sans honte que je n'ai aucune religion à ce sujet. Je ne sais pas précisément où commencent les trop hauts revenus. Viser le 1% le plus riche me parait aller de soi. Au-delà, je ne sais pas vraiment... Évidemment, comme vous dites fort justement, ce qui compte plus que les seuils précis, c'est le sens de l'évolution.

      Quand je disais "plus personne", je n'entendais pas l'expression au pied de la lettre. Mais une majorité grandissante, nous sommes bien d'accord.

      Or ce qui tend terriblement les choses, c'est qu'en régime de stagnation économique (qui équivaut dans un pays dont la population augmente, comme la France, à une baisse des niveaux de vie individuels), toute redistribution procède d'un jeu à somme nulle (en fait légèrement négative). Ce que l'on donne aux uns, on l'a enlevé aux autres (c'est du moins ainsi que l'on peut le ressentir et comme approximation grossière, ce n'est pas entièrement faux). Alors qu'en régime de croissance, l'argent ponctionné sur les plus riches leur revient d'une certaine manière après ce qui peut n'être perçu que comme un détour. C'est la martingale des 30 glorieuses.

      La stagnation porte donc en elle-même une aggravation logique des tensions sociales qui se traduit chez les perdants du jeu (comme moi) par des formes de ressentiment compréhensibles (même si on doit essayer bien sûr de contrôler ces émotions négatives), mais les plutôt favorisés (je ne parle pas là des très riches) ne manquent pas de défendre leurs intérêts férocement car pour eux aussi le déclassement guette (l'étonnante défense des inégalités par certains pourrait se comprendre selon la perspective des classes supérieures et moyennes-supérieures, elles aussi en effervescence et largement mobilisées contre Hollande comme les élections partielles l'ont bien montré).

      L'enjeu serait de transformer cette réserve d'énergie en force positive capable de reprendre le contrôle de des processus et de les réorienter. En gros reprendre le contrôle de l’État, se défaire des liens qui entravent son action (l'euro, les doctrines libre-échangistes, etc.) et procéder à une spoliation massive des plus riches (des trop riches!) en annulant la dette d'une manière ou d'une autre, pour pouvoir faire repartir la société dans le bon sens.

      Les qualités que vous mettez en avant - tenue morale et exemplarité - sont, bien sûr, appréciables en elles-mêmes et seront fort utiles pour faire avancer un projet bénéfique. De Sarkozy à Hollande, on a d'ailleurs indéniablement gagné de ce côté, mais on doit aussi se méfier : des gens moraux et exemplaires consacrant toutes leurs bonnes qualités à mettre en œuvre des projets aberrants, cela s'est déjà vu. Personnellement, je ne doute pas qu'une grande partie des tenants de la construction européenne parmi les plus dogmatiques répondent de ce type, que ce soit au MODEM, à l'UDI, au PS et même à l'UMP.

      Emmanuel B

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    3. Une des questions prioritaires, mais ce n'est évidemment pas la seule, est la question de notre dette. Pour pouvoir en diminuer le poids, qui pèse lourdement sur chacun d'entre nous et éviter d'hypothéquer notre avenir, il est nécessaire de sortir du carcan budgétaire et monétaire européen. Or, Sarkozy, puis Hollande ont fait exactement le contraire en optant pour le TSCG.

      Dans ce domaine, comme dans d'autres : économie, finance, social, les socialistes pratiquent la navigation à vue. Ils appliquent une politique suiviste et conservatrice : une dose de libéralisme, une dose de socialisme, aucune réforme structurelle (fiscalité, régulation de la finance).

      Comme l'écrivent certains, les socialistes font tout pour ménager la chèvre et le chou, ce qui est le plus sûr moyen de déplaire à tous, sans compter qu'ils ne nous proposent aucune perspective mobilisatrice pour l'avenir.

      Alors, je n'appelle évidemment pas de mes voeux une sorte de "révolution morale". Je crois que seules des décisions courageuses, notamment pour notre politique européenne, associées à des signaux forts adressés aux Français permettront d'avancer concrètement et de "pacifier" nos relations.

      Ce n'est pas la voie que suivent aujourd'hui les socialistes.

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  12. Fiorino

    Y a des moments vous restez un peu collé sur des lectures au premier degré.

    C'est sûr, une population abrutie au zoloft mais qui vit plus longtemps, c'est très intéressant.

    Quand aux comparaisons entre 2 pays, je peux le faire, pas vous, et je ne suis pas le seul à faire des constats similaires. Mais si votre truc c'est regarder votre votre nombril français sans essayer de voir ailleurs...

    Allez, un peu de lecture :

    La comparaison outre-Rhin est éloquente : le secteur privé y fait deux fois plus de recherche - en valeur absolue - et comporte deux fois plus d'entreprises de taille moyenne - en proportion. En évaluant ensuite si les aides publiques favorisant l'innovation ou le financement des PME sont vraiment incitatives. En se demandant également si la loi sur les défaillances d'entreprise ne dissuade les banques de prêter aux PME… Des sujets cruciaux, mais, il est vrai, peu propices à la communication grand public.

    http://lecercle.lesechos.fr/politique/vie-politique/221161454/machiavelisme-politique-et-realisme-economique

    Et tout ça sans le CIR. Donc les expéditions de Gege je m'en contre fiche, en revanche je trouve rigolo que ça fasse tant de barbotages et d'ergotages, et qui illustre parfaitement ce que j'écris ci-dessus, alors qu'il y a des sujets un poil plus prioritaires.

    Quand je fais des comparaisons, c'est pas pour que l'un devienne la copie conforme de l'autre, faut arrêter d'être primaire et de (dé)raisonner en blocs.

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    1. "C'est sûr, une population abrutie au zoloft mais qui vit plus longtemps, c'est très intéressant."

      Excusez-moi mais c'est le seul moyen de vérifier la santé d'un peuple. D'autre part le zoloft n'abruti pas du tout, il vaut mieux soigner la dépression avec cela qu'avec autre chose. Puis enfin, je serait curieux de savoir combien des comprimés d'antidépresseur sont effectivement consommés. Sachant le gaspillage qu'il y pour les médicaments remboursés. Je ne reagarde aucunement "mon nombril français" au contraire parce que je viens d'un pays qui se porte (sur bcp d'aspects) moins bien que la France je ne vois pas très bien l'intérêt d'aller vanter sur les sites de mon pays d'origine les vertus du pays que j'ai réjoint si non agacer ce qui sont resté et qui de toute façon si restent ça veut dire que tout compte fait il sont bien dans leur système. Je suis souvent en accord avec vous, mais justement ça fait dix ans qu'on entend des lectures de ces genres:
      1) Soit la situation en France est absolument épouvantable et evidemment SEULEMENT en France.
      2) Soit c'est la championne du monde de tout et n'importe quoi, voir les sornettes de Todd et compagnie.
      Pour conclure je ne vous comprend pas très bien, vous habitez dans un pays étranger et vous vous amusez à "casser du français" sur ce site? Je ne sais pas si c'est votre cas, mais la première chose que cela donne à penser c'est que vous n'êtes pas si bien que cela en Allemagne.

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  13. @ Olaf
    C'est vraiment dommage en tout cas votre lien car je le répète d'un point de vue économique vous avez vos raisons et sans doute plus argumentés des nombreuses personnes de ce site qui n'ont qu'au clavier "nationalisation", "protectionnisme" en même temps dire que les gens s'en vont pour les raisons de M. Abiker c'est complètement controproductif. La majorité des français se fout totalement des assos qui portent plainte ou de Depardieu. M. Abiker confond la société française avec les médias, ça m'étonne qu'il ait peur de dire cela car ces genres de discours on l'a entendu déjà. On a eu droit aussi à français peuple de deprimé parce qu'il y a 5.000.000 (Bruno Etienne d'extrême gauche). de bouddhistes avant de découvrir que ce chiffre est totalement bidon car il n'y a que 1.000.000 des bouhddistes en France dont la majorité d'origine asiatique. C'est pour cela que extrapoler sans aucun ésprit critique la consommation d'antidépresseur en France (d'abord-a-t-on des statistiques non biaisés en prenant en compte aussi l'usage des drogues diverses?) me paraît un peu facile et à la base vouloir demontrer à tout prix que les français sont malheureux. Je ne sais pas peut-être que j'habite une région française ou les étrangers s'installent pour la douceur du climat. En tout cas si je devais partir certainement pas en Allemagne ou en Angleterre (au Brésil n'en parlont même pas).

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  14. Fiorino

    Ce que je mentionne est confirmé par de nombreuses études sociologiques par exemple faites par des français vivant en France, et par des français ayant vécu dans d'autres pays, dont un cousin qui a pris ses jambes à son cou et tout vendu pour aller aux US, où ça se passe bien mieux pour lui, donc il ne s'agit pas de mon cas personnel. Quant à dire ce qui se passe, ça revient à casser du français, c'est bien la position de l'autruche la tête dans le sable.

    Quant à l'Italie gangrenée par la mafia et le travail au noir...sortes de niches fiscales.

    Pour les psychotropes consommés en France, il y a les légaux et les illégaux, la France est aussi en bonne place pour les seconds. Vous allez me dire que c'est biaisé aussi, tout comme le taux de suicides plutôt assez élevé. Tout baigne dans l'harmonie et la bonne entente.

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    1. Ce qui n'est pas biasé la mortalité infantile qui aux USA et bien plus élevée qu'en France mais cela apparemnt ne vous intéresse rien du tout, car votre but est uniquement de prendre les donnés qui sont défavorables à la France. Bien sûr qu'il s'agit de votre cas personnel et celui de votre cousin parce que si on parle de cela je connais des américains qui vivent ici sur la côte et y travaillent mais jamais j'utiliserai cela pour dire que ici c'est absolument parfait. Votre vision caricaturale de l'Italie (qui d'ailleurs en tout cas pour le nord est très intégré économiquement à l'Allemagne) me fait conclure que vous avez une position manichéene. J'ai plutôt l'impression que vous avez un fort besoin de croire que la France va si mal, vous n'y vivez plus, mais apparament vous avez un fort besoin de ne dire que du mal de votre ex-pays. Pourquoi? Si non l'Allemagne est derrière l'espèrence de vie et elle se porte pas plus mal comme consommation de psychotropes. Ces genres de débats ne servent à rien si non a vous convaincre d'avoir fait le bon choix.
      PS Le médecin qui a opéré un de mes proches à nice est allemand... il travail à l'Archet.

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  15. J'ai connu une époque, les années 70, où les artistes soviétiques qui "choisissaient la liberté" (Noureev, Rostropovitch,...) étaient accueillis en héros en Occident et considérés comme des déserteurs dans leur pays (après y avoir été couverts d'honneurs). Dans le cas de Depardieu, c'est exactement le contraire : il est accueilli triomphalement en Russie et conspué en France pour son manque de "patriotisme". C'est un étrange retournement de l'Histoire.

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  16. @ Jean-Claude & JP

    Pas du tout d’accord avec votre point de vue. Vous oubliez que Piketty et Landais ont montré que le taux d’imposition effectif est fortement dégressif pour les très hauts revenus (passant de 45 à 35%). Ensuite, la taxe à 75% est essentiellement symbolique puisqu’elle ne toucherait que les revenus au-delà de 1 million par an, soit quelques centaines (voir milliers) de ménages, qui disposeront toujours des niches fiscales pour réduire le poids de l’impôt. Enfin, n’oubliez pas que le taux d’imposition marginal était supérieur à 70% dans les Etats-Unis de Nixon, qui n’était pas vraiment un bolchévique (et que Roosevelt l’avait monté à 91% pendant la guerre).

    Après, ce gouvernement tombe dans une stigmatisation assez lamentable (j’entendais récemment Cahuzac qui parlait de taxer « ceux qui se gavent (sic) »). Cela est totalement anti républicain à mon sens. L’évolution des rémunérations est la conséquence des choix politiques de nos gouvernants, et donc des socialistes. Ce faisant, ils dénoncent les conséquences de leurs actes.

    @ Francis

    Bien envoyé (pour le premier commentaire). L’immense majorité des chefs d’entreprise sont des personnes extrêmement utiles à la société et qui font leur travail dans des conditions souvent difficiles (faibles marges, procédures administratives). Après, la mondialisation néolibérale a produit une petite élite mondialisée qui dirige des multinationales et des banques qui se coupe de la société et qui refuse la plus élémentaire solidarité démocratique.

    @ Patrice

    Bonne idée.

    @ Sancelrien

    Tous mes vœux également.

    @ CVT

    Bonne année également. Je suis un peu moins radical sur le cinéma. Je pense que le système n’est pas si mauvais (à part certaines rentes comme les salaires des stars) et qu’il soutient une production diversifiée plutôt pas mauvaise (puisque la PdM du cinéma français a presque doublé en 20 ans). Bien d’accord sur le jugement à l’égard de certains artistes qui profitent de la protection nationale et refusent la solidarité. Et bien évidemment d’accord sur le protectionnisme industriel. Je vais en reparler prochainement.

    @ Le Parisien Libéral

    Je trouve cela profondément injuste (cf citation de Tocqueville, qui justifie la redistribution).

    @ Olaf et Fiorino

    « Pays détestable » ? David Abiker exagère. Fiorino a raison en soulignant l’extrême violence du Brésil (il y a juste 20 fois plus d’homicide à population égale…)

    Bien sûr, tout ne va pas bien en France, loin de là (chômage, niveau scolaire en chute libre…) mais ce n’est pas non plus le pire pays où vivre, loin de là également.

    @ GB

    Pas faux sur Depardieu. On ne parlait pas autant de Prost, Noah ou Forget (ce qui n’est pas juste). Complètement d’accord sur l’impôt citoyen (sur le modèle des Etats-Unis) : cela faisait partie du programme de NDA. La cause des causes n’est pas ici, mais c’est le symbole d’une décomposition de la société.

    @ Pierre45

    Bonnes questions. Sur le principe, si les Français avaient élu JL Mélenchon, qui propose un taux d’imposition de 100% au-delà de 360 000 euros de revenus, j’aurais tendance à dire que la légitimité démocratique s’impose. J’ai du mal à penser qu’il faudrait mettre une limite à l’imposition, même si, à titre personnel, je pense que l’idée de bouclier fiscal à du sens (mais à 60% au moins vu que les PO représentent 44% du PIB). Après, je me pose encore des questions.

    Bien sûr, voter avec les pieds n’est pas illégal, mais on peut aussi trouver que cela n’est ni moral, ni citoyen, ni civique et penser qu’il faudrait un impôt lié à la citoyenneté, comme aux Etats-Unis. Et je trouve qu’il est un peu facile de rester citoyen tout en ne contribuant plus à la solidarité nationale.

    @ Anonyme

    Tous mes vœux également. La mondialisation pousse malheureusement au moins disant social.

    @ Claribelle

    Très juste, mais en tant qu’acteur (secteur protégé par la France), il devrait être plus sensible à la solidarité nationale.

    @ Emmanuel B

    Bien vu. Sur le cinéma, je suis favorable au système actuel, mais du coup, la désertion fiscale devient assez peu supportable.

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    1. Merci de votre réponse,

      L'idée de bouclier fiscal découle naturellement du droit de propriété: l'impôt est un mal nécessaire, un moyen de financer ce "bien commun" qui est mieux accompli via l'Etat que via des entreprises privées, mais un mal quand-même. Il va de soi qu'il doit être le plus réduit, le plus égalitaire et le plus indolore possible, si l'on part du principe que c'est l'individu qui est souverain et non l'Etat. Je pense par contre que confondre "impôts" et "solidarité nationale" est faux: l'impôt finance l'Etat, pas la société ni la Nation. On peut très bien être solidaire de son pays sans y payer d'impôts: il suffit d'y créer des emplois ou de consommer sa production. Un expatrié qui participe au rayonnement français à l'international fait bien plus pour son pays (et est donc bien plus solidaire de ses concitoyens) qu'un français qui se laisse porter par le système mais paye bien sa TVA.

      Enfin, lier l'impôt à la citoyenneté n'a de sens que dans un pays où 1/ l’État est le plus puissant de la planète et peut donc forcer les autres gouvernements à accepter et 2/ les impôts en question sont très faibles et facilement contournables. C'est à dire aux USA. Ça n'arrivera jamais en France, et heureusement, les prélèvement y étant que trop élevés ils ne vont maintenant que descendre.

      "We contend that for a nation to try to tax itself into prosperity is like a man standing in a bucket and trying to lift himself up by the handle." by Winston Churchill.

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  17. olaf
    Olaf
    " Quant à dire ce qui se passe, ça revient à casser du français, c'est bien la position de l'autruche la tête dans le sable."

    Mais vous ne dites pas ce qui se passe vous partez de votre cas personnel ou de votre pote. Il y a aussi de français qui sont parti à l'étranger et sont retoruné en France. D'autre part vous ne vivez plus en France pour prendre les poux d'un pays il faut aussi y vivre. C'est d'ailleurs dommage car certaines choses que vous dites sont intéressantes, mais quand vous tombez dans des domaines que vous ne maîtrisez pas comme la santé pour caricaturer cela discredite tout. Si les français consomment un peu plus de psicotrophes des allemands (qui eux aussi en conomment plus) c'est aussi à cause de certains pratiques comme la recette facile des généralistes (faudrait voir encore combien sont consommé vraiment), le fait aussi que les allemands fassent si peu d'enfant c'est pas certainement un signe de confiance de l'avenir.

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  18. LP

    C'est sûr que si vous comparez aux pires pays, on peut trouver pire que le Brésil aussi, il y a de la marge. Mais bon, ça va pas faire avancer le schmilblic.

    Le titre de l'article est une accroche, faut lire l'article en entier.

    Fiorino

    Je parle d'études de sociologie du travail, concernant le management à la française entre autres qui joue sur la performance. Du fait que j'ai suivi des cours de socio et fait une étude de cas, ça m'a permis d'observer les systèmes concrets en action et de pouvoir lire une étude.

    Les psychotropes illégaux, ni l'alcool ne sont prescrits par des médecins.

    Quant au domaine de la santé, pas de chance, j'y travaille avec des médecins, des pharmaciens et des hôpitaux, avec des études épidémiologiques et cliniques, plus formations régulières. Dans la mesure où vous ne connaissez pas mon cursus évitez de trop vous avancer sur ce point.

    D'autre part, je ne préconise nulle part que les français se mettent à parler allemand, mangent du schnitzel et boire de la bière( bien meilleure en général ) tous les jours, ni porter des shorts en cuir, si c'est ça que vous voulez me faire dire. Je préconise d'identifier les problèmes, et de voir si ailleurs on ne trouve pas mieux à l'occasion. Ce qu'est censé faire aussi toute entreprise pour pas rester dans le bourbier. Le Brésil part d'une situation de colonisation, puis de régimes autoritaires, comme d'autres émergents, difficile qu'il rattrape si vite son retard, même si il y a une convergence des BRICS vers les développés accompagnée d'une divergence inégalitaire au sein des pays, y compris développés. Donc une homogénéisation des sociétés sur le plan mondial. Il ne s'agit pas d'un complot ourdi par les US ou autres chinois. Les connaissances techniques se diffusent et entrainent cette évolution irréversible. La question est comment limiter les inégalités, ça mettra du temps, si ça arrive.

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    Réponses
    1. Pas de chance pour vous parce que la mortalité infantile et maternelle son bien plus elevé aux USA. D'autre part vous parlez d'études sociologiques mais ça ne démontre pas que la France est un pays détéstable. Vous la detestez parce qu'elle n'a pas su vous offrir ce que vous attendiez d'elle. D'autre part si vous ditez que l'Allemangne peut se passer de la zone euro pourquoi ne pas la quitter?

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    2. Olaf
      "Le titre de l'article est une accroche, faut lire l'article en entier"

      Ce qu'apparament vous n'avez pas fait car la comparaison avec le Brésil c'est David Abiker qui l'a fait!!! Cet article c'est une provoc haineuse qui a l'effet totalement contraire de ce qu'elle prétend obtenir. Au moins que l'effet recherché ne soit aucunement dire la verité mais dire sa haine pour la France.

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  19. Ramzan Kadyrov est le dictateur au pouvoir en Tchétchénie depuis 2007.

    Pour son trente-cinquième anniversaire, le 5 octobre 2011, des vedettes acceptent son invitation pour des montants inconnus : Jean-Claude Van Damme, Hilary Swank, Eva Mendes, Vanessa Mae (celle-ci pour 500 000 dollars, selon la presse locale).

    Un an plus tard, le 5 octobre 2012, Ramzan Kadyrov a de nouveau payé quelques vedettes pour venir fêter ses 36 ans dans la capitale de la Tchétchénie, Grozny.

    Question : combien de dollars le dictateur Ramzan Kadyrov a-t-il payé à Gérard Depardieu ?

    500 000 dollars ?

    Lisez cet article :

    « Gloire à Kadyrov ! » Depardieu célèbre son ami l’autocrate tchétchène.

    Depardieu n’est pas seulement l’ami de Nicolas Sarkozy et de Fidel Castro.

    Le 5 octobre 2012, Grozny a célébré sa fête annuelle, qui tombe opportunément en même temps que l’anniversaire du président de la République et autocrate tchétchène Ramzan Kadyrov, soupçonné de nombreux crimes.

    Invité d’honneur, l’acteur Gérard Depardieu est venu rendre gloire à son ami Ramzan Kadyrov, qu’il célèbre sur cette vidéo :

    « Gloire à Grozny, gloire à la Tchétchénie, gloire à Kadyrov ! »

    Selon un communiqué de presse officiel tchétchène, le gala auquel assistait Depardieu s’est terminé par une danse caucase au cours de laquelle Kadyrov a dansé quelques pas avec l’autre invitée de marque, l’actrice italienne Ornella Muti.

    Voir la vidéo complète :

    http://www.rue89.com/zapnet/2012/10/22/gloire-kadyrov-depardieu-celebre-son-ami-lautocrate-tchetchene-236434

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  20. BA

    Qu'est ce qu'on en a à fiche des 500 000 dollars de Gégé qui a une fortune de 100 millions d'euros. Il se dépayse et fait le trublion, et alors, il a le droit d'être aussi con que le commun des mortels qui sont pas souvent mieux, même nettement moins riches, c'est aussi ça l'égalité, l'égalité à la connerie. Qu'on arrête de vouloir des êtres parfaits et purs qui n'existent nulle part. Tant qu'il ne tue personne... En plus, ce pognon d'une façon ou d'une autre reviendra en France. Ils font tous ça, des cachets de représentation, la Mutti, Clinton, Blair, le Sarko...

    C'est la jet set. Faut arrêter de focaliser sur GD, c'est la règle de ce milieu. Carnet d'adresse, notoriété, bancable, poches profondes, boites et restaus de luxe. Vous pensez quoi ? Qu'un mec pété de thunes allait se retirer dans un monastère. Ca arrive une fois sur cent mille. Je vous souhaite de croquer la pomme du fric pour enfin comprendre que la plupart y succombent.

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  21. Il faut quand même être prudent sur ces rumeurs de d'exil massif des riches.
    C'est la peur que veulent répandre les grands medias, comme par hasard après le "retoquage" de la taxe des 75 % comme pour préparer les esprits à son futur enterrement.
    Cet exode est peut être réel mais on n'a pas de chiffre pour en mesurer la realité. On a deja annoncé annoncé maintes fois l'exode des "forces vives" (rires enregistrés) et qu'on constate au final ? Que les riches sont de plus en plus nombreux en France.

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    1. TeoNeo
      Mais est-ce que c'est grave si les riches sont plus nombreux en France? Le problème c'est d'avoir moins de pauvres et que cette taxe à 75% permette d'avoir moin des pauvres je n'en suis pas aussi sûr. Votre commentaire au fond montre bien le côté punitif de cette taxe à défaut de l'efficacité.

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    2. Je parlais surtout de la désinformation par les grands medias. Après on peut interpreter le nombre des riches comme on veut.
      Pour ma part ce n'est pas le nombre de riches le probleme mais la divergence frappante de tendance dans ces annéés de crise entre les riches d'un coté et les salariés et petits patrons. Le marché du luxe se porte toujours très bien et parfois mieux, quand le chômage et la pauvreté explose.
      Le nombre des riches est quand même un revelateur d'une economie qui tourne de façon completement absurde et revelateur des mensonges des neoliberaux.
      Si les riches créent de la croissance pourquoi l'economie tourne de plus en plus mal a mesure que le nombre de riches (et surtout leur patrimoine) augmente ?

      Et puis même si cette taxe est peu utile pour les finances son abandon probable donnerais le signal au peuple que les riches ont une influence demesurée dans la société un seul riche qui "vote avec ses pieds" a plus d'influence que des milliers de grevistes et ca pose un probleme de democratie. Le gouvernement ne leur rend pas vraiement service avec ces volte face.

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  22. Je pense que les gens vivent et bougent au gré de leurs motivations, c'est un droit inaliénable. Ce en quoi je trouve totalement idiot cet appel au patriotisme inconditionnel, le patriotisme n'est pas une loi ni une religion à ma connaissance, alors que le droit international et bilatéral a largement statué, à moins de récuser toutes les réflexions du droit, ce qui est hasardeux. Et les réglementations n'y changeront rien, à moins d'être autoritaires, ce qui n'est pas sans conséquences en retour.

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  23. Je m'autorise tous les droits à exprimer mes désaccords avec mon pays d'origine, personne n'a le droit de m'interdire cette liberté d'expression et le droit à la critique. La patrie, la famille, ça commence à devenir pénible.

    Il serait temps de prendre ses distances avec des systèmes d'enfermement par fidélité bornée.

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    1. Personne vous l'interdit en revanche on peut tout de même penser que vous avez une certaine haine envers votre pays d'origine qui vous aveugle un peu sur votre jugement.

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  24. @ Démos

    Bien d’accord. Je crois que la montée des inégalités couplée à un refus de la solidarité des plus riches explique (mais ne justifie pas) à mon sens, le discours de plus en plus agressif à l’égard de certains comportements. Le problème est, comme on le voit avec l’affaire Depardieu, que cette agressivité renforce le refus des règles collectives nationales par ceux qui en ont les moyens, accentuant la colère des 99%. Bref, nous sommes dans un cycle de décomposition sociétale qui s’auto-renforce.

    Bien d’accord sur votre jugement à l’égard des socialistes.

    @ Emmanuel B

    Bien d’accord. La crise économique rend totalement insupportable le fait que la richesse des milliardaires se soit autant accrues en 2012 par exemple.

    @ Olaf

    Le fait qu’il y ait deux fois plus de recherche en Allemagne vient aussi du fait que la production industrielle allemande doit être deux à trois supérieure à celle de la France… Et tout l’écosystème allemand pousse à innover, ce qui n’est pas le cas de la France, trop dépendante de la recherche de quelques grands groupes.

    @ TeoNeo

    Difficile de savoir en effet. On faisait grand cas des départs de 500 personnes payant l’ISF sous Sarkozy pour justfiier la baisse de cet impôt, soit… 0,1% des personnes le payant. Cela peut juste correspondre aux départs d’expatriés pour des multinationales (notre pays en a beaucoup). J’ai vu dans le journal le cas des demandes de nationalité belge, qui a doublé, passant de 63 à 126 ! Qu’il y ait plus de départs, sans doute. Que cela soit massif, cela reste plus questionnable. Très juste, une étude du Crédit Suisse montrait que notre pays était le 3ème au monde pour le nombre de millionnaires, le 1er en Europe :

    http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2010/10/27/le-grand-bluff-de-l-enfer-fiscal-francais-pour-les-riches.html

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    1. Pour ceux qui aime le cinéma voir "Ces messieurs de la santé" film de 1934 avec Raimu qui illustre bien la déliquescence de la société d'avant guerre extrêmement proche de la notre j'avais déjà vu ce film il y a 20 ans et je songeai que nous y allions ; d'autres pensent que nous serions plutôt dans une séquence 1780 ; a suivre !

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  25. Fiorino

    A ce compte, tous ceux qui émettent des études critiques étayées ne le font que par haine. Être lucide n'est pas la haine, vous êtes ridicule puissance cube. Du raisonnement à la Sarko, la France tu critiques pas, sinon tu la quittes.

    D'autant plus que j'y reviens parfois, je serais donc en plus maso d'y passer des congés et d'y dépenser de l'argent.

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  26. Antoine a dit :
    "J'ai connu une époque, les années 70, où les artistes soviétiques qui "choisissaient la liberté" (Noureev, Rostropovitch,...) étaient accueillis en héros en Occident et considérés comme des déserteurs dans leur pays (après y avoir été couverts d'honneurs). Dans le cas de Depardieu, c'est exactement le contraire : il est accueilli triomphalement en Russie et conspué en France pour son manque de "patriotisme". C'est un étrange retournement de l'Histoire... "

    ... et une preuve que notre pays s'approche de plus en plus du modèle soviétique.

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    1. L'a t'on empeché de partir ?

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