Coup de
foudre patriote
Ce livre
conservera pour toujours un caractère particulier. En effet, voici un
intellectuel a priori peu tourné vers son pays, qui semble découvrir son amour
charnel pour sa patrie. Mais dans ce texte finalement assez brut, l’intellect
et le rationnel font assez souvent place aux tripes et aux sentiments, le
tout dans un style parfois un peu familier et provoquant, mais dont le fond
témoigne d’une grande culture et d’une mise en perspective souvent originale et
recherchée, entre l’empirique et le théorique. Cela donne une belle chaleur à
cette véritable déclaration d’amour, à mettre au panthéon du patriotisme. Ce
livre, assez méridional, donne aussi une envie, hélas malheureusement
impossible aujourd’hui, de discuter avec son auteur, une invitation au dialogue
et à la discussion et à lire ses autres ouvrages.
Il note,
sans le formaliser pleinement, ce qui unit notre pays. Il cite Pierre Chaunu,
qui, en 1982, parlait des « 800
millions de morts dormant sous la terre de la douce France » ou Marc
Bloch, dans « L’étrange défaite »
: « il est deux catégories de
Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de
vibrer au souvenir du Sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le
récit de la fête de la Fédération ». Il parle avec émotion de son
maître « très sévère » de
CM1, qui « nous donnait simplement
envie de lire (…) bras croisés, muets de terreur et d’émotion ». Il
vante la richesse de notre débat intellectuel, reconnu par de nombreux Nobel,
notre vision de la famille et de la femme, nos racines terriennes, notre
diversité, notre tolérance, mais aussi nos contradictions.
La
conversion d’un anarchiste internationaliste