La gestion néolibérale du capitalisme depuis les années 70 a
produit la compression des salaires, le ralentissement de la croissance
économique et la concentration de la fortune entre les mains des 5 ou 10% les
plus riches. Il en résulte un chômage et une insécurité sociale chroniques,
brutalement aggravés par la crise de 2008.
C’est dans ce contexte que montent en puissance des
représentations de la sociétés selon lesquelles les maux qui accablent la masse
de la population auraient leur origine dans des groupes ethniques ou religieux
dont les propriétés expliqueraient pêle-mêle la délinquance, l’épuisement des
finances publiques, le chômage ou la prédation financière.
Le racisme est la croyance selon laquelle l’humanité se
diviserait en différents groupes, génétiquement déterminées et transmettant à
leur descendance un ensemble de caractères discriminants. Après la Seconde
Guerre Mondiale, les doctrines qui en sont héritées évitent généralement toute
référence à la « race ». Elles évoquent des
« communautés », mais conservent le postulat d’une irréductible
différence, qu’elle soit d’origine « ethnique », religieuse ou
culturelle, qui rendrait illusoire tout projet d’amalgame entre les
populations. Ce communautarisme
est le socle intellectuel de politiques d’isolement, de discrimination,
d’épuration ethnique, etc.