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lundi 21 janvier 2013

Retraites, marché du travail : la grande régression est en marche


Qu’aurait-on dit si cela avait été fait par Nicolas Sarkozy ? Au final, parce que ce sont les socialistes qui la mettent en place, la grande régression des droits sociaux avance de manière assez discrète, même si la récente sortie de Jérôme Cahuzac sur la désindexation des retraites semble plus risquée.

Haro sur les retraites

C’est un très bon papier de Laurent Mauduit sur Médiapart qui nous alerte sur les menances qui planent actuellement sur les retraites. Comme il l’explique très bien, après un début de quinquennat qui avait vu un relèvement de l’imposition sur les entreprises et les entrepreneurs, le gouvernement semble avoir changer de fusil d’épaule devant la révolte illustrée les polémiques sur la taxation sur les cessions d’entreprises ou celles sur les départs de riches contribuables hors de France.

En effet, à la surprise générale, le gouvernement a largement adopté les conclusions du rapport Gallois, allant jusqu’à mettre en place un dispositif de crédit d’impôt de 20 milliards, au fonctionnement néanmoins compliqué. Les partenaires sociaux ont aussi conclu un accord pour flexibiliser le marché du travail. Mais un troisième volet semble se dessiner avec le déséquilibre de la branche retraites, qui devrait atteindre 20 milliards en 2020, signe patent de l’échec prévisible de la réforme Sarkozy.

Jérôme Cahuzac, ministre du budget, a évoqué une désindexation des retraites de l’inflation, une grosse source d’économie qui viendrait raboter chaque année le pouvoir d’achat des retraités (indexé sur l’évolution des salaires jusqu’en 1994). A croire qu’ils se sont concertés, Laurence Parisot, elle, propose de repousser à 64 ans l’âge de départ à la retraite pour 2027 et un dispositif proche de celui avancé par le ministre, à savoir une baisse de 5,5% du pouvoir d’achat des retraites en 5 ans.

Le marché du travail, version institut Montaigne

mercredi 14 novembre 2012

François Hollande cohérent dans l’erreur


Hier, François Hollande a fait sa première conférence de presse. Une nécessité pour fixer un cap clair à son action, que les Français peinaient à comprendre. S’il a réussi à remettre de la perspective à son action, pas sûr que sa ligne social-libérale lui permette d’entamer une véritable reconquête.

Une véritable cohérence

Cette conférence de presse a eu un vrai mérite pour l’équipe au pouvoir, à savoir expliquer la cogérence de son action depuis le mois de mai. Et à dire vrai, une véritable cohérence s’en dégageait. Alain Duhamel disait hier matin qu’il pensait que François Hollande avait commencé son mandat avec des mesures socialistes, puis qu’il avait viré social-démocrate avec son budget d’austérité avant de passer carrément social-libéral en acceptant les conclusions du rapport Gallois.

Mais ce n’est pas l’impression que la conférence de presse laissait. Françoise Fressoz du Monde a bien résumé la situation en affirmant que « Hollande assume enfin l’hollandisme ». En fait, ce président à la fermeté un peu surjouée a totalement assumé son social-libéralisme refusant d’admettre le moindre virage. Et pour être honnête, la mise en perspective de ses promesses de campagne et de la politique menée depuis six mois semblait finalement très cohérente.

Le président a commencé par rappeler les mesures de justice prise dès le début du mandat : la baisse de la réumération des ministres et des patrons du service public, la création d’emplois dans l’éducation, les hausses de l’allocation de rentrée et du SMIC, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeune. Dommage que personne ne l’ait repris sur la hausse du SMIC, en lui rappelant qu’il a été trois fois moins généreux que Chirac en 1995.

Bricolages dans un cadre néolibéral

samedi 10 novembre 2012

Rapport Gallois sur la compétitivité : surprises et lacunes



Un rapport mi-figue, mi-raisin

Tout n’est pas à jetter dans le rapport Gallois. Le constat, sévère, est intéressant. Il met des chiffres sur le désastre industriel français : plus de deux millions d’empois perdus en trente ans (dont près d’un million depuis dix ans). Il rappelle que le solde commercial hors énergie est passé d’un excédent à un déficit de 25 milliards d’euros en dix ans, que la part de l’industrie dans la valeur ajoutée est passée de 18% en 2000 à seulement 12,5% en 2011, contre 18,6% en Italie et 26,2% en Allemagne. Il donne une explication structurée de certains de nos problèmes et de leurs causes.

Mieux, même s’il ne dépasse pas les convenances du politiquement correct, il égratigne sévèrement la politique européenne en dénonçant une « stratégie industrielle européenne lacunaire ». Il critique le fait que « la politique de la concurrence domine toutes les politiques européennes ». D’un point de vue commercial, il appelle à une « ouverture équitable », ce qui, en creux, indique que l’Europe s’ouvre sans contre-partie aujourd’hui. Enfin, il appelle à mettre « la politique monétaire extérieure au service de la croissance » et dénonce le niveau élevé de l’euro (qu’il dénonçait déjà en 2008).

Mais s’il évoque rapidement les causes européennes de la crise productive française, ce rapport semble complètement ignorer le fait qu’en Asie, en Afrique du Nord ou en Europe de l’Est, les salaires sont cinq à dix fois plus bas qu’en France, ce qui le principal vecteur du déficit de compétitivité de notre pays dans cette mondialisation. Ce faisant, son constat reste très partiel. Certaines propositions sont intéressantes, mais elles semblent un peu dérisoires pour compenser les écarts salariaux qui existent aujourd’hui, comme je l’avais souligné il y a une semaine ou comme le soutient Attac.

La suprise du gouvernement