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lundi 13 décembre 2021

La gauche en pleine auto-destruction

C’est peu de dire que la gauche traverse une crise à l’approche de l’élection présidentielle. Son premier candidat pointe sous les 10%, à une peu glorieuse 5ème place, pour un total d’à peine un quart des sondés. Parmi ses cinq candidats, Arnaud Montebourg semble proche du retrait et Anne Hidalgo, après avoir refusé des primaires, a fini par en proposer, mais cela a été durement rejeté par le camp écologiste. Pire, aucune leçon ne semble tirée de cette complète déroute électorale.

 


Partisans dérisoires qui ont trahi leurs idéaux

 

jeudi 23 mars 2017

Drapeau, Marseillaise : quand les militants de gauche se réapproprient la France

Quand j’ai commencé à militer politiquement, il y a 25 ans, le drapeau tricolore et la Marseillaise étaient exclus de tout rassemblement politique de gauche. Mais depuis dix ans, on note une véritable évolution, pointée par Jack Dion, de Marianne sur Facebook (et à qui je me suis permis de reprendre sa photo) : la nation n’est plus taboue à gauche et c’est une très bonne nouvelle !



Le partage de la fierté nationale ?

mardi 9 août 2016

Europe : la sortie du débat du progressisme économique

Il s’agit sans doute d’une conséquence pas totalement illogique de la tragi-comédie Grecque de 2015, avec le double vote des citoyens du pays finalement oblitéré par l’accord signé par Alexis Tsipras. Mais on peut voir dans cet épisode, le premier d’un recul historique des idées progressistes dans les pays européens, ce qui est confirmé par bien des récentes élections.



Quand la gauche oublie le peuple pour des idoles

mardi 28 avril 2015

Ce qui cloche dans le débat sur les migrants

Depuis le drame de la semaine passée, on débat de ce qu’il faudrait faire en réaction aux centaines de migrants africains morts dans la Méditerranée. Mais dans le flot des réactions, les contradictions et les analyses à courte vue ou totalement contre-productives se multiplient.



Déplorer les effets dont on chérit les causes

D’abord, comment ne pas voir que ces morts sont aussi le produit de la société construite depuis des décennies, où le laisser-faire et le laisser-passer favorisent justement l’immigration illégale en réduisant les contrôles aux frontières, quasiment effacées en Europe. Et si de nombreux Africains sont prêts à payer des fortunes pour traverser la Méditerranée, c’est du fait de l’écart de développement entre les deux rives, mais aussi à cause du modèle économique que nous y avons promu, plus instable, et donc plus dur pour des peuples dont une partie peut finir par préférer tenter une aventure chère et risquée, se couper de leurs racines et leurs familles, la marque d’une forme de désespoir.

Et il est tout de même effarant que Le Monde, Libération ou Daniel Cohn-Bendit évoquent comme solution l’ouverture plus grande des frontières, qui ne ferait qu’augmenter le nombre de bateaux sur la Méditerranée. Comment croire qu’une telle mesure pourrait réduire le nombre de victimes, à moins de ne mettre aucune limite à l’immigration venue d’Afrique, ce qui est inenvisageable ? L’UE, comme souvent, s’est contentée de promettre davantage de moyens pour patrouiller mais il est frappant de ne voir aucune mesure annoncée pour aider le développement de l’Afrique ou pour réduire l’intérêt des migrants de franchir la Méditerranée, ce qui représentent tout de même les deux enjeux majeurs ici.

L’immigré illégal, ce héros

mercredi 7 janvier 2015

Disparition de la gauche et mise en péril de la démocratie (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus.


On serait, tout particulièrement depuis l’arrivée au pouvoir de M. Hollande et de ses sbires, bien en mal de définir ce qu’est la gauche aujourd’hui.

Pourtant si l'on prend une approche historique, on ne manque pas de concret. En effet, en repartant  du positionnement droite-gauche à la Révolution[i] :
- la gauche est initialement monarchiste constitutionnelle, pour proposer un espace de liberté et d'égalité en opposition à la monarchie absolue ;
- puis républicaine, pour une société où chacun peut accéder aux responsabilités ;
- puis sociale ou socialiste, pour une société qui ne laisse personne au bord du chemin.

lundi 21 octobre 2013

Jean-Claude Michéa fusille la gauche


La déconstruction du néolibéralisme n’est pas le premier objectif de ce livre de Jean-Claude Michéa. La thèse principale est d’expliquer comment ce qu’on appelle la gauche est passée d’un idéal des Lumières au capitalisme absolu. Et sur ce sujet, il se fait saignant.



Le faux magistère moral de la gauche

A l’origine, cet essai est issu d’un dialogue avec Florian Gulli, militant du Front de Gauche surpris qu’il (Michéa) ne « convoque pas sous le signe exclusif de la gauche l’indignation grandissante des ‘gens ordinaires’ (Orwell) devant une société de plus en plus amorale, inégalitaire et aliénante » malgré « le discrédit aux yeux des catégories populaires (…) après trente années de ralliement inconditionnel au libéralisme économique et culturel ». Michéa réplique en dénonçant « l’utilisation des questions sociétales comme le masque politique privilégié sous lequel la gauche moderne entend désormais dissimuler sa conversion intégrale à l’économie de marché (comme si, en d’autres termes, la volonté d’abandonner ceux qui produisent la richesse collective au bon vouloir des prédateurs de la finance mondiale pouvait être ‘compensée’ par le fait qu’ils pourront, en échange, fumer librement du cannabis devant les portes de ‘Pôle Emploi’ » !

Il dénonce un culte aveuglant de la gauche pour le progrès et ce qui est grand (par opposition aux petits agriculteurs, aux petites entreprises, aux commerçants ou aux artisans). Provoquant, mais sans doute très juste, il pointe « qu’un militant de gauche est essentiellement reconnaissable, de nos jours, au fait qu’il lui est psychologiquement impossible d’admettre que, dans quelque domaine que ce soit, les choses aient pu aller mieux avant ». Il note un rejet des classes moyennes par la bourgeoisie de gauche, qui les considère comme conservatrices et réactionnaires. Il dénonce cette gauche qui ne fait plus attention « aux souffrances quotidiennes des gens ordinaires ». Pour lui, cela explique que « les classes moyennes se soient réfugiées sous l’aile protectrice de la droite conservatrice de l’époque ».

Il dénonce également « l’idéologie de la pure liberté qui égalise tout ». Pour lui, depuis 1815, « le nom de gauche n’a plus jamais cessé de couvrir, pour l’essentiel le simple refus philosophique (et psychologique) de toute tentation ‘conservatrice’ ou ‘réactionnaire’ ainsi que l’exhortation perpétuelle des individus et des peuples à faire table rase de leur encombrant passé (ou, à défaut, à ne pas devoir s’en souvenir que sur le mode religieux de la ‘repentance’) ».

Une trahison prévisible

dimanche 20 octobre 2013

Jean-Claude Michéa poursuit la déconstruction du néolibéralisme


Jean-Claude Michéa est un philosophe, qui avait publié « L’empire du moindre mal », une critique bien ficelée du néolibéralisme, il y a quelques années. Avec son nouveau livre, « les mystères de la gauche », il poursuit son travail de déconstruction des deux faces de la médaille libérale.



Le néolibéralisme déconstruit la société

Il dénonce la vision de la liberté de Hayek comme « le droit ‘naturel’ pour chacun de ‘vivre comme il l’entend’, sous la protection d’un Etat de droit uniquement soucieux d’administrer les choses », qui oublie complètement le lien social et réduit l’homme à un individu atomisé. Il rappelle que « la racine de commun, munus désignait les charges et les obligations – savoir donner, recevoir et rendre – qui relèvent de cette logique de l’honneur et du don ». Il note que la société néolibérale valorise les droits (et comment les défendre) mais oublie compétemment le don (c’est à dire savoir donner, recevoir et rendre). D’où des enfants qui se comportent comme si tout leur était dû.

Il ironise sur une autre formule de Hayek, selon qui chacun doit être « libre de produire, de vendre ou d’acheter tout ce qui est susceptible d’être produit ou vendu » qu’il résume en « vendre n’importe quoi à n’importe qui ». Il dénonce l’obsolescence programmée et rappelle le cas du cartel Phoebus, unissant Philips, Osram et General Electric pour vendre des ampoules à durée de vie limitée alors qu’il existe dans une caserne à Livemore, en Californie, une ampoule mise en service en 1901 qui fonctionne toujours… Il dénonce également une société qui valorise « une immense accumulation de marchandises (…) la société de consommation généralisée, principalement fondée sur le crédit ». Il pointe les risques d’une croissance illimitée basée sur des ressources limitées.

Il condamne l’extension sans fin de droits juridiques et abstraits, reprenant Godbout et Caillé qui se demandent, « si la passion de l’égalité (Tocqueville) n’est pas en partie une des transpositions les plus insidieuses du marché dans les rapports sociaux ». Il rappelle la critique de Marx sur « la vision juridique du monde », qui peut finir par devenir un dissolvant antisocial de la société, même s’il reconnaît que « le stalinisme a suffisamment prouvé qu’aucune société décente ne pouvait s’édifier sur l’oubli, ou la négation, des garanties juridiques les plus élémentaires ». Il dénonce néanmoins un droit qui nous pousse vers « un monde mimétique et indifférencié ».

Il souligne qu’une société qui n’est gouvernée que par des contrats n’engendre par elle-même « aucun lien social véritable ni aucune rencontre authentique et désintéressée ». Il critique aussi « la socialité de synthèse et les relations humaines préfabriquées », dont « Twitter et Facebook sont aujourd’hui, les paradigmes les plus connus ». Il dénonce la « mobilité incessante (ou ‘flexibilité’) des individus qu’elle contribue à déraciner » et note qu’elle est « la fonction la plus foncièrement enracinée au cœur de l’idéologie libre-échangiste » : c’est à l’homme de s’adapter à l’économie, ce qui rappelle nos débats sur la compétitivité. Le marché veut que l’homme s’adapte à lui et s’attaque donc à tous les fondements du lien social qui pourraient entraver cette adaptation.