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dimanche 19 avril 2026

lundi 20 janvier 2025

Les attaques ridicules contre X

Aujourd’hui, un curieux attelage allant de Sandrine Rousseau au président de la région Grand Est, pourtant de droite, en passant par quelques macronistes, quitte bruyamment le réseau social d’Elon Musk, qui serait devenu un danger pour la démocratie. Mais derrière le discours de ces auto-proclamés bien pensants, difficile de ne pas y voir un réflexe profondément intolérant et autocratique.


 

X, mieux que Radio France ou France Télévisions

 

mardi 17 novembre 2015

Interdicton de boycott et liberté d’expression



Condamnée pour une opinion


C’est une circulaire envoyée par le ministère de la justice début 2010, visant spécifiquement les « appels au boycott de produits israéliens » et appelant à une « réponse ferme » qui semble en être à l’origine. L’avocat des manifestants veut porter l’affaire devant la Cour Européenne des droits de l’homme. Cette décision est très critiquée. Notre particularité, c’est que « beaucoup de pays n’ont pas de lois aussi poussées en matière de lutte contre les discriminations ». Un magistrat de la défense se demande si « les droits de producteurs étrangers doivent-ils prédominer sur une liberté politique ? Où est la limite ? ». Même si sur le fond, je reste opposé au fait que l’Europe puisse avoir un mot à dire sur toute décision de justice de notre pays, malgré tout, pour une fois, je dois reconnaître que ce ne serait pas injuste.

La totalitarisation du débat public

dimanche 25 octobre 2015

Bons et mauvais procès faits à Marine Le Pen




Des médias et de la liberté de parole

Ma critique de l’annulation de sa venue jeudi soir sur France 2 a déclenché un torrent de commentaires de défense de sa position, y compris par des non sympathisants. Etonnament, le Monde lui tire son chapeau en disant qu’elle a « montré sa maitrise de l’outil médiatique » et « sait jouer avec l’outil en le contournant au besoin et en misant sur Internet ». Mais je persiste à penser qu’elle a fait une erreur, et pas seulement pour les personnes qui lui sont hostiles, comme moi. Même si le programme a été changé au dernier moment, il n’était pas illégitime qu’elle affronte les deux autres têtes de liste de sa région. Et il est tout sauf évident que ses électeurs jugent favorablement cette reculade devant l’obstacle. Enfin, je persiste à penser que cela révèle une vision des médias pas très démocratique.

Par ailleurs, le procureur de la République a réclamé la relaxe pour Marine Le Pen pour avoir comparé les prières de rue à l’Occupation nazie. Pour lui, elle n’a fait « qu’exercer sa liberté d’expression ». Le jugement a été mis en délibéré au 15 décembre. Et même si j’avais condamné alors ses propos et que leur teneur fait justement partie des éléments qui classent le FN est un parti d’extrême-droite, en revanche, je ne pense pas qu’il soit souhaitable que Marine Le Pen puisse être condamnée pour ces propos. Que les électeurs, comme moi, la jugent indigne du pouvoir pour de telles déclarations, c’est la loi de la démocratie. Mais, qu’elle soit condamnée pour les tenir, cela me semble excessif, comme l’instauration d’une censure un peu totalitaire qui ne me semble pas respecter les valeurs démocratiques.

Les critiques que l’on oublie trop

jeudi 8 octobre 2015

Fallait-il exclure Nadine Morano ?




Juste sanction ou polilce de la pensée ?

Bien sûr, sur le fond, comme je l’ai écrit la semaine dernière, je pense que Nadine Morano a dérapé. Si on peut dire que la France était à l’origine un pays de race blanche, il n’est pas juste de le dire au présent car cela exclut une part non négligeable de nos concitoyens. Et elle a repris des termes qu’affectionne la droite la plus extrême, emboîtant le pas à Marion Maréchal Le Pen, sur les idées délirantes de remplacement, ou d’invasion. Ce faisant elle a cumulé démagogie et xénophobie. On peut aussi penser que les Républicains peuvent définir des règles, et que l’ancienne ministre, actuelle députée européenne, les a enfreintes et doit donc être sanctionné pour cette raison, ce qui justifierait son exclusion de la tête de liste départementale en Meurthe-et-Moselle pour les élections régionales de décembre.

D’abord, même si on condamne ces propos, il est un peu gênant que ce soit le parti de Nicolas Sarkozy qui sanctionne de tels propos, sachant qu’il a tenu des propos guère plus reluisants quand il était président de la République. Son discours de Dakar sur l’homme Africain était inacceptable, et parce qu’il était écrit en amont peut-être bien plus inexcusable. Ensuite, cette affaire pose quand même la question de la liberté de pensée et de parole. Je ne fais pas partie de ceux pour qui il faudrait interdire d’interdire : les Etats-Unis ne sont pas un exemple. Mais ici, ne tombons-nous pas dans une forme de police de la pensée et la parole, un nouvel aspect orwellien à notre époque ? Si la démagogie n’est pas sanctionnable, faut-il vraiment sanctionner la xénophobie, et plus encore la xénophobie seulement implicite ?

Ce que cela dit de notre époque

mardi 27 janvier 2015

Censure, délit d’opinion : la dérive liberticide du pouvoir

Si les 17 morts du début d’année ont engendré un vaste rassemblement patriote de défense des valeurs de la République, il a également charié des réactions assez répugnantes, et certaines ont été sanctionnées par de la prison ferme. Sans être partisan du laisser-faire, n’est-ce pas aller trop loin ?



Menaces sur la liberté d’expression ?



Contradictions liberticides

mardi 20 janvier 2015

Les questions que posent ceux qui ne sont pas Charlie





Les raisons de la contestation

En un sens, le fait de questionner le mouvement largement majoritaire #JeSuisCharlie, auquel j’adhère, me semble être une forme d’hommage aux journalistes décédés, en remettant en cause l’ordre établi et en soulignant aussi l’esprit critique et la liberté qui existent dans notre pays. Et ces réactions nous imposent de réfléchir à leur sens. Même si je condamne les propos de Dieudonné et sa dernière provocation lamentable, je pense que la justice a raison de l’avoir autorisé à jouer à Strasbourg. En l’interdisant, nous serions allés dans le sens voulu par les assassins. N’est-ce pas en laissant s’exprimer la théorie du complot, tout en la contredisant quand elle dit faux, qu’on la combattra le mieux ? Réduite à la clandestinité, elle est renforcée. Mais cela signifie que les médias doivent veiller à être plus pluralistes.

Après, cela ne signifie pas naturellement qu’il faille laisser faire ceux qui ont perturbé les minutes de silence, qui doivent être sanctionnés. Et je n’ai aucune complaisance avec certaines remises en cause aux relents douteux. Le cas d’Olivier Berruyer, un blogueur star alternatif modéré que je respecte, est particulièrement intéressant. S’appuyant sur une interprétation que je n’avais pas décelée de la couvertue de Charlie Hebdo, il dénonce une manipulation et les juge irresponsables. Il cite Plantu, pour qui « observer des tabous, ce n’est pas forcément une régression, ce n’est pas un pas en arrière pour la liberté d’expression : c’est un pas en avant pour l’intelligence ». Ce faisant, il rejoint quelque part la contestation du pape François et de l’église catholique pour qui « on ne peut pas insulter la foi des autres ».

#JeResteCharlie, sans état d’âme

dimanche 19 janvier 2014

De l’affaire Dieudonné, de la liberté d’expression et de la censure


Le flot de l’actualité a (heureusement) fini par reléguer les spectacles de Dieudonné au second plan. Sans doute le bon moment pour se poser des questions sur le tourbillon politico-judiciaire qui a interdit plusieurs représentations du polémiste, contraint d’ajuster son spectacle.



Le retour de la censure ?

C’est la question qui peut en effet se poser au sujet de l’interdiction du spectacle de Dieudonné. Comme le soulignent de nombreux opposants au polémiste, comme Edwy Plenel, Maître Eolas ou Daniel Salvatore Schiffer sur Marianne, il ne fallait sans doute pas interdire les représentations, même si elles contenaient des remarques ouvertement antisémites. Ces dernières devaient être sanctionnées par la justice, selon les lois de la République, qui ont déjà sévi plusieurs fois à l’égard du récidiviste Dieudonné. Comme je l’avais souligné dans mon premier papier sur le sujet, la circulaire du ministre de l’intérieur ressemble beaucoup à une loi d’exception, qui rappelle clairement les temps de la censure.

Daniel Salvatore Schiffer démonte l’argumentation du ministre en soulignant qu’il n’y avait pas vraiment de danger pour l’ordre public. Et à partir de ce moment là, si on se base sur le respect de la dignité humaine, il est tout de même inquiétant de constater que le gouvernement fait pression sur la justice (malmenant la séparation des pouvoirs) pour interdire a priori à un polémiste de prononcer des paroles qui ne respectent pas la dignité humaine. Il s’agit d’un précédent délicat car on voit bien la mauvaise pente que cela peut faire prendre, à savoir une véritable censure. C’est une chose de sanctionner des propos qui contreviennent à la loi, c’en est une autre d’empêcher de les prononcer a priori.

Une manœuvre politicienne